Site

CO de 2019-2018/CO n° 1245 du 27 juin 2020/Pages 7 et 8

Pages 7 et 8

Élections municipales : aucune illusion à se faire !

Le 28 juin 2020 aura lieu le second tour des élections municipales qui avait été repoussé à cause de la crise sanitaire du Covid-19. Dans les communes qui n’ont pas élu de maire le 15 mars au premier tour, la campagne électorale bat son plein. Mais cette élection se déroule dans un contexte d’aggravation des fléaux à grande échelle.

Dans une partie de la Martinique et de la Guadeloupe, l’eau potable manque au robinet. Lors d’un débat télévisé entre les candidats du Gosier, ces derniers se chamaillaient pour savoir qui a eu en premier l’idée de mettre des citernes d’eau potable ou non potable pour les habitants de la commune privés d’eau. Ridicule ! Le problème de l’eau ne pourra se résoudre que lorsque l’ensemble du réseau d’eau potable des deux îles sera remis à neuf, et pas en réparant telle ou telle fuite isolément. Les services publics comme le ramassage des ordures ménagères ou les services postaux sont de plus en plus défaillants et dépassent l’échelle d’une seule commune.

Ce deuxième tour des élections se déroule également dans un contexte d’intensification des attaques du patronat et de l’État contre les travailleurs. La pandémie du Covid-19 a aggravé la crise qui existait déjà. Actuellement le chômage explose, les licenciements pleuvent, des patrons, comme ceux d’Air Caraïbes annoncent des baisses de salaire. Le patronat avec la complicité de l’État est en train de faire payer la crise aux travailleurs et aux classes populaires.

Alors tous les candidats qui font croire qu’il peut exister un petit paradis local à l’échelle d’une commune mentent. Pour contrer les attaques des plus riches et freiner la dégradation de leurs conditions de vie, les travailleurs et la population ne pourront compter que sur leurs propres luttes. Pas sur des promesses de notables ou apprentis notables qui sont ou seront des serviteurs de la bourgeoisie et des possédants.


La liste « Combat Ouvrier – Faire entendre le camp des travailleurs » à l’élection municipale du 15 mars 2020 à Capesterre-Belle-Eau s’adresse aux travailleurs et à la population avant le deuxième tour

La liste « Combat ouvrier – Faire entendre le camp des travailleurs » conduite par Jean-Marie Nomertin et Marie-Anne George à l’élection municipale et ses 33 membres remercient tous ceux qui ont voté pour elle le 15 mars dernier. Vous nous avez permis de progresser en nous accordant 431 voix soit 6,5 % des suffrages. Il s’agit du plus important score de notre liste à Capesterre-Belle-Eau aux élections municipales en voix et en pourcentage. Il marque une progression sensible de notre liste. Et avec vous, notre liste progressera encore bientôt.

Cependant, ce score ne nous permet pas de nous maintenir au deuxième tour. Car pour cela il aurait fallu atteindre 10 % des suffrages. Ce score nous aurait permis de panacher avec une autre liste car nous dépassons les 5 % nécessaires pour cela, selon la loi. Mais nous avons décidé de ne nous allier avec aucune autre liste pour le second tour. De même nous n’appelons à voter pour aucune autre liste présente à ce second tour. Car dans cette élection, à part la nôtre, aucune ne défend réellement les intérêts des travailleurs et de la population. Cependant, nos électeurs restent libres de leur vote lors de ce deuxième tour.

Pour notre part, à Combat ouvrier nous continuons la lutte quotidienne aux côtés des travailleurs. Cette lutte est d’autant plus importante que la crise sanitaire a aggravé la crise profonde du système capitaliste. Licenciements, baisse des revenus, délabrement des services publics vont s’aggraver considérablement. L’état du service public de l’eau ne se réglera pas avec les mêmes dirigeants. Nous sommes les seuls à défendre au quotidien les intérêts des travailleurs, pendant et en dehors des élections. À bientôt pour d’autres luttes à vos côtés !

Le 20 juin 2020 Liste Combat ouvrier présente au premier tour des élections municipales du 15 mars 2020 :

NOMERTIN Jean-Marie
GEORGE Marie-Anne
POTINO Georges
DESBONNES Sylviane
MOLZA Louis
BOYE Viviane
CYANÉE René
DORVILLE Maggy
QUELLERY Claude
MERCIRIS Jacqueline
VALCIN Jean
CLARY Zélie
ANDER Maurice
DOGNON Armande
DUPUY Thierry
LARGITTE Aline
VIXAMAR Joseph
DE KERMADEC Françoise
CHABROL Gilbert
REDER Lucile
LANCLUME Gérard
LANCY Jessica
ROCHEMONT Jean-Charles
RIQUET Georgette
BETHELMY Amédée
CLAVIER Nicole
YENKAMAH Lucien
BOUDHOU Margueritte
PAUL Jacques
MANCEL Francelise
DÉJEAN Jean-Marie
DOGNON Marie-Ange
ANAÏS Philippe François


 Avis aux lecteurs et aux abonnés 

Le prochain numéro de notre « quinzomadaire », celui du 11 juillet, ne pourra paraître. Nous reparaîtrons le samedi 25 juillet. Ensuite la parution sera interrompue pendant tout le mois d’août.


Haïti : Covid-19, les travailleurs en lutte pour leur survie

La circulation du virus est plus intense sur la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Il y aurait plus de 5 000 cas et 90 décès selon les estimations, et les usines de textile sont des foyers de contamination. Ainsi dans l’usine de Charles Henry Baker, ancien candidat à la présidence, plus de douze ouvriers sont décédés depuis le début de la pandémie.

L’absence de mesures d’hygiène y favorise la propagation du virus. Dans les quartiers, les conditions de vie se dégradent au jour le jour, alors que la valeur de la gourde chute face au dollar. En mars il fallait 94 gourdes pour acheter un dollar, en juin il en faut 120.

Dans ce contexte les patrons de l’import-export augmentent leurs marges sur les denrées et créent la pénurie de certains produits, ainsi les prix des produits de base ont été multipliés par deux depuis le début de la pandémie. Les banquiers spéculent sur le change et prêtent à des taux de plus en plus élevés.

Dans les entreprises, la conséquence est que le salaire minimum journalier de 500 gourdes équivalait en mars à 5,31 dollars et en juin il ne vaut plus que 4,03 dollars. Les ouvriers perdent chaque jour du pouvoir d’achat et les chômeurs, djobeurs la capacité de survivre. Les mots d’ordre : payer les salaires en dollars ou en gourde au taux du jour, exiger que les commerçants baissent les prix des produits usuels, repris par des ouvriers seront une des parties du programme de bataille des exploités dans les jours à venir.


Le racisme, produit de la société capitaliste

Le meurtre de George Floyd aux États-Unis a ému le monde entier. L’indignation face à ce crime raciste odieux et la vidéo a été suivie par une série de manifestations contre le racisme et les violences policières en France et ailleurs.

Le 2 juin 2020, 20 000 personnes se sont rassemblées devant le tribunal judiciaire à Paris, réclamant « justice pour Adama ». Adama Traoré, un jeune Noir décédé en juillet 2016, suite à une interpellation pour un contrôle d'identité, a été retrouvé mort face contre terre. Depuis, sa famille et ses amis n’ont de cesse de réclamer la vérité. Un peu partout en France d'autres manifestations ont eu lieu dans les grandes villes comme à Marseille, Montpellier, Strasbourg, Nantes.

Le 10 juin, cinq collégiens ont appelé à un rassemblement devant la mairie de Bordeaux. Des milliers de personnes et surtout des jeunes, des collégiens et des lycéens ont répondu à l'appel, ils ne s'attendaient pas à un tel succès. Ils scandaient des slogans comme « pas de justice, pas de paix ! », « justice pour Adama », « police raciste, État complice » devant le commissariat. À Paris, le 13 juin, des milliers de manifestants se sont rassemblés. Le 20 juin, d'autres rassemblements sont organisés. Parmi les manifestants, des milliers de Noirs et d'Arabes, descendant de familles immigrées issues des anciennes colonies françaises. Noirs et Arabes subissent le racisme et la xénophobie. L'ONG (Organisation non gouvernementale) Human Rights Watch, a mené une enquête qui confirme le contrôle « au faciès » dénoncé par les manifestants : ils sont contrôlés en raison de leur origine. Ces contrôles sont souvent abusifs. La police contrôle surtout des jeunes, y compris des enfants de dix ans.

Chez les personnes immigrées, on compte deux fois plus de chômage, trois fois plus de pauvreté, des discriminations à l'embauche et dans l'accès au logement. C'est la catégorie sociale la plus exploitée, car exerçant les activités les plus mal payées, et de plus comme travailleurs précaires. Ces populations subissent à la fois l'exploitation économique et l'oppression raciale. N’en déplaise aux politiciens de droite et d’extrême droite, il y a du racisme en France et dans la police aussi. L'histoire coloniale française regorge d'exactions commises envers des peuples colonisés : humiliations, voire assassinats, répressions contre les militants politiques. La France, qui se proclame « pays des droits de l'Homme », n’a pas hésité à commettre les pires crimes pour défendre les intérêts des capitalistes. Sur son propre sol, à Paris, le 17 octobre 1961, la police a massacré des centaines d'Algériens lors d'une manifestation pour l'indépendance de leur pays. Leurs cadavres ont été jetés dans la Seine.

Les manifestations pour dénoncer la mort de George Floyd, d'Adama Traoré et d'autres victimes du racisme et des violences policières, sont porteuses d'espoir pour les pauvres et les plus exploités. Le racisme est un produit du système capitaliste. Pour y mettre fin, il faudra mener un combat pour changer la société par une révolution sociale. « Pour détruire les racines du racisme, il faut renverser tout le capitalisme » disait la militante communiste noire Angela Davis.  


Bookmark and Share