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CO de 2019-2018/CO n° 1244 du 13 juin 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Martinique : Manifestations de protestations contre l’assassinat de George Floyd

Durant la semaine du 1er au 6 juin, plusieurs organisations politiques et syndicales ont manifesté contre l’assassinat de G. Floyd. Et contre la barbarie du crime raciste de ce flic qui s’est agenouillé délibérément pendant neuf minutes sur le cou d’un homme noir, jusqu’à ce qu’il cesse de respirer. L’homme, George Floyd, n’est pas le premier Noir à payer ce prix à Minneapolis. C’est seulement le plus récent.

À l’initiative du MIR (Mouvement international pour les réparations) de Garcin Malsa, une première mobilisation avait lieu le samedi 6 juin au matin, dès 9 heures, sur la place de la Savane à côté de la statue Joséphine. Un peu plus d’une centaine de militants, d’associations et d’artistes, dont Combat ouvrier, se sont retrouvés. Après les interventions d’un historien, d’une sociologue, d’un militant du panafricanisme, les représentants d’organisations politiques présents ont pu exprimer leurs sentiments et leur colère contre ce crime raciste. Pour Combat ouvrier, notre camarade Louis Maugée a désigné le vrai responsable, c'est-à-dire le système capitaliste.....

Une autre manifestation s’est tenue dans l’après-midi
À partir de 17h, ce même samedi 6 juin, près de 500 personnes ont manifesté. La manifestation était ouverte par les signataires de l’Appel des 30 et des représentants des organisations syndicales et politiques. Le défilé est parti de la Maison des syndicats, pour passer devant la préfecture et se terminer au kiosque Guédon sur le bord de mer. Durant toute la manifestation des slogans ont été repris par les manifestants. Par exemple : « Asasina George Floyd, sé le kapitalism ki responsab », « Le rasism sé an pwazon, tout’ moun sé moun, le rasism sé an pwazon, fôk nou fêy disparêt », « Aba le colonialism, aba le capitalism, lêksplwatasyon sé an pwazon, fôk nou fêy disparêt »…

Ensuite, les représentants d’organisations se sont succédé pour prendre la parole. Notre camarade Alex Duféal a parlé au nom de Combat ouvrier. Il a déclaré entre autres : « Au-delà des explosions – si cette fois elles doivent produire le changement dont la population a besoin, il doit y avoir un objectif clair pour la lutte. Il nous faut nous battre pour nous débarrasser du système capitaliste qui est pourri ». Puis, les autres représentants d’organisations politiques, syndicales et associatives se sont succédé à la tribune, comme ceux de Péyi-a, du Palima, le maire de Fort-de-France, de l’UFM, de la CDMT, le secrétaire général de la CGTM, du MIM, du PPM et du GRS.

Le mardi 9 juin à 18 heures, le jour des funérailles de George Floyd, à la Maison des syndicats, plus de 300 personnes se sont retrouvées dans le dernier rassemblement de cette série de manifestations. ...


Guadeloupe : George Floyd succès du rassemblement du 3 juin

 Plus de 600 personnes ont répondu à l’appel de Combat ouvrier et du journal Rebelle ! devant la mairie de Pointe-à-Pitre. Ce rassemblement a été organisé pour condamner l’assassinat de George Floyd par la police et le racisme que subissent nos frères noirs aux États-Unis.  

De nombreuses organisations étaient aussi présentes et se sont exprimées : CGTG, CFDT, Parti communiste guadeloupéen, FKNG (Fòs pou konstwi nasyon Gwadloup), CIPN (Comité international des peuples noirs), MIR (Mouvement international pour les réparations), APAG (Associa-tion des professeurs d’anglais de la Guadeloupe), Collectif vigilance citoyenne, le Parti socialiste, des jeunes de Philadelphie, le poète Michel Garbin et sa kora, et de nombreux jeunes.

Des slogans ont rythmé cet événement. On a pu entendre « Black lives matter ! » qui signifie « la vie des Noirs compte », slogan très repris pendant les manifestations aux États-Unis. Mais aussi « Nou ka lévé ! Pou George Floyd ! Nou ka lévé ! Kont rasis ! ». Chacun a pu crier sa colère contre le racisme. Quelques personnes ont voulu perturber le rassemblement vers la fin, sans succès. Tout est rentré dans l’ordre et pour terminer, les personnes présentes se sont donné rendez-vous pour les manifestations à venir.


G. Floyd: Manifestation contre le racisme

Le 6 juin, à l’appel de l’association CoReCa (Contact recherche en Caraïbe) plus de 200 per-sonnes se sont rassemblées sur la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre, pour protester contre l’assassinat de George Floyd. Plusieurs organisations ont pris la parole : Combat ouvrier, la CGTG, CIPN, FKNG, Journal Rebelle !, LDHG, MIR, UPLG… Tous sont venus exprimer leur soutien à nos frères noirs des États-Unis, aux manifestants, et dénoncer les crimes racistes qui se font ailleurs et chez nous.  

Combat ouvrier s’associe au projet des autres organisations , sur proposition du CIPN, de débaptiser la rue Jules Ferry de Saint-François, et de la renommer rue George Floyd. Jules Ferry a été un partisan de la colonisation et un raciste avéré. Il a déclaré : « les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».


 À Pointe-à-Pitre et à Basse-Terre : manifestations le jour de l’enterrement de George Floyd !

Mardi 9 juin, jour de l’enterrement de George Floyd à Houston, près de 300 personnes se sont rassemblées sur la place de la mairie de Pointe-à-Pitre à l’appel de Combat ouvrier et du journal Rebelle !.  

Le début de la manifestation a été animé par des groupes de gwo ka, la musique traditionnelle de la Guadeloupe. Puis elle s’est poursuivie par des prises de parole de différentes organisations, partis ou personnes ayant souhaité témoigner. Plusieurs intervenants ont souligné leur ras-le-bol de cette société d’injustices et de misère et ont appelé à en finir avec le capitalisme.

Le rassemblement s’est clôturé par un dernier kou’d tanbou (une session de gwo ka). À Basse-Terre plusieurs organisations, dont le CIPN, l’UPLG et bien d’autres avaient organisé un rassemblement aussi. Nous n’avons pas encore le compte-rendu mais savons que c’était réussi.


Meurtre de George Floyd : les manifestations dans le monde

Le meurtre de George Floyd a ébranlé la planète. Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs pays comme au Royaume-Uni, en Espagne, en France, en Allemagne, au Brésil, en Colombie, au Mexique, en Irak, au Canada, en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Chine et ailleurs. En Australie, les aborigènes ont manifesté pour rendre hommage à Floyd mais aussi pour dénoncer les injustices dont ils sont victimes. À Tokyo, des manifestants ont défilé dans les rues pour soutenir le mouvement Black Lives Matter (les vies noires comptent). Ils ont aussi dénoncé la brutalité policière à l'égard d'un Kurde lors de son arrestation.

Des soutiens se sont aussi exprimés dans la Caraïbe. À Barbade, le 6 juin, des manifestants se sont regroupés devant l'ambassade des États-Unis à Bridgetown. Le même jour, en Jamaïque, plusieurs centaines de manifestants, réunis devant l'ambassade américaine à Kingston, ont aussi demandé justice pour Floyd et pour les Jamaïcains tués par la police locale. Partout dans le monde, s'est exprimée la voie des opprimés, de ceux qui sont révoltés par les inégalités et les injustices. Les violences policières, le racisme, le chômage frappent les pauvres et surtout les Noirs. Cette colère qui s'exprime pourrait un jour ouvrir des perspectives vers la fin de ce système d'exploitation capitaliste en faillite.


France : 20 000 manifestants crient « Justice pour Adama Traoré ! »

Depuis quelques jours, en même temps que les manifestations de révolte contre l’assassinat de George Floyd aux États-Unis, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec la mort, à 24 ans, du jeune Noir Adama Traoré le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise), après son interpellation à Beaumont-sur-Oise !  

Comme pour George Floyd la première autopsie a conclu que le jeune Adama souffrait d'« une infection très grave, touchant plusieurs organes », et que les gendarmes n’étaient pas responsables de sa mort. Une seconde autopsie à la demande de sa famille ne trouve pas cette infection. Les gendarmes admettent quand même avoir été trois à peser de tout leur poids sur le jeune homme plaqué au sol et retrouvé mort, face contre terre par les pompiers à la gendarmerie. La famille d’Adama continue le combat pour la vérité sur sa mort et la condamnation des gendarmes. Le dossier était encore ouvert le 2 juin 2020 et de nouvelles conclusions peuvent accuser les gendarmes.

Comme George Floyd, Adama vivait dans les banlieues pauvres de petits boulots plus ou moins légaux, sort réservé aux Noirs pauvres en France comme aux USA. Les policiers, le ministre de l’intérieur Castaner et les politiciens de droite et d’extrême-droite se sont relayés sur les médias pour déclarer que la police en France n’est pas raciste. Des déclarations contradictoires sur les méthodes violentes et racistes de la police se sont succédé. Castaner aurait même annoncé des sanctions contre les forces de l’ordre ayant tenu des propos ou commis des actes racistes « avérés » et dénoncé certaines méthodes de plaquage utilisées en France.

Tout cela n’est que du vent. Tant que dureront l’exploitation capitaliste et son cortège d’injustices, les préjugés racistes, xénophobes, stupides et criminels ne cesseront pas. Les jeunes, Noirs ou Blancs qui descendent dans les rues pour crier leur colère contre cette société devront continuer le combat pour la changer.


Manifestations en série contre les violences policières

Depuis l’importante mobilisation devant le tribunal de Paris le 2 juin, les manifestations et les actions contre les violences policières et le racisme ont continué dans de nombreuses villes en France. Le 6 juin des dizaines de milliers de personnes noires ou non ont participé aux manifestations à Paris, Marseille, Lyon, Rouen, Bordeaux, Nantes, Metz et beaucoup d’autres villes. À Lille il y a eu plusieurs jours de manifestations. À Paris le 6 juin les manifestants ont de nouveau bravé l’interdit préfectoral pour aller dans la rue. Castaner a alors déployé 2 000 policiers dans Paris mais cela n’a pas empêché les jeunes des banlieues, les plus visés par les violences policières, de venir par milliers exprimer leur colère. Un peu partout en France des appels à manifester continuent d’être lancés.