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CO de 2019-2018/CO n° 1242 du 16 mai 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Guadeloupe : Grève des salariés de la Sopharma

Le 7 mai les salariés de la Sopharma (Société pharmaceutique antillaise, grossiste et répartiteur de produits pharmaceutiques) sont entrés en grève pour l’augmentation des salaires. Ils exigent également la prime Covid-19 de 1 000 € car l’entreprise a fonctionné sur toute la durée du confinement. La direction qui proposait initialement 1,2 % d’augmentation a déjà reculé grâce à la mobilisation. Elle propose maintenant 2,7 % d’augmentation, mais les travailleurs sont déterminés à obtenir 3 %. Ils ont mille fois raison d’exiger la prime et l’augmentation de salaire, car après tout ce sont eux qui font fonctionner l’entreprise, et qui ont pris des risques durant le confinement.


Guadeloupe : Dufry se débarrasse de salariés pour faire du fric

Dufry est un groupe mondial qui gère des boutiques dédouanées dans les aéroports du monde entier. Le 17 mars 2020, la majorité des salariés de Dufry dans l’aéroport de Pointe-à-Pitre s’étaient mis en droit de retrait car les mesures de protection contre le Covid-19 n’étaient pas respectées par la direction. L’entreprise avait donc fermé les boutiques et mis les salariés en chômage partiel.

Maintenant que le trafic aérien va reprendre, la direction rouvre la boutique hors taxes du terminal international à partir du 13 mai avec six salariés sur les 54. Par ailleurs, elle prévoit un « plan de départ volontaire » et un « plan de sauvegarde de l’emploi », autrement dit, elle va se débarrasser des salariés. Au départ elle avait annoncé ne pas renouveler les contrats CDD et saisonniers. Actuellement, c’est tout le personnel qui est concerné. Ce groupe côté en bourse, qui a battu des records de ventes dans ses boutiques de Guadeloupe jusqu’à février 2020, veut faire croire que Dufry est au bord de la faillite. En réalité, Dufry veut faire les salariés payer les pertes liées à la crise du Covid-19. C’est le rapport de force créé par les travailleurs organisés contre les licenciements qui l’en empêchera.


Guadeloupe : Écomax le brigandage capitaliste fait 80 licenciés !

Le 30 avril 2020, le Tribunal de Commerce de Fort-de-France a validé le rachat des 19 magasins sur les 31 présents en Guadeloupe. La société SOCODIS n’a repris que 120 travailleurs sur les 200 que comptent les magasins. C’est une opération juteuse pour la société SOCODIS qui a racheté Écomax pour seulement 100 000 €, au lieu du million initialement annoncé. La nouvelle direction a aussi exigé que les 120 travailleurs repris perdent leurs droits antérieurs comme les RTT et les congés payés. Le groupe Écomax appartenait au groupe Ho Hio Hen, famille capitaliste de la grande distribution en Martinique dont la fortune était estimée à 100 millions d’euros en 2018. Après s’être enrichie pendant plusieurs années, la famille Ho Hio Hen s’est débarrassée des magasins Écomax et des travailleurs. En février 2020, les travailleurs avaient fait grève pour toucher leurs salaires. C’est cette même combativité qui pourra les faire respecter par cette nouvelle direction rapace !


Martinique : Géant Batelière à peine nommé, Parfait en action contre les travailleurs

Les difficultés financières d’Ho Hio Hen ont conduit la justice à vendre les différentes sociétés du groupe à d’autres capitalistes. Parfait, repreneur qui a recueilli l’établissement de Géant Batelière, n’a pas perdu de temps pour annoncer la couleur.  

Après de longs mois de redressement judiciaire et une longue bataille entre plusieurs vautours à l’affût, le 30 avril dernier, la justice a choisi le groupe Parfait pour reprendre l’hypermarché Géant de Batelière. Le groupe SAFO (Despointes) a obtenu comme lot de consolation certains magasins Casino. C’est également à Parfait qu’a été attribué Géant Bas-du-Fort (Gosier) en Guadeloupe.

À peine désigné, Parfait a convoqué une réunion du CSE - comité social et économique - de l’hypermarché de Batelière le mardi 12 mai sur un ordre du jour en quatre points dont deux qui ne laissent de doute, ni sur ses intentions, ni sur sa politique. En effet, le 2ème point est intitulé « Effets de la reprise : transferts des contrats de travail et mise en cause des accords collectifs » et le 4ème « Statut collectif applicable ». Participeront à cette première réunion, entre autres, Bernard Edouard, le secrétaire général du groupe Parfait, mais également patron du Medef Martinique.

Avec un tel programme, il y a peu de chances que ces dirigeants proposent le maintien des conditions conquises par les salariés. Au contraire, ils profitent du contexte pour imposer des conditions de travail dégradées. D’ailleurs, les méthodes de Parfait ont conduit certains cadres de Géant Bas-du-Fort en Guadeloupe à quitter l’entreprise.

Les travailleurs auraient donc « été sauvés du licenciement et du chômage par un bienfaiteur » ? À d’autres ! Si Parfait s’est battu avec autant d’acharnement pour récupérer ce magasin, c’est parce qu’il sait que les salariés sont en capacité de bien faire marcher l’entreprise et qu’il cherchera à en tirer le maximum de profit sur leur dos. Il ne restera alors aux travailleurs que leur lutte collective.  


Martinique : Stations-services leur masque tombe

Jeudi 7 mai 2020, Philippe Négouai, le président de la Fédération des Très Petites Entreprises (FTPE) s’exprimait sur ATV. Il s’agissait de l’émission « An tchè péyia, spéciale coronavirus ». Occasion pour ce « petit » patron d’exposer sa vision de l’avenir des pompistes de stations-services.   Philippe Négouai est un ancien gérant de station-service. Il a également eu à gérer l’Association pour la gestion des primes de fin de gérance des gérants de stations-services martiniquaises, une structure créée pour distribuer aux gérants en fin de gérance des indemnités collectées sur les consommateurs à l’insu de ces derniers.

Au cours de ladite émission, un certain « Steeve » s’est exprimé pour exposer les difficultés des gérants de stations. Il a aussi posé la question du maintien des emplois de pompistes. Selon ce dernier, comme durant le confinement les automobilistes avaient déjà pris l’habitude de se servir eux-mêmes, il ne voyait pas pour quelle raison il faudrait maintenir ces employés. Et de faire semblant de demander à Négouai son avis. En fait, il s’agissait entre ces deux-là d’un scénario monté d’avance pour faire passer un message, notamment en direction de leurs amis.

C’est ainsi que Négouai s’est lancé dans une explication reprenant les arguments du « Steeve » en question pour appeler à la suppression des emplois de pompistes, conseillant à ces employés de se reconvertir, de faire autre chose.

Cela fait des années que les gérants veulent installer en Martinique le système qui existe en France, le client payant se servant lui-même. Les gérants avancent ici à petits pas. Ils ont commencé par les stations ouvertes de 21 heures à 6 heures le lendemain. Puis, dans certaines stations fermées dans ce créneau horaire, certains ont dédié une pompe permettant aux clients de s’approvisionner sans autre concours que celui de la carte bancaire. Cette orientation rampante n’a d’autre but que d’accroitre leurs bénéfices. Et la crise sanitaire causée par le coronavirus constitue pour eux une aubaine pour tester en grandeur nature leur vœu, au mépris du gagne-pain de centaines de salariés.   .


Martinique : Pas de rentrée scolaire le 11 mai

En Martinique il y a un refus quasi unanime des maires et de la CTM de rouvrir les écoles le 11 mai.   Après la sommation de Roux de Bézieux le 11 avril, il s’agissait de renvoyer les enfants à l’école pour enlever tout prétexte aux parents qui voudraient rester auprès de leurs enfants et protéger leur famille. « On ne pourra pas rester très longtemps […] avec plus d’un million de parents en arrêt de travail indemnisé pour garder leurs enfants » avait déclaré le patron du Medef. La préoccupation de ce dernier et du gouvernement, c’est la santé financière des capitalistes. Outre les milliards du gouvernement et les millions de la CTM, le capital voudrait avoir en plus de la chair supplémentaire à exploiter Même un syndicat de chefs d’établissement s’y est mis pour faire pression, allant jusqu’à dénigrer un responsable syndical CGTM. Face à cette exigence, de nombreux agents (CTM, Éducation nationale) s’organisent. Ils ont très clairement fait savoir qu’il n’était pas question de s’exposer face à un danger dont la menace n’est pas écartée. Cette position a eu le mérite de contraindre le recteur à renvoyer à une date ultérieure une réunion qu’il prévoyait de faire le 7 mai. Lundi 11 mai encore, le recteur Pascal Jan essayait de garder le cap. Mais les personnels restent sur leur position.


Guadeloupe : Éducation, le recteur démasqué …

Certaines écoles de Petit-Bourg et de Goyave ont rouvert le 11 mai. Pour les collèges, la date choisie est le 18 mai.  

Pour rassurer les parents et les personnels, le ministère de l’éducation nationale a établi un protocole sanitaire de 53 pages. Parmi les consignes, il y a le port du masque, obligatoire au moins pour tous les adultes. Le problème, c’est que le rectorat de Guadeloupe n’a pas de masques. Lors des réunions consacrées à la reprise, le 6 et le 7 mai, les délégués des syndicats ont demandé quel était le stock de masques. L’administration a carrément refusé de répondre. Dans les collèges, on a appris que le nombre de masques qu’on a prévu de leur distribuer est très limité : 50 masques pour les petits collèges, 100 pour les plus grands. C’est ce qu’ils devraient recevoir pour une semaine, alors que ça représente de quoi fonctionner pendant une journée seulement ! Pour masquer la pénurie, le recteur a écrit aux chefs d’établissement : « Je vous rappelle que le masque n’est obligatoire qu’en présence des élèves et non lors de réunions entre adultes ». Ça ne résout rien. Pire, ça risque de relancer la circulation du virus, comme on l’a vu en France dans un collège qui préparait la reprise.  


Étudiants d’Outremer : une aide insignifiante

Le 4 mai, le premier ministre, Édouard Philippe, a déclaré qu’une aide financière de 200 euros sera distribuée aux 800 000 étudiants les plus précaires. Les étudiants d’Outremer qui sont restés en métropole sont concernés. Avec cette annonce, Édouard Philippe se targue d’aider les étudiants les plus pauvres. Mais, une aide de 200 euros, c’est une aumône compte tenu de ce qu’ils ont perdu en ne pouvant pas aller travailler pendant le confinement. Ce n’est rien comparé aux dépenses que les étudiants peuvent réaliser dans l’année pour vivre. Il n’y a vraiment pas de quoi de se vanter.