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CO de 2019-2018/CO n° 1241 du 2 mai 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

Martinique - Sortie de crise selon Branchi

Dans le journal du PCM Justice du 16 avril, Michel Branchi, dirigeant du PCM, économiste et conseiller territorial, président de la Commission des finances de la CTM - Collectivité territoriale de Martinique - (excusez du peu), écrit un article prospectif sur la période qui suivra le déconfinement en Martinique.   Après avoir fait état de la crise économique aggravée par la crise sanitaire, en Martinique, M. Branchi termine son article en posant la question : « Comment se préparer à la sortie de crise ? ».

Il préconise en premier lieu une bonne application des diverses mesures gouvernementales d’aides. Et selon lui, il convient d’y ajouter quelques mesures complémentaires permettant « d’agir sur l’offre et la demande locales », le tout avec un encadrement des prix pour limiter l’inflation… Et pour finir il souhaite, pour le futur, une réduction de « nos dépendances » et un renforcement de « nos capacités productives ». En définitive, le discours de M. Branchi est proche de celui des gouvernants ou des élus, fait de saupoudrage pour les plus faibles et d’aides plus sonnantes et trébuchantes pour les patrons… de « notre économie » - comme le dit M. Branchi.

Mais les inégalités s’aggravent et deviennent plus insupportables. Certains commentateurs calculent déjà froidement le nombre des futurs chômeurs post-Covid 19, faisant passer pour fatalité ce qui en réalité découle de la lutte des classes. Alors, face aux sombres prévisions faites sur leur sort, face aux attaques patronales pro-grammées sous couvert de ralentissement économique, les travailleurs, les masses laborieuses auront à trouver une réponse cinglante : leurs luttes massives et collectives. Mais l’économiste Branchi est très loin de tout cela.  


Guadeloupe - les patrons de supermarchés choisissent leurs clients

L’État donne aux 1 400 familles en grande difficulté et à 300 sans domicile fixe (SDF) des bons d’achat de 3,50 € utilisables dans les grandes surfaces dans la limite de deux par jour et par personne. La préfecture a été informée de deux points : primo, les grandes surfaces ne veulent pas de ces bons. Peut-être à cause des délais de paiement par l’État. Or ces magasins sont quasiment seuls à s’enrichir avec le Covid-19. Secondo : il a été dit clairement « qu’ils ne veulent pas non plus de la présence des gens concernés », familles pauvres ou SDF généralement chassés des parkings de supermarchés s’ils essaient d’y trouver une aide. Les bénévoles de la Croix-Rouge devront donc leur préparer des colis qu’ils iront acheter avec les bons. Honte à ces profiteurs méprisants, arrogants, méchants !


Guadeloupe: lycée des Droits de l’Homme non aux suppressions de postes !

Au lycée des Droits de l’Homme à Petit-Bourg, 240 heures d’enseignement par semaine, soit l’équivalent de 15 postes d’enseignants, vont être supprimés pour la rentrée ! Les enseignants mais aussi les parents d’élèves dénoncent cette situation. Ils dénoncent la suppression d’heures de cours en demi-groupes qui permettaient aux professeurs et aux élèves de souffler un peu, étant donné que les classes sont surchargées ; la suppression d’une classe de terminale, de spécialités… Ils réclament au contraire qu’il y ait d’avantage d’heures pédagogiques pour les élèves. Face au rectorat borné la contestation doit continuer !


L’opération discours d’Édouard Philippe

La presse friande de titres à sensation annonçait le discours d’Édouard Philippe du mardi 28 comme un discours quasiment historique. En fait, devant l’assemblée nationale le Premier ministre a enfoncé une porte ouverte tant avait déjà été dit l’essentiel de ce qu’il a annoncé. Il s’agissait d’une opération politique de plus, d’abord pour tenir sa majorité, pour jouer à la démocratie devant l’assemblée et la population. Et quels que soient les détails du déconfinement, le but immédiat reste surtout de faire rentrer les tout-petits à l’école pour permettre aux parents d’aller travailler. Et c’est justement la tranche d’âge des parents de ces tout-petits qui intéresse le grand patronat. Il s’agit pour ce dernier d’user leurs muscles et leur jeunesse comme chair à profit.    


Le scandale des masques !

Les masques grand public, qui deviendront obligatoires dans l’espace public, sont vendus entre 5 € et 12 € l’unité ! C’est un vrai scandale. Des masques qu’il faudrait avoir en plusieurs exemplaires pour une seule personne et qu’il faudra renouveler au bout de quelques jours. C’est une situation absurde qui nous rappelle que nous sommes dans un système au fonctionnement complètement déraisonnable. Toutes les décisions sont prises à travers le prisme du capitalisme ce qui rend les dirigeants incapables de planifier simplement la distribution gratuite de masques à grande échelle.  


L’histoire du Premier mai

En 1886 la Fédération américaine du travail (AFL) appelle les ouvriers à se mettre en grève le 1er mai dans tout le pays si les patrons n'accordent pas la journée de huit heures.  

Aux USA le 1er mai était le jour du renouvellement des contrats de travail. La grève est un succès, elle s’accompagne de grands défilés ouvriers dans les rues des principales villes industrielles. À Milwaukee, suite à des jets de pierre, la police tire, faisant neuf morts. Le 3 mai, à Chicago, grève aux usines du fabricant de tracteurs McCormick : les ouvriers exigent l'instauration des huit heures journalières, six manifestants sont tués. Au cours du meeting de protestation contre cette violence policière, tenu à Haymarket Square le lendemain, la police intervient et une bombe explose en direction des policiers. Il s’agissait d’une provocation policière organisée pour pouvoir réprimer durement le mouvement ouvrier par la suite. Sept policiers sont tués et il y a de nombreux blessés. Huit militants ouvriers très connus, la plupart anarchistes, sont arrêtés ; trois sont condamnés à la prison à perpétuité (amnistiés en 1893), cinq sont condamnés à être pendus, l’un se suicide et quatre sont exécutés en 1887 (et réhabilités en 1893). Les ouvriers américains font encore grève les 1er mai 1887, 1888 et 1889.

Déclaration du Premier mai comme journée internationale de revendication des travailleurs lors du Congrès fondateur de l'Internationale socialiste, la deuxième Internationale ouvrière, à Paris, en juillet 1889 :
« Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail, et d’appliquer les autres résolutions du congrès de Paris. Attendu qu’une semblable manifestation a été décidée pour le 1er mai 1890 par l’American Federation of Labour, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale. Les travailleurs de diverses nations auront à accomplir cette manifestation dans les conditions qui leur seront imposées par la situation spéciale de chaque pays ».

La lutte pour la journée de huit heures, lutte pour une vie meilleure
En 1890 les journées de travail étaient encore de 12 à 14 heures, même pour des femmes et des enfants à l’usine ou dans les champs de canne. Des travailleurs se blessaient, mouraient même d’épuisement à la tâche. Les ouvriers durent lutter durement pour imposer la journée de huit heures. Ce n’était pas seulement pour travailler moins, mais pour les premiers militants socialistes, cette revendication signifiait un pas vers la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’était le début des idées socialistes vers une société débarrassée du capitalisme. La classe ouvrière ne combattait pas seulement pour survivre, mais aussi pour arracher le droit de vivre, c'est-à-dire de se cultiver et de se reposer. Le slogan au Premier mai était : « huit heures de travail, huit heures de loisirs et huit heures de repos ».

Le Premier mai 1890
Ce jour-là dans plus de 20 pays dont Cuba, les travailleurs font meetings et manifestations. En France, le ministre de l’Intérieur accepte la proposition des guesdistes, l’un des courants du socialisme français, et demande que les préfets reçoivent « les délégués chargés d’exprimer les vœux des ouvriers » mais interdit formellement « les rassemblements dans les rues et les marches ». À Paris, la police charge violemment la foule qui accompagne les délégués reçus à la Chambre des députés. À Lyon, le préfet refuse de recevoir la délégation ouvrière.

Le Premier mai 1891
La journée du 1er mai 1891 est marquée en France par des violences et des tueries policières et à Fourmies, à la frontière de la Belgique, elle se termine dans le sang. Les ouvriers du textile font grève face à un patronat répressif et avide qui a fait venir l’armée. Celle-ci tire sur les manifestants et tue dix jeunes filles et enfants, soulevant l’indignation générale. Les obsèques sont suivies par 30 000 personnes. La grève se prolonge dans le textile.

La révolution russe de 1917 et l’obtention des huit heures
Un peu partout dans le monde l’annonce de la prise du pouvoir par les ouvriers russes avec leur révolution communiste, dirigée par Lénine et Trotsky, suscite l’enthousiasme des ouvriers. La nouvelle circule dans le monde entier et les chefs d’États bourgeois soumis aux grèves et à la colère des ouvriers vont signer la journée de huit heures qu’ils combattaient depuis des années : la peur de la contagion ! Aujourd’hui, le 1er mai est férié dans au moins 107 pays du monde, ce qui représente au moins 67 % de la population mondiale. Le Japon, l'Afghanistan, l'Iran et certains États indiens célèbrent le 1er mai mais la journée n'est pas chômée.

Il faut changer le monde !
Le Premier mai ne se limite pas cependant au symbole de la lutte pour la journée de 8 heures de travail par jour, ni une journée symbolique de revendications économiques des travailleurs, si importantes soient elles. Elle est aussi une journée qui symbolise l’aspiration des travailleurs du monde entier à une société débarrassée de l’exploitation capitaliste, de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est la raison d’être de la lutte des communistes révolutionnaires. Le système capitaliste nous mène régulièrement à des catastrophes gigantesques : deux guerres mondiales, des crises économiques, la famine dans les pays pauvres, la destruction progressive de la planète. La pandémie actuelle n’est pas sans lien avec cette destruction écologique.

Il est temps que ceux qui sont à l’origine de tout ce qui est utile à la satisfaction des besoins de la société, les travailleurs, prennent en main la direction de la société. Il faut écarter de la direction des affaires ces dangereux dirigeants capitalistes et politiques plus intéressés à produire des armes de guerre que des médicaments ou des lits d’hôpitaux. Ceux-là mêmes qui aujourd’hui font la démonstration de leur incompétence criminelle dans la gestion d’une épidémie à l’échelle mondiale Il est temps de se débarrasser de cette clique. Elle ne défend que les intérêts des riches possédants exploiteurs qui mènent le monde.

Seule la révolution sociale permettra de détruire la vieille société pourrie et de faire émerger une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, une société où les besoins de tous seront assurés.  


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