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CO de 2019-2018/CO n° 1241 du 2 mai 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Martinique : MNA un virus qui rapporte

Depuis l’instauration du confinement le 17 mars 2020, l’activité économique est perturbée. De nombreuses entreprises ont dû fermer et leurs personnels ont été placés en chômage partiel. Mais pour d’autres, cette période constitue une aubaine.

C’est le cas de Martinique Nutrition Animale (MNA), entreprise spécialisée dans la production et la commercialisation d’alimentation pour bétails. Située à la Zone Industrielle de la Lézarde au Lamentin, elle est très sollicitée par les éleveurs. Et pour cause. Aujourd’hui, elle est en position de quasi-monopole dans ce secteur. Cela fait des années que cette société engrange des millions d’euros de chiffre d’affaires et des centaines de milliers d’euros de bénéfice. Mais il y a quelques mois, elle se plaignait auprès de l’administration (préfet) et des salariés en disant que l’installation d’un nouveau concurrent allait provoquer des difficultés dans son fonctionnement. En 2019, il avait fallu des menaces de blocage des salariés pour qu’elle accepte de verser 100 euros au titre de la prime Macron. Le coronavirus a rebattu les cartes dans le secteur et provoqué la quasi-élimination du concurrent et le retour des clients chez MNA.

Face à cette situation, la direction de l’entreprise n’est préoccupée que par les recettes à amasser, mais est négligente sur la sécurité et les conditions de travail des salariés. Silencieuse également sur la prime Macron pour les travailleurs qui vont travailler malgré le confinement. Certains travailleurs, regroupés autour de leurs représentants, ont mis en place eux-mêmes des mesures minimales dans l’urgence. Ils ont également pris mot pour obtenir le montant maximal de ladite prime qu’ils estiment largement due en raison de leur engagement. Une occasion pour eux de faire bloc face à un patron rapace.   Prime Covid-19 ? Chichement distribuée  

Le président Macron a annoncé une prime exceptionnelle pour les salariés qui se rendent sur leur lieu de travail en pleine crise sanitaire. Le ministre de la Santé a promis que les salariés des hôpitaux auront une prime comprise entre 500 et 2 000 euros. Elle sera déterminée en fonction des postes et des départements les plus touchés ou non par le coronavirus. Mais cette prime ne remplace pas les revendications des agents hospitaliers. Ils réclament des augmentations de salaires (au moins 300 € par mois), des postes et des lits supplémentaires. Le gouvernement reste sourd à ces revendications. Dans le secteur privé, des entreprises de la grande distribution comme Casino, Carrefour, Auchan, Leclerc, ont prévu de verser la prime. Beaucoup de salariés, qui l'espéraient, ont fini par déchanter. Elle est versée au bon vouloir des patrons. Selon certains syndicats, les salariés qui ont travaillé la nuit - sous prétexte qu’ils ne sont pas en contact avec les clients - et les salariés des sous-traitants, risquent d'être exclus. D'autres patrons n'ont pas l'intention de la donner.

Beaucoup verseront moins que 1 000 euros. Les travailleurs du privé comme du public devront se préparer à riposter collectivement. Et tant qu’à faire, ce seront de réelles augmentations de salaires pour tous qu’il faudra exiger.


Prime Covid-19 ? Chichement distribuée

Le président Macron a annoncé une prime exceptionnelle pour les salariés qui se rendent sur leur lieu de travail en pleine crise sanitaire. Le ministre de la Santé a promis que les salariés des hôpitaux auront une prime comprise entre 500 et 2 000 euros. Elle sera déterminée en fonction des postes et des départements les plus touchés ou non par le coronavirus. Mais cette prime ne remplace pas les revendications des agents hospitaliers. Ils réclament des augmentations de salaires (au moins 300 € par mois), des postes et des lits supplémentaires. Le gouvernement reste sourd à ces revendications.

Dans le secteur privé, des entreprises de la grande distribution comme Casino, Carrefour, Auchan, Leclerc, ont prévu de verser la prime. Beaucoup de salariés, qui l'espéraient, ont fini par déchanter. Elle est versée au bon vouloir des patrons. Selon certains syndicats, les salariés qui ont travaillé la nuit - sous prétexte qu’ils ne sont pas en contact avec les clients - et les salariés des sous-traitants, risquent d'être exclus. D'autres patrons n'ont pas l'intention de la donner. Beaucoup verseront moins que 1 000 euros. Les travailleurs du privé comme du public devront se préparer à riposter collectivement. Et tant qu’à faire, ce seront de réelles augmentations de salaires pour tous qu’il faudra exiger. .


Le Premier mai n'est pas « la fête du travail ! »

Vendredi c’est le Premier mai, date symbole du mouvement ouvrier.  Aujourd'hui, pour beaucoup de gens le 1er mai est la fête du travail. Alors qu’elle est une journée de lutte internationale des travailleurs. Ce n’est pas du tout la même chose. Le 1er mai prend sa source non dans une fête mais dans une tragédie. Elle part des manifestations d'ouvriers qui réclamaient une réduction du temps de travail à 8 heures par jour, à la fin du 19ème siècle à Chicago. Elles avaient démarré le premier mai 1886 et avaient été durement réprimées. Plusieurs syndicalistes ont été pendus, accusés d’avoir fait éclater une bombe en pleine manifestation.

Il s’agissait en fait d’une provocation policière. En 1889, les socialistes révolutionnaires de la Deuxième Internationale ont choisi la date du Premier mai pour rendre hommage aux ouvriers américains, pour symboliser la lutte revendicative des travailleurs et la lutte pour une société sans exploitation de l’homme par l’homme. C'est en 1941, sous le régime de Vichy, allié des nazis dirigé par le maréchal Pétain, que cette journée de lutte a été transformée en « Fête nationale du travail ». L'objectif était de faire taire la classe ouvrière, de l'empêcher de faire grève et d'exprimer ses propres revendications ce jour-là. Un an auparavant, le 16 août 1940, ce gouvernement de collaboration avait interdit les confédérations syndicales. À cette date, on rendait hommage au chef de l'État, Pétain. Le régime de Vichy a aussi remplacé la fleur du Premier mai, l'églantine, par le muguet. L'églantine était la fleur traditionnelle qui rendait hommage aux dix jeunes tués lors d'une manifestation à Fourmies, le 1er mai 1891. Une jeune femme, Maria Blondeau, avait été tuée avec un bouquet d’églantine à la main. Les travailleurs, les exploités n’ont pas à « fêter le travail ».

Car, dans cette société capitaliste, le travail est synonyme de contrainte, de fatigue, de pénibilité, de harcèlement, de burn-out, d’une série de maladies professionnelles ou de mort. Les travailleurs sont obligés de vendre chaque jour leur force de travail, dans les entreprises, pour survivre. Combien de travailleurs risquent leur vie, au quotidien, pour faire fructifier les profits des capitalistes ? Aux Antilles, combien d'ouvriers de la banane sont morts ou sont tombés gravement malades pour accroître les profits des gros planteurs ? Lorsque le travail ne sera plus assimilé à de l’exploitation et de la souffrance, il acquerra alors toute sa noblesse.

Mais ce ne sera possible que dans une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, une société où le travail deviendra un plaisir, ne sera que plaisir. « Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le travail déterminé par la nécessité » disait Karl Marx fondateur du communisme. Ou encore : « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités ». Cette société c’est la société communiste, celle pour laquelle nous nous battons à Combat Ouvrier.   !  


Guadeloupe : État défaillant, préfet sautillant !

Un récent sondage place le préfet de Guadeloupe, Philippe Gustin, en tête, devant les présidents de la Région et du Département, pour sa gestion de la crise sanitaire du Covid-19 : 64 % des sondés sont satisfaits des actions de la préfecture soit deux personnes sur trois. Ces résultats signifient que la population fait plus confiance à l’État qu’aux élus locaux.  

Certes, ce sondage ne représente pas l’opinion de toute la population mais il est révélateur d’un mécontentement contre les autorités locales. Au-delà même de la crise sanitaire actuelle, les élus locaux payent leur incapacité à résoudre les graves problèmes qui touchent la population comme celui du scandale de l’eau potable. Il y a deux ans, le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, avait annoncé en grande pompe le déblocage de 71 millions d’euros pour résorber les coupures d’eau. Deux ans plus tard, toujours des coupures et des tours d’eau. Récemment, l'usine de production d’eau potable a été rénovée à Vernou Petit-Bourg. Mais au lieu de fournir 12 000 m³ d’eau par jour comme elle aurait dû le faire, l’usine en fournit beaucoup moins car elle a été placée au-dessus d’un tuyau percé, et ce, malgré les avertissements des ingénieurs.

Pas étonnant que face à la négligence de ces élus locaux le préfet, représentant direct de l’État, apparaisse plus ferme et plus déterminé. Il a fait installer des citernes d’eau non potable pour les habitants privés d’eau pendant le confinement. Le 24 avril, il a « grillé » la priorité aux présidents de la Région, du Département et des communautés d’agglomérations en réquisitionnant les opérateurs d'eau. Josette Borel-Lincertin, la présidente du Conseil départemental, a elle-même reconnu « un aveu d'impuissance collective » de la part des acteurs locaux.

Il faut dire que le préfet a tout l’arsenal de l’appareil d’État avec lui. En ce moment, il s’exprime quotidiennement sur les médias, se fait filmer sur le terrain avec les gendarmes. Mais aujourd’hui, plus que des citernes, c’est au moins un milliard d’euros qu’il faut mettre en urgence pour reconstruire l’intégralité du réseau d’eau !

Toutes les gesticulations du préfet ne doivent pas faire oublier que c’est avec la complicité de l’État que les patrons de la Générale des Eaux ont empoché de l’argent pendant des années en laissant pourrir le réseau d’eau potable. Ce même État continue de diminuer les dotations qu’il verse aux collectivités territoriales ce qui entraine la dégradation de nombreux autres services publics comme le ramassage des ordures. Alors, nul besoin d’encenser le préfet et les services de l’État car eux aussi sont responsables des problèmes de l’eau en Guadeloupe.


Ouverture des écoles : la patate chaude

Pour que les travailleurs retournent au travail afin de faire fonctionner la machine à profits des capitalistes, il faut que leurs enfants soient pris en charge dans les écoles. Macron a donc décidé qu’elles allaient rouvrir le 11 mai, et depuis les élus sont aux abois. Rouvrir les établissements scolaires, cela soulève beaucoup de problèmes pratiques : transports, cantine, masques, savon, respect des distances…

Un vrai casse-tête ! Ce sont les mairies qui ont la charge des écoles maternelles et élémentaires, les départements celle des collèges, et les régions celle des lycées. Le gouvernement a donc expliqué que les élus seraient largement impliqués dans cette réouverture, une manière pour lui d’évacuer le problème. En Guadeloupe, entre les coupures d’eau et les invasions de rats, les problèmes d’insalubrité dans les écoles sont déjà nombreux en temps normal, au point que de nombreux enfants y attrapent la gale !

Depuis l’annonce de Macron, le 13 avril, et de Philippe le 28, les élus de Guadeloupe sont donc bien embêtés. On les voit tous les jours faire des déclarations creuses, multiplier les réunions pour appeler à d’autres réunions, tenter de se défausser sur le recteur ou sur le préfet… Beaucoup de bruit pour rien.


Capesterre-Belle-Eau : Beaugendre et ses promesses bidon

Le 23 avril Joël Beaugendre, maire de Capesterre-B-E et président de la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe (sud Basse-Terre), la CAGSC, a communiqué que les transports scolaires seraient gratuits jusqu’à la fin de l’année scolaire, soit pour un mois et demi.  

Seulement, une part des parents payent le transport scolaire à l’année ou encore par trimestre. Ils ont donc déjà payé ! Beaugendre essaye de faire bonne figure à bon compte. Par ailleurs, il ne se passe pas une semaine sans que des administrés de la CAGSC ne soient privés d’eau, ou reçoivent de l’eau souillée.


Bus gratuits ? il ne manque plus que… des horaires de passage…

Comme d’habitude quand il s’agit de bien servir la population, tout est négligé. Il n’y aucun horaire précis sur le passage des bus dans les villes de la communauté CAGSC. Certaines communes ont organisé un planning précis en ce qui concerne les transports dans leur ville. À Capesterre-Belle-Eau, où Beaugendre est le maire, le planning est flou et imprécis. Il y a bien de quoi se décourager de prendre le bus.  


Penchard veut « masquer » son vrai visage

La maire de Basse-Terre, Marie-Luce Penchard, a décidé de distribuer des masques en priorité aux personnes ayant entre 50 et 70 ans. Ce sont 5 000 masques qui ont été commandés avant le 12 avril. C’est peu. Penchard essaie de redorer son blason en voulant se montrer charitable. Les problèmes d’eau à Basse-Terre et les affaires de détournements de fonds de son entourage entachent peut-être son image. Mais cette distribution ne masquera pas sa démagogie et les problèmes que rencontre la ville.