Site

CO de 2019-2018/CO n° 1240 du 18 avril 2020/Pages 7 et 8

Pages 7 et 8

Venezuela : pire que tous les virus, l’impérialisme !

Nous publions ci-dessous un extrait de l’article de nos camarades de Lutte ouvrière.

En pleine pandémie, qui fait des ravages au cœur même des États-Unis, les dirigeants américains ont décidé de relancer leur offensive contre le Venezuela de Nicolas Maduro.

Le 26 mars, un juge a lancé une accusation délirante contre le chef d’État chaviste accusé d’être à la tête depuis vingt ans d’un cartel de la drogue menaçant les États-Unis, le tout en liaison avec les Farc colombiennes.

De son côté, le secrétaire d’État nord-américain Mike Pompeo a présenté un nouveau plan de renversement du régime chaviste. Les deux parties, le chaviste Maduro et son opposant de droite Juan Guaido, seraient invitées à abandonner toutes deux leurs prétentions au pouvoir, au profit d’un Conseil d’État qui serait avant tout favorable au retour de la mainmise des États-Unis sur le pétrole vénézuélien. Pompeo promet que si ce Conseil d’État voyait le jour, les sanctions qui étranglent la population vénézuélienne depuis des années seraient levées.

Le 1er avril, divers organismes, dont l’OMS, ont recensé en Amérique latine et dans les Caraïbes 20 000 malades du Covid-19, deux fois plus de victimes que cinq jours auparavant. Alicia Barcena, la secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal), organisme dépendant de l’ONU, a déclaré que l’impact économique de l’épidémie risque d’être catastrophique et appelé à la levée des sanctions contre Cuba et le Venezuela.

Au Venezuela même, une partie de l’opposition de droite antichaviste, au vu de la situation sanitaire, demande la levée des sanctions. La réponse de Washington n’a pas tardé : Trump a ordonné le transfert de navires, d’avions et d’hélicoptères vers le commandement sud de l’armée américaine. La cible visée est le Venezuela et le prétexte de ces grandes manœuvres militaires la lutte antidrogue. Mais si l’armée américaine double ainsi ses capacités de nuisance militaire dans cette région, l’objectif n’est évidemment pas la lutte antidrogue, mais d’accentuer la pression sur le régime chaviste, et si possible le renverser.  


L’Afrique cobaye pour vaccins de pays riches ?

Deux « grands » du monde médical en France discutent tranquillement de la misère des soins en Afrique : « pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation ». Ils connaissent la situation. Dans le même temps ils trouvent normal d’utiliser les Africains comme cobayes pour le futur vaccin contre le coronavirus. En clair : « Vous les testez mais nous savons très bien que vous n’aurez pas les moyens de vous soigner ». Honte à eux ! Cette conversation entre un chercheur de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et un médecin chef de service à l’hôpital Cochin à Paris n’est pas restée cachée. Ces prises de position expriment une suffisance enflée. Pour ces gens-là les Noirs ne sont pas véritablement des humains. Il est bon de savoir que le directeur actuel de l’OMS, Organisation mondiale de la santé, a condamné leurs « propos racistes ». Notons toutefois que ce directeur est un Éthiopien, un Noir. Il ne peut ignorer les profits immenses des laboratoires pharmaceutiques comparés à la menue monnaie que peuvent recevoir les cobayes. Depuis des dizaines d’années ces tests se font sur des Africains sans défense, des pauvres, noirs ou blancs, et comme l’a dénoncé une prostituée : « Les travailleuses du sexe africaines et en Asie servent régulièrement de cobayes. Assez des essais non éthiques au profit des labos occidentaux tandis que l'accès aux traitements reste réduit aux pays riches ».  


Matériel médical : l'irresponsabilité de l'État capitaliste

Le président Macron, face à la pénurie des masques, a promis de tout faire pour y remédier dès le 17 mars. Un mois après, les masques arrivent au compte-goutte. Ils sont devenus une denrée si rare que l'État a décidé de réquisitionner les commandes des collectivités locales. Au niveau mondial, c'est le far west. C’est la surenchère entre les puissances pour celui qui obtiendra au plus vite, le plus de masques. La France en a commandé deux milliards à la Chine, mais elle doit faire face à la concurrence impitoyable des États-Unis. Cette situation dramatique est le résultat de la politique des différents gouvernements qui se sont succédé. Ils ont réduit le budget de la santé, pour soutenir les profits des capitalistes.

Olivier Véran, l'actuel ministre de la santé, a expliqué le 19 mars à l'Assemblée nationale : « Nous disposons d’un stock d’État d’environ 150 millions de masques chirurgicaux et d'aucun stock de masques FFP2. Il avait été décidé, suite aux crises sanitaires précédentes... qu’il n’y avait plus lieu de conserver des stocks massifs de masques dans le territoire ». Les différents ministres de la santé se renvoient la balle en attribuant la faute à leur prédécesseur. Depuis 2011, les stocks ayant été jugés trop coûteux, ils les ont réduits et ils ont confié la charge des masques FFP2 aux patrons des établissements publics et privés. Alors qu'en 2009, l'État possédait un stock de 723 millions de masques FFP2, destinés aux soignants car ils sont plus protecteurs face aux maladies respiratoires, et d'un milliard de masques chirurgicaux. Plusieurs collectifs de médecins ont déclaré un besoin de 105 millions de masques par semaine. On est loin du compte. Cette pénurie montre l'incapacité de l'État à anticiper la crise sanitaire du Covid-19 et son manque de préparation. Les pouvoirs publics connaissaient la menace de l'épidémie depuis le mois de janvier. La France ne s'y est pas préparée. Trois mois après, il manque de tout, des masques, des solutions hydroalcooliques, des respirateurs, des surblouses... Les hôpitaux devront faire face aussi à une pénurie de médicaments. Par contre, les capitalistes, les riches industriels, veulent risquer la vie de milliers de travailleurs dans les usines pour produire des armes de guerre, des pièces de voiture. Aucun plan du gouvernement n'envisage de réquisitionner toutes ces usines et d'organiser à grande échelle la production au profit des besoins essentiels de la population. Dans cette crise, les capitalistes et l'État à leur service ont montré leur incapacité à apporter des solutions à l'urgence sanitaire.  


Haïti : épidémie ou pas, la dictature patronale

Au lundi 13 avril, le ministère de la santé publique annonçait 40 cas de Covid-19 dont trois décès. Il y avait 420 cas suspects environ, 400 personnes étaient placées en quarantaine. Des chiffres largement sous-estimés du fait de la carence des services de santé publics ou privés. À côté de quelques gestes de patrons sous forme de dons aux services de l’État, les patrons des entreprises de la zone industrielle poussent à relancer leur activité économique.  

 Voici la traduction du bulletin diffusé en créole par nos camarades de l’OTR-UCI (Orga-nisation des Travailleurs Révolutionnaires-Union Communiste Internationaliste), le 6 avril, en direction des travailleurs : La vie de milliers d’ouvriers en danger ! Depuis plus d’une semaine, plusieurs gros patrons de factories, dont Charles Baker et André Apaid Junior, ont reçu des contrats d’État de plusieurs millions pour fabriquer des surblouses et des masques. Mais ce sont les travailleurs qui ont été appelés à venir s’échiner dans les mêmes conditions de travail qu’avant le coronavirus.

Après une semaine de travail, les ouvriers ont constaté qu’aucun des patrons n’a pris des mesures pour protéger les ouvriers venus trimer. Ils mettent en danger les ouvriers aussi bien dans les transports que dans l’usine.

Il n’y a pas de transport organisé pour les travailleurs. C’est toujours au bord de la rue, sur le trottoir que les ouvriers mangent, les uns sur les autres. La distance de 1m50 n’est pas respectée. Au lieu de masque c’est un bout de tissu qui leur est laissé pour plaquer sur leur visage.

Quant aux salaires en retard, il n’y a aucune communication à ce sujet. Il faut rappeler qu’il y a trois semaines, Jovenel Moïse avait demandé à ces mêmes patrons de payer les salaires dus aux ouvriers, ainsi ils n’auraient pas eu à sortir dans la rue et attraper le coronavirus. Ces sangsues de patron font comme s’ils n’avaient rien entendu jusqu’à présent. Les ouvriers sont sans ressources, sans une gourde.

Debout pour forcer les patrons à appliquer les mesures pour protéger notre vie et la santé de tous les travailleurs ! Nous en avons la capacité. Les patrons n’ont jamais fait de cadeaux. OTR-UCI, Lundi 6 avril Comptons sur nos propres forces


Avis aux lecteurs et aux abonnés : parution du journal pendant la période de confinement

En raison de l’épidémie de Covid-19, et des mesures utiles de confinement, nous n’imprimerons pas notre journal. Nous ne pourrons pas faire de ventes militantes. Par contre, le journal numérique continuera à paraître. Vous le recevrez par internet en PDF ou alors sur notre site combat-ouvrier.net. Il en sera de même pour les bulletins d’entreprise. Communiquez-nous votre adresse courriel et celle de vos amis, et familles. Merci !  


Bookmark and Share