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CO de 2019-2018/CO n° 1240 du 18 avril 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

Le rectorat de Guadeloupe profite de l’épidémie pour continuer à détruire l’école !

 En pleine épidémie, alors que les établissements scolaires sont fermés depuis le 16 mars, le recteur supprime 60 postes dans les collèges et les lycées. En janvier et février, tous les établissements scolaires étaient en grève contre la réforme des retraites, et contre le projet de supprimer 72 postes à la prochaine rentrée scolaire.

Le ministère et le rectorat, le 2 mars, avaient promis de rétablir la majorité des postes menacés. Ils s’étaient engagés à ne supprimer que 26 postes. C’était encore trop, mais ça limitait la casse. Maintenant, ils profitent de la période de confinement pour revenir sur leur promesse. En ce début avril, c’est finalement la suppression de 60 postes qui est orchestrée dans les collèges et lycées de Guadeloupe. Révoltant ! Inadmissible ! Après le confinement la meilleure des choses serait d’entrer en lutte de nouveau tous ensemble : profs, lycéens, parents d’élèves, et syndicats !


Martinique: Éducation nationale combien de suppressions de postes ?

Le ministère a annoncé le 7 avril que les suppressions de postes prévues dans le premier degré n’étaient plus maintenues dans l’académie de Martinique. En revanche, il ne s’est pas encore prononcé de manière définitive concernant le second degré. Ce décalage montre que le gouvernement n’a pas renoncé à son orientation qui est de réaliser des économies budgétaires. Et ce, en dépit des mobilisations des personnels de l’Éducation nationale et des élèves entre décembre 2019 et février 2020. Le ministère entend maintenir les suppressions de postes, même s’il en diminue le nombre. C’est la même proposition qu’il avait faite, via le recteur et les deux inspecteurs généraux envoyés aux syndicats pour tenter de leur faire accepter la mesure. Cette mission avait donc pour but de faire passer la pilule des suppressions à une dose moins forte. Le fait pour le gouvernement de ne pas le dire tout de suite peut traduire son doute quant aux réactions possibles des personnels de l’Éducation nationale dans le cas où il maintiendrait les suppressions précédemment annoncées. Si tel est le cas, les personnels enseignants pourraient bien confirmer leur opposition ferme et définitive, sans attendre la levée du confinement, et préparer de nouvelles luttes.


Étudiants d’Outremer trompés par l’État ?

Le 18 mars, au début du confinement, Annick Girardin demande aux étudiants ultramarins de ne pas rentrer chez eux pour ne pas propager le Covid-19 dans les territoires d’Outremer. Elle rassure ces étudiants dans un tweet où elle annonce que « les étudiants qui résident dans des logements universitaires ne paieront pas de loyer en avril ». Heureux d’apprendre cette bonne nouvelle, beaucoup d’étudiants logés dans les résidences universitaires du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) sont restés dans leur petit logement de 9 m² pour certains ou de 17 m² pour d’autres. Pour eux, c’était une occasion de faire des économies. Oui mais voilà, les étudiants ont eu la surprise de devoir payer leur loyer. Aucune information, aucun discours de Girardin pour expliquer cela. Son tweet où elle assurait aux étudiants qu’ils ne paieront pas de loyer en avril a même été supprimé.

Des étudiants se retrouvent alors dans la galère. Ils ne peuvent pas faire de petits boulots pour arrondir les fins de mois. Ils ne peuvent pas aller manger dans les restaurants universitaires aux prix avantageux, fermés à cause du confinement. Des aides sociales existent par l’intermédiaire du Crous, mais encore faut-il que les étudiants puissent joindre quelqu’un au bout du fil en cette période de confinement.


Martinique: Coronavirus Hayot fait sa pub

 Le 7 avril 2020, GBH (Groupe Bernard Hayot) a annoncé qu’il fournira gratuitement 1,35 million de masques aux personnels de santé dans les quatre départements d’Outremer.

 Les masques seront ainsi répartis : 300 000 en Guadeloupe, 150 000 en Guyane, 300 000 en Martinique et 600 000 à la Réunion. Une première livraison a été faite vendredi 10 avril. Ce don de masques est bienvenu en cette période de pénurie, mais c’est bien peu pour un groupe aussi riche. GBH est dirigé par la famille békée Hayot. C’est l’une des familles les plus riches de France, issue d’ancêtres esclavagistes ayant fait fortune d’abord avec l’esclavage. Leurs descendants poursuivent leur enrichissement par l’esclavage moderne de milliers de travailleurs aux Antilles et ailleurs. Mais ne croyons pas au bon cœur des Hayot. Ces gens-là n’en ont pas. Ils ont un portefeuille à la place. GBH soigne sa publicité. Mais il ne fera pas oublier que c’est sur l’exploitation de milliers de travailleurs qu’il continue à s’enrichir et que ses prix augmentent même en cette période dans ses grands magasins. Et puis… les esclavagistes donnaient bien à manger à leurs esclaves.  


Les grands patrons font la charité mais continuent d’exploiter

Ces derniers temps les dons de solidarité se multiplient pour faire face à l’épidémie de Covid-19. Certains dons sont plus hypocrites que d’autres. GBH a offert 800 paquets de chocolats de Pâques aux personnels soignants. Il n’a pas oublié de mettre à contribution les clients de Carrefour, en incitant à acheter les chocolats pour les offrir aux soignants. GBH a trouvé le moyen d’éviter trop de perte d’argent sur ses fameux dons. José Gaddarkhan, entrepreneur dans le bâtiment et président de la FBTPG (Fédération du BTP de Guadeloupe) s’est dit sensibilisé par la condition des étudiants confinés. Il a livré 80 repas aux étudiants de Fouillole les 12 et 13 avril. Par contre il n’était pas aussi sensible aux conditions de travail sur le chantier du nouveau CHU durant la première semaine de confinement. Le chantier avait continué alors que plusieurs travailleurs faisaient l’objet de suspicion de contamination.  


Martinique: À la CTM, le gros patronat mieux servi

Le 9 avril dernier, la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) a convoqué ses élus pour présenter son plan d’action dans le cadre de la pandémie de Covid-19. À l’occasion de sa séance plénière, les dirigeants ont rivalisé de déclarations d’auto-satisfaction. A. Marie-Jeanne et C. Lise ont fait savoir que « la CTM fonctionne ». Les actions présentées se situaient dans le cadre défini par les ordonnances du gouvernement français du 25 mars sur les mesures d’urgence pour le Covid-19 et du 1er avril sur la continuité du fonctionnement des collectivités territoriales.  

Francis Carole a présenté un plan exceptionnel d’urgence sociale, au bénéfice des familles en grande difficulté et des plus démunis. Un plan qui s’appuie sur les structures existantes telles les CCAS - centres communaux d’action sociale - des communes ou les associations et structures associatives, telles la Croix-Rouge ou l’ACISE. Le plan devrait être financé à 70 % environ par un fonds européen (FSE), la CTM prévoyant d’apporter pour sa part la somme de 1 115 000 €. En rapprochant le montant alloué à ces actions des chiffres de la pauvreté en Martinique, avec par exemple 74 % des foyers ayant des revenus trop faibles pour payer l’impôt sur le revenu, on voit que l’impact des mesures de la collectivité sur la population démunie est plus que modéré. Les sommes prévues par le plan d’urgence de la collectivité pour le patronat local sont autrement plus conséquentes.

Le même jour, Marinette Torpille de « Ba peyi-a an chans » groupe du capitaliste local Yan Monplaisir, a présenté le volet économique du plan d’urgence. Ces mesures économiques avaient d’ailleurs été présentées en avant-première au patronat local par Alfred Marie-Jeanne, le président de l’Exécutif, lors d’une réunion le 25 mars dernier.

Il s’agit d’un dispositif de mesures d’urgence en trois volets, important puisque son montant global (avec l’État) pourrait s’élever entre 60 et 70 millions d’euros. Il prévoit une première aide exceptionnelle allant de 1 000 € à 10 000 € en fonction des pertes d’activité pour les entreprises, petites, moyennes ou très petites, ou pour les indépendants. Ces subventions sont financées par un fonds de subvention territorial Covid-19 de la CTM. Une deuxième aide allant jusqu’à 2 000 € peut aller aux mêmes entreprises en complément. Payées par l’Etat, bien qu’instruites par les services de la CTM, ces aides viendraient d’un fonds de solidarité national s’élevant à 250 millions d’euros. Enfin, les entreprises, les plus importantes à coup sûr, pourront avoir accès par le biais de la CTM à des « prêts rebonds » mis en place avec la banque publique d’investissement (BPI). À part certains élus du PPM pour qui le montant de 70 millions d’aides pour l’économie semblait insuffisant, les élus de tous bords ayant participé à cette séance en vidéoconférence ont voté ces plans d’urgence dans une « belle unanimité ». Ils affichent ainsi leurs objectifs d’« amoindrir les effets de la crise sur les plus pauvres ». En fait, ils accompagnent le gouvernement dans la distribution de quelques aides en utilisant l’argent public. Par contre, ils se dispensent d’exiger que les gros capitalistes, qui se gavent de profits, paient la moindre contribution spéciale. En fait, ils cherchent surtout à se donner bonne conscience, avec l’accord et la complicité du patronat.   Encore plus de milliards pour les capitalistes

Le 9 avril, les 27 pays de l’Union européenne se sont mis d’accord pour que la banque centrale européenne verse 540 milliards. Ce montant sera divisé en plusieurs parties : 200 milliards d’euros de prêts aux petites et moyennes entreprises et 240 milliards pour les dépenses de santé en cette période de crise sanitaire. Le reste servira à payer le chômage partiel alors que les grandes multinationales européennes telles que Air France- KLM, et d’autres, ont largement de quoi payer intégralement les salaires sans l’aide des États.

En France, le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, avait annoncé que ce seraient 45 milliards d’euros qui seraient débloqués pour les entreprises. Le 10 avril, l’État a revu ce montant à la hausse, passant de 45 milliards à 100 milliards. Bruno Lemaire a déclaré mardi 14 avril que ce montant pourrait être augmenté si besoin.

Pour les prêts des entreprises petites, moyennes et de taille intermédiaire, l’État donnera un milliard au lieu de 750 millions. Pour ce qui est des hôpitaux qui manquent de moyens et qui sont en première ligne dans cette crise sanitaire, l’aide de l’État passe de trois milliards à 11 milliards d’euros. Cet argent devrait servir à accroître et renouveler les moyens matériels mais aussi à donner des primes aux soignants. En ce qui concerne le chômage partiel, le montant de 8,5 milliards est passé à 20 milliards d’euros. La plus grosse enveloppe revient aux entreprises, y compris les multinationales françaises roulant sur l’or comme Total et LVMH. L’État leur promet de verser 35 milliards d’euros sous forme d’avances sociales et fiscales. Aux travailleurs ce sera comme d’habitude la portion congrue ou rien !  


Encore plus de milliards pour les capitalistes

Le 9 avril, les 27 pays de l’Union européenne se sont mis d’accord pour que la banque centrale européenne verse 540 milliards. Ce montant sera divisé en plusieurs parties : 200 milliards d’euros de prêts aux petites et moyennes entreprises et 240 milliards pour les dépenses de santé en cette période de crise sanitaire. Le reste servira à payer le chômage partiel alors que les grandes multinationales européennes telles que Air France- KLM, et d’autres, ont largement de quoi payer intégralement les salaires sans l’aide des États.

En France, le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, avait annoncé que ce seraient 45 milliards d’euros qui seraient débloqués pour les entreprises. Le 10 avril, l’État a revu ce montant à la hausse, passant de 45 milliards à 100 milliards. Bruno Lemaire a déclaré mardi 14 avril que ce montant pourrait être augmenté si besoin.

Pour les prêts des entreprises petites, moyennes et de taille intermédiaire, l’État donnera un milliard au lieu de 750 millions. Pour ce qui est des hôpitaux qui manquent de moyens et qui sont en première ligne dans cette crise sanitaire, l’aide de l’État passe de trois milliards à 11 milliards d’euros. Cet argent devrait servir à accroître et renouveler les moyens matériels mais aussi à donner des primes aux soignants.

En ce qui concerne le chômage partiel, le montant de 8,5 milliards est passé à 20 milliards d’euros.

La plus grosse enveloppe revient aux entreprises, y compris les multinationales françaises roulant sur l’or comme Total et LVMH. L’État leur promet de verser 35 milliards d’euros sous forme d’avances sociales et fiscales.

Aux travailleurs ce sera comme d’habitude la portion congrue ou rien !


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