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CO de 2019-2018/CO n° 1239 du 4 avril 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

Covid-19 : pandémie… d’attaques anti-ouvrières

Partout dans le monde, les gouvernements prétendent mener une guerre contre le coronavirus mais c’est bien contre la classe ouvrière qu’ils sont en guerre pour que les capitalistes continuent à accumuler des profits.   Premièrement, les gouvernements refusent de sanctionner les patrons qui obligent les salariés à venir travailler sans les moindres mesures de précaution. Comme ce fut le cas en France ou en Italie de nombreux travailleurs ont dû stopper le travail d’eux-mêmes pour se protéger et protéger leurs proches du coronavirus, en prenant le risque d’être licencié.

En France, les patrons pourront désormais imposer jusqu'à 60 heures de travail par semaine, modifier à leur guise, dans certaines limites, les congés payés, supprimer les repos du dimanche. Cette remise en cause des droits est légalisée jusqu'au 31 décembre prochain, bien au-delà de la durée du confinement prévisible.

Au Portugal, le gouvernement du « socialiste » Antonio Costa a interdit le 18 mars le droit de grève jusqu'au 2 avril dans le cadre de l'instauration de l'état d'urgence. Dans le même temps, des entreprises ont annoncé des centaines de licenciements et des baisses de salaire sous prétexte de l'effondrement de l'activité, comme Groundforce qui gère les activités au sol des aéroports portugais.

Aux États-Unis, en une semaine, du 23 au 27 mars, 3,3 millions de travailleurs ont perdu leur emploi. Et plusieurs experts affirment que ce chiffre est sous-estimé et que des millions d’autres licenciés demanderont une allocation de chômage dans les jours prochains. Par exemple, à New York, les écoles et les universités, les bars, les hôtels, les restaurants, les cinémas, les salles de spectacles etc. ferment, licenciant au passage tout un personnel précaire, employé directement ou par le biais de sous-traitants.

Face à l’effondrement de la bourse, le président Trump a annoncé le 25 mars un plan de 2 000 milliards « pour sauver l’économie ». Dans ce plan, alors que Trump prévoit de verser 1 200 dollars aux travailleurs licenciés gagnant moins de 75 000 dollars par an, c’est 500 milliards qu’il offrira directement aux gros capitalistes américains.  


Le drame des hôpitaux en France

Le week-end des 28 et 29 mars le nombre de lits disponibles en réanimation était sur le point d’être dépassé en Île-de-France. C’était déjà le cas dans les départements de l’Est ou encore en Seine-Saint-Denis.

Le ministre de la santé a annoncé, le samedi 28 mars, que les places en réanimation seront plus que doublées en France pour atteindre 14 000 places. Ce gouvernement est, en attendant, obligé chaque jour de transférer des patients vers les hôpitaux des régions moins touchées, et même en Allemagne. En réalité, tous les hôpitaux publics de France sont dans une situation critique. Dans les régions pas encore trop touchées il manque déjà cruellement du matériel, en particulier des masques…

Le 25 mars, 628 soignants étaient déjà contaminés alors que le personnel manque. Dans un hôpital des Hauts-de-Seine, le 27 mars, il n’y avait pas suffisamment d’infirmiers et de soignants pour ouvrir toutes les places en réanimation. Des campagnes de recrutement d’infirmiers sont lancées par les ARS mais cela prend des jours pour se mettre en place. Face au manque de matériel et de personnel, les médecins suivent maintenant des instructions pour trier les patients ayant des chances de survie. Personne n’avait prédit l’arrivée de l’épidémie de Covid-19. Mais la catastrophe actuelle est un vrai révélateur de la politique de l’État quant au système de santé. Elle révèle les énormes économies faites sur le matériel médical et sur le personnel. Les soignants étaient déjà débordés bien avant l’épidémie. L’anticipation est pourtant indispensable dans le secteur de la santé ! Des milliers d’hospitaliers et de syndicalistes lancent cet avertissement depuis des années !


Covid-19 : confinement et violences contre les femmes 

Un constat officiel vient d’être établi : depuis le début du confinement, le 17 mars, les violences faites aux femmes ont augmenté de 32% en France. En Guadeloupe, une femme de 70 ans a porté plainte pour la première fois en quarante ans contre son mari, car les violences qu’elle subit ont décuplé depuis le début du confinement.

Le gouvernement a mis en place un dispositif d'alerte qui devrait permettre aux femmes victimes de se rendre en pharmacie pour signaler des violences et bénéficier de la protection immédiate de la police ou de la gendarmerie.

Mais on sait depuis longtemps que les dispositifs officiels ne valent pas grand-chose. Ce que les femmes ont gagné elles l’ont toujours obtenu par leurs propres luttes. Alerter les familles, les voisins afin que la population elle-même finisse par mettre sous surveillance les hommes violents, et les empêcher de nuire, pourrait être déjà un début de solution.


L’école à la maison creuse les inégalités

Dès l’annonce de la fermeture des écoles le 12 mars, le ministre Blanquer a affirmé qu’il y aura une « continuité pédagogique » pour chaque élève via le numérique. Dans les faits, la majorité des élèves sont laissés pour compte. En Guadeloupe, le 31 mars, le rectorat se félicitait du succès de l’opération en disant qu’il y avait eu, au cours des deux premières semaines, 10 800 élèves qui se sont connectés aux sites mis en place. Pour une académie qui compte 92 000 élèves, ce nombre de connexions est au contraire bien faible. Pour pouvoir suivre l’école à la maison, il faut avoir une chambre à part pour travailler au calme, un ordinateur, une bonne connexion internet, éventuellement une imprimante… Autant de conditions qui sont très difficiles à réunir pour les enfants des milieux populaires.

Il faut aussi avoir dans la famille une personne qui peut aider à comprendre les leçons alors que le prof n’est pas là, ou au moins encourager l’élève à suivre le programme proposé. Là encore, les parents des couches populaires se retrouvent vite dépassés. Comme toute crise, la crise sanitaire du coronavirus révèle les inégalités qui existent dans la société, et elle les amplifie.  


L’aide des médecins cubains

Dans le contexte de crise sanitaire mondiale due à la pandémie de Covid-19, plusieurs centaines de médecins et infirmiers cubains ont été envoyés dans les pays les plus sévèrement touchés dont l’Italie. Certains de ces soignants ont combattu l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest en 2014.  
Depuis la fin du 19ème siècle, l’île était colonisée par les États-Unis. De grosses firmes sucrières américaines y avaient installé leurs usines. Mais en janvier 1959, de jeunes guérilleros, Fidel Castro et Che Guevara en tête, rejoints par des paysans opprimés et la population, ont pris le pouvoir contre la dictature de Batista, pantin des États-Unis, puis contre les firmes américaines. Malgré le blocus imposé à l’île par les dirigeants américains depuis 1962, l’État cubain a tenu tête notamment grâce à l’aide de l’ex- URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), ensuite grâce à d’immenses sacrifices imposés à sa population. Le régime castriste a remporté des succès incontestables : l'analphabétisme n'est plus qu'un lointain souvenir grâce à l’éducation gratuite. La comparaison est accablante avec la plupart des autres pays latino-américains.

Quant au système de santé de Cuba, il est comparable non à ceux des autres pays sous-développés, mais à ceux des pays industriels. On y trouve partout cliniques, hôpitaux, médecins et l’accès à la santé est gratuit. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), il faut un minimum de 2,5 médecins pour 1 000 habitants pour assurer un service sanitaire correct. À Cuba, il y a 8,2 médecins pour 1 000 habitants. En France, il y en a 3,2 pour 1 000 habitants. Les États-Unis n’en enregistrent que 2,6. Il y a quelques années, en dépit de sa situation économique difficile, Cuba a engagé sa médecine dans l’aide humanitaire aux pays pauvres avec l’OMS. Plus de 50 000 soignants cubains travaillent dans plus d’une quarantaine de pays.

La révolution cubaine fut une révolution démocratique bourgeoise, populaire et non une révolution communiste comme on l’entend souvent. Mais les choix politiques des dirigeants anti-impérialistes cubains dans le domaine sanitaire font leurs preuves. Les grandes révolutions politiques et sociales ont toujours été porteuses de progrès. Et même si dans la plupart des secteurs Cuba demeure un pays sous-développé et pauvre, sans la révolution la médecine cubaine n’existerait pas. Le comble serait qu’aujourd’hui les États-Unis, le geôlier de Cuba, l’appellent à la rescousse contre le Covid-19.  


Cuba : quelques chiffres

Depuis 1963, avec l’Algérie tout juste indépendante, Cuba a envoyé plus de 400 000 professionnels de santé dans 164 pays. Cuba a envoyé ses médecins pour aider des pays en sous-développement en Afrique, en Amérique du Sud et jusqu’au Pakistan. Ils sont intervenus lors d’épidémies (sida, Ebola, choléra) ou de catastrophes naturelles. Fin 2019, ils étaient 29 071 médecins et infirmières dans 63 pays, dont 27 pays pauvres où le programme est gratuit, financé par Cuba. Suite aux pressions de Trump et avec l’apparition de gouvernements d’extrême-droite en Amérique du Sud, 8 000 médecins cubains avaient dû quitter le Brésil fin 2018, et 1 000 autres le Salvador, l'Équateur et la Bolivie en novembre 2019.


Médecins cubains en Caraïbe

En Guadeloupe et en Martinique, pour faire venir des médecins cubains, des voisins, il faut présenter des textes de loi au gouvernement, à 7 000 km de la Caraïbe, pour tenter de le convaincre. Pourtant la situation exige du renfort de ces soignants expérimentés et sérieux qui de surcroit se déplacent avec du matériel. À l’époque de la guerre froide, les Cubains, médecins ou pas étaient carrément indésirables. Car le gouvernement faisait croire qu’ils venaient fomenter des guérillas pour le compte de l’URSS ! Pour aller à Cuba en provenance de Guadeloupe ou de Martinique il fallait passer par Prague ou Moscou.

Aujourd’hui l’ennemi n’est plus l’URSS et ses satellites. Ils n’existent plus en tant que tels. C’est le Covid-19.

Contre le coronavirus, sont arrivés 130 médecins au Venezuela qui a déjà plus de 20 000 soignants cubains, 5 à Grenade, 50 médecins et 90 infirmières spécialisées à la Jamaïque où ils sont déjà 434. Le 21 mars 113 soignants arrivent à Sainte-Lucie. La République dominicaine, le Honduras, le Guatemala, le Nicaragua, Haïti et Belize ont également fait appel à Cuba. D’autres îles, pour des raisons idéologiques ou sous la pression de Trump qui profite de la situation, ne semblent pas concernées. La Dominique reçoit l’aide de la Chine qui a fourni du matériel sanitaire à ses hôpitaux. L’ironie de la situation est le rappel au Brésil de ces soignants cubains pour le coronavirus 2020 par le président Bolsonaro qui les accusait d’être des « cellules de guérilla » ! Mais personne n’avait remplacé les 8 000 médecins chassés en 2018. Les Cubains appelés les médecins « aux pieds nus » n’hésitent pas à aller dans les quartiers pauvres où d’autres soignants ne mettent pas les pieds.

Cette action est unique au monde aujourd’hui. D’autres pays, riches, ont coutume d’envoyer l’armée… Ce sont quand même ces révolutions, mêmes bourgeoises, comme en Chine du reste, qui ont fait avancer ces pays et qui restent un puissant facteur de progrès. C’est la révolution socialiste qui multipliera ce progrès par cent et dans tous les domaines !  


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