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CO de 2019-2018/CO n° 1237 du 7 mars 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

 Jean-Marie Nomertin

Il est né le 29 janvier 1965 à Capesterre-Belle-Eau et y vit. Il est issu d’une famille modeste de travailleurs agricoles.  Jean-Marie a quitté les bancs de l’école avec le niveau BEP-Réparateur-Machine-Agricole. Mais comme nombre de jeunes, le niveau BEP ne lui a pas permis de trouver un emploi correspondant. Et c’est donc en 1983, comme employé chez un commerçant de la place à Fonds-Cacao qu’il a commencé sa vie de travailleur salarié. Par la suite, il a été ouvrier agricole chez un petit planteur et quand les terres de ce dernier ont été achetées par la SARL-Les palmiers, il est devenu ouvrier de cette SARL.

Il commencé sa vie militante à BIJENGWA (BIK a Jénes Gwadloup-le rassemblement de la jeunesse guadeloupéenne), satellite de l’UPLG, en 1982. Puis il a commencé à militer à Combat Ouvrier (CO), à la fin de l’année 1985. Dés 1986, avec les membres de CO et quelques anciens du syndicat CGTG des ouvriers de la banane, il a entrepris de renforcer ce syndicat, dont il est devenu le secrétaire général quelques années plus tard.

Le premier succès du syndicat a été d’arracher une indemnisation pour les ouvriers agricoles après les périodes de chômage qui suivaient toujours les cyclones et autres calamités. Avant ils ne percevaient rien. En Décembre 1996 il y eut 18 jours de grève sur la plantation de la SCA PLAINE pour réclamer le paiement de la prime de fin d'année : accord signé pour 2 400,00 Francs. Cette somme fut généralisée sur toutes les plantations.

Le syndicat se renforça et en décembre 1998, une grève de 52 jours permit aux ouvriers agricoles d’arracher une prime de fin d’année de 4000 F (609,80 euros nets). L’accord fut signé le 28 janvier 1998 mais la grève à débuté le 10 décembre 1997 et le paiement de la prime a pris effet en 1997. Cette grève qui bénéficia de l’appui et de la sympathie de nombreux militants de la CGTG leur redonna confiance. Ce qui permit de relancer la CGTG. Il dirigea de nombreuses autres grèves dans la banane.

Il prit la succession de Claude Morvan à la tête de la CGTG en 2004 au 12 ème congrès et il fut réélu régulièrement. La CGTG a pris une part importante dans la grève générale de janvier, février, et mars 2009 dont Jean-Marie fut l’un des dirigeants. La dernière grève d’envergure de la banane que dirigea Jean-Marie fut celle qui se déroula du 18 mai 2017 au 28 juin de la même année et qui fut victorieuse. Jean-Marie Nomertin est aussi un militant politique. Ses camarades de Combat Ouvrier lui ont demandé d’être leur porte parole et leur représentant aux différentes élections : régionales, municipales à Capesterre-B-E et législatives. Il est par ailleurs régulièrement candidat sur les liste Lutte Ouvrière aux élections européennes, dont celle de 2019.

Il est régulièrement le représentant de sa camarade Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière aux élections présidentielles. Notre organisation Combat Ouvrier, communiste révolutionnaire et trotskyste est liée à Lutte ouvrière et à plusieurs autres organisations de par le monde par l’intermédiaire de l’UCI (l’union communiste internationaliste). L’UCI édite un mensuel : « Lutte de classe ». Combat ouvrier existe aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique et publie un bimensuel éponyme. Jean-Marie Nomertin ajoute : « La raison d'être de mon militantisme est de lutter contre l'exploitation capitaliste, l'oppression sous toutes ses formes et de me battre pour l'avènement d'une autre société dans laquelle les richesses seront réparties pour l'ensemble de l'humanité et non plus détenues comme aujourd'hui par une minorité d'exploiteurs. »  


Marie-Anne George

Fille d’un ouvrier agricole de la banane, Marie-Anne George est née le 9 novembre 1952 à Capesterre-Belle-Eau.  

Marie-Anne a commencé à travailler à 26 ans comme servante et femme de ménage. À 32 ans, elle devient ouvrière agricole sur la plantation de banane de la famille Butel. C’est deux ans plus tard qu’elle est embauchée sur la plantation S.A Bois-Debout dirigée par la famille békée Dormoy, où elle travaillera jusqu’en 2019. Elle était polyvalente sur la plantation : emballage des bananes, nettoyage des parcelles… Mais surtout, pendant plus de trois ans, elle était chargée de répandre des produits chimiques au pied des bananiers pour tuer les insectes parasites. Elle effectuait cette tâche trois fois par semaine sans aucune protection alors que les planteurs savaient que ces produits à base de chlordécone étaient toxiques.

C’est en 2009, après la grève générale, qu’elle adhère au syndicat CGTG-Banane. À la même période, elle accepte de se présenter pour la première fois à des élections politiques avec Combat ouvrier aux côtés de Jean-Marie Nomertin. Elle se souvient de la grande grève à Bois-debout en 2014 qui a forcé Louis Dormoy, le patron de choc, à partir. Mais la grève qui l’a le plus marquée est celle de 2015 quand les grévistes ont bloqué le rond-point des Mineurs à Capesterre-Belle-Eau. Quelques semaines plus tard, on lui diagnostique un cancer du sang dû à l’empoisonnement au chlordécone. Elle a des traces de molécules toxiques dans le sang. S’en est suivi une chimiothérapie. Après que le patron lui ait refusé un poste aménagé, elle a pris sa retraite en août 2019.

Malgré sa maladie, Marie-Anne George a accepté de se présenter de nouveau sur une liste aux côtés de Jean-Marie Nomertin et Combat ouvrier pour les élections municipales de 2020. C’est bien de Marie-Anne George que parle la lauréate des jeunes avocats au concours de plaidoirie 2020, Tamaris Fürstenheim. La vidéo circule sur internet.  


Réunion publique à Capesterre Belle-Eau

Le 21 février, près de 90 personnes, en majorité des ouvriers agricoles de la banane, ont participé. Des candidats de notre liste aux Abymes avaient aussi fait le déplacement. La réunion publique se tenait dans le quartier Fromager au local de l’association Harmonie.

C’est Louis Molza dit Loulou, ouvrier agricole, cinquième sur la liste de Capesterre-Belle-Eau, qui présidait la réunion. Après avoir présenté les membres de la liste, il a donné la parole aux candidats. Jean-Marie Nomertin et Danielle Diakok ont expliqué les raisons de notre présence aux élections municipales. Ensuite, pendant le débat, les participants se sont exprimés. Certains ont expliqué pourquoi ils ont choisi de s’engager pour faire entendre le camp des travailleurs. Ils ont parlé de l’absence de ramassage des ordures dans la commune et surtout du problème des coupures d’eau qui exaspère la population. La réunion s’est achevée au son de L’internationale, le chant des travailleurs du monde entier.


Martinique - Municipales, Fort-de-France. Échos de campagne

Au cours de nos diffusions de tracts dans les rues de Fort-de-France, sur les marchés, dans les petits commerces, les discussions avec les habitants vont bon train. Nous les appelons à voter pour notre liste Combat ouvrier- faire entendre le camp des travailleurs, avec à sa tête Marie Hellen Marthe-dite-Surelly.  

La plupart des gens du milieu populaire que nous interrogeons et auxquels nous expliquons notre axe politique, qu’il s’agisse de travailleurs, de chômeuses ou chômeurs, de personnes âgées nous disent : « Nous avons marre de voir notre situation sociale et financière se dégrader d’année en année. Tous ces hommes politiques ont l’habitude de nous faire des promesses qu’ils ne tiennent jamais ». Ou encore : « Ce n’est pas la peine que j’aille voter, c’est du temps perdu ». Lorsque nous leur présentons notre tract, en leur montrant la photo de notre candidate Marie Hellen Marthe-dite-Surelly, nous leur demandons : « Est-ce que vous la connaissez ? Est-ce que vous l’avez déjà entendue s’exprimer à la radio ou à la télévision ? » La réponse qui leur vient spontanément à la bouche est la suivante  : « Ah oui, je l’ai entendue. Elle n’est pas pareil que les autres candidats. C’est une femme qui est bien debout sur ses deux jambes et qui dit la vérité. C’est une femme combative ».

Alors, êtes-vous d’accord avec elle lorsqu’elle dit que ce sont les riches et le grand patronat qui doivent payer leur propre crise. Et qu’on doit prendre l’argent là où il y en a, mais pas dans la poche des travailleurs et des pauvres ? Leur réponse est immédiate : « Mwen pani asé lajan pou mwen manjé é pou nouri fanmi mwen. I ni rézon. Yo ni ka pran lajan-an andan pôch sa ki plin lajan. Mwen kouê ke mwen kê voté ba li » ( je n’ai pas assez d’argent pour manger et pour nourrir ma famille. Elle a raison. Ils n’ont qu’à prendre l’argent dans la poche de ceux qui ont plein d’argent. Je crois que je vais voter pour elle.) Très peu de gens ont refusé le tract.

La plupart des gens se posent la question suivante : est-ce que c’est possible d’avoir à la mairie de Fort-de-France des élus communistes révolutionnaires ? Dans cette campagne, les langues se délient par rapport à la politique de Macron, celle des élus à la mairie et à la CTM (collectivité territoriale de Martinique). Ils ne font rien pour la population et ne nous font que des promesses, disent-ils.    


Guadeloupe - Échos de campagne : problèmes rencontrés par la population

Capesterre-Belle-Eau
Lors d’une prospection dans le quartier de Petit-Pérou au lieu-dit Dènyé kwen, (dernier coin) un riverain nous a interpellés sur l’eau stagnante devant sa maison depuis plusieurs mois. C’est une grande flaque qui sort des égouts et qui prend toute la largeur de la route. Cela dégage une odeur nauséabonde. Le riverain nous a dit : « Mi gadé ! Ka zot ni lentansyon fè pou woté sa la ?  (Regardez ça ! Que comptez-vous faire pour retirer cette eau de là ?). Un autre voisin a expliqué que ses toilettes sont bouchées à cause de ce problème. Nous leur avons répondu que seule une mobilisation collective des gens du quartier peut forcer les dirigeants de la municipalité à réagir et que s’ils sont déterminés nous pourrions les aider à occuper la mairie jusqu’à obtenir les travaux nécessaires.

Écho de campagne à Routhiers :
« je ne vais plus réclamer » Dans la zone de Routhiers à Capesterre-Belle-Eau, la route n’est pas goudronnée devant certaines maisons. La route est infestée de trous, voire de tranchées mal rebouchées. Un habitant en a marre de faire des demandes à la mairie sans que rien ne soit fait, il ne compte plus réclamer. C’est en se rassemblant pour protester que la population pourra se faire entendre.

Des logements sociaux délabrés et sales
Une travailleuse récemment installée dans une cité HLM s’indigne avec raison de l’état des immeubles. Toutefois nous avons noté qu’un des bâtiments était propre, entretenu par la volonté d’une locataire qui se bat pour l’hygiène et un meilleur aspect des lieux. Avant, des salariés de la SIG (société immobilière de la Guadeloupe) étaient chargés de l’entretien des bâtiments. La baisse des revenus de locataires au chômage ou retraités a entrainé la baisse de leurs loyers. Le bailleur en a profité pour supprimer l’entretien collectif. Mais l’exemple d’une locataire peut encourager d’autres à s’organiser ensemble pour l’amélioration de leurs conditions de vie et leur santé.

Abymes La lutte crée des liens
À Chauvel (quartier des Abymes), des candidats du « camp des travailleurs » sont bien connus pour avoir en 2016 mené une lutte dans le quartier face à un problème de travaux d’eaux usées que la municipalité voulait faire passer sur le terrain des riverains. La population s’est mobilisée et a fait reculer la municipalité. Pour ceux qui y ont participé, c’est un « très bon souvenir » qui fait dire que « tout est possible pour de nouvelles luttes collectives ».

Les poubelles débordent, le ras-le bol aussi
C’est ce que nous ont dit des habitants du quartier Louisy Mathieu, aux Abymes, lors d’une prospection. Certains habitants ont dû organiser un « coup de main » pour traiter le problème et éviter que la situation dégénère. La population a raison de se prendre en main elle-même. Pour obliger les autorités à agir, en plus du « coup de main », il faudra peut-être organiser un coup de gueule !  


Guadeloupe : réunion publique du 28 février

Le 28 février, plus de 80 personnes étaient présentes à la réunion publique au centre culturel Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre. Il y avait des candidats de la liste des Abymes et plusieurs candidats de la liste de Capesterre-Belle-Eau. Après avoir présenté les candidats des deux listes, plusieurs camarades sont intervenus sur nos résultats aux dernières élections aux Abymes, sur la position des communistes révolutionnaires face aux élections de l’État bourgeois, sur l’histoire du parti révolutionnaire bolchevik pendant les élections dans la Russie tsariste et enfin sur les raisons de notre présence aux élections. S’en est suivi un débat où des candidats se sont exprimés sur leur propre engagement dans cette campagne. Pour clôturer la réunion, les personnes présentes ont entonné tous ensemble L’internationale, le chant des travailleurs du monde entier.


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