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CO de 2019-2018/CO n° 1237 du 7 mars 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Guadeloupe : Le rectorat renonce à la plupart des suppressions de postes

Le jour de la rentrée des vacances de carnaval, le lundi 2 mars, le recteur a déclaré qu’il renonce à une grande partie des suppressions de postes qui étaient programmées.

Dans les collèges et lycées, sur les 56 suppressions prévues, il compte en maintenir seulement 26. Dans les écoles, les 16 suppressions sont annulées, et 10 recrutements complémentaires sont même prévus. Ces avancées sont le résultat de la grève massive menée en janvier-février, et dans certains établissements depuis le 5 décembre. Les enseignants entendent maintenir la pression. Un nouveau préavis de grève a été déposé à compter du 5 mars. Des rassemblements sont prévus le 3 mars devant la préfecture à Basse-Terre et la sous-préfecture à Pointe-à-Pitre.

Les enseignants continuent à demander le retrait de la réforme des retraites que veut imposer le gouvernement, qui entraînerait une baisse très importante de leurs futures pensions. Ils demandent aussi non seulement l’arrêt des suppressions de postes, mais au contraire une augmentation du nombre de professeurs pour tenir compte des nombreuses difficultés des élèves. Le ministère a reconnu que l’académie de Guadeloupe est sous dotée en ce qui concerne les dispositifs d’éducation prioritaire, et il s’est engagé à revoir sa copie.


Guadeloupe : Procès J-M Nomertin tous devant le tribunal de Basse-Terre le 27 mars à 7h

Notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de Combat ouvrier et secrétaire général de la CGTG est une nouvelle fois convoqué au tribunal de Basse-Terre suite à une énième plainte du planteur exploiteur Tino Dambas. Le procès qui aurait dû avoir lieu le 14 février a été reporté au 27 mars contre le gré de Dambas, qui s’était insurgé en s’en prenant de manière grossière aux avocats mobilisés contre la réforme des retraites.

Cette fois Tino Dambas que tout le monde surnomme « l’esclavagiste noir » a porté plainte en diffamation contre Jean-Marie Nomertin à qui il reproche de l’avoir soi-disant appelé ainsi sur Guadeloupe 1ère Télévision. Tino Dambas qui n’a pas peur du ridicule a aussi porté plainte pour le même motif contre l’avocat de Jean-Marie Nomertin, Maître Ézelin, et contre Delphine Ernotte, la directrice du groupe France Télévisions auquel appartient Guadeloupe 1ère. C’est un surnom pourtant bien connu des ouvriers et de la population qui savent que Tino Dambas fixe des tâches irréalisables pour les ouvriers, et les licencie ensuite pour « manque de performance ». Il les oblige aussi à travailler certains week-ends et les jours fériés, notamment le 1er mai et aussi le 27 mai, jour de célébration de la lutte pour l’abolition de l’esclavage !

Le 29 octobre, les juges avaient relaxé Jean-Marie Nomertin suite à une première plainte de Tino Dambas. C’est une victoire de la mobilisation d’une centaine d’ouvriers de la banane qui avaient fait grève lors du procès du 1er octobre 2019. Alors, pour une deuxième relaxe de Jean-Marie Nomertin : tous à l'audience du 27 mars à 7h devant le palais de justice de Basse-Terre !


Martinique : Manifestation du 29 février à l’aéroport la violence est du côté de l’État

Dans un communiqué paru le samedi 29 février, Stanislas Cazelles, préfet de Martinique fraichement débarqué, a « condamné avec la plus grande fermeté les blocages, les dégradations et les violences » qui ont eu lieu à l’aéroport Aimé Césaire, ce même samedi. Interrogé lors de la conférence de présentation de sa liste le dimanche 1er mars, Francis Carole, conseiller exécutif à la CTM et candidat du camp indépendantiste à Fort-de-France, lui a emboité le pas.

Ce samedi, à l’appel de plusieurs associations et de syndicats de la CGTM dont la CGTM-Territoriaux, plus d’une cinquantaine de personnes s’est présentée à l’aéroport pour obtenir des réponses précises sur les dispositions prises par le préfet et les autorités par rapport à l’arrivée imminente de passagers, et aussi de membres d’équipage, en provenance supposée de zones à risque de contamination par le virus Covid-19 (coronavirus). Des réponses ont été apportées aux manifestants tardivement. Certains manifestants ont estimé que ces réponses convenaient. Pour d’autres, « échaudés » par l’État dans l’affaire de l’empoisonnement au chlordécone, les doutes n’étaient pas levés.

Ces derniers ont réagi à la volonté des autorités d’acheminer les passagers en direction du port, en le faisant à leur manière et sans concertation avec ceux qui réclamaient une plus grande vigilance face au risque sanitaire. Une fois de plus, si violence il y a, elle se trouve dans l’attitude des autorités. Qu’un candidat ne trouve rien de mieux à faire que de leur emboiter le pas, voilà pour lui une occasion perdue de se taire.  


France-Antilles : un vautour sur les restes

Le 2 mars, Xavier Niel - propriétaire de Free, actionnaire à L’Obs et au journal Le Monde – devait déposer une offre de reprise de l’entreprise France-Antilles. Celle-ci éditait le quotidien France-Antilles en Guadeloupe et Martinique, et France-Guyane en Guyane depuis près de 60 ans. L’entreprise a cessé toute activité le 6 février après que les dirigeants aient organisé sa liquidation. Ce sont 235 salariés qui se retrouvent sans emploi du jour au lendemain. Les profits faits par France-Antilles sur les publicités pendant des années n’ont pas été utilisés pour les travailleurs. Niel propose de garder 114 salariés sur les 235. Ce capitaliste a pourtant les poches assez remplies pour reprendre l’ensemble des salariés. Si Niel rachète l’entreprise, c’est avant tout pour faire le plus de profit possible sur le cadavre de France-Antilles et sur le dos des salariés. De plus il est question  « d’aides » venant de l’État, comme toujours pour les plus riches. C’est un exemple de l’aberration du capitalisme.


Élections municipales : les biographies de nos candidats têtes de liste Marie-Hellen Marthe-Dite-Surelly

Ouvrière agricole, Marie-Hellen est âgée de 58 ans. Dès l'âge de 19 ans, avec les jeunes agriculteurs sans terre, elle a participé au mouvement d'occupation de terres agricoles dans la région du Robert. Elle a surtout vécu au François. Elle est engagée auprès de ses camarades contre l’exploitation spécialement dans le secteur de la banane dès l’âge de 23 ans. Elle a notamment pris part à la direction de grèves dans les plantations de banane dans la période de 1995 à 2000. Les ouvrières et les ouvriers agricoles étaient en lutte contre le pouvoir des gros patrons békés, pour des augmentations de salaires et la prime de fin d’année, contre l’utilisation des produits toxiques dans les champs et contre les mauvaises conditions de travail.

Elle est membre de la direction de la CGTM des ouvriers agricoles ainsi que de la CGTM (confédération). Marie-Hellen Marthe-dite-Surelly s’est rapprochée des idées de Combat ouvrier et de la nécessité de lutte des travailleurs dans l’objectif de se débarrasser du système capitaliste injuste et pourvoyeur de misère, de guerres et d’absurdités depuis plusieurs années. Elle a été candidate à plusieurs élections. Aux élections législatives de 2017, elle était candidate titulaire dans la circonscription du Centre.


Gabriel Jean-Marie : Militant communiste révolutionnaire, trotskyste, membre de Combat ouvrier

Il est originaire de la commune de Rivière-Pilote dans le sud de la Martinique. Agé de 61 ans, il est l’ainé d’une famille de sept enfants dont les parents étaient ouvriers agricoles sur des exploitations de békés dans la canne à sucre (de Reynal et de Gentile) et d’exploitants agricoles bananiers. Il rejoint les rangs de Combat ouvrier en 1983. Après avoir travaillé dans le secteur privé de novembre 1978 à août 1987 en qualité de comptable, il enseigne depuis novembre 1987.

En décembre 1987, il a participé activement au Comité « Lepen déwô » visant à interdire l’arrivée en Martinique de Jean-Marie Le Pen. En 1989, il a été un des organisateurs de la grève des ouvriers de Crocquet (Peugeot) qui a duré de fin avril 1989 à mi-juillet. Affecté depuis septembre 1989 au Lycée du Lorrain en Martinique, il a été un des animateurs du mouvement dans l’établissement de fin septembre 1997 à début novembre 1997 visant à exiger le respect des normes de sécurité. Il a été à l’origine de la création du syndicat CGTM Produits Pétroliers en novembre 2005 et de la mobilisation en avril 2007 qui a abouti à l’harmonisation des salaires des chauffeurs de camions-citernes, certains obtenant une augmentation de plus de 700 euros en mai 2007.

De 2009 à 2014, il a organisé les employés de stations-service pour obtenir l’application de la convention collective. Il a été également aux côtés des travailleurs de Fontaine Didier lors de la grève victorieuse de plus d’un mois qu’ils ont menée entre mai et juin 2016 pour des augmentations de salaires entre autres. Depuis juin 2018, il est secrétaire général de la CGTM succédant à Ghislaine Joachim-Arnaud.


Danielle Diakok

Elle est née le 11 décembre 1957 à Pointe-à-Pitre. Elle est la fille de M. Luxa Diakok, militant communiste et ancien membre de la direction du syndicat national des instituteurs (SNI). Elle vit aux Abymes depuis plus de 20 ans. Elle est mère d'un jeune homme. Elle est employée d’assurance à la MAIF (responsable de service), militante de Combat ouvrier depuis plus de trente ans. Militante syndicale, secrétaire de la Fédération CGTG des Organismes Financiers depuis de nombreuses années, régulièrement élue comme déléguée du personnel dans son entreprise. Elle est membre du bureau confédéral de la CGTG depuis 2002.

Danielle Diakok fut élue conseillère municipale en 2008 sur la liste de la majorité municipale des Abymes à la suite d’un accord entre son organisation Combat ouvrier et la FRAPP, mouvement dirigé par Éric Jalton. La condition était qu’elle garde son indépendance politique et sa liberté d’expression. Elle fut d’ailleurs candidate aux élections législatives de 2012 sur la liste Combat ouvrier-Lutte ouvrière dans la circonscription des Abymes sous le drapeau du communisme révolutionnaire.

Danielle Diakok a été candidate de Combat ouvrier à divers scrutins (élections régionales, législatives de 2007, 2012, 2017, municipales de 2014).


Jean-Claude Fériaux

Avec sa discrétion et son sourire timide, Jean-Claude Fériaux est toujours présent lorsqu’il s’agit de soutenir des travailleurs en lutte. Né le 17 mai 1957, Jean-Claude a commencé à travailler à 18 ans, donc à la fin des années 1970, comme peintre en bâtiment. C’était sa formation. À cette époque, dans le bâtiment, c’était mal payé. À partir de 1982 il est employé de commerce à Caraïbe Bricolage qui vend de la peinture. Après le cyclone Hugo il travaille à La Palette.

Il milite avec ses camarades à la CGTG. Quand Jean-Claude a connu le syndicat, il avait 24 ans. Depuis, il est de toutes les luttes. Il a participé aux barrages de l’affaire Faisans en 1985, au LKP en 2009, période pendant laquelle, avec une partie de ses collègues, il a fait les 44 jours de grève et obtenu l’accord Bino pour tous. Le groupe Weldom-La Palette-Batica emploie 150 à 160 employés suivant les périodes. Aux Abymes ils ont plusieurs fois revendiqué des augmentations de salaire et en 2014 ils ont fait 10 jours de grève pour obtenir une augmentation de 1,5 % au lieu des 2 % demandés.

Les travailleurs d’autres secteurs connaissent Jean-Claude qui vient comme il dit « leur donner un coup de main » lorsqu’ils sont en grève : ceux du Crédit agricole qui luttaient contre la suppression des 40% ou ceux de Milénis pendant leurs 82 jours de grève en 2018-2019. Jean-Claude dit : « J’aime participer à la lutte des travailleurs. Et puis, c’était des camarades de la CGTG. » Jean-Claude a connu les camarades de Combat ouvrier. Second sur la liste Combat ouvrier- Faire entendre le camp des travailleurs, aux côtés de Danielle Diakok, il fait campagne autour de lui pour faire entendre le camp des travailleurs. Il aspire à une société meilleure et sans exploitation.