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CO de 2019-2018/CO n° 1235 du 08 février 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Guadeloupe : Éducation nationale la grève se durcit

Lundi 3 février, la quasi-totalité des collèges et des lycées sont restés fermés, ainsi que la majorité des écoles maternelles et primaires. Cela fait plusieurs semaines que les enseignants et les agents des établissements sont fortement mobilisés, avec le soutien des parents d’élèves.  

C’est le projet de réforme des retraites qui a mis le feu aux poudres. Dès le 5 décembre, la grève a été massive dans l’éducation. Certains établissements sont bloqués depuis cette date. Si tous les travailleurs ont à perdre dans cette réforme, les enseignants seraient fortement pénalisés, avec des pensions de retraite qui baisseraient de plusieurs centaines d’euros (de 300 à 800). Mi-janvier, le blocage des établissements s’est généralisé. Les enseignants protestent désormais non seulement contre la réforme des retraites, mais aussi contre les 72 suppressions de postes annoncées pour la prochaine rentrée.

Dans les lycées, le mécontentement est aggravé par la mise en œuvre de la réforme du bac, qui impose aux élèves de première de passer des épreuves (les E3C) dans l’improvisation totale. Le recteur, à l’image du ministre de l’éducation, n’a pour le moment apporté aucune réponse aux revendications des personnels. La grève continue donc, et les professeurs comme les agents restent déterminés.    


Martinique : Éducation la principale bat en retraite

Une cheffe d’établissement zélée a saisi le tribunal administratif de Fort-de-France en mettant en cause six collègues. Elle agissait à la suite des instructions données par le recteur Pascal Jan.  

Ce dernier avait en effet réuni les chefs d’établissement (principaux et proviseurs) pour leur demander de prendre les mesures nécessaires pour permettre la réouverture des établissements scolaires. La principale du collège Lagrosillière dans la commune de Sainte-Marie a donc pris l’initiative de saisir le Tribunal administratif de Fort-de-France en référé le 30 janvier en transmettant les noms de six agents (trois enseignants et trois agents techniques) qu’elle tenait pour responsables de barrages interdisant l’accès au collège.

Ces personnes mises en cause étaient convoquées le 31 janvier. Cette nouvelle a renforcé la détermination des grévistes qui ont dénoncé la procédure de cette cheffe, alors que d’autres chefs d’établissements avaient refusé d’utiliser cette méthode. Et le vendredi 31, ce sont plusieurs centaines de manifestants qui se sont retrouvés au tribunal pour dénoncer l’initiative de ce chef d’établissement et exiger l’abandon de la procédure.

Peut-être pensait-elle obtenir quelques bons points pour sa future retraite en agissant ainsi. Mais face à la mobilisation, le tribunal a annoncé que la cheffe avait finalement choisi de « se désister ». Et voilà comment une représentante de l’État a battu en retraite face à des personnels mobilisés.    


Retraite : la détermination est toujours là

Alors que le gouvernement présentait son projet de démantèlement des régimes de retraites en conseil des ministres, une nouvelle journée de grèves et de manifestations se déroulait partout en France le 29 janvier. En Martinique, ce jour-là, on a pu remarquer que la détermination était toujours là pour exiger le retrait du projet.  

Près de 1500 manifestants ont défilé dans les rues de Fort-de-France ce 29 janvier. Quelques jours auparavant, ce sont près de 3500 manifestants qui exprimaient leur désaccord avec le projet. Au cours de ces derniers rassemblements, c’est surtout le secteur de l’Éducation nationale qui s’est montré à la pointe du combat. Depuis le 16 janvier, de nombreux établissements du second degré ont rejoint le mouvement les uns après les autres. À tel point que le rectorat a lui-même reconnu que plus de 92 % des établissements publics étaient affectés. Mais pas seulement. En effet, la section CFTC du Séminaire Collège (enseignement privé catholique) avait appelé ses adhérents à rejoindre les autres manifestants à la Maison des Syndicats, alors que la centrale CFTC soutient le projet du gouvernement.

Le recteur essaie vainement de vendre le projet foireux du gouvernement. Très certainement parce que comme son ministre de tutelle, il pense que les enseignants « ne comprennent pas tout ». Mais par leur détermination, ces derniers montrent au contraire qu’ils ont tout compris : ils perdraient beaucoup si ce projet venait à être mis en place. Et les seuls gagnants serait le monde de la finance (Axa, Blackrock, Allianz, les banques, etc.) pour lequel roule le gouvernement, Macron en tête.  

DH : Réunis le lundi 3 février en Assemblée générale au Collège Joseph Lagrosillière à Sainte Marie, les enseignants devaient se prononcer sur la suite de leurs mobilisations et sur les propositions des associations de parents d’élèves. Ils restent déterminés.  


Retraite : plusieurs rassemblements pour dire NON !

Plusieurs défilés se sont déroulés pour exiger le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites du gouvernement Macron (François, Lamentin, Fort-de-France, Trinité, etc.). Chaque fois, ce sont des centaines de participants qui se sont déplacés. Des défilés nocturnes (retraites aux flambeaux) ont également rassemblé autant des enseignants que des élèves, ainsi que d’autres salariés, notamment du secteur privé.

Des réunions-débats ont également eu lieu comme celle organisée par les personnels du lycée du Lorrain, du LP Place d’armes au Lamentin, les agents municipaux du Lorrain et du François, ou encore la CGTM à la Maison des Syndicats. Ces rencontres ont été chaque fois très appréciées par les participants car elles ont permis de mettre en lumière les mensonges du gouvernement.


France-Antilles : une liquidation organisée !

Le 30 janvier 2020, le tribunal de commerce de Fort-de-France a prononcé la liquidation judiciaire de France-Antilles sans poursuite d'activité. Cette décision a signé la disparition des trois quotidiens France-Antilles Martinique, France-Antilles Guadeloupe et France-Guyane et le licenciement de 235 salariés.  

Après avoir tiré le maximum de profit de France-Antilles, la famille Hersant a fait le choix de couler l’entreprise. En 1964, l’État a financé intégralement le lancement du quotidien, puis il l’a cédé en 1973 au magnat de la presse française Robert Hersant. En 1985, afin de contourner la loi Fillioud-Mauroy sur la concentration de la presse, Robert Hersant sépare le groupe France-Antilles de son autre société Socpresse regroupant les journaux nationaux comme le Figaro. Son fils Philippe Hersant prend la direction de France-Antilles. Entre 2014 et 2017, l’entreprise « surendettée » est placée à plusieurs reprises en redressement judiciaire pour cessation de paiement. Le repreneur, choisi en juin 2017 par le tribunal du commerce de Fort-de-France, n’est autre que la petite fille de Robert Hersant, Aude Jacques-Ruettard qui expliquait vouloir « sauver France-Antilles ». Deux ans plus tard, la petite dernière de l’empire Hersant qui possède une fortune personnelle estimée à 50 millions d’euros (magazine Challenges), prétend ne pas avoir trouvé la somme d’1,3 million pour maintenir l’activité. Les salariés de France-Antilles ont toutes les raisons de suspecter les Hersant d’avoir commis des malversations qui ont conduit à cette faillite.

En février 2013, une enquête judiciaire est ouverte sur les comptes du groupe Hersant. Alors que les nombreux journaux du groupe étaient dans une situation financière très difficile dont France-Antilles, le directeur Philippe Hersant prélevait 14 millions d’euros des caisses pour effectuer des aménagements onéreux dans le luxueux golf de la famille. Philippe Hersant s’étant lui-même exilé en Suisse pour échapper au fisc. En mai 2014, le groupe Nice-Matin, propriété de Hersant, est placé en redressement judiciaire. L’intersyndicale CGT-SNJ-CGC dépose une plainte pour banqueroute et abus de biens sociaux. Un militant du SNJ, Jean-François Roubaud s’explique dans L’Humanité (5 juin 2014) : « Trois millions d’euros ont été pompés chaque année depuis 2008 dans la trésorerie de Nice-Matin, qui sont en réalité des dividendes déguisés. Hersant a fait payer à Nice-Matin des services dont nous n’avions pas besoin, des managements fees tels qu’un service informatique et un service juridique ». Les plans de licenciement massifs et brutaux ne sont pas nouveaux chez les Hersant. En 2011, le groupe avait licencié 2300 salariés en France au prétexte de difficultés financières.

Le scandale de la liquidation de France-Antilles n’est qu’un nouvel exemple révélateur de la manière dont la société capitaliste fonctionne. Après s’être gavée de profits pendant 46 ans, entre 1973 et 2020, la famille Hersant qui pèse plusieurs centaines de millions d’euros a décidé délibérément de se débarrasser de l’entreprise.  


Guadeloupe : Nouvelle attaque du planteur Tino Dambas contre Jean-Marie Nomertin tous devant le tribunal de Basse-Terre le 14 février à 7h !

Notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de Combat ouvrier et secrétaire général de la CGTG est une nouvelle fois convoqué au tribunal de Basse-Terre suite à une énième plainte du planteur exploiteur Tino Dambas. Le procès qui aurait dû avoir lieu le 22 novembre 2019 a été reporté au 14 février 2020.  

Cette fois Tino Dambas que tout le monde surnomme « l’esclavagiste noir » a porté plainte en diffamation contre Jean-Marie Nomertin à qui il reproche de l’avoir soi-disant appelé ainsi sur Guadeloupe 1ère Télévision. Tino Dambas qui n’a pas peur du ridicule a aussi porté plainte pour le même motif contre l’avocat de Jean-Marie Nomertin, Maître Ézelin, et contre Delphine Ernotte, la directrice du groupe France Télévision auquel appartient Guadeloupe 1ère. C’est un surnom pourtant bien connu des ouvriers et de la population qui savent que Tino Dambas fixe des tâches irréalisables pour les ouvriers, et les licencie ensuite pour « manque de performance ». Il les oblige aussi à travailler les jours fériés, notamment le 1er mai et aussi le 27 mai, jour de célébration de la lutte pour l’abolition de l’esclavage !

Le 29 octobre, les juges avaient relaxé Jean-Marie Nomertin suite à une première plainte en diffamation de Tino Dambas. C’est une victoire de la mobilisation d’une centaine d’ouvriers de la banane qui avaient fait grève lors du procès du 1er octobre 2019.

Alors, pour une deuxième relaxe de Jean-Marie Nomertin : tous à l'audience du 14 février à 7h devant le palais de justice de Basse-Terre !  


Grève à la décharge de Grand-Camp

Les salariés du SYVADE (Syndicat de valorisation des déchets) à Grand-Camp (Les Abymes) sont en grève et tiennent leur piquet de grève devant l’accès du site depuis le vendredi 31 janvier. Ils dénoncent des conditions de travail sur le site : ils n’ont pas les équipements de protection nécessaires comme les masques, les gants, les bottes. Malgré le classement du site comme dangereux - il y a des vapeurs de gaz toxiques - trop peu de visites médicales obligatoires sont organisées. La prescription d’un vaccin contre la leptospirose tous les ans n’est pas respectée alors que les rats grouillent de partout. Le personnel a compté 400 chiens errants trainant sur la décharge. Il y a un gardien qui doit surveiller seul les 35 hectares. Ils dénoncent aussi l’absence d’évolution de carrière.