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CO de 2019-2018/CO n° 1234 du 24 janvier 2020/Pages 7 et 8

Pages 7 et 8

Élections municipales des 15 et 22 mars prochains, des listes « Combat ouvrier -Faire entendre le camp des travailleurs » seront présentes à Fort-de-France, aux Abymes, et à Capesterre-Belle-Eau

Dans le mouvement contre la réforme des retraites, deux camps s’affrontent. D’un côté, Macron, le gouvernement et ceux qu’ils servent : les capitalistes qui veulent que tout l’argent de l’État leur revienne. De l’autre, les travailleurs, les enseignants, présents en masse dans les grèves et dans les manifestations.
Et avec eux tous les travailleurs des entreprises privées, de la grande distribution, des hôpitaux, de l’énergie, de La Poste et des télécommunications, qui soutiennent ce mouvement. Dans les élections municipales, les trois listes « Combat ouvrier-Faire entendre le camp des travailleurs » veulent représenter ce camp des travailleurs en lutte.
Certes, ce scrutin ne peut changer le sort des travailleurs.
Aux municipales pas plus qu’à l’élection des députés ou à celle du président de la République, les questions dont dépend la condition ouvrière ne sont soumises au vote. Mais, dans ce scrutin, les travailleurs peuvent faire entendre leur voix. Ils peuvent dire leur colère par rapport à la politique menée, ils peuvent se compter. Ils peuvent envoyer au conseil municipal des travailleurs qui seront leurs porte-parole, leurs yeux et leurs oreilles.
Les listes de Combat ouvrier seront composées d’ouvriers et d’employés, de chômeurs et de retraités, de celles et ceux qui font fonctionner la société. Tous ceux qui veulent nous aider à constituer notre liste, à la défendre et la soutenir, seront les bienvenus.


Martinique : à propos du colloque régional sur le réchauffement climatique

Les jeudi 16, vendredi 17 et samedi 18 janvier l’Espace de réflexion éthique régional de Martinique (ERERM) a organisé un colloque régional sur le réchauffement climatique au palais des Congrès de Madiana. Conférences, films et ateliers pédagogiques de nombreux intervenants se sont succédé. Dans ce cadre avait lieu le jeudi soir une conférence Environnement et Santé qui a réuni environ 200 personnes.  

Parmi les intervenants de cette conférence, deux ont apporté un éclairage bien précis. D’emblée, le docteur Ruddy Valentino, directeur de l’ERERM, a précisé que « l'un des grands objectifs de ce colloque est de contribuer […] à une prise de conscience des Martiniquais, ainsi qu'au niveau mondial, tant les répercussions de l'érosion de la biodiversité, l'altération de l'environnement, en plus du réchauffement climatique sont importantes en terme de santé publique ». Puis, lors de son intervention sur « Environnement et santé » il insistait, entre autres, sur : « les défis auxquels la Martinique se trouve directement confrontée, tels que la pollution des terres par le chlordécone, ou les échouages d'algues sargasses ».

M. François Gemenne, expert du G.I.E.C. (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a demandé si des politiques publiques pouvaient être mises en œuvre à l’échelle mondiale pour faire face aux questions du réchauffement climatique. Pour lui : « Il y a deux lectures possibles. Une première lecture géologique. On considère que c’est une nouvelle période géologique durant laquelle l’être humain est le principal facteur de transformation de la planète ». Et l’autre, est une lecture politique. C’est-à-dire que : « Toutes nos sociétés sont organisées sur le principe suivant lequel la Terre est régie par les lois physiques et le monde par les lois des sciences sociales ». Et d’ajouter « qu’il faut redéfinir un mode de société. Ou avoir un projet politique pour changer les choses… et qu’il n’est pas trop tard ». Les sujets présentés par les scientifiques lors de cette conférence étaient tous intéressants. Ils apportaient de nombreuses données.

Les invités ont d’ailleurs posé de nombreuses questions et se sont montrés très préoccupés par la pollution et la dégradation de l’environnement et les conséquences sur la santé. Par contre, après plus de deux heures d’échanges avec les scientifiques, ils ne semblaient pas avoir été rassurés sur les possibilités d’y trouver des solutions. Pour nous, communistes révolutionnaires, la responsabilité de cette situation alarmante provient en grande partie du système capitaliste, de ceux qui dans les différents pays détiennent les pouvoirs de décision réels, les gros possédants et sociétés capitalistes. Ceux-là même qui continuent d’engager massivement des capitaux colossaux dans des opérations destructrices telles la destruction de forêts ou l’exploitation de pétrole dans l’Antarctique, pour ne citer que ces exemples.
Alors, comme l’a dit un camarade de Combat ouvrier à la fin de son intervention lors de la conférence : « C’est vrai il n’est pas trop tard. Pour cela, il faut abolir la propriété privée des moyens de production, et exproprier les capitalistes si l’on veut vivre dans une société plus juste et plus humaine ». L’intervention du camarade a été applaudie.


Dans les entreprises

Chantiers en lutte (Martinique)
Nous ne voulons pas des miettes
Au premier janvier, le SMIC a augmenté à peine de 15 € nets par mois. Voilà qui est censé compenser l'augmentation officielle des prix de 1,2 %. Même avec cette augmentation microscopique, le SMIC reste un salaire de misère qui ne permet pas de vivre décemment.

Le mépris du gouvernement…
Pour le gouvernement, il s'agit là « d'une revalorisation maîtrisée ». Admirons cette « maîtrise » à la sauce patronale. Alors que les fortunes des plus riches aux Antilles et ailleurs explosent, des millions de travailleurs doivent se contenter des quelques pistaches grillées. Quel mépris, quelle arrogance de la part d'un gouvernement qui a bourse ouverte pour le patronat. …

et du patronat
Dans le bâtiment par exemple, un OQ 3 après avoir sué le profit après dix ans d’ancienneté ne touche que 12,95 € de l’heure. Soit 1 964 € bruts mensuels ou près de 1 550 € nets par mois Dans ce secteur comme celui de la métallurgie, la convention collective date du siècle dernier, avec des salaires de misère. De quoi alimenter encore plus la colère et la détermination !  


Haïti : dix ans après le séisme, les travailleurs écrasés par la dégradation des conditions de vie

Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7 frappait Haïti et causait la mort de plus de 250 000 personnes. Dix ans après, les habitants des quartiers populaires qui avaient été frappés de plein fouet se retrouvent à vivre dans des conditions pires qu’avant la catastrophe.  

Durant la nuit du séisme les barrières sociales sont tombées face au déchainement de la nature. Ce sont des gens hagards qui erraient dans la poussière des gravats, au milieu des ruines, appréhendant chaque réplique. Tous ceux qui avaient pu s’échapper s’éloignaient des édifices qui s’écroulaient, partaient en quête des nouvelles d’un proche et se regroupaient sur les places pour passer cette nuit d’horreur en attendant le lendemain. Le tremblement de terre a fait entre 250 000 et 300 000 morts et jeté à la rue près de 1,2 million de personnes. Dès le lendemain, les barrières sociales se sont rétablies. Les travailleurs et les exploités sont repartis à la lutte pour survivre et en face les patrons, les possédants sont repartis à chercher le moyen de tirer profit de cette catastrophe.

Dans les quartiers populaires, il n’y a pas une famille qui n’ait été touchée par la perte de proches, parents, amis, collègues, voisins. Aux premières heures, ce sont les habitants qui ont eux-mêmes sauvé bon nombre de personnes en les dégageant des décombres avec des outils de fortune, avec leurs mains. Puis ils se sont organisés en montant des tentes qui se transformèrent en « camps de sinistrés ».

L’aide internationale a été dirigée par la classe politique du moment vers les possédants pour la reconstruction de leurs quartiers, de grands hôtels, des zones touristiques, pendant que les pauvres se débattaient dans les camps de sinistrés. Les camps de toile ont fait place à des constructions de fortune, puis les sinistrés ont été expulsés des places publiques et terrains privés. Ils se sont réorganisés sur le bord des ravines et sur des terrains en périphérie de Port-au-Prince où se sont élevés de nouveaux bidonvilles. Les services publics dévastés n’ont jamais été rétablis. Dix ans après, dans la zone métropolitaine, il n’y a pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de service postal, pas d’écoles. L’assainissement, le ramassage d’ordures sont inexistants. La bourgeoisie se paye des services privés. Elle se procure du courant avec des génératrices puis avec les panneaux solaires. Elle a construit des citernes et achète les camions d’eau nécessaires, des hommes en armes gardent ses propriétés et ses enfants voyagent aux USA pour leur éducation. Les patrons des entreprises de textile ont rapidement repris l’exploitation des ouvriers sur la zone industrielle de Port-au-Prince. Les présidents, de Préval à Martelly puis Jovenel Moïse, se sont succédé à la tête d’un État au service de la bourgeoisie haïtienne. Les politiciens des divers camps, des lavalassiens (du mouvement Lavalas d’Aristide) aux duvaliéristes, se battent pour avoir les postes d’État donnant accès aux différents trafics. Ils ont armé des groupes d’hommes qui les ont appuyés lors des élections.

Ce sont ces groupes armés qui font la loi dans les quartiers aujourd’hui. Dans les mouvements appelant à la démission de Jovenel Moïse durant l’année 2019, ce sont eux qui organisaient les manifestations et le blocage du pays. Les travailleurs et les habitants des quartiers populaires supportent l’insécurité et l’exploitation. En dix années, seule la misère a progressé. L’évolution du salaire minimum de 250 gourdes à 420 gourdes masque une baisse du pouvoir d’achat des ouvriers. Avec la dévaluation de la gourde par rapport au dollar le salaire minimum a chuté de 6 dollars à 4 dollars.

Certains s’organisent et revendiquent un salaire payé en dollars ou en gourdes au taux du jour. Oui, des ouvriers ne baissent pas les bras et cherchent à s’organiser pour mieux se battre contre les bourgeois et leurs politiciens véreux. Là réside l’espoir et l’optimisme en un avenir meilleur pour les travailleurs et les pauvres. Là est l’embryon de la future force sociale qui permettra de se débarrasser de l’oppression.  


Porto Rico - Séismes : dégâts considérables, aides au compte-gouttes

Depuis le 28 décembre 2019 Porto Rico a subi plus de 1 000 tremblements de terre dont deux particulièrement destructeurs, les 7 et 9 janvier essentiellement au sud de l’île, de magnitudes 6,4 et 6.  

La population est traumatisée. Des milliers de gens dorment dehors dans la crainte de nouvelles secousses qui finiraient de détruire leurs maisons déjà endommagées. Les écoles restent fermées ; la plupart ont été construites avant 1987 et donc sans normes parasismiques. Les moins affectées par les séismes ouvriront fin janvier. Le gouvernement sait qu’il y a des risques, mais évoque les mauvaises conditions de vie des élèves dans la rue. La réparation des dégâts, écoles, logements, électricité, coûtera cher. Porto Rico se relève à peine du désastre causé par les ouragans Irma et Maria en septembre 2017. L’administration Trump a aggravé cette situation. Elle ne verse que 15 milliards de dollars au lieu des 44 votés par le Congrès US, en imposant des conditions difficiles aux versements.

Pour les séismes, Trump a finalement accordé la déclaration de catastrophe majeure nécessaire pour l’obtention de fonds fédéraux. Il l’a fait neuf jours après la demande des dirigeants de Porto Rico, traitant ces derniers d’« incompétents ou corrompus ». Les élus démocrates américains dénoncent « sa mesquine vendetta politique contre un peuple de couleur ». Ils demandent d’ailleurs au gouvernement US de débloquer dix milliards de plus pour l’aide à la reconstruction pour Irma et Maria à Porto Rico. Enfin beaucoup de Porto Ricains effrayés quittent l’île pour les États-Unis, rejoignant les milliers d’autres qui avaient émigré après la crise de la dette du gouvernement en 2014 et les ouragans de 2017.  


Guadeloupe : préparons la mobilisation du premier février !

Le premier février, ouvriers, enseignants, chômeurs, lycéens, étudiants, retraités tous en mobilisation ! Préparez cette journée par des assemblées générales partout ! Contre la réforme des retraites, les mauvaises réformes dans l’enseignement, pour l’augmentation générale des salaires, pour un plan massif d’embauches ! Pour de l’eau potable partout et tout de suite. Le premier février, tous au meeting à 8H30 à Pointe-à-Pitre devant la mutualité !  


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