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CO de 2019-2018/CO n° 1234 du 24 janvier 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

Martinique : Mobilisation des lycéens

Le 16 janvier dernier, jour de manifestation contre la réforme des retraites, près de 600 lycéens et collégiens sont venus manifester à Fort-de-France, banderoles déployées.  

Ils sont venus du Lorrain, du lycée Petit Acajou au Lamentin, de Saint Joseph, de Rivière Salée, de la cité scolaire de Joseph Gaillard et Bellevue, de Châteaubœuf, etc. Bon nombre d’entre eux ont été sensibilisés par les explications de leurs enseignants, mais ils ont bien compris que cette réforme scélérate les touchera de plein fouet dans quelques années. Et comme le disait une lycéenne interviewée : « À quoi bon faire des études, s’il n’est même pas possible de vivre dignement quand on est à la retraite ».

Les lycéens manifestaient également contre la mise en œuvre de la réforme du bac, dont les premières épreuves devaient commencer le lundi 20 janvier. Ils dénonçaient la désorganisation totale des nouveaux enseignements, le manque de moyens (absence de manuels scolaires, manque de professeurs, etc). Ils avaient l’intention d’amplifier leur mouvement pour arriver à l’annulation de ces épreuves mal venues et mal organisées.


Guadeloupe : Lycéens de Providence et de Baimbridge en grève

Lu dans le facebook du journal lycéen et étudiant Rebelle !   Le lundi 20 janvier, les lycéens du lycée de Providence étaient en grève ainsi qu'une partie de ceux de Baimbridge, contre la réforme du bac. Une centaine d'élèves de Providence ont manifesté dans les rues pour rejoindre ceux de Baimbridge.

À cause de cette réforme, les élèves de première ont des contrôles qui comptent pour le bac dès janvier. Pour les élèves de Providence et de Baimbridge, les épreuves sont prévues dans une semaine. Mais les lycéens ne se sentent pas prêts et ressentent que les profs sont parfois un peu perdus. La réforme du bac a été mise en place pour réduire le nombre de profs. Les enseignants ont plus de travail et les élèves ont des emplois du temps surchargés.

Grâce à la mobilisation, les épreuves sont reportées dans deux semaines à Baimbridge. Les lycéens ont prévu de refaire grève demain et de protester devant le rectorat ! Yo ni rézon ! WOULO POU LÉ LISÉYEN MOBILIZÉ ! 20 janvier 2020 DH : Le mardi 21, les élèves de Providence (Félix Proto) ont continué leur grève contre la réforme du bac. Les lycéens ont manifesté jusqu’au rectorat pour apporter leur soutien aux personnels de l’éducation en grève contre la réforme des retraites. Les lycéens de Providence appellent les autres lycéens à entrer en grève, et à une manifestation le jeudi 23 janvier !  


Stop aux coupures d’eau ! Ceux de Mare-Gaillard donnent l’exemple

Le 8 janvier au soir la route qui traverse Mare-Gaillard au Gosier était barrée. Les habitants de ce quartier, ceux de Petit-Havre, Salines, privés d’eau depuis plusieurs jours, ont décidé de manifester jusqu’à satisfaction.  

Il s’agit de l’accès principal de Pointe-à-Pitre à Sainte-Anne. Cela a créé des embouteillages. Grace à cette action, le SIAEAG reconnait que deux pompes sont en panne ! Etaient-elles entretenues régulièrement ? Le SIAEAG avait-il l’intention de ne pas les remplacer ? Il a fallu l’action collective organisée par la population pour découvrir un problème qui ne troublait pas la tranquillité des autorités responsables.

Les forces de l’ordre sont envoyées. Elles essaient d’obtenir la fin du barrage, parfois elles le démontent elles-mêmes. Mais peine perdue, à chaque fois les manifestants remettent les encombrants au milieu de la route. Cette détermination a payé : une réunion a eu lieu à la mairie du Gosier. Une première pompe a été installée, la seconde ne devant arriver que 15 jours après. Il y avait toujours des coupures d’eau aux heures de pointe. Les manifestants ont donc remis un barrage à Mare-Gaillard mais aussi sur des routes secondaires. Ils ont exigé des packs d’eau potable. Ceux–ci ont été livrés, mais de façon désordonnée, avec des retards, des erreurs sur le lieu de livraison. Qu’à cela ne tienne ! Les manifestants ont remis le barrage pour les packs d’eau. Ce mouvement a duré trois jours. Les manifestants restent vigilants. Ils montrent à tous que seule la lutte paie.


Baisse du taux du livret A : un hold-up !

Le gouvernement vient de faire passer le taux d’intérêt du livret A de 0,75 % à 0,50 %. Ce compte épargne est le plus utilisé dans les classes populaires - environ 55 millions d’épargnants - car il permet de placer quelques économies et de les voir légèrement fructifier au bout de plusieurs années. Mais les gouvernements successifs ont diminué le taux du livret A. Aujourd’hui, avec cette nouvelle diminution, le taux d’intérêt du livret A n’a jamais été aussi bas. L’objectif pour le gouvernement est de pousser les petits épargnants vers d’autres placements comme les plans épargne retraite, sûrement plus avantageux pour les riches financiers.


Il y a cinquante ans : La création du SMIC

Le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) a été instauré le 2 janvier 1970. Il a succédé au SMIG (salaire interprofessionnel garanti) créé en 1950.  

Origine du salaire minimum
Le salaire minimum a été établi cinq ans après la deuxième guerre mondiale. La France est en ruine, tout est à reconstruire. La bourgeoisie craignait une révolte de la classe ouvrière, elle voulait à tout prix éviter une nouvelle vague révolutionnaire, comme celle qui avait secoué l’Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 prévoit d’assurer « à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ». On élabore le budget d’une famille en constituant le panier de la ménagère. Le panier comprend le prix de produits et de services censé correspondre aux besoins minimum d’un ouvrier célibataire de la région parisienne.

Le salaire minimum de croissance : le SMIC
Puis, le salaire minimum garanti (SMIG) devient le salaire minimum de croissance (SMIC). Le SMIC a été créé pour assurer aux salariés un minimum vital qui se rapproche du salaire moyen des français. La création du salaire minimum est un progrès, car il assure aux salariés ayant de faibles revenus un meilleur pouvoir d’achat. Cependant, le patronat a toujours été très réticent à appliquer ce minimum, estimant les charges salariales trop lourdes. Les gouvernements à leur service, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont toujours tenu compte des intérêts patronaux dans le calcul du SMIC.

Croissance du SMIC
Jusqu’en 1975, le taux du salaire réel avait une croissance de 3 % par an. Depuis, le rythme de croissance est inférieur à 0,5 % par an. En mai 1981, sous la présidence de la gauche de Mitterrand, le SMIC est augmenté de 10 %. En contrepartie, l’État subventionne des entreprises d’environ 9 milliards de francs (près de 3 milliards d’euros) pour favoriser l’embauche des jeunes. Le temps de travail est réduit, il passe de 40 heures à 39 heures. En 1982, c’est la crise, le président bloque les salaires et les prix pour arrêter l’inflation. Le SMIC stagne jusqu’en 1990.
À partir des années 1990, les gouvernements de Jacques Chirac et d’Édouard Balladur allègent les charges des entreprises employant des salariés au SMIC et relève le salaire minimum. De 1998 à 2005, sous le gouvernement de Lionel Jospin, le temps de travail est réduit à 35 heures par semaine. Les 35 heures payées 39 heures devraient augmenter le SMIC de 11 %, mais le gouvernement ne souhaite pas cette augmentation rapide, il crée un nouveau SMIC chaque 1er juillet jusqu’en 2002. On a cinq SMIC différents, tous les salariés ne touchent pas le même SMIC. En 2002, la loi Fillon instaure un SMIC unique. En 2005, tous les SMIC sont à 8,03 euros de l’heure.

Des salaires inférieurs au SMIC
Depuis les années 1990, les diverses augmentations du SMIC sont dérisoires, elles ne suffisent pas à rattraper les hausses des prix sur les produits alimentaires, sur ceux de l’essence, ou sur les factures d’électricité. Le pire est que de nombreux salariés gagnent moins que le SMIC. C’est le cas pour les emplois précaires, à temps partiel ou des emplois spéciaux pour les jeunes comme le service civique.

Le SMIC accusé de créer du chômage
Le gouvernement actuel a augmenté le SMIC de 1,2 % au premier janvier 2020. Le taux horaire brut est de 10,15 euros, et le montant net est à 8,03 euros, ce qui représente une faible augmentation de 15 euros par mois. Le ministre de l’économie Bruno Lemaire s’est opposé à un « coup de pouce » du SMIC. Selon lui, augmenter le SMIC pourrait causer une hausse du chômage des moins qualifiés et aurait peu d’effet sur la réduction de la pauvreté.

Les seuls vrais gagnants, les patrons !
En réalité ce ne sont pas les 1219 euros nets par mois qui empêchent les patrons d’embaucher, car l’État vient au secours des patrons en allégeant certaines cotisations sociales sur les salaires. Si les patrons licencient ou n’embauchent pas c’est surtout pour rechercher le maximum de profits en supprimant des postes et en augmentant la cadence au travail. Pour l’année 2018, l’État a octroyé 52 milliards d’euros d’allègements de cotisations patronales. Pourtant, la productivité a fortement augmenté grâce au progrès technique comme les machines et les nouvelles formes d’organisation du travail. La productivité a contribué à alimenter les profits des grandes entreprises. En 2018, l’observatoire des inégalités a publié une étude sur la fortune du capitaliste Bernard Arnault. Elle représente l’équivalent de 2,6 millions d’années de SMIC. Il est donc possible d’imposer par la lutte collective un salaire décent, un salaire minimum de 1800 euros nets par mois.  


Autrefois, un SMIC colonial

Depuis le 1er janvier 1996, le niveau du SMIC dans les départements d’outre mer évolue au même rythme qu'en métropole et est identique. Mais pendant très longtemps il était plus bas en outre-mer. Avant 1995, il était inférieur de 8,9% par rapport à la France. Ce n’est que 45 ans après l’instauration du SMIG et 25 ans après celui du SMIC qu’il y eut l’égalité sur ce point. Il aura fallu bien des luttes ouvrières pour que certaines discriminations flagrantes de nature coloniale soient supprimées.


Australie : Incendies l’indifférence criminelle du gouvernement

Les feux ravagent l’Australie depuis des mois. Au 18 janvier, malgré l’arrivée des pluies une centaine d’incendies étaient encore incontrôlables. Les dégâts sont considérables : 100 000 personnes ont été évacuées, 2 000 maisons sont détruites, 28 personnes sont mortes, le bétail est décimé, le nombre d’animaux morts est évalué à un milliard.  
Des milliers de personnes ont manifesté à Sydney et à Melbourne. La population est en colère contre le premier ministre conservateur Scott Morrison. Lui et son gouvernement sont incompétents face à la crise et continuent de nier ouvertement les effets du réchauffement climatique. Car s’il y a bien quelque chose que ce gouvernement souhaite protéger ce sont les capitalistes de l’industrie du charbon. La production de charbon est très importante en Australie et génère beaucoup de gaz qui participent au réchauffement climatique. Ce même réchauffement accentue la période de sécheresse et les incendies dans le pays. Les moyens mis sur le terrain contre les incendies sont insuffisants, quant à la prévention, elle fut inexistante. Les pompiers sont complètement débordés. Il aurait fallu pour gérer la crise une action puissante et importante de l’État et de la communauté internationale, ce qui dans ce monde capitaliste et pour les dirigeants actuels reste inconcevable.  


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