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CO de 2019-2018/CO n° 1234 du 24 janvier 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Baie-Mahault : la grève des travailleurs communaux

Depuis le 6 janvier les travailleurs municipaux sont en grève. Plusieurs services ont été touchés. Les grévistes ont érigé plusieurs barrages dans la ville pour montrer leur colère. Ils exigent que l’accord signé en octobre après trois semaines de grève, soit respecté totalement. L’accord contient notamment l’augmentation de leurs indemnités. La maire, elle, estime que l’accord a été respecté. Elle a proposé la création d’une commission pour décrypter l’accord. Comme quoi, après plusieurs semaines de lutte, après plusieurs rencontres depuis septembre 2019, elle n’a pas compris ce que les grévistes demandaient ? En réalité la maire ne veut pas respecter ses engagements. Les travailleurs ont raison d’être en grève.    


Baie Mahault : meeting des grévistes

Vendredi 18 janvier un meeting organisé par les travailleurs municipaux en grève fut tenu devant la mairie de Baie Mahault. Près de 450 personnes de la population de la commune y ont assisté. Plusieurs orateurs, des grévistes, des responsables syndicaux comme Marie-Agnès Castrot, Jean-Marie Nomertin, Élie Domota, Nestorius Favel ont pris la parole. Une organisation politique présente, Combat ouvrier fut invitée à parler. C’est notre camarade Max Celeste qui est intervenu. Puis les participants eurent l’occasion de soutenir la caisse de grève en allant consommer une soupe et manger quelque chose. Les grévistes et les participants se sont quittés dans l’enthousiasme.


Baie Mahault : quelques parents d’élèves contre la grève !

En raison de la grève des travailleurs municipaux, les écoles de Baie-Mahault sont fermées.  

Un petit groupe de parents d’élèves tente d’intervenir régulièrement pour que les écoles rouvrent. « Nous ne sommes pas contre la grève mais… » disent-ils.

Il y a toujours un « mais ». Ils mettent en avant les déprédations qui selon eux seraient causées par les grévistes : jet d’huile de moteur et autres dégradations dans les écoles. Autant de prétextes pour critiquer les grévistes et salir la grève. IIs ont la critique très sélective. L’idée ne leur vient pas de rendre la maire et ses sbires responsables de la situation en ne respectant pas le protocole d’accord du mois d’octobre. En réalité, ce groupe de parents est contre la grève. Les grévistes aussi sont des parents d’élèves ! Et leurs enfants subissent les mêmes inconvénients dus à la fermeture des écoles.

Leur marche de protestation samedi 18 janvier n’a pas rassemblé plus d’une centaine de personnes. Cinq fois plus de monde était au meeting des grévistes ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes.  


Martinique : agents postiers en grève !

Pour comprendre cette affaire, il faut remonter à la mi-octobre. Depuis cette date, un groupe de jeunes protestataires, soutenus par certains groupes nationalistes, a entrepris de bloquer les accès des magasins appartenant aux gros possédants békés de l’île.  

Ils dénoncent la responsabilité de ces derniers dans l’empoisonnement de la population au chlordécone et réclament réparation. Le chlordécone Démarrée le mardi 14 janvier, la grève des agents de la Poste se poursuit. Elle s’est amplifiée au fil des jours. Désormais les grévistes du Centre de Tri de Dillon sont rejoints sur le piquet de grève par ceux venant de bon nombre de bureaux de poste. Ils viennent des bureaux de quartiers de Fort-de-France, tels Balata-Godissard, Cluny, Case-Pilote, Schoelcher, Petit Bourg ou encore Grand Rivière ou Anse d’Arlets. Une Intersyndicale regroupant les syndicats CGTM, FO, la CFTC et SUD, a adressé à la directrice exécutive Outremer une plateforme en 22 points. Elle demande que ce soit cette directrice qui négocie « les yeux dans les yeux » avec eux, et pas par visioconférence de 7000 Km.

Leur plateforme porte sur l’amélioration des conditions de travail, mais aussi sur l’application du précédent protocole d’accord. Syndicats et grévistes sont tous remontés contre les méthodes de management de l’actuel directeur régional et refusent toute négociation avec ce monsieur jugé arrogant et irrespectueux. Ils réclament aujourd’hui son départ. À ce jour, ils n’ont pas accepté les tentatives de médiation extérieure initiées par la Direction du travail. Ils restent déterminés.


Guadeloupe: Grève à la Poste un succès !

Mardi 14 janvier, les agents de la Poste sont entrés en grève contre la dégradation continuelle de leurs conditions de travail.   Cela faisait plusieurs mois qu’ils préparaient cette grève pour dénoncer le manque d’agents et l’épuisement des agents en poste. Ils réclamaient des embauches notamment celles de leurs collègues intérimaires. Ils dénonçaient aussi le mépris dont fait preuve le directeur de la Poste Guadeloupe,

David Harlé, envers les agents. Le premier jour, ils étaient plusieurs centaines mobilisés devant la Poste de Bergevin à Pointe-à-Pitre et la quasi-totalité des bureaux de Poste sont restés fermés. Les jours suivants, les grévistes ont bloqué le centre de tri postal de l’aéroport Pôle Caraïbe, un point central pour la distribution du courrier.

Ces dernières années, les salariés de la Poste ont réussi à faire titulariser plusieurs de leurs collègues précaires et à obtenir des embauches grâce aux grèves qu'ils ont menées. Mais la direction a continué de diminuer les effectifs en ne remplaçant pas les départs à la retraite.

Le 18 janvier, après cinq jours de grève, la direction a cédé et un protocole a été signé pour la création de 103 postes dont 70 contrats à durée indéterminée (CDI), l’arrêt du recrutement en intérim ou encore le maintien des bureaux de poste de plein exercice. Une victoire pour les grévistes ! Il s’agit maintenant pour eux de rester vigilants pour que la direction respecte ses engagements.    


France : les grèves contre la réforme des retraites

Contre la réforme des retraites les secteurs en grève sont nombreux et cela après 50 jours de mobilisation. Les grévistes les plus déterminés des transports en commun, la SNCF et la RATP, continuent de former des assemblées générales.  

Ils ont réussi, pendant 40 jours, à perturber les lignes de trains, de métros et de RER. Dans la vallée du Rhin les cheminots de Mulhouse ont rejoint les grévistes de la centrale EDF, ils ont bloqué la centrale électrique et la circulation sur le fleuve. Les agents d’autres centrales EDF sont en grève comme ceux de la centrale nucléaire de Gravelines avec plusieurs centaines de personnes sur le piquet. À Tricastin les employés d’EDF ont pris la pause devant le pupitre d’arrêt d’urgence de la centrale. La grève des travailleurs des ports est aussi importante avec des opérations de blocage pendant 72 heures dans les sept grands ports, le prochain blocage est prévu pour le 22 janvier. La grève se poursuit aussi dans les raffineries. Radio France a repris la grève cette fois contre la réforme des retraites. Les agents de la Banque de France se sont mis en grève le 13 janvier. Les avocats continuent la grève, tout comme les enseignants, les artistes et les employés de l’Opéra de Paris, les pompiers, le personnel des hôpitaux…

Tous ont eu l’occasion de se rassembler dans les grandes manifestations comme celle du 16 janvier où des dizaines de milliers de personnes marchaient dans les villes. Même si les grévistes n’ont pas encore contraint le gouvernement à retirer la réforme, ils ont eu la force de le faire reculer, par exemple sur les points concernant la pénibilité au travail et certains régimes spéciaux. Cela signifie que la lutte paye. Ceux qui se battent et ne lâchent pas ont raison.  


Des actions « coups de poing »

Les manifestants ne manquent pas de ressources pour maintenir la pression sur le gouvernement. Le vendredi 17 janvier des manifestants ont réussi à gâcher la soirée au théâtre de Macron. Un peu partout les vœux d’élus et de directeurs d’infrastructures publiques ont été interrompus par les manifestants. À l’hôpital Saint-Louis à Paris, les médecins ont jeté leur blouse durant les vœux du directeur, des avocats ont fait pareil avec leurs robes, des enseignants avec leurs livres.

Face à la politique de Laurent Berger, secrétaire général du syndicat CFDT, qui, quoi qu’il en dise, est favorable à la réforme, les manifestants ont envahi le siège de la CFDT le 17 janvier. Ce même jour, à Paris, l’entrée au musée du Louvre était bloquée par un cortège. Cette action dénonçait aussi les conditions de travail des salariés. L’Opéra de Paris continue de faire des représentations gratuites dans la rue. Partout les manifestants chantent « on ira jusqu’au retrait ! ». À Nantes 2 000 personnes ont manifesté la nuit, marchant le flambeau à la main, et en chantant l’Internationale, le chant révolutionnaire des travailleurs !


Martinique - Retraites : la contestation s’élargit

Depuis que le mouvement a débuté le 5 décembre 2019, de plus en plus de salariés réclament le retrait pur et simple du projet Macron.   Des milliers de travailleurs ont manifesté en Martinique pour exiger que le gouvernement retire son projet de démantèlement des régimes de retraite actuels.

En effet, seuls les patrons, dont le Medef et la CPME, applaudissent. Car pour eux, ce sera un eldorado si cette loi vient à être votée et appliquée. C’est ainsi que Roux de Bézieux (Medef) a déclaré en novembre 2019 à propos de la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui ouvre la voie à la retraite par capitalisation : « La loi PACTE de 2019 a donné lieu à une véritable co-construction entre acteurs publics et acteurs privés, gestionnaires d'actifs comme assureurs et banques. Son accueil positif par le marché témoigne de l'intérêt qu'elle suscite. Elle constitue une première étape clé pour une épargne plus agile, permettant de construire une retraite par capitalisation, en complément de la retraite par répartition, qui est l'une des réformes clés du quinquennat ». Et il a encore applaudi après le discours de Philippe le 11 décembre avec sa fameuse annonce de l’introduction d’un âge pivot qui conduira à travailler jusqu’à 64 ans et certainement plus, pour un montant de pension non garanti, voire qui va diminuer.

C’est pour cette raison qu’en Martinique, les travailleurs de l’Éducation nationale sont repartis en grève depuis la rentrée. Et de plus en plus de salariés du secteur privé s’organisent pour rejoindre la mobilisation : secteur des produits pétroliers, distribution de l’eau, commerce, port, aéroport. Et c’est une excellente nouvelle. Plus il y aura de travailleurs qui rejoindront la grève, plus le camp des travailleurs sera fort.


Guadeloupe: Retraites les grèves continuent

Depuis le 5 décembre, des journées de grève ont eu lieu contre la réforme des retraites. Le 9 janvier, les travailleurs ont été appelés à se mobiliser. Ceux de l’éducation ont fortement répondu à l’appel. Plus de la moitié des établissements scolaires de Guadeloupe n’ont pas pu fonctionner. Les travailleurs de la CGTG se sont rassemblés au siège du syndicat pour discuter de la réforme des retraites. Depuis, les mobilisations ont continué dans l’éducation. Professeurs, agents d’entretien, psychologues, étudiants en hôtellerie ont massivement protesté les 16 et 17 janvier. Jeudi 16 janvier, les avocats ont rejoint la mobilisation. Près de 500 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre. Les travailleurs ont prévu d’autres mobilisations pour protester contre cette réforme injuste. Ceux de l’éducation ont décidé de continuer leur grève.