Site

CO de 2019-2018/CO n° 1232 du 14 décembre 2019/Pages 7 et 8

Pages 7 et 8

À notre amie, Rita DAHOMAY

Sœur jumelle de notre camarade Lita Dahomay, Rita Dahomay que les plus proches amis et parents appelaient Tita, est décédée le vendredi 6 décembre à 4h du matin.  

Combat ouvrier tient à rendre hommage à Rita Dahomay, bien sûr, pour ce qu'elle a été en tant que Rita Dahomay et pour l'investissement personnel qu'elle a su apporter à plusieurs combats de valeur. Notamment, elle fut membre d'une génération qui a renforcé la lutte anticolonialiste.

Mais aussi nous lui rendons hommage tout particulièrement pour l'aide qu'elle a apporté à notre groupe, pour les luttes partagées avec nous pendant un demi-siècle. Elle n'était pas membre de notre organisation, malgré nos propositions. Elle ne l'a jamais voulu pour des raisons qui lui étaient propres et sans doute pour préserver une certaine indépendance morale et physique. C'était son choix. Et nous l'avons respecté.

Par contre, elle a épousé nos idées et notre programme en tant que sympathisante active. Elle nous soutenait. Elle été candidate de Combat ouvrier à Sainte-Rose tout en sachant que les résultats seraient très faibles. Mais elle l'a fait pour défendre nos idées.

Elle a participé à la vente de notre journal. Lorsque nous avons entrepris de créer un bihebdomadaire pendant quelque temps, elle s'est chargée de le placer dans les boutiques de la Côte sous le vent, deux fois par semaine, entre Sainte-Rose et Baillif. Ce n'était pas une tâche facile.

Elle participait à tous nos meetings, toutes nos manifestations et aussi à la préparation de la fête annuelle de Combat ouvrier.

Lorsque nous avions besoin d'elle, sa porte était ouverte, pour loger des camarades et cela même dans des périodes particulièrement difficiles de clandestinité politique.

Bref, Tita a toujours été à nos côtés. Elle fut de ceux qui modestement mais très fidèlement et avec discrétion ont mis leur touche à l'édifice.

Nos plus jeunes camarades doivent le savoir ainsi que toute la jeune génération présente aujourd'hui.

Tita, comme les plus proches l’appelaient, a donc compté pour nous personnellement certes, mais aussi pour nous en tant qu'organisation politique communiste révolutionnaire.

Elle aspirait comme nous à une société débarrassée de l'oppression, de l'exploitation de l'homme par l'homme. Tous les camarades de Guadeloupe et de Martinique s'associent à cet hommage.

Nous sommes fiers qu'elle ait demandé un drapeau communiste sur son cercueil. C'est le plus beau cadeau de départ qu'elle fait à notre organisation et nos camarades. Voilà donc ce que nous tenions à dire ce soir en hommage à Tita. Nous vous remercions.

Combat ouvrier Texte lu par Jean Louis Deiss, militant de longue date de Combat ouvrier à la veillée, chez Tita le lundi 09 décembre. Le 9 décembre 2019


Guadeloupe : Non à la suppression des 40% !

Il y a quelques jours, la Direction régionale des finances publiques a interpelé certaines communes sur le fait qu’en cas d’absence de délibération d’approbation, les agents contractuels ne doivent plus toucher la prime de 40 % de vie chère et des retraits sur salaire doivent être effectués dès la fin du mois de novembre avec remboursement par les agents concernés des sommes prétendument trop perçues.  

Des élus de Guadeloupe, dont de nombreux maires, ont publiquement pris position contre ces mesures et le directeur des finances publiques a fait marche arrière.

Ce n’est pas la première fois que l’État et le patronat tentent de supprimer cette prime depuis qu’elle a été octroyée aux fonctionnaires d’outremer en 1953 après plus de deux mois de grève. Cette nouvelle tentative intervient dans un contexte où l’État ponctionne les travailleurs pour renflouer les coffres-forts des plus riches.

Ces déclarations contre la prime de vie chère servent à tester la réaction des travailleurs. Cette fois, les autorités ont pointé du doigt les agents contractuels de la fonction publique territoriale, mais en réalité c’est tous les travailleurs qu’ils visent.

Si, à la prochaine attaque contre la prime de vie chère, il y a une réaction massive et générale des salariés du public comme du privé, cela sonnerait comme un avertissement menaçant au gouvernement et aux patrons. Ce fut le cas, à petite échelle, en 2016 quand les salariés du Crédit Agricole de Guadeloupe se mirent en grève contre la menace de suppression de leur prime de vie chère. La direction avait renoncé.  


Haïti : vague de licenciements

Nous publions ci-dessous un article de nos camarades de l’organisation des travailleurs révolutionnaires (OTR) publié dans leur mensuel « La Voix des Travailleurs » de décembre. Les patrons augmentent la pression sur les ouvriers alors que les politiciens et leurs bandes armées imposent une situation de blocage dans le pays.  

C’est par centaines que les patrons des industries d’assemblage licencient les ouvriers en cette fin d’année, arguant l’insuffisance de travail. Mais les travailleurs ne sont pas dupes et fournissent d’autres explications. Certains évoquent le soi-disant ajustement de salaire récemment octroyé. Pour eux, les patrons, dans le souci de contourner cette mesure, obligent, par exemple, une douzaine d’ouvriers à réaliser ce que faisaient 20 ou 25 personnes. Ils réduisent ainsi l’effectif pour payer moins et faire plus de profits. Pour d’autres, il manquerait réellement du travail, mais c’est à cause des tarifs trop élevés pratiqués depuis le début de l’année, en janvier. Selon eux, tout le monde aurait du travail jusqu’à la fin de l’année si celui-ci était bien réparti, sans chercher à pousser les ouvriers à travailler parfois au-delà de leurs forces.

Ainsi, les suspensions et les licenciements (révocations) abusifs n’existeraient pas. Mais ces licenciements ne concernent pas seulement les travailleurs de la sous-traitance. Ceux de l’hôtellerie sont aussi durement affectés après la fermeture des hôtels comme Best Western, Moulins sur mer, Decameron, etc. poussant au chômage des centaines de travailleurs. D’autres comme Le Plaza n’ont pas fermé mais ont réduit de moitié le salaire des employés ; Marriot a procédé de son côté à des congés sans solde pendant 15 jours, avec des menaces de révocation ou de prolongation de ces suspensions. Pourquoi une partie de ces sommes astronomiques gagnées par l’exploitation de la force de travail des salariés ne sert-elle pas à payer ces derniers dans des périodes comme celle-ci ? Dans le contexte qui prévaut actuellement en Haïti, licencier un travailleur, c’est pousser sa famille vers la pauvreté extrême, c’est la condamner à la mort lente par la famine. Les profits des riches ne doivent pas passer avant les vies des travailleurs. Voilà pourquoi il ne faut pas accepter ces révocations !


Martinique: banane un patron voyou

Depuis plusieurs semaines ces ouvrières et ouvriers bloquent l’habitation Fijo, tapent du poing sur la table pour obliger ce patron - voyou à respecter leur droit. Nous publions ci-dessous des extraits du tract des travailleurs de l’habitation. « Habitation Fijo : les ouvriers agricoles, sont en colère !

C’est toujours la même histoire qui se répète depuis 2016 sur l’Habitation Fijo à Sainte-Marie. L’employeur monsieur Félix FIXY, exploitant de l’entreprise bananière, ne paie le salaire des ouvriers, qu’une fois sur deux, et ce, malgré plusieurs protocoles d’accord où il s’est, à plusieurs reprises, engagé à respecter la réglementation concernant le paiement des salaires. Le fait est qu’au jour d’aujourd’hui, l’entreprise n’a payé ni les salaires du mois d’octobre ni ceux du mois de novembre.

Comme le ferait la pire des racailles, ces gens de la direction de l’Habitation, se livrent chaque mois à un sinistre manège, qui consiste à délivrer des chèques aux ouvriers, mais qui ne seront jamais mis en paiement, puisque sans provision. Et c’est sans scrupule, qu’ils pratiquent ces agissements année après année, mois après mois, sans que quiconque ne s’en émeuve. Ni l’administration, ni la banque n’ont jugé bon de porter plainte contre cette infraction à répétition.

Pourtant, 23 pères et mères de famille sont concernés. Pourtant l’Habitation Fijo émarge aux fonds Européens et touche chaque année des centaines de milliers d’euros pris dans les poches du contribuable. Cherchez l’erreur ! En tout cas, mobilisés, les ouvriers se sont rendus à l’inspection du travail et cette dernière a fait savoir à l’entreprise qu’elle commettait une infraction passible de sanctions pécuniaires et d’un règlement de dommages et intérêts... »  


Guadeloupe - banane SA Bois-Debout mobilisation des camarades licenciés

Un groupe de camarades licenciés lors du plan social de juin 2018 s’est mobilisé le mardi 3 décembre sur la plantation. Ils réclament des comptes à la direction qui vient d’embaucher une vingtaine de nouveaux travailleurs sans proposer aucune offre aux licenciés. Les camarades sont déterminés à ne pas se laisser faire !


Guadeloupe : un nouveau meurtre sexiste

Lundi 9 décembre, une femme de 38 ans a été égorgée à Moulin à Eau, à Capesterre-Belle-Eau. C’est son conjoint qui l’a assassinée. Son corps a été découvert par sa fille qui n’a que 13 ans. Cet acte horrible est le 142ème féminicide à l’échelle de la France. Les violences contre les femmes sont un véritable fléau en Guadeloupe : harcèlement, agression dans les lieux publics, viols. Certaines perdent malheureusement la vie. Depuis le début de l’année, tous les deux jours, une femme est morte des coups de son conjoint ou de son ex-conjoint, en France.


Avis aux lecteurs

Nous ne serons pas en mesure de faire paraître le numéro du 28 décembre Notre prochain numéro paraitra le samedi 11 janvier 2020 !


Bookmark and Share