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CO de 2019-2018/CO n° 1232 du 14 décembre 2019/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Martinique : Mardi 10 décembre, une mobilisation qui n’a pas faibli

Le mardi 10 décembre, les manifestants contre le projet de réforme des retraites de Macron ont à nouveau envahi les rues de Fort-de-France.   Les salariés du public et du privé se sont regroupés tôt le matin à la Maison des syndicats avec leurs drapeaux et banderoles. Ils répondaient à nouveau aux appels de leurs syndicats CGTM, CDMT, FO, FSU, UNSA et aussi USAM ou FSM, mais ils voulaient aussi dénoncer leurs mauvaises conditions de travail et les menaces qui pèsent sur leurs emplois.

C’est le cas des agents des mairies, des crèches, confrontés à l’austérité budgétaire des mairies. C’est aussi le cas des agents de la CTM venus en nombre pour dénoncer la politique d’austérité et de mépris à leur encontre pratiquée par le chef de l’Exécutif de la CTM, Alfred Marie-Jeanne. Il y avait aussi des grévistes du Commerce, de la Santé, de la Métallurgie, d’Odyssi, de l’Agriculture et des enseignants en grand nombre. Tout le long de la manifestation, les grévistes très déterminés ont repris des slogans contre Macron.

Réunis en assemblée générale à l’issue de la manifestation, avec leurs syndicats, ils ont décidé de poursuivre, voire amplifier leur mobilisation le mercredi 11 décembre, affirmant continuer la lutte pour le retrait de la réforme. Les syndicats enseignants eux ont repoussé leur décision.    


Réforme des retraites : les enseignants très mobilisés

Jeudi 5 décembre, plus de 3000 manifestants ont défilé dans les rues de Fort-de-France pour exiger le retrait du projet de réforme des régimes de retraite. Parmi eux, des centaines d’enseignants qui seraient fortement défavorisés par la réforme.  

Actuellement, un enseignant qui fait valoir ses droits à la retraite bénéficiera d’une pension de retraite calculée sur ses six derniers mois de salaire. Si le projet de réforme entrait en application, c’est sur toute la carrière que la pension serait calculée. Par besoin d’être grand clerc pour comprendre que la nouvelle formule pénaliserait les futurs retraités. Des simulations ont permis de constater que c’est entre 300 et 900 euros qu’ils pourraient perdre.

Le ministre de l’Éducation nationale Blanquer a d’abord déclaré, méprisant : « Je pense que certains sont en grève parce qu’ils ne comprennent pas tout, donc c'est aussi notre travail d'expliquer avant, avant le 5 ». Puis le 4, il a adressé un courrier à tous les enseignants leur promettant « une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique ». Ce qui n’a pas empêché une forte mobilisation le lendemain et à nouveau mardi 10.


Guadeloupe : Les enseignants mobilisés

Mardi 10 décembre, plusieurs collèges et lycées ont été fermés pour cause de grève d’enseignants. Les professeurs ont fait grève pour protester contre la réforme des retraites. Près de 100 grévistes se sont rassemblés devant le local du SNUIPP-FSU, un syndicat d’enseignants du premier degré. D’autres grévistes se sont réunis devant le rectorat. Les lycées de Sainte-Anne, de Port-Louis et de Petit-Bourg n’ont pas fonctionné, ainsi que les collèges Général de Gaulle au Moule, Eugène Yssap de Sainte-Anne et Sylviane Telchid de Capesterre-Belle-Eau. D’autres collèges ont fermé ce jour-là : à Saint-Claude, à Saint-François, au Gosier et à Trois-Rivières. Les enseignants en grève ont déjà déclaré qu’ils referont des journées de mobilisation tant que le gouvernement ne retirera pas la réforme des retraites.  


Mobilisation à la CAGSC

Le 6 décembre dernier, pour faire suite à une proposition des syndicats lors de la grève du 5 décembre, plusieurs dizaines de personnes étaient mobilisées devant la CAGSC, Communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe (ex CASBT). Plusieurs syndicats et organisations politiques étaient présents dont la CGTG, Combat ouvrier, FO, la FSU, Journal Rebelle !, l’UNSA et l’UPLG. Les employés de la CAGSC étaient aussi mobilisés. L’objectif était de récupérer des documents réclamés depuis le 22 novembre, à savoir des factures prouvant que le charbon actif sur les sites de production d’eau potable a été changé, mais aussi les factures d’eau des administrations, ainsi que celles des grandes plantations qui consomment énormément d’eau. Les manifestants ont occupé les locaux pendant trois heures avant qu’on ne leur remette une partie des documents. Il y manquait les factures des gros planteurs. Auraient-ils eu peur que l’on découvre l’une des causes du déficit de la CAGSC ?


Succès de la grève du 5 décembre en France

L’appel à la grève interprofessionnelle contre la réforme sur les retraites a été une réussite. La mobilisation a été massive.  

Ce sont plus de 800 000 personnes qui ont manifesté dans toute la France. 260 manifestations ont été recensées. Cette journée a mobilisé toutes les catégories de salariés : travailleurs du transport, pompiers, enseignants, hospitaliers, ambulanciers, salariés des entreprises de la métallurgie, de l’automobile, du commerce... Les salariés du public comme du privé ont exprimé leur mécontentement. La grève a été très suivie à la SNCF, à la RATP, et dans l’éducation. Face à l’ampleur de la mobilisation le gouvernement s’est empressé de faire des annonces pour calmer la colère. Le ministre de l’éducation nationale a prévu d’augmenter les salaires des enseignants dès le premier janvier 2021 pour éviter la baisse de leur pension de retraite. Alors que les salaires des fonctionnaires sont bloqués depuis près de dix ans ! Toutefois, le premier ministre, Édouard Philippe, reste déterminé à mener la réforme jusqu’au bout. Il faudra bien plus qu’une journée comme celle-ci pour faire reculer le gouvernement. Il faudra une lutte collective de tous les travailleurs du privé et du public. Il faudra intensifier la mobilisation et étendre la grève partout en France.

À Saint-Nazaire : privé, public, tous ensemble !
"Marée humaine" a titré Ouest-France pour qualifier la manifestation nazairienne. 10 000 personnes dans la rue, là-aussi, c'était la plus grosse manifestation à Saint-Nazaire depuis au moins 10 ans.

Région de la Loire : des manifestations réussies
Cheminots, enseignants, territoriaux, postiers, hospitaliers… dans les rues, 10 000 ont manifesté à Angers, 1 500 à Cholet et presque un millier à Saumur. De telles foules n’avaient pas été vues depuis les grands défilés de 2010, déjà pour la défense des retraites ! Le 5 a donné de l’énergie à tous ceux qui ont manifesté. Nombreux étaient ceux prêts à agir pour que cette journée ne soit que le début d’une véritable contre-offensive !

À Argenteuil : une assemblée générale interprofessionnelle
Une assemblée générale interprofessionnelle s’est réunie hier matin jeudi 5 à l’espace Mandela. Elle a réuni principalement, mais pas uniquement des enseignants, d’Argenteuil, de Bezons, et de Cormeilles en Parisis. Réunissant 90 personnes, elle a démontré que la mobilisation pouvait se développer, mais aussi les interrogations des participants face à l’ampleur de la tâche. La nécessité de la grève reconductible a été approuvée par un vote de l’unanimité des présents.

À Limoges, aujourd'hui dans la rue, demain on continue !
Des milliers et des milliers de manifestants à Limoges jeudi 5 décembre, 10 000 ? 20 000 ? En tout cas la queue du cortège n’a pu démarrer que près de 40 minutes après la tête ! Beaucoup de manifestants évoquaient 1995, les manifestations qui avaient forcé Juppé à reculer ! « Levons le poing contre la retraite à points » ont scandé des hospitaliers, joignant le geste à la parole. « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, on n'en veut pas de cette société-là » était aussi largement repris. Dans la manif on commentait des taux de grévistes bien supérieurs au taux habituels lors des meilleures journées d'action syndicales : 70% chez les enseignants de l'académie, 40% à l'hôpital de Saint-Junien, 60% chez Madrange (agroalimen-taire), 54% dans les services financiers, 70% dans les bibliothèques de Limoges…

Et le 6 décembre à 10h30, à l'appel de l'ensemble des syndicats présents le 5, plusieurs centaines de travailleurs se sont retrouvés pour défiler au Centre-Ville, dont certains en débrayage comme un groupe de chez Legrand (équipement électrique).  


Pour une fois, la vérité selon Fillon !

Samedi 23 novembre au Robert, au centre commercial Océanis, des manifestants ont bloqué la grande surface Euromarché.  
Ils protestent devant les magasins de riches békés et surtout ceux du groupe Bernard Hayot (GBH) qu’ils accusent non sans raison d’être responsable de Depuis quelque temps, une vidéo est réapparue et circule sur les réseaux sociaux. C’est une conférence filmée en 2016, où Fillon, en tant que candidat à la présidentielle, présentait ainsi son programme économique à un parterre de chefs d’entreprise : « Le système de retraite par points, j’y suis favorable, mais il ne faut pas faire croire aux Français que ça va permettre de régler le problème des retraites. Le système par points, en réalité ça permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue. Cela permet de diminuer chaque année la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. »


Martinique : Vito Aéroport combien de morts faudra-t-il ?

Samedi 30 novembre 2019 en début de soirée, on a frôlé le drame. Un automobiliste a en effet pénétré à grande vitesse dans la station. Son véhicule n’a causé, heureusement, que des dommages matériels en heurtant un autre véhicule et des pompes à carburants.  

Le 22 juillet 2017, dans cette même station, un employé de 21 ans avait perdu la vie alors qu’il se trouvait à son poste de travail sur la piste, après avoir été percuté par un véhicule. Les employés s’étaient alors mobilisés pour réclamer que des mesures soient prises pour garantir leur sécurité. En février 2019, une opération « molokoy » avait été menée pour dénoncer l’absence de réponse à leurs demandes. En août 2019, deux nouveaux accidents dans les mêmes conditions se sont produits et avaient réveillé les angoisses. Les employés, soutenus par le syndicat CGTM PP (produits pétroliers) avaient tiré une fois de plus la sonnette d’alarme et interpelé les pouvoirs publics (DIECCTE, préfet, notamment). Le 26 septembre 2019, une réunion a eu lieu à la mairie du Lamentin à ce sujet et les parties devaient se retrouver deux mois plus tard. Samedi 30 novembre, c’est un nouveau drame qui a été évité de justesse.

Face à ce danger, tous les employés (boutique et piste) se sont placés en position de retrait dans l’attente de mesures concrètes garantissant leur sécurité.

En réponse, le gérant a proposé qu’il n’y ait aucun pompiste sur la piste et que les ventes de carburant se fassent en prépaiement, les clients se servant eux-mêmes. Et dans un courrier, il a même menacé de prendre des sanctions contre les employés qui ne seraient pas à leur poste de travail. Manifestement, sa seule et unique préoccupation est de faire tourner son point de vente, quels que soient les risques pour employés et clients. Les employés ne se sont pas laissé impressionner et ont décidé de rester en position de retrait aussi longtemps que des travaux nécessaires ne seraient pas exécutés et validés par les pouvoirs publics.