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CO de 2019-2018/CO n° 1232 du 14 décembre 2019/Pages 1 et 2

Pages 1 et 2

Éditorial: Le gouvernement et les riches veulent faire payer leur crise aux travailleurs et aux classes populaires. Une seule réponse : la lutte générale et collective !

Édouard Philippe a confirmé les points essentiels d’une réforme des retraites qui n’est rien d’autre qu’une nouvelle attaque anti-ouvrière. Comme toutes les réformes des retraites que l’on subit depuis 30 ans, le projet du gouvernement conduit à nous faire travailler plus longtemps pour une pension moindre parce que le grand patronat ne veut rien payer.  

Sous prétexte d’unification des régimes, ce projet poussera vers la pauvreté un nombre croissant de retraités. Avec le système à points et un calcul de la pension sur toute la carrière, plus encore qu’aujourd’hui, les travailleurs pauvres deviendront des retraités pauvres.

Quant à croire les promesses gouvernementales sur le fait que la valeur du point ne pourra pas baisser, il faudrait être bien naïf. Ce serait contrôlé par les partenaires sociaux et le parlement ? Mais c’est déjà le cas du point d’indice des fonctionnaires, bloqué depuis des années ! Le point serait indexé sur les salaires ? Mais les salaires sont en retard sur les hausses de prix depuis bien longtemps ! Aucune retraite ne serait inférieure à 85 % du Smic ? Mais le Smic est déjà insuffisant pour vivre !

Le gouvernement confirme surtout qu’il faudra travailler plus longtemps. Il ose affirmer sans rire qu’il ne veut forcer personne… mais il projette d’introduire un malus en-dessous de 64 ans, ce qui revient à obliger les salariés à choisir entre s’épuiser au travail – s’ils en ont encore un – et tomber dans la misère. Quant au fait que la réforme ne s’appliquera qu’aux salariés nés après 1975, c’est une tentative de division abjecte. Les travailleurs qui refusent un recul pour eux-mêmes n’en veulent pas non plus pour leurs frères, leurs enfants ou leurs collègues plus jeunes. Et c’est dans l’ordre des choses que le patron des patrons, le chef du MEDEF, lui, se félicite de cette réforme !

Le système capitaliste est en crise profonde et c’est cette crise qui engendre les mécontentements et les explosions de colère. Les gros possédants se vautrent dans le fric, les actionnaires perçoivent 52 milliards, les grosses sociétés du CAC 40 n’ont jamais été aussi riches. Mais ce monde-là et ses commis comme Macron, Philippe et Cie veulent faire payer les pauvres avec une arrogance et une suffisance de plus en plus révoltantes.

Mais quand même, s’ils repoussent aujourd’hui la date d’entrée en vigueur de leur réforme, c’est parce qu’il y a cette mobilisation et qu’ils sont sous la pression de ceux qui sont en grève reconductible, en France, à la SNCF, à la RATP. Parce qu’ailleurs, aux Antilles, à la Réunion, en Outremer, des braises sont loin d’être éteintes.

Mais cela prouve aussi que, face à la mobilisation, le gouvernement peut reculer. Pour l’instant, c’est un recul minime, mais c’est quand même sous la pression des travailleurs qu'il a été contraint d’enrober un peu sa réforme.

Alors il faut poursuivre le mouvement engagé le 5 décembre. Cette journée de grève et de manifestations a été une démonstration de force massive en France. Aux Antilles, les manifestations sont importantes. En France, dans plusieurs secteurs, notamment les transports publics et l’éducation, des travailleurs ont engagé un mouvement de grève déterminé. Ils ont déjà obligé le gouvernement à changer de ton. Si les grèves s’étendent et se renforcent, les travailleurs auront la force de faire reculer le gouvernement en France et dans tous les outremers.

Poursuivons le combat jusqu’au retrait de la réforme Macron-Philippe.  


Martinique : La mobilisation du 5 décembre un succès

Plus de 3000 travailleurs du privé et de la fonction publique ont manifesté le jeudi 5 décembre dans les rues de Fort-de-France contre la réforme scélérate du gouvernement Macron-Philippe sur les retraites.  

La manifestation se faisait aussi contre les attaques patronales : les bas salaires, la précarité de l’emploi, les licenciements et les mauvaises conditions de travail. On pouvait entendre les manifestants scander tous ensemble la chanson contre Macron : « Macron si tu savais ta réforme… ». Mais aussi d’autres slogans comme : « la retraite par point ? Nou pa lé sa. La retraite à 60 ans ? Sé sa nou lé. » Ou encore : « de l’argent il y en a dans les caisses du patronat. Pour financer ? Les retraites, les pensions, et les salaires ».

Ces slogans étaient souvent repris par les manifestants de toutes les organisations syndicales (CGTM, FO, CDMT, UNSA, FSU, les retraités) qui avaient appelé à cette mobilisation. Plus d’une fois, le chant de l’Internationale a été entonné par les manifestants. Combat ouvrier a soutenu cette manifestation et ses militants défilaient avec leurs camarades des entreprises et de la CGTM En tout cas, tous celles et ceux qui étaient présents à cette manifestation ont été satisfaits et souhaitent renforcer le mouvement jusqu’au retrait pur et simple de cette réforme.  


Les manifestants ont le moral !

À la fin de la manifestation du 5 décembre, une assemblée de la CGTM a été organisée pour savoir si les travailleurs étaient d’accord pour poursuivre le mouvement. Plus de 200 travailleurs, de militants syndicaux du privé et de la fonction publique étaient présents dans la salle, sans compter celles et ceux qui ne pouvaient pas entrer faute de place.  

À cette assemblée, chacune et chacun a eu l’occasion de dénoncer les mauvaises conditions de travail, la lassitude au travail, les bas salaires que les collègues subissent quotidiennement. Plusieurs travailleuses et travailleurs ont dit qu’ils refusaient catégoriquement cette réforme des retraites au rabais. À cette occasion, les agents municipaux ont dénoncé la politique de restriction budgétaire dans les communes et manifesté leurs inquiétudes face à cette situation. Ils ont tenu à mettre en garde le gouvernement et les maires et à leur signifier qu’il n’est pas question pour eux de faire les frais de cette politique, dont ils et elles ne sont pas les responsables.

Les travailleuses et travailleurs présents à cette AG ont décidé que des AG seraient organisées dans leur secteur, dans chaque entreprise, pour sensibiliser et convaincre le maximum de travailleurs de venir dans la rue la semaine suivante. Puis, à l’unanimité, l’assemblée a décidé de poursuivre la manifestation de protestation pour le lendemain. C’est ainsi que le vendredi 06 décembre, plus de 300 salariés, des municipaux pour l’essentiel, mais aussi des hospitaliers ou des agents de la CTM, ont manifesté de nouveau dans les rues de Fort-de-France, en criant haut et fort les mêmes slogans que la veille. Durant le parcours, on pouvait voir des touristes et la population reprendre avec les manifestants la chanson contre Macron.

À l’issue de cette manifestation, les grévistes, ceux de la CGTM et ceux des autres organisations syndicales se sont donné rendez-vous pour le mardi 10 décembre afin de manifester ensemble avec les travailleurs de France, pour faire ravaler sa réforme à Macron.  


Guadeloupe : Manifestation du 5 décembre une réussite !

Le 5 décembre, 2 500 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre contre la réforme des retraites, mais aussi contre toutes les attaques qui dégradent les conditions de travail, les conditions de vie et les revenus de la population pauvre. Un appel à la grève avait été lancé par une dizaine d’organisations syndicales. Les travailleurs de plusieurs secteurs, du privé comme du public, étaient en grève. Les enseignants aussi, en grand nombre. Beaucoup d’écoles, de collèges et de lycées n’ont pas fonctionné. La manifestation a pris le départ devant la mairie pour se diriger vers la sous-préfecture où une délégation a été reçue par le sous-préfet. La manifestation s’est terminée par une prise de parole sur la place de la mairie. Les organisations syndicales ont prévu de se revoir pour organiser une suite au mouvement. Les travailleurs ont fait une belle démonstration de force, pleinement nécessaire pour faire reculer le patronat et le gouvernement.


5 décembre : la grève dans plusieurs secteurs

Dans les entreprises, la grève a été suivie parmi les ouvriers agricoles de la banane, sur plusieurs plantations. Des salariés du commerce ont également fait grève, en particulier ceux de Carrefour Milénis. Des travailleurs du transport ont aussi cessé le travail, il n’y avait quasiment pas de transport d’élèves. Dans les services publics, il y avait des grévistes dans les collectivités territoriales, au CHU, aux impôts, à Pôle emploi, dans l’administration pénitentiaire…

À Sainte-Rose, les employés municipaux ont cessé le travail et se sont rassemblés devant la mairie. Dans l’éducation, la grève a été particulièrement bien suivie. Selon les propres chiffres du rectorat, plus de 60 % des enseignants ont fait grève le 5 décembre. De très nombreuses écoles sont restées fermées, ainsi que plusieurs collèges et lycées.


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