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CO de 2019-2018/CO n° 1231 du 30 novembre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Colombie : grève générale suivie de manifestations

Après trois jours de mobilisations massives, le président Ivan Duque tente de désamorcer le mouvement par l’ouverture d’un « dialogue national ». Le 21 novembre les syndicats de travailleurs avaient appelé à la grève générale contre une réforme du code du travail et de la retraite. Le président Duque, représentant de la droite colombienne, veut autoriser le gros patronat à payer les salariés à l’heure au lieu de la journée. Il souhaite aussi créer un salaire minimum au rabais pour les moins de 25 ans et baisser les retraites. D’autres couches de la population, comme les étudiants, les Indiens, les petits commerçants, les artistes se sont joints au mouvement. Ils étaient des centaines de milliers à manifester les 21 et 22 novembre. En réponse au couvre-feu instauré, les manifestations nocturnes se sont transformées en cacerolazos (concerts de casseroles) dans les rues de Bogota et devant le logement du président. Les travailleurs qui étaient en tête de cette lutte le 21 novembre n’ont pas intérêt à laisser leurs revendications se noyer dans ce mouvement d’union nationale contre Duque.


Irak : les balles ne font pas taire la colère

Depuis le 1er octobre, la population irakienne s’est soulevée à travers tout le pays. Le 23 novembre, la police et l’armée ont encore tiré sur les manifestants, faisant neuf morts. La répression exercée par le régime est féroce. Depuis que les manifestations ont commencé, on dénombre plus de 300 morts. Mais le mouvement ne faiblit pas. La population irakienne est excédée par la misère et les privations qu’elle endure, le chômage massif, les pénuries d’eau et d’électricité. Les manifestants dénoncent la corruption du régime et l’enrichissement des familles fortunées proches du pouvoir. Depuis 1991 et la première Guerre du Golfe, ce pays riche en pétrole a sombré dans le chaos et la pauvreté. Les pays impérialistes, notamment les États-Unis mais aussi la France, sont responsables de cette situation.


Iran : contestation massive et répression sauvage

Depuis le 14 novembre, il y a des manifestations massives contre le gouvernement. Pour renflouer l’État, les dirigeants iraniens ont décidé de faire les poches de la population en augmentant le prix de l’essence, ce qui a mis le feu aux poudres. Une révolte populaire avait déjà éclaté il y a près de deux ans contre la cherté de la vie. En 2018, les États-Unis ont relancé l’embargo contre l’Iran. Conséquence : les prix ont flambé encore plus. De nombreux Iraniens ne font plus qu’un seul repas par jour. Le pouvoir tire à balles réelles sur les manifestants, on compterait déjà plus de 200 morts. Mais la colère ne retombe pas contre le régime, discrédité par la corruption, et d’autant plus détesté qu’il affiche hypocritement des principes religieux qu’il est le premier à piétiner.


Algérie : la population en révolte

La population manifeste presque tous les jours et massivement les vendredis depuis que le président Bouteflika avait annoncé qu’il se présenterait une nouvelle fois aux élections présidentielles, en février. Les manifestants rejettent toutes les personnalités politiques qui sont proches du gouvernement et ceux qui sont corrompus. Une nouvelle élection présidentielle est prévue pour le 12 décembre. La population a d’ores et déjà déclaré qu’elle ne reconnaît pas cette élection qui, pour elle, servira à remettre les mêmes dirigeants au pouvoir. Depuis le début de la campagne, le 15 novembre, des meetings de candidats ex-ministres sont perturbés par des manifestants en colère. Certains candidats sont obligés d’annuler leur meeting. Les manifestants dénoncent également la répression ordonnée par le chef de l’état-major. Le 12 novembre, 28 manifestants ont été condamnés à six mois de prison.


Bolivie : la droite prend le pouvoir

Après trois semaines de manifestations massives contre la victoire d’Evo Morales aux récentes élections présidentielles, ce dernier lâché par l’armée a été contraint à la démission le 10 novembre. Il était au pouvoir depuis 13 ans. La population avait protesté sur le fait qu’il aurait truqué l’élection. Le parti d’opposition de la droite conservatrice en a profité pour s’approprier la présidence. La sénatrice Jeanine Añez s’est auto-proclamée présidente par intérim avec le soutien de l’armée et de Washington. Des manifestations pro-Morales suite à son départ sont durement réprimées. Le 24 novembre, Añez a promulgué la loi convoquant de nouvelles élections présidentielles et législatives. Añez et la bourgeoisie bolivienne ont montré qu’ils sont prêts à mater dans le sang les éventuelles contestations des masses laborieuses. Elle a décrété l’annulation des poursuites contre la police malgré l’exécution de neuf paysans pro-Morales dans la ville de Cochabamba.


Haïti : Jovenel Moïse entre deux fractions de la bourgeoisie !

Le bras de fer entre le président Jovenel Moïse et l’opposition se poursuit sur fond d’attaques contre la population qui se trouve prise entre les hommes en armes de chaque camp.  

Lundi 25 novembre, dans quelques quartiers de la capitale, des motos taxis reprenaient timidement du service, quelques commerces ouvraient ainsi que certaines banques. Les bourgeois et opposants ont aussi besoin de se ravitailler. Derrière ce calme apparent la situation reste fragile. À l’entrée sud de la capitale, des tirs sont entendus mais les marchandes ou les ouvriers sont obligés de sortir pour réaliser leur journée de travail. Dans d’autres quartiers menant notamment à la zone industrielle, des barricades sont toujours là tenues par des groupes armés qui rançonnent les ouvriers, terrorisent ou tuent. En province la situation est aussi tendue. À Mirebalais, lundi 25 au matin, un jeune homme qui vendait de l’eau en sachet a été tué par balles. Des habitants accusent des agents de la police nationale d’Haïti (PNH) d’être les auteurs du meurtre et ont dressé des barricades de pneus enflammés sur la route, et la plupart des activités commerciales ont été paralysées. Aux Gonaïves, ce même lundi, une manifestation de l’opposition a été dispersée par la police faisant plusieurs blessés. À Miragoane, au moins deux personnes ont été blessées par balles le dimanche 24 novembre 2019 lors d’une manifestation. Les gangs armés continuent de semer la terreur dans la capitale. Dans la soirée du mercredi 20 novembre 2019, ils ont tué trois personnes et blessé grièvement une autre. Du fait de l’insécurité, la majorité des écoles reste fermée. Les enfants des quartiers pauvres restent dans la rue, des parents des classes moyennes essaient de rattraper les leçons avec leurs enfants à la maison et les riches cherchent à envoyer leurs enfants étudier à l'étranger. Jovenel Moïse n’est pas encore lâché par le gouvernement américain. Selon l’ambassadeur des États-Unis en Haïti, « les États-Unis sont prêts à supporter toute démarche visant la résolution pacifique de la crise haïtienne ». La bourgeoisie américaine est prête à soutenir et supporter la bourgeoisie haïtienne, quel que soit son bord politique, pour empêcher l’explosion de colère de la population pauvre.  


Haïti : la barbarie des viols !

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, 13 femmes, détenues dans la prison civile des Gonaïves, ont été violées par des centaines d’hommes détenus dans la même prison. Cet acte atroce a eu lieu quelques heures après qu’environ 350 prisonniers aient tenté de s’évader et en soient empêchés par les gardiens de la prison. Le viol collectif s’est déroulé sous les yeux des autorités pénitentiaires qui ont laissé faire. Là où la profonde misère sociale entraine toute la société dans la barbarie, les femmes des milieux populaires sont les premières victimes.


Chili : la colère populaire ne faiblit pas

Depuis plus de cinq semaines, la population manifeste chaque jour. La contestation a commencé lorsque le gouvernement a annoncé l’augmentation du prix du ticket de métro. Au-delà de cette augmentation, c’est la précarité, les bas salaires, les prix élevés que la population veut dénoncer. Les revendications des manifestants ont depuis évolué. Ils demandent que la constitution, qui date de la dictature de Pinochet de 1980, soit changée. Le président a accepté face à l’ampleur de la colère populaire. Un référendum aura lieu en avril. Mais ce sera insuffisant car la colère est alimentée par le désarroi social de la population en souffrance. Depuis le début du mouvement, 26 personnes sont mortes et 2 300 ont été blessées. Le Chili détient le triste record de personnes gravement blessées aux yeux lors de manifestations, avec 220 manifestants touchés.


Le 5 décembre renforçons la mobilisation

- En Guadeloupe, la CGTG appelle tous les travailleurs à se rassembler au siège à Pointe-à-Pitre, Bergevin, à 7h, et ensuite à la mairie

- En Martinique, la CGTM appelle à se rassembler le jeudi 5 décembre à 8h à la Maison des syndicats à Fort-de-France


Élections à Hongkong : échec pour le régime

Le dimanche 24 novembre ont eu lieu les élections locales à Hongkong. Ce fut une victoire écrasante des opposants au régime contre lequel les étudiants sont révoltés. Les habitants de Hongkong ont participé massivement aux élections (71 %). Cela montre que ce ne sont pas de petits groupes d’étudiants, mais une majorité de la population qui est mécontente du régime actuel. Certes, les manifestants ne dénoncent pas l’exploitation des travailleurs dans le système capitaliste. Cependant ils ont droit à notre soutien solidaire dans leur lutte contre le régime d’oppression et la répression policière féroce.  


Trinidad et Tobago : élections et polémique autour de l’eau

La distribution gratuite de citernes d’eau à la population par les conseillers de la mairie de Port of Spain, la capitale, a choqué d’autant plus que c’est en dehors de la saison sèche. Les explications du maire de Port of Spain, membre du Mouvement national du Peuple (People’s National Movement, PNM), sont confuses. L’opposition accuse le PNM de tenter ainsi de gagner les élections toutes proches, du 2 décembre. La population pense surtout qu’il serait mieux d’avoir de l’eau aux robinets tous les jours et 24 heures sur 24. Elle en a assez des coupures d’eau et aussi d’électricité.  


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