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CO de 2019-2018/CO n° 1231 du 30 novembre 2019/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Éducation une grève et un avertissement

En grève depuis le 12 novembre 2019, les personnels du collège Jacques Roumain (Rivière-Pilote) ont repris le travail le 25 novembre.  

Cette année, cet établissement regroupe 620 élèves, dont 600 sont demi-pensionnaires. La tension couvait depuis longtemps : manque de moyens, notamment humains, conditions de travail dégradées, locaux en mauvais état, matériels insuffisants, classes surchargées ou encore souffrance au travail, etc. Des représentants syndicaux ont dénoncé la situation depuis la rentrée de septembre. Leurs interlocuteurs ne leur fournissaient aucune réponse favorable. Les personnels se sont donc mis en grève et ont trouvé à leur côté les parents d’élèves qui ont exigé que le rectorat (État) et la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) mettent un terme à cette situation. Avec la CTM, qui a en charge le bâti et les équipements, les personnels n’ont obtenu que des… pistes vers d’éventuelles solutions. Par contre, là où ça freinait des quatre fers, c’était du côté du rectorat, donc de l’État.

En effet, le gouvernement a décidé de faire des économies. Et donc il n’entend nullement mettre les moyens nécessaires pour que fonctionne correctement l’École. Les motifs de la grève des personnels du collège Jacques Roumain donnent une fois de plus un aperçu de l’état de délabrement dans lequel se trouve ce secteur public. Mais ce mouvement, par la détermination de ceux qui l’ont mené, montre aussi que les salariés des collèges ne sont pas prêts à toujours tout accepter. Et dans la perspective du 5 décembre 2019, c’est une excellente nouvelle et un très bon exemple à suivre. Et sans modération.   .    


Guadeloupe Les Abymes : les habitants de Bois-Joli en colère

Il y a quelques jours, les locataires de la résidence Bois-Joli aux Abymes ont exprimé leur colère. Ils dénoncent l’expulsion brutale d’une locataire et de son enfant de huit ans pour cause d’impayés de loyers. Ils estiment que la Société immobilière de la Guadeloupe (SIG), le bailleur de la résidence, n’accompagne pas correctement les personnes qui ont des difficultés à payer leur loyer. Les locataires en ont également profité pour dénoncer la vétusté de la résidence que le bailleur laisse pourrir. Leur coup de gueule a forcé la SIG à s’exprimer. Cette dernière assure que des travaux de réhabilitation de 15 millions d’euros devraient débuter dans les prochains mois. Les résidents ont eu raison de se faire entendre.


Déficit au CHU : quand des pauvres se trompent de camp

Sur Guadeloupe La 1ère les auditeurs ont été invités à s’exprimer sur « les 30 milliards de déficit dans les hôpitaux en France ». Certains auditeurs n’ont pas hésité à accuser le personnel du CHU de petits vols comme celui de « rouleaux de papier toilette ou de sacs poubelles ». Pourtant des agents de l’hôpital n’hésitent pas à acheter pour leur service des produits d’entretien, des éponges... qui font défaut. Beaucoup apportent à leurs parents hospitalisés de l’eau potable, des fruits, alors qu’ils paient les frais d’hôtel à l’hôpital. D’autres auditeurs ont insisté sans preuve sur « les étrangers qui se font soigner gratuitement ». Sur cette même radio un directeur du CHU avait expliqué que les migrants payaient, même en retard, contrairement à des gens riches. Des auditeurs, mieux informés, ont quand même dénoncé la nouvelle façon de l’État de payer les services du CHU. D’autres ont parlé des fortes dépenses liées aux sociétés pharmaceutiques. Mais toujours revenaient les arguments accusant les pauvres.  


Lucette Michaux-Chevry condamnée

Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre sous Chirac, ex-maire de Basse-Terre, ex-présidente de la Région et ex-présidente de la Communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbe (anciennement CASBT), a été condamnée le 19 novembre par le tribunal correctionnel de Basse-Terre. Elle écope de deux ans de prison avec sursis, cinq ans d'inéligibilité, l’interdiction définitive d'exercer une fonction publique et une amende de 100 000 € pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public. Pendant des décennies, cette responsable politique et son entourage ont profité de l’argent public sous la bienveillance et la protection des présidents de la République Jacques Chirac, dont elle était l’amie, puis Nicolas Sarkozy. C’est d’ailleurs en tant que serviteur zélé de la bourgeoisie française et guadeloupéenne que Chevry s’est octroyé certains privilèges. Mais les plus gros voleurs sont les capitalistes qui exploitent les salariés et font les poches de la population. Ce sont eux qui ont la part du lion. Les politiciens rapaces comme Michaux-Chevry ne font que ramasser les miettes que leur laissent ces capitalistes qu’ils servent. Michaux-Chevry a fini par se faire pincer, mais combien d’autres élus aux mêmes pratiques sont protégés et continuent à sévir ?  


Malnutrition en outremer

Un article du journal Le Monde paru jeudi 21 novembre dernier fait état des inégalités en matière de nutrition entre les outremers et l’hexagone. La présence de maladies liées à l’alimentation est beaucoup plus forte en outremer. Jusqu’à 45 % des habitants de Guadeloupe, Martinique, Mayotte et la Réunion font de l’hypertension artérielle, contre 31 % dans toute la France. Le diabète y est deux, voire trois fois plus important. Les recherches faites par l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) montrent aussi que ces maladies sont très liées à la classe sociale. Un exemple : ce sont les plus pauvres, et surtout les femmes, qui sont le plus touchés par l’obésité. Bon nombre de produits envoyés dans les outremers ont 30 à 40 % de sucre ajouté comparé à l’hexagone. Les capitalistes ajoutent du sucre pour augmenter l’addiction à leurs produits et vendre plus, quitte à rendre la population malade. C’est la logique des capitalistes : le profit à tout prix. Les salaires ne permettent pas d’acheter des produits de bonne qualité nutritive car ils sont excessivement chers, notamment les fruits et les légumes. Les familles pauvres se nourrissent comme elles le peuvent d’aliments qui les rendront malades.


Martinique : manifestation houleuse

Samedi 23 novembre au Robert, au centre commercial Océanis, des manifestants ont bloqué la grande surface Euromarché.  
Ils protestent devant les magasins de riches békés et surtout ceux du groupe Bernard Hayot (GBH) qu’ils accusent non sans raison d’être responsable de l’importation du dangereux pesticide, le chlordécone. Ils se sont opposés à plusieurs dizaines de gendarmes lors de plusieurs échanges violents. Dans le journal France-Antilles du 22 novembre, GBH, à son tour, dénonce les blocages de ses magasins, et cherche à créer la confusion ou le doute au sein de la population. Ne manquant pas de toupet, il indique ainsi que : « GBH n’a jamais importé ni distribué de chlordécone aux Antilles, contrairement aux fausses allégations qui sont véhiculées… ». Il ne s’agit pas « d’importation ou de distribution de chlordécone aux Antilles ». Il s’agit précisément de capitalistes de la banane, dont la famille Hayot, qui ont fait travailler des ouvrières et des ouvriers agricoles dans des conditions de haute toxicité. Car il leur était demandé, de 1972 à 1993, de déverser dans les champs de banane ce chlordécone, pesticide ultra-toxique, sans aucune protection, empoisonnant un grand nombre d’entre eux. Et la quasi-totalité de la population, elle aussi, a été empoisonnée, en consommant aussi bien des légumes racines venant du sol contaminé, que de l’eau ou encore du poisson venant de zones polluées. Aujourd’hui ces capitalistes veulent jouer sur les mots. Mais leur culpabilité est claire dans cette affaire.


Martinique Le Robert : l’État au secours des riches békés !

Des groupes de militants et de jeunes protestataires ont bloqué différents hypermarchés appartenant au groupe GBH (Groupe Bernard Hayot). Ils demandent réparation sur l'utilisation du chlordécone et du paraquat dans les plantations de banane. Ils protestent contre l’empoisonnement au chlordécone des terres agricoles causé par des capitalistes de l’agriculture.  

Chaque samedi depuis quelques semaines, ils ont bloqué un centre commercial. Le 19 octobre ce fut le cas de Carrefour Dillon, le 26 octobre celui du magasin Gédimat-Laguarigue à Place d'Armes au Lamentin. Le 9 novembre, le Carrefour Cluny était bloqué, les 16 et 17 novembre, c’était au tour de Carrefour Génipa, puis le 23 novembre, l’hypermarché Euromarché au Robert était à son tour bloqué.

Face à ces protestations et blocages, le patronat, lui, continue à se laver les mains. Dans le France-Antilles du 20 novembre, le Medef local par la voix de son président Bernard Édouard et la présidente de Contact Entreprises Lucie Manuel sont même montés au créneau. Le premier dénonce « ces agissements qui entretiennent un climat de violences, d’insécurité et de comportements arbitraires… qui ne sauraient être tolérés dans un État de droit ». Puis pour la seconde : « … Ces attaques véhiculent une image de la Martinique extrêmement dévalorisante réduisant à néant les efforts économiques ». Et d’en « appeler à la responsabilité de l’État et des élus martiniquais [qui sont à leur service] », afin de « protéger les entreprises, piliers de notre développement … ». Il faut entendre, par « protéger », l’intervention des forces de répression. Le samedi 23 novembre, lors du blocage d’Euromarché, l’hypermarché du Groupe Bernard Hayot (GBH) au Robert, le préfet n’a pas tardé à donner suite aux souhaits de la présidente de Contact Entreprises. Pour « protéger les entreprises », il a envoyé ses forces de répression pour réprimer les manifestants. L’État capitaliste montre encore une fois qu’il est bien au service des pollueurs et des exploiteurs.


Chlordécone : État et capitalistes békés, complices et criminels !

La commission d’enquête parlementaire sur le chlordécone présidée par le député Serge Letchimy a rendu ses conclusions.  
Elles seront publiées officiellement dans quelques jours. Mais on en connait déjà les grandes lignes. L’État est jugé « premier responsable » de la pollution au chordécone. Cette pollution a de graves conséquences sur la santé des habitants mais surtout sur celle des ouvriers agricoles. Or, ni en Martinique ni en Guadeloupe les travailleurs agricoles n’ont été invités à témoigner lors des auditions. Et ce sont pourtant les plus grandes victimes depuis des décennies. De plus, la commission d’enquête enfonce une porte ouverte car l’État savait très bien que ce produit était hautement toxique, et ce depuis 1968.
L’État a été comme toujours sensible aux sirènes du lobby des riches planteurs de banane békés. Chirac ministre de l’agriculture fut le premier à donner son accord. Que l’État ait une responsabilité écrasante dans ce gigantesque empoisonnement des terres, des cultures et des hommes, cela ne fait aucun doute. Il l’a fait pour satisfaire les appétits de ses amis capitalistes békés !


Manifestation des Antillais à Paris

Dimanche 24 novembre a eu lieu une importante manifestation à Paris « en soutien des peuples de Martinique et de Guadeloupe ». Plusieurs centaines de personnes, en grande majorité antillaises, ont défilé de la place de la République à la place de la Bastille. Ils protestent contre les méfaits du chlordécone, réclament des mesures d’indemnisation et de décontamination des sols. La manifestation était organisée par les associations suivantes : l’USCAR (United states of Caribbean - États unis de la Caraïbe), le comité zéro chlordécone - zéro poison et le CROMVO (Comité de Réflexion des Originaires de l’Outre-Mer du Val d’Oise). Au moment où les conclusions de la commission d’enquête parlementaire présidée par Serge Letchimy sont imminentes, cette manifestation se justifiait pleinement.