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CO de 2019-2018/CO n° 1229 du 2 novembre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Algérie/ La population ne décolère pas

Depuis février, la population manifeste tous les vendredis contre le régime.  
Les manifestations ont commencé lorsque l’ancien président Bouteflika a annoncé qu’il se représentait aux élections. La population a exigé qu’il se retire et que tous ceux qui sont proches de lui dégagent. Les manifestants rejettent déjà l’élection présidentielle prévue le 12 décembre, organisée par un gouvernement qu’ils considèrent comme illégitime. Ils rejettent également la loi de finances et surtout celle sur les hydrocarbures, destinée à ouvrir le secteur aux multinationales étrangères. La population exige aussi la libération de tous ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de la répression du mouvement. Gaïd Salah, le chef d’état-major, essaie constamment de décourager la population en ordonnant des arrestations de manifestants et en interdisant aux médias de couvrir le mouvement. Le 23 octobre, le président par intérim a attisé la colère de la population après avoir affirmé, lors d’un entretien avec le président russe, Poutine, que la situation était « sous contrôle ». Deux jours après, le vendredi 25 octobre, la population a de nouveau montré qu’elle veut dégager tous ceux qui sont au pouvoir. La colère de la population s’explique par ses mauvaises conditions de vie telles que le chômage et la vie chère.


Martinique/ Le patronat du BTP et celui de la métallurgie annoncent la couleur !

« Comme les activités dans leur secteur ont considérablement diminué », répètent-ils à leurs salariés, « il faut qu’ils s’attendent à une baisse des effectifs, soit par des mise en chômage technique ou en chômage partiel, ou même des licenciements ». Ces exploiteurs se préparent pour préserver les profits engrangés sur le dos de leurs salariés, au cas où la situation deviendrait plus difficile. Certains travailleurs s’inquiètent et disent déjà : « Lorsqu’on sera au chômage, qui va payer mon loyer, l’électricité, la nourriture et les aides financières pour les enfants ? ». Ils auraient tout intérêt à ne pas attendre, et à s’organiser pour ne pas faire les frais d’une crise économique dont ils ne sont nullement responsables.


Dans les entreprises

Échos des hôpitaux (Martinique)
An vré pwofitasyon !
À la cuisine de PZQ, depuis 2014 les contractuels font 37h payées 35h sans RTT. Et en plus, les heures supplémentaires faites au-delà des 37h ne sont pas payées non plus. Il a fallu un coup de colère du personnel pour que la direction, maintes fois sollicitée sur ce problème, s’engage enfin à rectifier le tir. Mais le compte n’y est pas ! Non contente de les avoir spoliés ainsi, elle s’engage à ne les payer qu’avec un effet rétroactif de quatre ans ! Et ce d’ici la fin de l’année ! La direction est pourtant prompte quand il s’agit de récupérer un trop perçu mais quand il s’agit de rendre les « non perçu » elle se fait tirer l’oreille et ne paye pas la totalité de ce qu’elle doit et en plus elle traîne en longueur ! Du vol manifeste mais en plus de la provoc !

Échos des hôpitaux (Guadeloupe)
CHU : attaques en règle contre les représentants syndicaux
La grève finie, la direction est en phase vengeance par dépôts de plainte interposés. Rony Tillé de la CGTG a été convoqué à la police pour « menace » ; Patricia Albert de l’UTS-UGTG convoquée pour diffamation ; deux autres agents, CGTG, appelés en conseil disciplinaire pour avoir témoigné de leur vécu en service. Elle ferait mieux de s’occuper à trouver des solutions aux légitimes revendications.

Échos de l’aéroport
Dufry : une collègue licenciée

Une collègue a été licenciée après trois ans à Dufry. Peu de temps avant, elle avait changé de poste. Elle avait quitté la vente pour un poste administratif à la direction. Tout allait bien, jusqu’à l’arrivée du nouveau directeur. La collègue se plaignait de harcèlement et cela la rendait malade. Après plusieurs arrêts-maladie la direction lui a proposé ou plutôt imposé une rupture conventionnelle. Le moral cassé, elle a accepté. Face à ce type de comportement, inacceptable, de la hiérarchie, la solidarité des collègues doit jouer.

Pôle caraïbes : après le départ d’XL et Norvegian
L’activité a diminué à Pôle Caraïbes suite à la disparition de ces compagnies. La conséquence : des patrons de la sûreté et du handling en ont profité. Non pour renforcer les équipes et soulager les salariés, mais pour diminuer le personnel. Les intérimaires, utilisés comme bouche-trous, corvéables à merci, sont les premières victimes. Seule une solidarité ouvrière pourrait empêcher cette politique patronale.

Pawòl a travayè bannann !
(échos des plantations de banane Guadeloupe)
Plantation les Fougères : Morand tente un coup de force, il échoue !
Récemment le planteur Morand a exigé qu’un camarade aille transporter des régimes de banane. Le camarade a répliqué qu’il avait un écrit de la médecine du travail qui déclarait qu’il ne pouvait pas porter de charge lourde. Morand a insisté en lui disant de rentrer chez lui s’il refusait cette tâche. Le camarade n’a pas cédé et a attendu l’heure habituelle de fin du travail pour quitter la plantation !

SA Bois-Debout : Block, qui n’a pas respecté l’accord d’avril 2017, veut en signer un nouveau !
Depuis quelques semaines, le directeur Block de Friberg veut organiser des réunions de négociations avec les camarades. Il veut mettre fin au travail à l’heure effective et veut discuter « d’objectifs ». Avant de prétendre négocier, Block ferait mieux d’appliquer l’accord d’avril 2017 qui l’oblige à payer à l’ensemble des camarades la totalité des sommes que la société a volé sur les salaires ! Chlordécone : nou adan toujou ! Alors que les autorités prétendent regretter les erreurs du passé, les camarades continuent de travailler dans les terres polluées. Et quand il pleut les ouvriers pataugent dans la boue au chlordécone !


Haïti : les ouvriers manifestent, un premier pas

Après sept semaines de l’opération pays lock (pays bloqué), les ouvriers de la zone industrielle se font entendre. Ils étaient plusieurs centaines d’ouvrières, d’ouvriers à prendre la rue le lundi 28 octobre sur la zone industrielle de Port-au-Prince. Venus de plusieurs entreprises ils ont convergé vers l’entrée du parc Sonapi à l’appel des syndicats.  

Les deux principaux syndicats, avec des camions sonorisés, lançaient des slogans pour la démission de Jovenel Moïse « à bas Jovenel, Jomo dòmi dèyò  » (Jovenel va dormir dehors). Certains ouvriers lançaient des revendications pour une amélioration des conditions de travail et la mise en place par le gouvernement de logements sociaux et des mesures d’accompagnement social.

Un groupe d’ouvriers et camarades de l’OTR (organisation des travailleurs révolutionnaires) a rejoint le cortège, avec leurs drapeaux rouges et leur banderole réclamant le réajustement du salaire journalier en dollars américains ou en gourdes au taux du jour. En croisant le cortège des manifestants des politiciens de l’opposition, le cortège des ouvriers s’est disloqué. Une partie a continué en direction du siège de l’Office national d’assurance vieillesse (ONA), où sont rassemblées les cotisations retraites des ouvriers.

Les sommes sont prélevées chaque mois par les patrons sur la paye des ouvriers pour être versées sur un compte épargne retraite à l’ONA. Mais quand les ouvriers réclament leur dû, ils ne trouvent rien sur le compte, l’argent n’a pas été versé ou a été dilapidé dans des spéculations. Les dirigeants syndicaux ont appelé à ne plus payer la cotisation à l’ONA. Les camarades de l’OTR ont appelé les ouvriers ne pas se laisser entrainer par des troupes qui servent les intérêts de politiciens.

Oui pour renverser la dictature de Jovenel et de ses sbires mais en même temps pour abattre la dictature des patrons et des politiciens qui sont à leur service. Oui pour se regrouper ensemble avec leur propre organisation et des mots d’ordre qui défendent leurs intérêts. La manifestation a été dispersée par les policiers à coup de grenades lacrymogènes. Sur le chemin du retour, des ouvriers avec un drapeau ont été pris à partie par des hommes en armes sous prétexte de contrôle. Pendant la semaine, d’autres manifestations sont programmées par les politiciens et les syndicats en vue de déchouquer Jovenel. Les manifestants en majorité suivent les politiciens. Ceux-là ne sont pas aujourd’hui du côté de la défense des intérêts des travailleurs.

Pour ces derniers, cette manifestation où ils ont pu apparaître avec leurs propres revendications est un premier petit succès. Dans cette bataille politicienne, l’opposition entraine les masses pauvres dans la rue. Mais ce que mettent les pauvres derrière la revendication de démission de Jovenel Moïse, est bien différent de ce qu’y mettent les politiciens et certains bourgeois. Les premiers signifient qu’ils en ont marre de l’exploitation et de la misère, les seconds qu’ils veulent le pouvoir pour continuer à piller les caisses et aider les bourgeois à opprimer les pauvres. La nécessité pour les travailleurs est donc de prendre leur propre indépendance de classe dans les manifestations actuelles, de se rassembler autour de leurs propres revendications, de leur propre organisation.

C’est la voie vers la création d’une force ouvrière indépendante sur la scène politique, d’un parti ouvrier révolutionnaire des travailleurs. Car aucun autre parti, politicien, ou syndicat, personne d’autre qu’eux-mêmes, travailleurs, ne se chargera de la défense de leurs intérêts.  


Repas de soutien à Combat Ouvrier

Dimanche 10 novembre 2019 à partir de 12h Salle Joseph Théodore Faustin – Boisripeaux – Les Abymes
Menu: POISSON FRIT – RAGOÛT DE PORC – POULET EN COLOMBO Accompagnements variés (riz, haricots rouges, légumes pays…) Contact : 0690 84 33 30 Participation: 15 €
Nous comptons sur votre soutien !


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