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CO de 2019-2018/CO n° 1229 du 2 novembre 2019/Première page

Première page

Éditorial: Gouvernement : derrière les coups de pub, les coups bas!

Un quarteron de ministres, dont le Premier ministre, a passé deux jours en Guadeloupe le 26 et le 27 octobre. Le prétexte ? « Accompagner » les populations des deux îles dans la lutte contre les sargasses, ces algues toxiques qui envahissent les côtes de manière répétée. La réalité, un voyage au cours duquel Édouard Philippe semblait n’avoir rien à dire.  

Il a clôturé la conférence internationale consacrée aux sargasses. Mais sa sollicitude polie n’est pas très convaincante, quand on sait qu’il refuse de déclarer l’état de catastrophe naturelle pour les communes sinistrées. Pas question de toucher aux sacro-saints profits des compagnies d’assurance en les contraignant à indemniser les dégâts.

C’est la même politique qui est à l’œuvre dans tous les domaines. Le gouvernement prend des mesures pour garantir les profits des riches, pendant que les classes populaires s’enfoncent dans des difficultés croissantes. Pour les riches, des milliards, pour les travailleurs et la population, des discours où le gouvernement nous explique qu’il faut apprendre à « vivre avec » ses difficultés.

Mais les milliards qui s’accumulent sur les comptes en banque des super riches ne viennent pas de nulle part. Ils viennent de l’exploitation accrue des salariés dans toutes les entreprises. Les travailleurs doivent produire toujours plus, accepter des conditions de travail toujours plus pénibles, des salaires bloqués, au nom de la compétitivité. Et quand leur travail ne rapporte plus assez aux capitalistes, ces derniers ferment ! Des milliers de salariés sont mis à la porte sans ménagement, toujours au nom de la compétitivité, c’est-à-dire du profit des possédants et des actionnaires. Ces milliards viennent aussi d’un immense détournement de l’argent public au profit des classes possédantes qui en veulent toujours plus.

Pendant qu’Édouard Philippe palabrait sur les sargasses, l’Assemblée nationale votait des exonérations de charges sociales accrues pour le grand patronat des Outremers. Le budget de la Sécurité sociale sera amputé de 35 millions d’euros. Après, le gouvernement viendra nous expliquer qu’il faut « vivre avec » moins de soins et de médicaments.

C’est pareil pour les allocations-chômage. Les nouvelles règles qui entrent en vigueur le 1er novembre permettront au gouvernement de récupérer 4,5 milliards d’ici 2022 sur le dos des chômeurs, qui devront « vivre avec » des allocations plus faibles, et plus difficiles à obtenir.

Le siphonnage des caisses de l’État pour remplir les poches des riches a des conséquences dramatiques pour les travailleurs et les classes pauvres. Les services publics utiles à la population se dégradent de jour en jour. Les écoles sont insalubres, les hôpitaux sont délabrés, les routes sont pleines de trous… Et les travailleurs du public sont mis sous pression, comme ceux du privé, pour faire toujours plus avec moins de moyens. Les visites et les discours des ministres cherchent à faire passer la pilule.

La prochaine attaque concerne les retraites. Les premières mobilisations contre la réforme, au mois de septembre, ont été massives. La grève dans les transports avait notamment paralysé Paris. Macron joue donc la prudence. Il parle de concertations et d’aménagements, tout en affirmant, prétentieux, qu’il ira « au bout de cette réforme » c’est-à-dire obliger les salariés à travailler plus longtemps et les retraités à toucher des pensions réduites.

Ce n’est qu’en s’organisant pour riposter collectivement en une véritable contre offensive que les travailleurs pourront contrer les coups bas de ce gouvernement !


Guadeloupe : Nouvelle attaque du planteur Tino Dambas contre Jean-Marie Nomertin Tous à 7h le 22 novembre devant le tribunal de Basse-Terre !

Notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de Combat ouvrier et secrétaire général de la CGTG est une nouvelle fois convoqué au tribunal de Basse-Terre suite à une énième plainte du planteur exploiteur Tino Dambas.  

Cette fois Tino Dambas que tout le monde surnomme « l’es-clavagiste noir » a porté plainte en diffamation contre Jean-Marie Nomertin à qui il reproche de l’avoir soi-disant appelé ainsi sur Guadeloupe 1ère télévision. Tino Dambas qui n’a pas peur du ridicule a aussi porté plainte pour le même motif contre l’avocat de Jean-Marie Nomertin, Me Ézelin et contre Delphine Ernotte, la directrice du groupe France Télévisions auquel appartient Guadeloupe 1ère. Pourtant à Capesterre Belle-Eau, beaucoup pensent que Tino Dambas porte bien son surnom.

Ce gros planteur noir maintient les pires conditions de travail sur ses plantations tout en volant des journées de travail aux ouvriers en arguant des « objectifs non réalisés » parce que les ouvriers respectent les horaires légaux. Il vole aussi des jours fériés comme le jour de commémoration de la lutte pour l’abolition de l’esclavage, le 27 mai ! Après le 6 avril 2018, le 28 février 2019, le 14 mai 2019, le 11 juin 2019, le 12 novembre 2019, ce nouveau procès intenté par Tino Dambas sera l’occasion pour les ouvriers de la banane et l’ensemble des travailleurs de grouper leur force face au gros patronat arrogant. Alors tous à l'audience du 22 novembre à 7h devant le palais de justice de Basse-Terre !  


Banane : Tino Dambas, le plaintif !

Vingt-deux ouvriers sont convoqués au tribunal des Prud’hom-mes de Basse-Terre le 12 novembre. Leur patron Tino Dambas - qui rêve de pouvoir interdire les grèves - leur réclame 60 000 € en guise de dédommagement de leur grève en 2017. L’exploiteur Dambas n’a toujours pas digéré la grève de 40 de ses ouvriers entre mai et septembre 2017. Il a été humilié, lui qui se vantait en avril 2017 de pouvoir offrir une caisse de champagne à chaque travailleur qui se mettrait en grève sur sa plantation. Depuis cette grève il essaie de se venger par tous les moyens. Après avoir licencié la plupart des grévistes, il voudrait maintenant leur soutirer de l’argent. Les camarades sont déterminés à ne pas se laisser faire !


Décision du 29 octobre : Jean-Marie Nomertin relaxé, Tino Dambas, débouté !

Le 29 octobre, le tribunal a rendu sa décision dans le procès contre Jean-Marie Nomertin, dirigeant du syndicat CGTG et porte-parole de Combat ouvrier. Le gros planteur de banane, Tino Dambas avait porté plainte contre Nomertin parce qu’il avait dénoncé sa cruauté envers les ouvriers agricoles. Le 1er octobre, nous étions plus d’une centaine devant le tribunal pour soutenir Nomertin. Une victoire de la mobilisation contre un capitaliste exploiteur !  


Banane : hommage au camarade Antoine

Après une vie d’exploitation sur les plantations de banane en Guadeloupe, le camarade Jean-Claude Antoine est décédé au mois d’octobre en Haïti où il était rentré pour voir sa famille.  

Cet ouvrier agricole d’origine haïtienne était en mauvaise santé depuis un accident du travail il y a plusieurs années. Comme c’est souvent le cas sur les plantations de banane, il avait été licencié après cet accident. Lorsque les patrons ne peuvent plus exploiter au maximum les travailleurs, ils les mettent dehors. Le camarade avait porté l’affaire au tribunal, avec le soutien de la CGTG Banane.

Mais les délais de procédure sont tellement longs que son décès est intervenu avant qu’il puisse obtenir gain de cause. Le camarade Antoine, malgré sa situation personnelle très difficile, participait à toutes les actions. Il tenait à être présent chaque année à la manifestation du Premier mai, la journée internationale de lutte des travailleurs. Nous nous souviendrons de son engagement dans les mobilisations et les grèves des ouvriers de la banane ainsi que de ses soutiens apportés à Combat ouvrier.

Le camarade Antoine disait « dépi sé on biten an-nou ouvryé an adan ! » (quand il s’agit de ce qui nous concerne, nous les ouvriers, je suis là). On espère que cette phrase fera écho chez les jeunes générations de travailleurs. Force et courage à sa famille et à ses proches !  


Martinique : Albioma les grévistes tiennent bon

La grève a commencé le 14 septembre. Les revendications des grévistes portent sur trois points. Le premier concerne la sécurité. Compte tenu de la nature de l’activité, il faut obligatoirement la présence de trois personnes au minimum. La direction veut appliquer une organisation de travail par équipes de deux. L’autre point de friction porte sur l’astreinte. La direction détourne le service d'astreinte de son objet et l’utilise pour pallier le manque de personnel. Ce qui a pour conséquences de dégrader les conditions de vie et de travail, mais aussi de sécurité des employés et ouvriers. Le dernier point de mécontentement concerne l’évolution salariale. Au sein de cette entreprise, des discriminations existent et sont entretenues en termes d’évolution de carrière et par conséquent de salaire. La détermination des 23 grévistes sur 39 salariés est intacte. Il est question de grève de solidarité à Albioma Guadeloupe et Albioma Réunion. Effectivement, les grévistes méritent le soutien de tous !


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