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CO de 2019-2018/CO n° 1228 du 19 octobre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Offensive turque contre les Kurdes de Syrie : l’impérialisme complice !

Depuis le 9 octobre, le gouvernement turc d’Erdogan a lancé une offensive sur le nord de la Syrie, zone kurde autonome. Avec l’appui de ses alliés syriens du FDS (forces démocratique syriennes), hostiles au régime de Bachar el Assad, l’armée turque a envahi la quasi-totalité de cette région, entrainant l’exode de 150 000 personnes, causant la mort de nombreux combattants et civils kurdes.  

Erdogan et son gouvernement répriment systématiquement la revendication des Kurdes de former un territoire autonome en Turquie, comme ces derniers l’ont imposé en 2005 en Irak, puis en 2012 en Syrie. Le peuple kurde, qui compte 30 à 40 millions de personnes, est en effet éclaté sur plusieurs pays : la Turquie, la Syrie, l’Irak, l’Iran. Erdogan considère les séparatistes kurdes comme des terroristes et les combat sans relâche. L’offensive a pour objectif la création d’une zone tampon le long de la frontière turque dans laquelle Erdogan voudrait refouler les trois millions et demi de Syriens qui ont fui vers la Turquie suite à la guerre civile. C’est un moyen de s’opposer à la revendication d’un État autonome revendiqué par les Kurdes. Il a saisi l’opportunité du retrait par Trump d’un millier de soldats américains présents en Syrie pour lancer l’offensive.

Jusqu’ici, l’impérialisme, et particulièrement les États Unis, s’était appuyé sur les Kurdes pour contrer l’État islamique (EI). Les troupes américaines sur place faisaient figure de protection. L’EI s’était rendu maître de la plus grande partie du nord de la Syrie, puis les forces du YPG (milices kurdes syriennes) avaient repris le territoire au terme de violents combats qui ont coûté la vie à 11 000 de leurs combattants et combattantes. On se souvient qu’en 2015, la prise de la ville de Kobané, un des bastions de l’EI, par les forces kurdes, avait été célébrée à grand bruit par les médias occidentaux. Mais l’EI ne représentant plus un danger immédiat, Trump lâche les Kurdes au profit d’Erdogan qui se charge de faire régner son ordre dans la région. Face à l’avancée de l’armée turque, les dirigeants kurdes ont fait appel aux troupes syriennes de Bachar el Assad pour tenter de la repousser. Le pouvoir syrien est pourtant hostile aux Kurdes qui ont imposé l’autonomie de leur territoire. C’est un dernier recours qui ouvre la voie à une reprise en main du territoire autonome par le pouvoir syrien.

En France et en Allemagne, Macron et Merkel ont condamné l’offensive turque. Leur crainte avouée est la réactivation de l’État islamique (EI) qui avait été mis en échec dans la région justement par les forces kurdes de Syrie. Les Kurdes détenaient quelque 12 000 combattants de l’EI et leurs familles dans des camps. Un certain nombre auraient fui suite aux combats. Cela inquiète les dirigeants européens qui confiaient volontiers aux Kurdes la responsabilité de les débarrasser de ces nuisances à peu de frais. À titre de représailles, Macron a déclaré l’embargo des ventes d’armes vers la Turquie. Cela n’a pour effet que de souligner la provenance de celles qui sont aujourd’hui employées contre les Kurdes de Syrie comme ceux de Turquie. Les soutiens de l’impérialisme vont là où s’orientent ses intérêts. Et que les Kurdes soient affaiblis par cette guerre que leur impose la Turquie, après tout n’est pas pour déplaire totalement à l’impérialisme occidental.
Car ce peuple kurde constitue depuis longtemps dans la région une force indépendante rebelle pas toujours sous contrôle. Le problème est que tout cela arrive un peu trop tôt. Mais les puissances occidentales s’en accommoderont. Ce sont bien elles qui ont plongé toute cette région dans le chaos depuis des années.  


États-Unis : la grève à General Motors

Près de 50 000 travailleurs sont en grève depuis le 16 septembre. Trente-trois usines sont fermées ainsi que 22 magasins de pièces détachées.  

Les travailleurs tiennent des piquets de grève nuit et jour à l’entrée de toutes les usines de General Motors, à travers l’ensemble des États-Unis. Ils ont le soutien actif des salariés des autres constructeurs automobiles, comme Ford ou Chrysler. Les grévistes exigent des augmentations de salaires, une meilleure couverture sociale, et l’embauche des intérimaires, qui ne touchent que la moitié du salaire des autres travailleurs. Ils dénoncent aussi la fermeture de trois usines du groupe, qui a privé d’emploi 3 000 travailleurs. Une quatrième fermeture est programmée pour janvier.

Après la crise financière de 2008, General Motors a frôlé la faillite. L’État américain a procédé à une nationalisation temporaire pour renflouer le groupe. Pendant des années, les travailleurs ont accepté de nombreux sacrifices : gel des salaires, augmentation des cadences, licenciements massifs… Cela a permis au groupe de redevenir largement bénéficiaire. Au cours des cinq dernières années, General Motors a dégagé plus de 30 milliards de dollars de bénéfices. Les grévistes réclament une juste part de ces profits colossaux. Le 12 octobre, la direction de General Motors continuait de faire traîner les négociations avec les dirigeants du syndicat UAW (United Auto Workers : travailleurs unis de l’automobile).

La grève à General Motors est la plus massive et la plus longue depuis celle des travailleurs de Ford en 1976. Elle a des conséquences sur d’autres entreprises dans toute l’Amérique du nord (transporteurs, producteurs de pièces, réparateurs…). Cette grève montre le pouvoir des travailleurs quand ils s’unissent contre la dictature des capitalistes, y compris dans un pays qui est le cœur même du système.  


Michelin déclare la guerre à ses salariés

Michelin a annoncé la fermeture de l'usine de la Roche-sur-Yon, en Vendée. Ce sont 619 emplois qui sont directement menacés, sans compter les nombreux travailleurs sous-traitants qui dépendent de l’usine. En 2016, la direction avait imposé aux salariés un « pacte d'avenir » selon lequel ils devaient travailler le week-end pour augmenter la productivité contre la promesse de maintenir les emplois, voire d'en créer de nouveaux. Aujourd’hui les mensonges de la direction éclatent au grand jour. Cet exemple prouve que les travailleurs n’ont aucun intérêt à croire les promesses des capitalistes surtout quand ils exercent un tel chantage à l’emploi.

L’argument de Michelin pour fermer l’usine de la Roche-sur-Yon est qu’elle ne rapporterait pas assez, mais Michelin est le premier fabricant mondial de pneus. Le groupe a réalisé 1,6 milliard d'euros de profits. Et même si Michelin souffrait réellement de la concurrence des autres fabricants de pneus, les travailleurs n’ont pas à en payer les conséquences. Les ouvriers de l’usine ont décidé de ne pas se laisser faire. Ils ont organisé des rassemblements devant l’usine. Ils assurent qu’ils n’en ont pas fini avec la direction de Michelin.  


Haïti : manifestation contre Jovenel Moïse, pas pour les intérêts des travailleurs

Le vendredi 11 octobre, à l’appel de l’opposition, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues des principales villes d'Haïti. À Port-au-Prince, les manifestants voulaient marcher sur le domicile de Jovenel Moïse, le président. Les policiers ont riposté avec du gaz lacrymogène et des tirs à balles réelles. Un grand nombre de jeunes venant des quartiers populaires ont été arrêtés.  

Dimanche 13, à l’initiative d’artistes, plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Port-au-Prince, pour une marche pacifique. Vêtus de blanc, avec des slogans tels : « démission sans condition », « fok kat la rebat » (il faut rebattre les cartes) ils exigeaient la démission de Jovenel Moïse. Certains disaient «  il ne dirige rien et le peuple meurt de faim. ». Dans cette marche il y avait aussi des hommes d’affaires, des entrepreneurs se plaignant de la détérioration de l’économie due à la crise politique qui ralentit les affaires, déplorant les actions de bandits qui empêchent les employés des entreprises de venir au travail.
Des étudiants membres du conseil de l’université d’État d’Haïti, demandent aussi le départ de Jovenel Moïse. Ils exigent le renvoi du Parlement et la mise en place d’une transition de trois ans « afin de dénouer la crise dans le pays ». De leur côté les partis de l’opposition ont monté une « commission de facilitation de la passation de pouvoir » avec le but de placer leurs poulains à des postes clefs. Le gouvernement essaie de sauver les meubles en mettant sur pied une « commission présidentielle pour le dialogue » menée par Evans Paul, un ancien ministre qui a montré ses états de service envers les possédants.

Ainsi toutes les couches profitent de l’ampleur de la mobilisation contre Jovenel Moïse pour faire passer leur perspective de changement et défendre leurs intérêts. Dans ces divers slogans on ne voit pas apparaitre les revendications des travailleurs contre les conditions de travail, la cherté de la vie, les salaires de misère, le bagne que sont les usines de la zone industrielle. Parmi ces manifestants, les travailleurs n’apparaissent pas et personne ne défendra leurs intérêts à leur place.
On voit des dizaines de milliers de manifestants dans les rues et dans le même temps sur la zone industrielle les patrons font la loi dans les usines. Dans certaines entreprises ils renvoient des ouvriers qui n’ont pas pu venir à l’usine du fait des barrages ou de l’absence de transport. Ceux qui arrivent à passer arrivent tard et se retrouvent obligés de réaliser le même nombre de pièces en moins d’heures. Ils restent donc plus tard et ne sont pas payés pour autant.
Mais il y a quelques ouvriers qui ripostent face à ces manœuvres patronales. Dans une usine, les ouvriers ont débrayé et obligé le patron à payer le salaire de la quinzaine. D’autres ouvriers discutent entre eux et disent qu’il est temps que la colère de la rue entre dans les usines pour renverser la dictature des patrons. C’est cette petite minorité-là qui représente l’avenir pour la classe ouvrière d’Haïti et partant de là pour l’ensemble des pauvres.


Repas de soutien à Combat Ouvrier

Dimanche 10 novembre 2019 à partir de 12h Salle Joseph Théodore Faustin – Boisripeaux – Les Abymes
Menu: POISSON FRIT – RAGOÛT DE PORC – POULET EN COLOMBO Accompagnements variés (riz, haricots rouges, légumes pays…) Contact : 0690 84 33 30 Participation: 15 €
Nous comptons sur votre soutien !


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