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CO de 2019-2018/CO n° 1228 du 19 octobre 2019/Troisième page

Troisième page

Élections Municipales

La campagne électorale pour les municipales du 15 au 22 mars 2020 a commencé. Partis et organisations politiques annoncent quelles seront leurs prétentions.  

De la droite classique aux partis indépendantistes du MIM ou de Peyi-a en passant par la soi-disant gauche modérée du PPM ou de Bâtir le pays Martinique et quelques autres indépendants, toutes et tous viennent annoncer sur les ondes qu’ils brigueront un mandat ou un nouveau mandat. En Guadeloupe aussi notables de tous bords et partis politiques se positionnent et parlent sur les médias. Et elles ou ils, sans exception, prétendent apporter du neuf, du changement pour la population. Ces postulants croient-ils que la population est dupe ou font-ils semblant d’oublier que ces refrains ont déjà été tenus lors des élections précédentes sans rien résoudre ni sur le plan économique ni sur le plan social pour les travailleurs, les exploités ou la population pauvre du pays ?

Bien des travailleurs, des gens issus de la population pauvre, des chômeurs ne s’y trompent pas et disent : « Yo ka fê nou anpil pwomess, min an foi yo élu nou pa ka wouê ayin chanjé ban ou ». (Ils nous font de belles promesses, et une fois qu’ils sont élus on ne voit aucun changement pour nous). Combat ouvrier se présentera aux élections à Fort-de-France, à Capesterre-Belle-Eau et aux Abymes. Nous sommes les seuls à refuser de faire croire à la population que son sort changera par les élections. Il ne changera que par la lutte des masses. Nous sommes les seuls à nous présenter avec le drapeau levé du communisme révolutionnaire. Nous réaffirmons que ce que les travailleurs et la population obtiendront le sera toujours par leur propre lutte en se défiant des notables de tous bords qui les trompent. Car ces derniers ne sont que le personnel politique varié des classes dominantes.  


Féminicides : le sexisme continue de tuer

Le 2 octobre, Natacha Ramalingon originaire de la Guadeloupe, est morte poignardée six fois par son ex-compagnon en France, dans les Yvelines.  

Natacha était séparée de lui depuis 2017. Selon le témoignage de son frère aîné, il la harcelait beaucoup et l’avait déjà menacée. Le meurtre de Natacha est le 112ème meurtre sexiste de l’année en France. Comme elle, 120 autres femmes ont été tuées depuis le début de l’année. Johanna, 27 ans, a été poignardée 14 fois par son ex devant ses trois enfants. Michelle, âgée d’une soixantaine d’années, a été étranglée par son mari.

Depuis le début de l’année, une femme est ainsi assassinée tous les deux jours. Les meurtres de femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint sont la conséquence ultime d’une exploitation féroce des femmes dans notre société. Mais ce phénomène ne peut que continuer, voire empirer, tant que le gouvernement continuera à faire le minimum. Pour réduire les féminicides, il faudrait trois fois plus d’écoute des forces de l’ordre, de logements d’urgence, de téléphones d’urgence et de personnel de justice consacré spécialement aux violences conjugales.

Les femmes se sont toujours battues contre leur exploitation. C’est ainsi qu’elles ont gagné le droit de vote, le droit à l’avortement libre et gratuit remboursé par la sécurité sociale, de faire un chèque et d’ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari, et aujourd’hui le droit à la PMA. Elles parviennent ainsi à faire reculer quelque peu l’inégalité qui les frappe et à rallier des hommes à leur cause.    


Un Haïtien aux Bahamas : « nous sommes traités comme des chiens »

Plus d’un mois après le passage du cyclone Dorian qui a dévasté les quartiers où vivaient les Haïtiens, le gouvernement prévoit l’expulsion des Haïtiens sans papiers. Le 10 octobre une centaine d’entre eux ont été expulsés.  

Ce sont entre 40 000 et 60 000 Haïtiens qui vivent aux Bahamas. Ils sont stigmatisés et il est très difficile d’obtenir la nationalité bahamienne même pour ceux qui sont nés sur l’île et qui n’ont jamais connu Haïti. Un Haïtien qui vit aux Bahamas depuis 22 ans dit qu’ils « sont traités comme des chiens ». Avant le passage du cyclone des milliers d’Haïtiens vivaient dans des bidonvilles : des taudis sans eau, sans électricité. Le plus connu se trouve au Grand Abaco. Ils travaillaient dans les hôtels et dans les quartiers les plus riches pour des salaires de misère, dans les secteurs du nettoyage, de la cuisine, de la construction, du jardinage. C’est la communauté la plus touchée par le cyclone. De nombreux disparus et des corps sans vie ont été découverts dans les bidonvilles ravagés par l’ouragan Dorian. La plupart ont tout perdu, beaucoup vivent dans des abris. Le gouvernement a interdit aux anciens occupants des principaux bidonvilles d’y revenir et d’y reconstruire « pour résider ou exercer une activité commerciale ».

Le ministre de l’immigration Elsworth Johnson a annoncé au début du mois d’octobre que les migrants sans papiers vivant dans les abris seront expulsés, sachant que beaucoup ont perdu leurs papiers pendant l’ouragan. Le Premier ministre Hubert Minnis a affirmé que les Haïtiens sinistrés par la catastrophe ne bénéficieraient ni de l’asile, ni d’un traitement spécial. Il a interdit aux entreprises d’embaucher les Haïtiens sans permis de travail. Ceux qui ont perdu leur travail suite au cyclone devront faire la demande d’un nouveau permis hors des Bahamas. L’État se sert de cette catastrophe pour poursuivre sa politique nauséabonde de xénophobie, alimentant la division et la haine envers cette partie de la population.  


La grève des lycéens de Coëffin !

Jeudi 11 octobre, dans ce lycée de Baie-Mahault, les élèves ont fait grève pour dénoncer l’absence des livres pour les Secondes et les Premières. Alors que la réforme du lycée a été programmée de longue date par Macron, rien n’a été fait pour anticiper. Dans tous les lycées, les livres ont été commandés après la rentrée ! Du coup, ils ne risquent pas d’arriver au plus vite… Les lycéens ont bien fait de montrer leur colère !


Il y a 80 ans : le krach de Wall Street

Le jeudi 24 octobre 1929, après plusieurs années prospères, la bourse de Wall Street aux USA s’effondre. Ce krach marque le début de la plus grande crise économique du capitalisme au 20ème siècle. Une crise qui toucha le monde entier.  

Depuis 1925 le cours des actions montait sans cesse. Les actionnaires investissaient des milliards de dollars dans le marché boursier pour en récolter des bénéfices prétendument assurés. L’enthousiasme est tel que les actions sont aussi achetées à crédit. Les prêteurs d’argent qui sont les banques et les grosses entreprises n’hésitent pas à prêter avec des intérêts très élevés. C’est à cause de ces crédits que des milliards de dollars sont détournés de la production et vont vers la spéculation. Plus il y avait de capitaux investis dans la finance, plus les actionnaires investissaient. Il s’est créé une « bulle spéculative ».

En parallèle les entreprises américaines avaient diminué leur production. L’écart entre population pauvre et riche se creusait et la production avait du mal à s’écouler. Après quelques frayeurs de la Bourse, c’est le matin du jeudi 24 octobre que tout bascule. Il n’y a plus d’acheteurs pour les actions et les cours chutent. Les banques sont incapables d’enrayer le phénomène. Il s’en suit une réaction en chaîne. Lorsque des actions sont vendues les entreprises les rachètent tant qu’elles peuvent le faire sur leurs bénéfices ou bien à perte. Alors le cours des actions baisse pour empêcher la faillite de l’entreprise. Les spéculateurs ne gagnent plus d’argent, se mettent à en perdre et les prêteurs ne sont plus remboursés.

C’est la faillite de nombreuses banques et entreprises ! Les milliards de dollars fictifs de la bulle spéculative s’évaporent : une perte représentant 10 % du PIB du pays ! La peur de voir les banques faire faillite incite les propriétaires des capitaux à retirer l’argent en masse, ce qui accélère la faillite des banques. La crise boursière se transforme en crise bancaire puis en une véritable crise économique. La moitié des entreprises du pays a été contrainte à la fermeture. Entre 1929 et 1932 la production industrielle a diminué de moitié. Les actions ne valent alors presque rien. Cependant les gros groupes industriels ou les grands monopoles tentent d’empêcher la baisse des prix des marchandises en diminuant la production. Cela a accentué gravement la crise, les conséquences sont catastrophiques sur la population et la classe ouvrière.

De nombreux agriculteurs déjà endettés sont complètement ruinés et chassés de leurs terres. Les gros producteurs quant à eux détruisent leurs récoltes pour augmenter leurs prix et provoquent une pénurie alimentaire pour les plus pauvres. Dans les villes les licenciements n’en finissent plus. Un quart de la population active est au chômage en 1932 soit 14 millions de personnes. Il n’y a aucune aide gouvernementale. Des bidonvilles apparaissent dans les grandes villes comme les « Hoovervilles » à New-York (du nom du Président des USA de 1929 à 1932, Hoover, dont la politique ne mit pas fin au chômage et à la misère.) Celle-ci apparaît aussi à travers les queues sans fin des soupes populaires. La crise s’étendit au reste du monde car l’économie capitaliste est mondiale. Il y eut un effondrement du commerce mondial. De nombreux pays ont dû fortement diminuer leurs exportations, ce qui entraina une chute de la production, des faillites et le chômage de masse. Les pays pauvres furent aussi très touchés et les firmes des pays riches y intensifièrent l’exploitation de la population. Les USA récupérèrent les capitaux qu’ils avaient placés en Europe après la Première Guerre mondiale. Ils mirent ainsi les grandes banques allemandes et autrichiennes au bord de la faillite. L’Allemagne fut très fortement touchée par cette crise, la dévaluation de la monnaie entraina tout un pan de la population dans la pauvreté.

C’est en partie sur ce terreau qu’en une décennie le nazisme prospéra. Cette crise mondiale créée par le système capitaliste lui-même a mené l’humanité à la Seconde Guerre mondiale. Cependant face à la crise la réaction de la classe ouvrière fut mondiale elle aussi avec de grandes grèves aux USA dès 1934, la grève générale de 1936 en France, ou encore la révolution espagnole des années 1930. La classe ouvrière n’est malheureusement pas parvenue à empêcher cette guerre immonde. C’est le système capitaliste dans son ensemble qu’il aurait fallu anéantir pour éviter ce cataclysme mais aussi les prochaines crises.  


Équateur : les manifestations ont fait céder le gouvernement

Le 13 octobre, après 11 jours de manifestations et d’émeutes dans la capitale Quito, le président Moreno a annulé son décret qui avait fait doubler le prix de l’essence.  

Le 1er octobre, Moreno avait annoncé qu'il cessait de subventionner les carburants. Cette mesure était exigée par le Fonds monétaire international (FMI) en échange d’un prêt de 4,2 milliards de dollars. La population pauvre, en grande partie composée des indigènes vivant dans les provinces, s’est mobilisée massivement pour l’annulation de ce décret. Le prix du litre d’essence était passé en moyenne de 0,43 à 0,68 dollars et avait doublé à certains endroits, avec pour conséquence l’augmentation des prix des marchandises dans les provinces.

Pendant 11 jours, les manifestants ont montré leur détermination face à Moreno : émeutes dans les rues de Quito, grève des travailleurs du secteur public, blocage des puits pétroliers en Amazonie…

L'occupation de plusieurs champs pétroliers avait conduit les autorités à suspendre les opérations de son principal oléoduc, paralysant le transport de 70 % de la production pétrolière. Sous la pression des mobilisations, Moreno avait été contraint de transférer le siège du gouvernement à Guayaquil (à 250 km de Quito). Dans ce pays pauvre producteur de pétrole (531 000 barils par jour), la population a su trouver les moyens de faire reculer les capitalistes pétroliers habitués à dicter leur loi !  


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