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CO de 2019-2018/CO n° 1228 du 19 octobre 2019/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : CHU halte à la répression syndicale

Une semaine à peine après la signature d’un protocole de fin de conflit, la direction du CHUG est passée à la répression des agents grévistes et principalement des représentants syndicaux.   La grève a duré huit semaines au cours desquelles le personnel s’est mobilisé pour réclamer de meilleures conditions de travail, dénoncer la prise en charge scandaleuse des patients au sein du CHU. Ils ont réussi à faire comprendre l’enjeu et les risques sanitaires et en conséquence, mobiliser la population.

Cela, la direction ne le pardonne pas. Il faut dire que cette direction, mise en place à grands coups de publicité pour un directeur bon teint et bonne origine, n’est là que pour appliquer la politique du gouvernement Macron : le démantèlement des services publics. Le CHUG en fait partie, et le Directeur Général Cotellon est le chargé de pouvoir pour le « redressement » du CHUG à base de fermeture de services, diminution de la « masse salariale ». Le CHU qui comptait à l’origine 900 lits et environ 2800 agents doit entrer dans ses futurs locaux avec environ 500 lits et des centaines d’agents en moins.

Le dépeçage du CHU doit se faire rapidement sans les empêcheurs de dépecer et de licencier en douce : les représentants du personnel ! Les intimidations ont commencé le 1er octobre avec Rony Tillé, aide-soignant, militant CGTG, convoqué par la police à cause d’une plainte de la direction pour menace. Lundi 14 ce fut le tour d’une infirmière, Patricia Albert, militante UTS-UGTG, d’être convoquée pour diffamation. Le lendemain, deux autres représentants du personnel, l’une diététicienne, l’autre technicien furent convoqués, cette fois à la Direction des soins, pour « entretien disciplinaire » ; leurs témoignages durant la grève ayant fortement déplu à la direction. La tentative de la direction de museler les agents du CHUG ne passera pas !  


Guadeloupe : Pointe-à-Pitre  coup de colère des habitants à Chemin Neuf

Les habitants du quartier Cour Zamia de Pointe-à-Pitre ont barré la rue le 7 octobre dernier.  

Ils n’en peuvent plus de vivre dans ce quartier insalubre. L’eau du canal stagne depuis trois ans près des habitations, les égouts remontent, inondant la route lors des épisodes de pluie. Il y a aussi les odeurs, les rats, les trous dans les rues que les habitants rebouchent eux-mêmes. La seule chose qui a été faite depuis des années c’est la route de Chemin Neuf qui mène au nouveau palais de justice. Les habitants en colère ont décidé de bloquer cette route. Leur combat va sans doute payer car, dans la journée, un conseiller municipal est venu à leur rencontre. Des travaux d’assainissement seront mis en place, le canal va être curé. Ce quartier a toujours été celui des pauvres et ces derniers sont victimes d’un mépris social révoltant ! Cette fois ils se sont révoltés. C’est bien ce que les pauvres ont de mieux à faire et dans tous les domaines.


Martinique : Chlordécone Manifestation de protestation

Le MIR (Mouvement international pour les réparations) de Garcin Malsa et le collectif citoyen Zéro chlordécone, Zéro poison dans l’eau du robinet ont appelé à manifester à Fort-de-France.  

Plus de 300 personnes se sont retrouvées devant le palais de justice de Fort-de-France pour « demander réparation à l’État français et à tous ceux qui ont pollué les terres, la mer, l’eau et la population », selon les termes de Garcin Malsa. Sans nommer les capitalistes de la banane. Plusieurs organisations nationalistes se sont exprimées pour dénoncer avec juste raison la pollution au chlordécone sur une grande partie des terres agricoles, la pollution de l’eau courante. Ils ont aussi exigé des réparations par des indemnisations versées par l’État aux ouvriers agricoles qui ont utilisé ce produit. Les intervenants ont aussi demandé à la population d’exercer une désobéissance civique en refusant de payer les factures d’eau du robinet, polluée par le chlordécone, ce que l’ensemble des manifestants ont approuvé.

Combat ouvrier était présent à cette manifestation pour apporter notre soutien contre cette situation intolérable. Nous avons ainsi eu l’occasion de discuter avec des militants et des manifestants pour leur dire : « C’est juste ce qu’ont dit les différents intervenants au sujet de la complicité de l’État à cet empoisonnement et pour exiger des indemnisations. Mais nous pensons, nous à Combat ouvrier, que la meilleure réparation serait celle d’exproprier les capitalistes de la banane, parce que la terre appartient à ceux qui la travaillent, c’est-à-dire aux ouvriers agricoles et aux petits paysans. Les capitalistes békés et autres exploiteurs de la banane se moquent éperdument de la santé de la population, ce qui prime pour eux c’est le profit et rien d’autre. Et si ils continuent à diriger l’économie du pays et à être les donneurs d’ordre, ils continueront à polluer la Martinique et toute la planète… » Ces interventions ont été appréciées et approuvées par ceux à qui nous nous sommes adressés. La manifestation s’est terminée par un autre rendez-vous et avec des chants autour de tambours


Extinction Rébellion : actions spectaculaires, idées réactionnaires

Début octobre, sur le pont qui mène à la voie principale de Jarry, il y avait une banderole du mouvement Extinction Rébellion. Ce mouvement écologiste mène des actions de blocage pour dénoncer les menaces qui pèsent sur la planète. La solution qu’il propose : « réduire la consommation ». Alors qu’une personne sur cinq est frappée par la pauvreté en France (une sur trois en Guadeloupe) c’est ridicule et même indécent ! Pour sauver la planète, il faut détruire le système capitaliste !


Réforme des retraites : la mobilisation des travailleurs, la seule perspective

La réforme des retraites mise en chantier par Macron ne passe pas chez les travailleurs. À plusieurs reprises ils se sont mobilisés.  
Le 13 septembre les travailleurs de la RATP (Régie autonome des transports parisiens) ont fait une grève massive pour montrer leur mécontentement. Le 24 septembre des dizaines de milliers de travailleurs ont manifesté, 600 travailleurs de la CGTM se sont mobilisés en Martinique. En Guadeloupe des travailleurs de la CGTG ont tenu une conférence de presse. Le gouvernement a décidé de faire une « concertation citoyenne » pour tenter d’endormir les travailleurs. Lors de la première concertation le 3 octobre, Macron a dit qu’« il faudra cotiser plus ». Le gouvernement veut allonger la durée de cotisation et mettre un âge pivot à 64 ans, âge auquel il faudra partir pour avoir une retraite à taux plein. Macron ment en disant que l’âge légal de départ restera 62 ans. Il veut imposer le recul de l’âge de départ, et une baisse des pensions de retraite.

Ceux qui partiront avant l’âge pivot verront leur retraite baisser de 5 % par an. Les jeunes qui commencent à travailler tard par exemple - ce qui est courant - devront partir à la retraite bien plus tard pour avoir une retraite complète. Les travailleurs de plusieurs secteurs ont prévu de se mobiliser dans les semaines à venir pour faire savoir à Macron qu’ils n’accepteront pas sa réforme.


Martinique : éducation nationale ça déborde

Dans trois établissements scolaires de Martinique, des mobilisations ont eu lieu après même pas deux mois d’activité. En cause, les conditions de travail et le manque de matériel, entre autres.  

Le mouvement a commencé par le collège Julia Nicolas situé en face de la préfecture à Fort-de-France. Les personnels, administratifs et enseignants, mais également les élèves et leurs parents dénonçaient les conditions de travail. Une température au-dessus de 30 degrés dans les salles, une absence ou une insuffisance de moyens pour rafraîchir l’air et permettre le bon déroulement des cours, les conditions déplorables de travail des professeurs d’Éducation physique.

C’est quasiment la même situation au collège Édouard Glissant et au lycée professionnel Place d’Armes, tous les deux au Lamentin. Dans ce dernier établissement, les lycéens se sont mobilisés et ils ont reçu le soutien des personnels, enseignants notamment. La Collectivité territoriale de Martinique (CTM) qui a la charge de ces établissements, s’est manifestée par la voix de la conseillère chargée des questions d’Éducation, Sylvia Saitsoothane. Cette ex-directrice d’école, colistière du capitaliste de droite Yan Monplaisir (Ba péyi a an chanss) et alliée de Marie-Jeanne à la CTM, a cru malin de mettre en doute la bonne foi des personnels mobilisés. Mais face à la détermination de ces derniers, elle a dû battre en retraite et apporter certaines solutions aux revendications des grévistes.

Comme dans beaucoup d’autres secteurs (Santé, la Poste, etc.), les conditions de travail se dégradent à vue d’œil dans l’Éducation nationale. Même les policiers protestent contre leurs conditions de travail. Le gouvernement réserve l’argent public aux capitalistes, en leur accordant subventions, exonérations et autres aides par milliards et il prêche l’austérité aux travailleurs. La voie prise par les personnels de ces établissements, la lutte, est bien ce qui fera reculer le gouvernement et ses relais locaux, dont la CTM.  


Guadeloupe : Octroi de mer  vers une augmentation des prix

Le Conseil régional a décidé d’augmenter la taxe de l’octroi de mer sur certains produits importés. Cette taxe est en partie responsable des prix qui sont plus chers qu’en métropole.   L’augmentation concerne les sardines et les maquereaux en boîte, ainsi que les crustacés tels le crabe et les ouassous.

Elle concerne également les préparations pour sauces qui sont importées, sans oublier les conserves de viandes qui seront aussi taxées, comme par exemple la boîte de corned beef. Les prix de tous ces produits vont augmenter. Selon la Région, le but de l’augmentation de l’octroi de mer est d’encourager la population à acheter les produits locaux. Mais, en réalité, l’objectif est de permettre aux communes d’amasser plus d’argent. Il est vrai que beaucoup de communes manquent de moyens financiers.

Mais cette taxe va toucher au porte-monnaie des travailleurs qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Si les communes ont besoin d’argent, ce n’est pas auprès de la population laborieuse qu’il faut le prendre. En Guadeloupe, il y a des capitalistes qui possèdent d’immenses fortunes, comme les riches békés Despointes ou Hayot. C’est auprès de ces gens-là que la collectivité devrait se servir.