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CO de 2019-2018/CO n° 1228 du 19 octobre 2019/Première page

Première page

Éditorial: Climat l’urgence : se débarrasser du capitalisme !

Ces dernières semaines, plusieurs organisations écologistes ont mené des actions dans le monde entier pour dénoncer l’inaction des gouvernements contre le réchauffement et le dérèglement climatiques. La jeune Greta Thunberg est intervenue à l’ONU. L’organisation « Extinction Rébellion », présente dans plusieurs pays, organise des actions spectaculaires.  

Un récent rapport du Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) confirme que le réchauffement climatique, provoqué par l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, fait fondre la glace des pôles et entraîne une montée du niveau de la mer. Si le phénomène continue à ce rythme, la mer montera de plus d’un mètre d’ici 2100. Des îles habitées seront englouties par les eaux. Selon l’ONU, vers 2050, un milliard de personnes seront forcées de quitter leurs terres à cause de cela. Les îles de la Caraïbe ne sont pas à l’abri.

Le réchauffement climatique crée des ouragans violents avec pour conséquence des catastrophes humanitaires comme celles des cyclones Irma et Maria en 2017 ou encore Dorian en août 2019 qui a ravagé les Bahamas. Les manifestations des écologistes pour exhorter les autorités à réagir ont l’avantage de poser le problème au niveau mondial. Mais les chefs d’État se préoccupent avant tout de défendre les intérêts de leurs multinationales. Pourtant, ce sont bien les activités de production des plus grosses entreprises de la planète qui polluent à grande échelle. L’économie capitaliste est complètement anarchique : il n’y a aucun contrôle sur la production, les entreprises pillent les ressources, polluent comme bon leur semble pourvu que ça leur rapporte le maximum d’argent. En Martinique et en Guadeloupe, la pollution au chlordécone est un autre exemple de la rapacité des capitalistes au mépris de la santé des êtres humains. La commercialisation de cette molécule que l’on savait toxique pour l’Homme a profité à des capitalistes locaux avec la complicité de l’État. Aujourd’hui, les sols des deux îles sont pollués pour au moins 600 ans, plus de 95 % de la population est contaminée. La situation est plus qu’alarmante mais les atteintes à l’environnement ne sont pas nouvelles. La pollution existait déjà au 19ème siècle, au moment où le capitalisme triomphait comme système de production à l’échelle de la planète. Non seulement l’anarchie du capitalisme nous entraîne dans une catastrophe climatique, mais il entraîne toute la société vers une nouvelle crise économique : la concurrence acharnée entre capitalistes cause des guerres commerciales qui demain pourront se transformer en guerres totales, et toute la barbarie qui va avec.

Laisser la direction des affaires mondiales aux gouvernements qui sont les serviteurs des capitalistes c’est aller vers plus de catastrophes. Il faut s’attaquer à la mainmise des capitalistes sur la production et sur l’ensemble de la société. Il faudra se débarrasser du capitalisme pour construire une société où la production est planifiée, où l’utilisation des ressources, qu’elles soient naturelles ou pas, soit maitrisée, la gestion des déchets contrôlée et où il sera alors possible de résoudre les problèmes climatiques auxquels l’humanité est confrontée. Les travailleurs salariés, placés au cœur de la production, ont la possibilité de paralyser la machine capitaliste, mais cela suppose que la classe ouvrière soit consciente de ses possibilités de renverser le capitalisme. C’est dans cette voie-là que se situe le combat des militants communistes révolutionnaires que nous sommes.  


Martinique : Albioma la grève se poursuit

Depuis le 14 septembre 2019, la grande majorité des ouvriers et employés de l’unité de production Galion 2 située derrière l’usine du Galion à Trinité, sont en grève. La centrale électrique 100% bagasse/biomasse a été mise en service en septembre 2018 par Albioma Martinique, filiale de Albioma, producteur d’énergies renouvelables en France, en Guadeloupe et à la Réunion.  

Les revendications des grévistes portent sur trois points : Le premier concerne la sécurité et le plan opérationnel interne (POI). Compte tenu de la nature de l’activité, il faut obligatoirement la présence de trois personnes au minimum. La direction veut appliquer une organisation de travail par équipes de deux. L’autre point de friction porte sur l’astreinte. La direction détourne le service d'astreinte de son objet et l’utilise pour pallier le manque de personnel. Ce qui a pour conséquences de dégrader les conditions de vie et de travail, mais aussi de sécurité des employés et ouvriers. Le dernier point de mécontentement concerne l’évolution salariale.  Au sein de cette entreprise, des discriminations existent et sont entretenues en termes d’évolution de carrière et par conséquent de salaire.

Quelques jours après la catastrophe de l’usine Lubrizol à Rouen, les risques que font courir les patrons prennent une dimension encore plus forte. Ces patrons n’hésitent pas à rogner sur les consignes de sécurité pour faire des économies et à mettre ainsi en danger les salariés et aussi la population. Des risques, des injustices dont les salariés en grève de l’usine Galion 2 refusent d’être victimes et complices. Une délégation de représentants des salariés a été reçue en préfecture pour exposer la situation au représentant de l’État. La direction de l’usine, elle, cherche à gagner du temps et à avoir les grévistes à l’usure. Une médiation a été envisagée. À ce jour elle n’a pas abouti. Médiation ou pas, c’est par leur détermination, leur rapport de force contre la direction que les grévistes pourront faire pencher la balance de leur côté.  


Martinique : Malaise chez les postiers

Les agents postiers ont tiré la sonnette d’alarme sur leurs conditions de travail suite aux réorganisations menées à marche forcée par la direction de la Poste. Ils alertent aussi sur la dégradation du service à la population.  

Devenue société anonyme à capitaux publics depuis 2010, la Poste se soucie de moins en moins du service public et entend tirer le maximum de profit de ses agents. Lors de leur conférence de presse, puis dans une interview au quotidien France Antilles du 11 octobre, des responsables de plusieurs syndicats ont dénoncé les conditions de travail et de service public. Notamment les changements d’horaires inopinés dans certains bureaux, ou la fermeture des bureaux l’après-midi dans la plupart des communes du nord de l’île ou bien encore la mise en place de « bureaux à agent seul » comme à Case-Pilote dernièrement. À ces bouleversements, il faut ajouter la diminution des services à la population lorsque les points Poste Relais chez des commerçants se substituent aux horaires d’ouverture de la Poste.

Dans le même temps, les départs à la retraite ne sont pas remplacés, les postiers se retrouvent à courir d’un bureau à l’autre pour effectuer leurs 35 heures. Ils se trouvent confrontés sans cesse à des modifications d’horaires de service.


Guadeloupe : Baie-Mahault la colère justifiée des communaux en grève

Pendant plus d’un mois les communaux de Baie Mahault ont dû batailler pour défendre leurs droits. Leur grève a fait la une de l’actualité.  

Si après trois semaines de grève, Mme Polifonte, maire, a signé la première revendication sur l’aide sociale, le second point des revendications a été bloqué. De longues rencontres de négociations n’aboutissaient à rien. Le maire se faisait fort de crier qu’elle n’avait pas les crédits pour donner suite à une revendication sur les rémunérations pourtant signée depuis 2016 avec le syndicat UTC-UGTG. Elle tentait ainsi d’avoir le soutien de la population. Elle a aussi espéré pouvoir résister avec l’aide des parents d’élèves gênés par l’absence de cantine scolaire liée à la grève. Il faut dire que la grève était très suivie. Mais les parents attendaient que la mairie trouve une solution pour leurs enfants. Avec le temps, la colère des grévistes a augmenté. Elle s’est exprimée par des barrages en différents points de la commune. Dans la population, les langues se déliaient : « Si les plus petites payes ne sont toujours pas réajustées, il y a pléthore de cadres avec de grosses primes dans la municipalité ». Ou : «La mairie n’était pas obligée de faire de si grosses dépenses - avec chiffres à l’appui - pour organiser des fêtes de la commune ».

C’est justement ce sentiment d’être les laissés pour compte, d’être ceux envers qui la cheffe d’édilité se permet beaucoup d’arrogance, qui a mis les grévistes en colère. Alors même qu’ils faisaient des concessions, la maire continuait à proposer le minimum, payé le plus tard possible. Ils ont manifesté cette colère avec raison. Ils ont signé une proposition acceptable sur la revalorisation du régime indemnitaire et peuvent reprendre le travail la tête haute.


Guadeloupe : des conditions de travail intenables à l’université

Les bâtiments de l’Université de Fouillole sont dans un état critique. La climatisation centralisée de la bibliothèque ne fonctionne plus depuis plusieurs mois. En plus de la chaleur, l’air n’est pas renouvelé, les microbes pullulent. Dans les salles de travaux pratiques c’est pareil, des étudiants font des malaises, l’air manque carrément d’oxygène ! Le personnel de la bibliothèque a demandé l’aménagement des horaires de travail pour ne pas rester trop longtemps dans la chaleur. Refus catégorique de la direction. Les étudiants et les agents n’en peuvent plus, c’est pourquoi il y a quelques jours, des agents ont décidé de médiatiser leur situation. Ils ont parlé de se mettre en droit de retrait pour danger au travail. Ils ont bien fait de s’exprimer publiquement car quelques jours après, la direction, silencieuse jusque-là, a informé les agents que le matériel de réparation de climatiseurs est arrivé. Cependant, les agents restent méfiants car ils n’ont encore vu aucun changement.  


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