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CO de 2019-2018/CO n° 1227 du 5 octobre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Crash de Thomas Cook

Le 23 septembre, le plus gros opérateur de tourisme en Europe s’est déclaré en faillite et a cessé brutalement ses activités, laissant sur le carreau 22 000 salariés et 600 000 touristes à rapatrier.  

Le groupe britannique Thomas Cook, vieux de plus d’un siècle, regroupe 2 600 agences de voyage dans le monde et détient 89 avions. Au premier semestre 2019, l'entreprise avait déclaré une perte colossale de 1,7 milliards d’euros, sur un chiffre d'affaire d'environ 10 milliards. La compagnie a continué à vendre ses produits et à empocher des centaines de millions d’euros, en sachant pertinemment dans quelle situation ses centaines de milliers de clients allaient se retrouver.

La faillite de Thomas Cook est révélatrice du chaos économique dans lequel les capitalistes plongent l’ensemble de l’humanité. Leur objectif, le profit, rien que le profit ! Les principaux actionnaires de Thomas Cook n’ont pas hésité à laisser couler la compagnie qui ne leur rapportait plus assez. Parmi eux, on trouve la multinationale chinoise Fosun et le groupe d’investissement américain Invesco, pour qui les affaires vont bien. En 2018, Fosun a réalisé 13,4 milliards de dollars de bénéfices et Invesco 4 milliards. Ces trusts n’auraient eu aucune difficulté à trouver les 2 milliards d’euros nécessaires pour apurer les dettes de Thomas Cook.

Une des règles de base du capitalisme c’est l’irresponsabilité des actionnaires au cas où les choses tournent mal. Et cela vaut aussi bien vis-à-vis de leurs salariés que de leurs clients et débiteurs. C’est le principe même des sociétés anonymes : en cas de faillite, ils ne sont responsables ni de leurs dettes, ni du sort dramatique qu’ils réservent sans préavis à leurs salariés. C’est ainsi que le capitalisme mène le monde à la catastrophe. Il faut le détruire et créer un autre système économique mondial fondé sur l’intérêt premier de l’ensemble de la population et non plus d’une petite minorité de riches !


Dans les entreprises

Échos des hôpitaux (Martinique)

Le 24 septembre, nous étions plusieurs grévistes au CHFF
Nous sommes pourtant concernés par la suppression des régimes spéciaux ! Un seul exemple : la suppression du tiers temps pour les titulaires de l’outre-mer se traduira par une obligation de travailler plus longtemps. Ainsi un agent titulaire depuis 30 ans ou 27 ans ou 24 ans devra travailler 10 ans ou 9 ans ou 8 ans de plus. Faute de le faire sa pension va chuter. Seules des luttes massives peuvent faire Macron reculer.

Échos des hôpitaux

(CHU Guadeloupe) CHU : Vous avez dit rénovation ?
De rénovation en rénovation, les ascenseurs de la tour sud sont toujours aussi défectueux. Les deux monte-malades sont toujours en panne. On pouvait à défaut et en dépit de toutes les règles d’hygiène utiliser les deux ascenseurs réservés au public, mais eux aussi sont pour la plupart du temps hors service. Eh bien au moins la grève aura eu le bénéfice de faire connaître tout cela à la population et de faire entendre notre colère.

Pawòl a travayè bannann !

(échos des plantations de banane - Guadeloupe)
SA Bois-Debout : quand Block veut se la jouer télé-réalité… il se piège lui-même !
Le 17 septembre, le directeur Block de Friberg a tourné une vidéo dans une parcelle et l’a partagée sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, il pleurniche sur la destruction de 1000 plants qui auraient été piqués au pétrole. Problème : le matériel nécessaire à l’injection de pétrole dans les bananiers n’est accessible que pour les planteurs eux-mêmes !

Plantation Changy : un mail qui fait peur à Dambas ?
La semaine dernière Dambas a essayé de mettre la pression sur un camarade à qui il voulait imposer un poste de travail inadapté à sa santé. Le lendemain il a réuni les ouvriers pour expliquer qu’il avait reçu un mail du procureur qu’il n’osait pas lire tellement il était long. Pourquoi il ne l’a pas transmis aux ouvriers pour qu’ils le lui lisent ?

Plantation Changy : quand Dambas fait semblant d’être réglo
Quelques jours après avoir reçu le mail du procureur, Dambas a remarqué la présence d’un étrange homme blanc sur la plantation. Il a immédiatement annoncé aux ouvriers qu’ils devraient quitter le travail à 15h (l’heure légale) et non à 17h comme d’habitude. Coïncidence ?

Plantation Banamax : un patron qui ne fait plus le boss !
La veille de son procès, Max Narayaninsamy a demandé aux camarades pourquoi ils ne viendraient pas travailler le lendemain, ils lui ont répondu qu’ils allaient au même endroit que lui à Basse-Terre. Ça ne lui a pas plu ! Le jour J, l’avocat du planteur était absent, il s’est retrouvé seul face au juge et aux camarades. Le procès a été renvoyé in extremis au 24 janvier…

Plantation Montebello : vers un nouvel accident ?
Suite à deux accidents récents, le directeur a acheté un tracteur neuf mais… il n’a pas vérifié le système d’attelage. Celui-ci ne permet pas de décrocher la remorque. Au lieu de changer la machine, il a trouvé sa « solution » : soulever la remorque chargée en bananes avec un chariot élévateur d’entrepôt pour la décrocher du tracteur. Jusqu’à quand le petit chariot élévateur pourra-t-il soulever une remorque dont le poids dépasse ses capacités de chargement ?

Plantation Grand Café : une « faillite » qui tombe à pic pour Babin ?
Du jour au lendemain, le planteur Babin a annoncé à un travailleur que la plantation était en redressement voire une liquidation judiciaire et que les ouvriers ne seraient plus payés par lui mais par un administrateur judiciaire. Le directeur n’a encore fourni aucun élément par écrit. Babin lui-même a avoué qu’il a trop de dettes et qu’il doit de l’argent à la Sécurité Sociale, aux impôts et aux camarades qui l’ont attaqué aux Prud’hommes. Cette faillite semble une bonne porte de sortie pour ce planteur voleur !


Haïti : un extrait du programme de l’OTR (Organisation des Travailleurs révolutionnaires)

Il faut des mesures urgentes pour changer le sort des masses populaires. L’ensemble de ces mesures constituera le programme que devra porter la mobilisation des classes exploitées partout dans le pays. Les travailleurs exigeront et se battront pour obtenir :
- L’abolition de tous les privilèges des hauts fonctionnaires de l’État. Grands privilégiés déjà du système, ils toucheront le même salaire qu’un ouvrier. - L’abolition de ce parlement croupion, caisse de résonnance de la bourgeoisie. Il sera remplacé par les comités d’usine, des paysans pauvres, des femmes et des jeunes.
- L’augmentation substantielle du salaire minimum dont la valeur sera alignée automatiquement sur le cours du dollar et de l’inflation. - Pour lutter contre le chômage, la répartition du travail qui existe entre tous les travailleurs qui toucheront le même salaire.
- Le droit de regard immédiat sur les comptes des entreprises pour que les travailleurs puissent être au courant des dividendes créés par leur force de travail et savoir comment ils sont répartis. - La baisse des prix des produits de grande consommation.
- L’expropriation des banques privées et la concentration de tout le système de crédit entre les mains de l’État.
- L’expropriation des grands propriétaires terriens. Les terres arables et en friche disponibles ainsi que les moyens pour les mettre en valeur seront mises à la disposition des coopératives de paysans pauvres. Ces quelques mesures et bien d’autres doivent être popularisées et discutées dans les quartiers pauvres des travailleurs, dans les entreprises, dans les universités, dans les marchés, sur les places publiques. Leur compréhension, leur acceptation et leur défense par une lutte farouche de la classe ouvrière et de ses composantes constituent le point de départ de l’émancipation de celles-ci du joug du système capitaliste.


Algérie : Condamnation de Louisa Hanoune un règlement de comptes politique

Combat ouvrier s’associe au communiqué de nos camarades de Lutte ouvrière et nous le reprenons totalement à notre compte.

Combat ouvrier tient à affirmer son opposition à la condamnation qui vient de frapper Louisa Hanoune, dirigeante du Parti des Travailleurs d'Algérie. La peine de quinze ans de prison ferme a été prononcée, après un procès expéditif tenu à huis clos par le tribunal militaire, pour « atteinte à l'autorité de l'armée » et « complot contre la sûreté de l'État » pour la simple raison qu'elle a participé à une rencontre avec d'autres hommes politiques ou des militaires poursuivis par l'actuel pouvoir algérien. Cette condamnation apparaît sans aucun fondement. Sous la pression du mouvement populaire, le dirigeant de l'armée veut donner l'illusion qu'il met fin à la corruption dans l'appareil d'État et en même temps il procède à des règlements de comptes politiques. En y mêlant abusivement Louisa Hanoune, dirigeante d'un parti qui se réclame des travailleurs, il veut aussi montrer qu'il s'en prend à toutes les tendances. Tout en désapprouvant la politique menée par le Parti des travailleurs d'Algérie, et notamment ses compromissions politiques avec le régime d'Abdelaziz Bouteflika et avec certains clans qui cherchaient à en prendre le relais, Combat ouvrier dénonce cet amalgame et affirme que cette condamnation n'a pas lieu d'être.


Repas de soutien à Combat Ouvrier

Dimanche 10 novembre 2019 à partir de 12h Salle Joseph Théodore Faustin – Boisripeaux – Les Abymes
Menu: POISSON FRIT – RAGOÛT DE PORC – POULET EN COLOMBO Accompagnements variés (riz, haricots rouges, légumes pays…) Contact : 0690 84 33 30 Participation: 15 €
Nous comptons sur votre soutien !


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