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CO de 2019-2018/CO n° 1226 du 21 septembre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Après les récents propos de Lilian Thuram

Lilian Thuram est un ex-joueur de l’équipe de France, noir, originaire de Guadeloupe et champion du monde 1998. Il est connu aussi depuis longtemps pour son combat contre le racisme.  

Interrogé par le journal italien Corriere dello Sport à propos des insultes adressées aux joueurs noirs dans les stades italiens, (mais ils sont fréquents dans les stades français aussi), Thuram a déclaré : « il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste mais qu’il y a du racisme dans les cultures italienne, française, européenne, et plus généralement dans la culture blanche. Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être ». Qu’il y ait du racisme dans la culture des pays cités et européens, cela ne fait pas de doute. L’histoire de l’esclavage et du colonialisme dont ces pays impérialistes furent auteurs au cours de leur histoire le démontre amplement. Les textes et propos racistes contre les Noirs ou les Juifs parsèment effectivement la littérature et la politique européennes. Jules Ferry et bien d’autres ne parlaient-ils pas de « races inférieures » ? Certes, cela ne fait pas de tous les Européens et de tous les Blancs des racistes. Et c’est sans doute une maladresse de la part de Thuram d’avoir déclaré que « les Blancs pensent être supérieurs ». Certes ce sentiment existe. Mais mettre tous les Blancs dans le même sac au lieu de préciser « les Blancs racistes » - ce qu’il a fait plus tard dans une réponse à la polémique - là est le fait que le célèbre footballeur a prêté le flanc à une critique facile.

Mais enfin, lorsque Florian Philippot vient accuser Thuram de racisme, cela prête à rire. Philippot, homme politique d’extrême droite et ex-membre éminent du Front national (aujourd’hui Rassemblement national) de Marine Le Pen n’a jamais en son temps critiqué Jean Marie Le Pen sur ses nombreux propos racistes contre les Juifs ou les Noirs. Quant aux autres journalistes et commentateurs, ils donnent l’impression de sauter sur la première occasion venue, trop contents de s’en prendre à l’ex-footballeur, comme s’il s’agissait d’une revanche à prendre sur Thuram. Certains ont même parlé à ce propos de racisme de Thuram, évidemment de racisme anti-blanc.

Ce prétendu racisme anti-blanc est une stupidité. Car les Blancs ne subissent pas de discrimination raciale. Et c’est surtout une manière de ne pas reconnaître que le racisme est un véritable problème. Dans la société, fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, la prétendue infériorité des Noirs a justifié les pires atrocités depuis des siècles. C’est de ça qu’il faudrait parler ! Et ceux qui parmi tous ces hypocrites réagissent en « Blancs » ne se rendent même pas compte que là réside précisément le racisme. Alors, nous diront-ils, « tous les Noirs soutiennent Thuram et réagissent en Noirs ». Oui, c’est vrai. Ce fut le cas aux Antilles dernièrement. Tous les Antillais ont soutenu Thuram.

Mais en tant que membre d’une nation opprimée et opprimée par des nations blanches dominantes à l’échelle mondiale ce sentiment doit se comprendre chez les Noirs en général. C’est pour cette raison qu’à Combat ouvrier notre soutien aussi va à Thuram car nous nous plaçons dans le camp des opprimés. Les vrais non racistes blancs sont ceux qui sont dans ce camp-là et qui l’expriment ainsi. Choisir le camp des opprimés est la meilleure façon de ne réagir ni en Blanc, ni en Noir, mais en homme de bon sens. Pour notre part c’est en communistes révolutionnaires luttant contre l‘oppression des classes et des nations dominantes sur les opprimés de classe et de nations dominées que nous réagissons à cette polémique. Elle a été montée par des gens aux arrières pensées pour le moins troubles. Sans ces dernières, la polémique n’avait absolument pas lieu d’être.  


L’Argentine s’enfonce dans la crise

Une panique financière et boursière a suivi la publication des résultats des élections primaires en Argentine au mois d’août. Du jour au lendemain, la valeur de la monnaie, le peso, a chuté de 19 % et les valeurs boursières se sont effondrées de 60 % le lundi 12 août.  

Les primaires préfigurent le résultat futur des élections présidentielles et législatives qui se dérouleront le 27 octobre. La coalition péroniste dirigée par Alberto Fernandez et Cristina Fernandez de Kirchner a obtenu 47 % des suffrages, contre 32 % au président sortant, de droite, Mauricio Macri.

Durant la présidence Macri, l’inflation a atteint 250 % dont 55 % en 2019. Les prix des produits alimentaires de base et des boissons ont augmenté de 64 %. Dans la semaine qui a suivi les primaires, les salaires ont baissé de 15 % du fait de la chute du peso. La crise et les soubresauts de la Bourse et de la monnaie entrainent bien évidemment des conséquences dramatiques pour les travailleurs et les couches pauvres de la population. La grave crise qui a atteint le pays entre 1998 et 2002, avec des conséquences à long terme, est toujours dans les mémoires. Mais le choix des électeurs de sanctionner Macri en portant au pouvoir Fernandez et sa colistière de Kirchner ne réglera en rien le problème de la crise et de la pauvreté.

Alberto Fernandez a été le chef de cabinet des ministres sous les présidences successives de Nestor Kirchner puis de Cristina de Kirchner entre 2003 et 2008. Cristina de Kirchner a gouverné le pays de 2007 à 2015, et a été mise en cause dans plusieurs affaires de corruption. Ces serviteurs politiques de la bourgeoisie envisagent déjà comment ils s’entendront avec le FMI pour de nouvelles mesures d’austérité contre la population. Le 22 août une manifestation a eu lieu contre l’austérité. C’est dans cette voie, celle de la lutte, que les travailleurs et la population pauvre peuvent imposer leur volonté de ne pas faire les frais de la crise.  


SOCOMECO : un exploiteur acharné

SOCOMECO est une entreprise de Guadeloupe spécialisée dans la vente de matériel industriel et outillage. Les travailleurs ont décidé de se mettre en grève le 1er août contre les licenciements répétés et le harcèlement au travail. Le patron Yann Le Maigat venait de licencier un de leurs camarades de travail. Cela fait deux ans que les salariés luttent, ils ont mené une première grève en 2017 pour exiger une augmentation de salaire. Le Maigat a lancé un « plan de sauvegarde » sous prétexte que les affaires allaient mal. L’année dernière il a licencié une vingtaine de travailleurs, il a réduit les salaires en supprimant tous les droits des salariés, tels que les tickets restaurant, le treizième mois, la prime de vacances, les primes de transport et d’ancienneté. Les conditions de travail se sont dégradées. Au bout de 13 jours de grève le patron a accepté le départ de salariés qui le souhaitaient. Mais pour se venger de la grève, il a licencié un autre de leurs camarades fin août, prétextant qu’il aurait commis une faute grave. Ce patron utilise à fond les droits que lui donnent les ordonnances de Macron.


Haïti : colère face à l’absence de carburant

C’est la population des quartiers populaires qui paye durement les conséquences de la pénurie et l’absence de carburant.  

Dans la zone métropolitaine, les prix d’un trajet en camionnette ou moto taxi, quand il y en a qui circulent, sont devenus prohibitifs. Les ouvriers font des kilomètres à pied pour aller à l’usine. Le prix des denrées flambe et les marchandes ne servent plus qu’un plat réduit devant les entreprises. Il n’y a plus de courant et la recherche d’essence, de pétrole lampant pour l’éclairage, est une priorité avec les risques encourus. Ainsi, dimanche 15 septembre, deux personnes qui transportaient de l’essence sur une moto sont mortes brûlées vives dans un accident de la route à Ouanaminthe.

Lundi 16 septembre dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince des barricades de pneus enflammés coupaient les rues. À Pétionville les routes étaient bloquées par des chauffeurs de motos taxis qui réclament « une distribution normale du carburant et la fin du marché noir ». Aux Cayes des barricades enflammées bloquaient la plupart des axes. Les manifestants ont affronté la police durant toute la journée. À Carrefour, lors d’un affrontement sur un barrage avec des policiers, qui ont riposté par balles à des jets de pierre, un jeune manifestant a été tué et plusieurs personnes ont été blessées. Dans divers quartiers de la capitale, des villes de province, au Cap, aux Cayes, à Jacmel, à Léogane ou à Mirebalais des groupes manifestent contre la rareté de l’essence et certains demandent la démission du président Jovenel Moïse. Le premier ministre démissionnaire Jean-Michel Lapin a demandé à la population de garder son calme et affirmait qu’une cargaison de produits pétroliers était annoncée.

Au mieux, ce carburant sera réservé à approvisionner les hôtels, banques, commerces des citoyens aisés, ceux qui peuvent payer, et au final c’est une augmentation du prix du carburant qui se profile pour tous. Le gouvernement est sur la défensive et cherche une tactique pour faire passer cette mesure demandée par les importateurs de produits pétroliers. Les habitants des quartiers populaires, les travailleurs ne se fient pas à la parole de ces serviteurs des possédants. Certains se souviennent de la force qu’ils ont déployée pour riposter à l’augmentation du prix du carburant en juillet 2018, qui avait débouché sur des émeutes, et cela leur donne des idées.  


Cuba : les États-Unis provoquent une pénurie d’énergie

Cuba connaît actuellement une pénurie de pétrole. Le renforcement des sanctions américaines contre les compagnies qui transportent le pétrole du Venezuela en est la cause.   Le manque de pétrole se fait sentir dans le quotidien de la population cubaine. Les stations-service ferment. Celles qui restent ouvertes voient leurs files d’attente s’allonger chaque jour. Il faut attendre plus d’une heure pour espérer avoir un peu de carburant à la Havane. La population est aussi touchée par des coupures d’électricité de plus en plus nombreuses. Le manque de pétrole oblige les compagnies d’électricité à réduire la production. Le pétrole dont dispose Cuba vient du Venezuela. Les États-Unis ont durci l’embargo sur Cuba en sanctionnant les compagnies qui livrent du pétrole vénézuélien pour forcer Cuba à renoncer à son soutien au gouvernement de Nicolas Maduro. Cette crise énergétique est un moyen pour les États-Unis de faire d’une pierre deux coups : affaiblir le gouvernement de Maduro et asphyxier une nouvelle fois Cuba, comme ils le font depuis 60 ans.


Réunion publique de Combat ouvrier

Vendredi 27 septembre à 19h Salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre

À bas la dictature patronale ! S
outien à notre camarade Jean-Marie Nomertin avant le procès en appel que lui a intenté le patron scélérat de la banane, Tino Dambas !

Venez nombreux dénoncer la répression patronale contre les travailleurs !


Tous au procès avec le camarade Nomertin

Mardi 1er octobre devant le tribunal de Basse-Terre à 7h du matin ! Faisons de cette affaire le procès du patronat exploiteur ! Venez nombreux dénoncer la répression patronale contre les travailleurs !


Repas en soutien au journal combat ouvrier

Dimanche 10 novembre 2019 à partir de 12h Salle Joseph Théodore Faustin – Boisripeaux – Les Abymes
Menu: POISSON FRIT – RAGOÛT DE PORC – POULET EN COLOMBO Accompagnements variés (riz, haricots rouges, légumes pays…) Contact : 0690 84 33 30 Participation: 15 €
Nous comptons sur votre soutien !


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