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CO de 2019-2018/CO n° 1225 du 7 septembre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Guyane : stop à la vie chère

Trois associations ont décidé d’agir contre la vie chère - 34 % de plus qu’en France - en se mobilisant devant les supermarchés avec des tracts et en s’adressant aux clients. Ceux-ci repartent, souvent, bien d’accord que les prix sont chers.

Au mois d’août, un collectif s’est créé avec l’associations Trop violans, les 500 frères et CLCV (Association de consommateurs) contre la vie chère. Il dénonce aussi le monopole de quelques familles békées sur la grande distribution. Le samedi 3 août, le collectif a bloqué un commerce appartenant à la famille Despointes. Celle-ci qui possède de nombreuses enseignes en Guyane souhaite racheter une nouvelle société. Le collectif note qu’avec une position dominante renforcée, elle pourra augmenter les prix.

Le samedi 10 août, le collectif a manifesté pour sensibiliser la population. Et le dimanche 25 août 2019, il a bloqué les accès devant l’hypermarché Carrefour de Matoury, détenu par la famille Hayot. Le dimanche 1er septembre également les militants du collectif ont bloqué un supermarché dont le parking est resté vide. Les membres du collectif pensent continuer leur action contre la vie chère. La Haute autorité des prix qu’ils ont rencontrée aurait estimé que les prix sont « corrects à partir du moment qu’il y a des clients ». Au même moment, devant les rayons quasi-vides des Écomax, les clients s’inquiètent de la disparition de magasins pas trop chers. Les 61 employés des dix magasins Écomax, tout comme d’ailleurs ceux des 30 Écomax en Guadeloupe et 20 en Martinique craignent de se retrouver bientôt à la rue.


Garde à vue d’un militant

Olivier Goudet, leader de l’association Trop violans et des « 500 frères contre la délinquance » s’est retrouvé pendant quelques heures en garde à vue au commissariat de Cayenne. Son arrestation musclée par un policier a choqué et il y eu une véritable émeute avec échauffourées, feux, devant le commissariat. Il devra se présenter la semaine prochaine au tribunal pour « terrorisme ». En fait il souhaitait apporter son soutien à des travailleuses assistantes maternelles en grève face à l’administration territoriale. Le policier l’accuse de l’avoir battu. Les personnes présentes disent qu’au contraire le policier l’a violemment empêché de se rendre auprès des grévistes.


Hong Kong : des manifestations jusqu’à la grève ?

La manifestation du samedi 31 août a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Hong Kong. Les manifestants très déterminés sont allés à l’affrontement contre la violence des forces de l’ordre, utilisant des pavés, des cocktails Molotov et autres projectiles.

Chaque semaine depuis trois mois, des dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues de Hong Kong. Ce grand mouvement de colère a été déclenché par la contestation d’un projet de loi permettant les extraditions vers la Chine continentale. Les mobilisations ont contraint Carrie Lam, dirigeante de Hong Kong, à suspendre son projet de loi dès le 15 juin.

Le mouvement de contestation a continué, réclamant la démission de Carrie Lam. Les revendications ont rapidement évolué. Les manifestants dénoncent tout recul des libertés publiques. Les contestataires réclament aussi la mise en place d’élections au suffrage universel. Un appel à la grève générale a été lancé pour le lundi 2 septembre. Des manifestants ont bloqué les accès au métro, les étudiants et lycéens ont décidé de boycotter la rentrée des classes. Le 5 août les travailleurs de plusieurs secteurs s’étaient déjà mis en grève en soutien à la contestation. Les dirigeants politiques et les capitalistes de Chine voudraient à tout prix arrêter le mouvement de contestation. Ils craignent la contagion dans les classes populaires, mais surtout chez les travailleurs. En Chine les travailleurs sont très exploités, les cadences et les horaires de travail sont infernaux. Les travailleurs chinois pourraient s’inspirer de la lutte actuelle à Hong Kong pour mettre en avant leurs propres revendications. C’est bien ce que craint le gouvernement chinois. C’est pour cette raison qu’il a massé des troupes militaires à proximité de Hong Kong. Pour l’instant, il menace. Pour l’instant, tout au moins, les dirigeants chinois aimeraient autant éviter un second « massacre de Tiananmen ». Ce qui n’est pas une éventualité à écarter totalement.

Hong Kong a été une colonie britannique de 1842 à 1997, cédée à la Grande-Bretagne par le traité de Nankin après la guerre de l’opium. Elle a été rétrocédée à la Chine en 1997. Toutefois la Chine s’engageait à maintenir l’autonomie du territoire, le système économique et politique et le mode de vie de Hong Kong pendant 50 ans.  


Noirs et racisme aux USA : jeunes tués par la police

Des résultats d’une étude de l’Académie nationale des sciences des États-Unis sur les violences policières viennent d’être publiés. Elle conclut qu’un jeune Noir sur mille a toutes les chances d’être tué par la police.

De nombreuses équipes de chercheurs aux USA se sont penchées sur le problème des violences de la police envers les Noirs. En particulier sur le fait qu’elle n’hésite pas à tirer lorsqu’il s’agit d’un Noir. Ces études ont commencé après l’émotion suscitée par la mort d’un jeune migrant guinéen de 23 ans tué par quatre policiers de New York en 1999. Alors qu’il ne représentait aucune menace, simplement il ne comprenait pas l’anglais, ils ont tiré 41 balles, il en a reçu 17 !

Les nombreuses manifestations contre les violences policières ces dernières années dénonçaient déjà la gravité de la situation. En 2015 et 2016, les forces de police avaient été renforcées et le nombre de jeunes Noirs abattus par la police a augmenté. Les victimes ont été recensées en utilisant toutes les sources possibles (journaux) et celles de la police jugées sous-estimées, incomplètes.

Ce sont les jeunes de 20 à 35 ans qui sont les victimes les plus nombreuses, femmes comme hommes et pour tous les groupes considérés. Ceux et celles qui risquent le plus d’être tués par la police sont les Noirs et les Indiens d’Amérique et de l’Alaska. : 7,2 et 7,8 par million respectivement.

Cela, beaucoup plus que les femmes et les hommes blancs : 2,9 tués par million. Le rapport est de 25 pour 10 entre les jeunes hommes noirs et les jeunes Blancs. Les jeunes latinos (3,3 tués par million) sont aussi plus en danger que les jeunes Blancs. Les chercheurs disent avoir fait les comparaisons des différentes ethnies « dans des conditions de risque identiques ». Mais il reste que le racisme anti Noirs est « institutionnel ». Il apparait que même des policiers noirs intoxiqués par le racisme ambiant vont plus facilement tirer sur un Noir.


Haïti : la situation s’aggrave pour la population laborieuse

Avec le dollar qui flambe par rapport à la gourde, la situation des travailleurs s’aggrave. Les prix des marchandises s’envolent. Les ouvriers de la zone industrielle voient la ration du repas journalier diminuer et le même plat passe de 100 à 135 gourdes. À cela s’ajoute l’augmentation du prix des trajets en tap-tap et moto taxis.

Début août plusieurs stations -service ont cessé de délivrer du carburant, protestant contre le gouvernement qui ne payait pas la subvention du carburant. En raison de cette rareté, le gallon (cinq litres) de gazoline qui se vendait 224 gourdes (2,50 €), se vend au marché noir jusqu’à 500 gourdes (5,35 €).

De nombreux citoyens marchent un récipient à la main en quête de carburant. Des chauffeurs grognent et ont augmenté les tarifs de plusieurs circuits du transport en commun, ils évoquent l’idée d’une manifestation anti-gouvernementale. Avec le prix élevé des transports et les bas salaires, les ouvriers sont contraints de se déplacer à pied, ils sont menacés et rançonnés par les gangs.

La population subit journellement la pression exercée par les groupes armés. Mercredi 25 août dans les quartiers sud de Port-au-Prince un affrontement entre des gangs a fait plusieurs victimes dans la population. Les quartiers étaient bloqués par les gangs et durant la journée interdits aux habitants qui se sont réfugiés sur la place du Champ de Mars jusqu’à l’apaisement des tirs. Ce même jour, une femme revenant de la banque a été tuée par balle par des individus à moto sous les yeux de sa famille. Ils se sont emparés d’une somme qu’elle transportait avant de s’enfuir.

Cette insécurité liée à des groupes armés est ressentie dans plusieurs autres communes du pays où des bandits recherchés par la police se sont réfugiés. Dans quelques communes, des habitants ont réagi à l’appel d’organisations d’opposition au gouvernement. Aux Cayes il y a eu des rassemblements jeudi 29 août et vendredi 30 pour protester contre l’insécurité et le « banditisme d’État ». À Carrefour, une marche a été organisée contre l'insécurité le jeudi. Le même jour, dans la commune de Petite-Rivière-de-l'Artibonite, des citoyens ont manifesté contre les bandits armés qui sèment la panique dans cette région depuis leur arrivée.

Valse de ministres dans le gouvernement, mascarade parlementaire entre opposition et pro- Jovenel, la population laborieuse est prise entre les feux des hommes de main des politiciens qui se battent pour le pouvoir et subit la pression des gangs de quartiers qui la rançonnent.  


Réunion publique de Combat ouvrier

Vendredi 27 septembre à 19h Salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre

À bas la dictature patronale ! S
outien à notre camarade Jean-Marie Nomertin avant le procès en appel que lui a intenté le patron scélérat de la banane, Tino Dambas !

Venez nombreux dénoncer la répression patronale contre les travailleurs !


Tous au procès avec le camarade Nomertin

Mardi 1er octobre devant le tribunal de Basse-Terre à 7h du matin ! Faisons de cette affaire le procès du patronat exploiteur ! Venez nombreux dénoncer la répression patronale contre les travailleurs !


Repas en soutien au journal combat ouvrier

Dimanche 10 novembre 2019 à partir de 12h Salle Joseph Théodore Faustin – Boisripeaux – Les Abymes
Menu: POISSON FRIT – RAGOÛT DE PORC – POULET EN COLOMBO Accompagnements variés (riz, haricots rouges, légumes pays…) Contact : 0690 84 33 30 Participation: 15 €
Nous comptons sur votre soutien !


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