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CO de 2019-2018/CO n° 1225 du 7 septembre 2019/Troisième page

Troisième page

Féminicides : un Grenelle… et après ?

Depuis le 1er janvier, plus de 100 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint, soit une victime tous les deux jours. L’an dernier, on dénombrait ainsi 121 meurtres de femmes (féminicides). De plus, l’atrocité, la barbarie des conjoints envers les femmes n’ont pas de bornes : femmes défigurées, l’une brûlée vive, d’autres laissées agonisantes par les conjoints avant de décéder longtemps après, femmes tuées de suite après avoir été éconduites par la police qui minimise systématiquement leurs plaintes.

La ministre chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, a annoncé l’ouverture d’un « Grenelle des violences conjugales » (En référence aux accords de Grenelle après la grève générale et la grande révolte des étudiants de mai 68. Le nom de Grenelle provient du lieu où se négocièrent les accords, au ministère du Travail situé rue de Grenelle à Paris.)

Cette concertation doit commencer le 3 septembre et s’achever le 25 novembre. L’objectif du gouvernement serait de faire reculer les violences physiques et sexuelles dont sont victimes chaque année des centaines de femmes. La ministre a annoncé la création d’un « fonds spécial » d’un million d’euros contre les féminicides, destiné aux « asso-ciations de terrain ». De nombreuses militantes féministes dénoncent un manque de moyens, car ce sont 220 000 femmes qui sont victimes de ces violences.

La somme prévue est dérisoire et annonce la couleur : ce « Grenelle » risque fort de n’être qu’une mascarade de plus. Le gouvernement n’est pas prêt à mettre les moyens nécessaires face à l’urgence. Le collectif « Nous Toutes » estime qu’il faudrait un milliard d’euros pour lancer un plan d’urgence contre les violences. Ces féminicides sont la conséquence d’une société fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, qui favorise des discriminations de toutes sortes dont la plus grave : la discrimination sexiste d’oppression des femmes. Cette société-là privilégie des rapports de domination où notamment la femme est considérée comme inférieure à l’homme. Ce fut une réalité dans toutes les sociétés de classes. Aujourd’hui, la société est régie par le système capitaliste. Elle met les travailleurs en concurrence les uns avec les autres. Elle exerce des violences quotidiennes de toutes sortes envers les femmes. Par exemple, en leur imposant des salaires plus bas que ceux des hommes, à travail égal.

Des associations féministes ont prévu plusieurs manifestations. Ces femmes et les hommes qui soutiennent leur combat ont raison de protester et de réclamer des moyens adéquats pour endiguer cette violence et protéger les femmes victimes de violence. En particulier, faire en sorte que ces femmes soient mieux reçues et écoutées dans les commissariats par des gens formés, là où, à l’heure actuelle plus que de victimes, elles font plutôt figure de coupables.

Ce sont ces luttes qui permettent aux femmes de se faire entendre et d’obtenir une amélioration de leurs droits. La lutte des femmes contre leur exploitation et pour leur vie ne doit avoir de cesse. Elle sera plus efficace si elle est soutenue activement aussi par les hommes. Les victoires obtenues, comme naguère le droit de vote des femmes ou le droit à l’avortement furent de grandes victoires. Cependant, le sexisme, les violences envers les femmes, ne prendront fin que lorsque l’humanité s’émancipera d’une société fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, aujourd’hui la société capitaliste.


Brésil : Le capitalisme détruit l’Amazonie

Chaque année, pendant la saison sèche, des incendies se propagent dans la forêt amazonienne. Mais cette année, le phénomène a pris plus d’ampleur à cause de la déforestation.

Depuis le 19 août, l’Amazonie ne cesse de brûler. En août 2019, le nombre d’incendies était quatre fois supérieur à celui d’août 2018. La forêt amazonienne se trouve dans neuf pays. La plupart de ces incendies ont lieu au Brésil. Le président brésilien d’extrême-droite, Bolsonaro, prétend qu’il n’est pas responsable de la déforestation et des départs de feu dans la forêt amazonienne. Pourtant, c’est lui qui, depuis le début de son mandat en janvier, n’a cessé de prôner l’ouverture de larges zones de l’Amazonie à l’industrie minière ou à l’agro-industrie. Bolsonaro et son gouvernement ferment les yeux sur les pratiques illégales des multinationales. Ce n’est pas étonnant quand on sait que les grands propriétaires terriens disposent au Parlement d’un groupe d’appui de près de la moitié des députés. Grâce à l’accord de l’État brésilien, les trusts de l’agro-industrie détruisent la forêt pour construire des routes, chasser les Indiens de leur terre et exploiter de façon anarchique les ressources de l’Amazonie. Ce qui compte pour eux ce sont les marchés mondiaux du bois, des métaux, du soja ou encore du sucre, quitte à détruire les ressources de la planète.

Beaucoup accusent « notre société » en général d’être responsable du réchauffement climatique et de la déforestation. Mais les véritables responsables sont les multinationales qui produisent de façon anarchique, sans se soucier de la santé de notre seule planète habitable. Les capitalistes sont des gangsters qui, pour des milliards, sont prêts à saccager la planète entière. Le problème de la déforestation et du réchauffement climatique ne se résoudra pas tant qu’on n’arrêtera pas la production incontrôlable et la course au profit, en bref, le système capitaliste.


Il y a 80 ans débutait la deuxième boucherie mondiale

Cette guerre est souvent présentée comme une défense de la liberté contre le nazisme. Ce serait donc une victoire de la démocratie contre la dictature. Ces discours dissimulent les vraies raisons du conflit, à savoir le second partage du monde entre les pays impérialistes concurrents.

Le 3 septembre 1939, la France et la Grande-Bretagne déclaraient la guerre à l’Allemagne. Mais la marche vers la guerre avait débuté plusieurs années avant. La crise économique du système capitaliste mondial de 1929, déclenchée par le krach boursier du jeudi 24 octobre à New-York, a accentué la concurrence entre les pays impérialistes.

Il y eut par exemple la conquête de l’Éthiopie par l’Italie fasciste en 1935, puis l’armée japonaise envahit la partie orientale de la Chine en 1937, et en 1938 l’Allemagne nazie annexa l’Autriche. Les pays vainqueurs de la première boucherie mondiale, dont la France et l’Angleterre, juste après cette guerre, ont imposé à l’Allemagne un traité de paix qui n’en était pas un, le traité de Versailles de 1919. L’Allemagne fut déclarée vaincue. Le traité l’astreignait à payer de lourdes réparations. On lui enleva des colonies et des territoires comme l’Alsace et la Lorraine et elle devait se désarmer. La bourgeoisie allemande ne renonça pas à récupérer les débouchés perdus qui la privaient d’une énorme source de profits.

La crise économique de 1929 a aussi causé le mécontentement de la classe ouvrière. En effet, toutes les bourgeoisies ont eu un seul objectif, celui de faire payer la crise à la classe ouvrière. En Allemagne, les classes populaires se retrouvèrent dans la misère, une bonne partie des classes moyennes furent ruinées. En 1932, l’Allemagne comptait six millions de chômeurs, presqu’un salarié sur trois, et les salaires avaient chuté d’environ un tiers par rapport à 1928. L’annonce d’un plan d’austérité provoqua une vague de grèves. La bourgeoisie allemande se préparait de son côté à écraser les organisations ouvrières en s’appuyant sur le parti nazi.

Le 30 janvier 1933 Hitler est nommé chancelier, le pouvoir nazi se met en place. Hitler contourna le traité de Versailles. Il envahit les Sudètes en Tchécoslovaquie et annexa l’Autriche sous le regard des alliés. La France et l’Angleterre n’intervinrent pas. C’est lorsque l’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939 que, deux jours après, la France et l’Angleterre lui déclarèrent la guerre.  


Les colonies des Antilles dans la guerre 

À l’instar des originaires de toutes les colonies, les Antillais ont été mobilisés en même temps que toute une jeunesse des peuples colonisés, Nord-Africains, Africains noirs, Asiatiques. Aux Antilles, ce sont près de 5 000 Guadeloupéens et Martiniquais qui ont été mobilisés. Les premiers contingents de soldats antillais ont pris le départ au mois de novembre 1939. Ces jeunes entonnaient fièrement des chants guerriers en créole : « Nou kay rantré blo blo blo an tchou a Hitler » (blo, blo, blo, nous allons botter le c... d’Hitler). Ils ne pouvaient imaginer les atrocités de la guerre, ni qu’ils serviraient de chair à canon, non pour défendre la liberté, mais pour défendre les intérêts des capitalistes et des colonialistes qui opprimaient durement leurs pays.

Cette guerre fut une véritable boucherie, 60 millions de morts pour satisfaire les intérêts économiques et le redécoupage du monde entre les pays impérialistes. Cette guerre a abouti à la conférence de Yalta en février 1945, où les trois principaux dirigeants des grandes puissances, Churchill pour le Royaume-Uni, Roosevelt pour les États-Unis et Staline pour l’Union soviétique, se sont réunis pour procéder au partage du monde. Ils se sont réparti des zones d’influence surtout pour veiller au respect de l’ordre établi et empêcher de nouvelles vagues révolutionnaires telles que celles qui s’étaient produites en Europe après la fin de la première guerre mondiale.


Les Bahamas dévastées par Dorian

L’ouragan monstrueux, Dorian, est passé le dimanche 1er septembre sur l’archipel des Bahamas alors qu’il atteignait la catégorie 5. L’ouragan avançait lentement avec des pluies torrentielles et des vents extrêmement violents tournant à 300 km/heure. Les îles ont subi de redoutables inondations, les vagues dépassaient les toits des maisons en bois. Des victimes ont déjà été recensées, au moins cinq morts. Des vidéos prises dans de grandes villas montrent déjà des dégâts considérables causés par les inondations. Pour la population plus pauvre les dégâts matériels sont énormes. Car si tout le monde est à égalité face aux catastrophes naturelles, tout le monde ne l’est pas face aux conséquences. Ce sont les plus pauvres qui payent le plus lourd tribut. Les Bahamas constituent un vaste archipel composé de 700 petites îles coralliennes avec très peu de relief. Les Bahamas étaient une colonie britannique depuis 1787. Elles deviennent indépendantes le 10 juillet 1973 et font partie des 52 pays appartenant au Commonwealth avec comme chef d’État officiel et symbolique : la reine d’Angleterre Elizabeth II.


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