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CO de 2019-2018/CO n° 1225 du 7 septembre 2019/Deuxième page

Deuxième page

La grève au CHUG

La grève du CHU de Guadeloupe a été lancée par les agents du pôle parent-enfant et ceux du service des urgences les 9 et 10 juillet derniers. Comme de nombreux soignants en France, où la situation des hôpitaux s’aggrave, les travailleurs du CHU se sont mobilisés.

La situation du centre hospitalier de Guadeloupe est grave et cela dure depuis des années, bien avant l’incendie fin 2017. Le service des urgences est complètement saturé, il manque du personnel et du matériel de base pour prendre en charge les patients. Par exemple il manque des brancards et des brancardiers. Les patients attendent des heures dans les couloirs. Le pôle parent-enfant est un service qui a été déménagé suite à l’incendie de novembre 2017 dans des bâtiments inadaptés. Depuis aucun aménagement n’a été fait. Les bâtiments sont insalubres et trop petits, mettant en danger la vie des nouveaux-nés. Il y a des fuites d’eau, des rats.

Ces problèmes concernent tous les services de l’hôpital. Des vols sont faits sur les salaires des soignants, sur leurs congés, leurs heures supplémentaires. De nombreux agents sont contractuels, ils accumulent les années de travail mais ne sont jamais titularisés. Alors qu’il y a déjà pénurie de personnel la direction prévoit de supprimer au minimum 800 emplois dans les prochaines années. Les autorités connaissent la situation du CHU mais continuent de supprimer des moyens. Dès le 23 juillet les deux services en grève avaient décidé de se mobiliser ensemble et d’appeler à la grève générale du personnel du CHU. C’est ce qu’il s’est passé. De nombreux agents de tous les services du centre hospitalier ont rejoint la grève. Les employés d’autres établissements de santé ont alors aussi répondu à l’appel : ceux du centre hospitalier de Basse-Terre, de Capesterre, ceux de Palais Royal.

Au CHU, les grévistes forment un piquet à l’entrée et organisent régulièrement des prises de parole. Ils filtrent l’entrée et organisent un service minimum pour que les patients puissent tout de même être pris en charge. Un appel à manifester fut lancé pour le 1er août. Ce fut un succès. Plus de 3 000 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre ce matin-là ! Le 13 août également avec le même succès. Un meeting a eu lieu le 20 août ainsi qu’une soirée culturelle le 23 en soutien aux grévistes. Le jeudi 29 août des grévistes sont passés dans les entreprises à Jarry pour s’adresser directement aux travailleurs et les inviter à les soutenir.

Tout comme en France où la grève touche déjà les urgences de 237 centres hospitaliers, la mobilisation continue au CHUG. C’est la généralisation de la grève dans tous les services hospitaliers qui rend la mobilisation forte.  


Guadeloupe - Accident à GMA : mutilé par le capital

Le mercredi 21 août, un travailleur des Grands Moulins Antillais (GMA) a eu la main broyée par l’une des machines de l’usine. Cet horrible accident fait suite à d’autres survenus cette année. En juillet, à Jarry, un travailleur haïtien a fait une chute d’une dizaine de mètres, après que le patron lui eut demandé de nettoyer un toit sans aucune sécurité. En août, un jeune travailleur de 16 ans est tombé de plusieurs mètres à Gourbeyre. En moyenne, 1 300 accidents du travail sont déclarés par an en Guadeloupe. Ces accidents du travail ne sont pas de simples accidents. Souvent, c’est le résultat de plusieurs heures de travail accumulées et de la cadence trop soutenue, imposées par le patron. Avec la fatigue, elles réduisent la vigilance des travailleurs. Les principaux responsables sont les patrons qui font des économies sur les équipements de sécurité. Ces derniers demandent toujours plus aux travailleurs, toujours plus d’heures, toujours plus de rendement, pour faire toujours plus de profit.


Martinique - Station-service VITO aéroport : la vie avant les profits

Après l’accident du 22 juillet 2017, qui a coûté la vie à un employé de 21 ans, deux nouveaux accidents au mois d’août 2019 sont venus rappeler la situation de danger que connaissent les employés de cette station.
Les 8 août et 22 août 2019, dans cette station-service, employés en service et clients ont en effet connu de grosses frayeurs. Fort heureusement, il n’y a pas eu de décès comme deux ans auparavant, mais on est passé à deux doigts de la catastrophe.

En février 2019, face à l’absence de mesures pour sécuriser cette station, les employés s’étaient mobilisés. Ils avaient mené une opération « molokoy » (escargot) sur la voie publique pour interpeler la CTM (Collectivité territoriale de la Martinique) et alerter l’opinion publique sur leur situation après l’accident mortel de juillet 2017. Le 3 juillet 2019, une délégation de la CGTM avait été reçue, à sa demande, par la direction du groupe Rubis (Rubis Antilles Guyane), propriétaire de la station, afin de savoir quelles dispositions avaient été arrêtées pour protéger le personnel. Rubis a fait poser un ralentisseur un peu avant le 22 juillet 2019. Mais ce dernier n’a pas empêché les deux accidents en août. Quant à la CTM, par la voix de Daniel Marie-Sainte, elle persiste à dire qu’elle ne peut rien faire et se contente de demander au propriétaire de changer l’emplacement des pompes.

Jusqu’à présent, seuls des représentants de la ville du Lamentin et du groupe Rubis se sont rencontrés à la station. Ils n’ont même pas pris la peine de convier les représentants du personnel à cette rencontre, montrant ainsi leur dédain. Pourtant, les salariés et leur syndicat CGTM ont interpelé le gérant de la station, le préfet Frank Robine, le directeur de la DIECCTE (Direction du travail et de l’emploi), le directeur de la société aéroport Aimé Césaire (la SAMAC), le maire du Lamentin, le président de la CTM, le responsable du service de prévention de la Sécurité Sociale.

Encore un exemple montrant le peu de cas que bon nombre de ces messieurs les responsables politiques et administratifs font des travailleurs. Quand il s’agit de protéger les capitalistes, ils accourent ventre à terre avec l’argent public pour préserver leurs profits : aménagement de carrefours, voies d’accès, etc. En revanche, lorsqu’il s’agit de prendre des dispositions pour mettre fin au contexte de danger grave et imminent dans cette station-service, ils se mettent aux abonnés absents.

En février dernier, les employés avaient signifié leur ras-le-bol. C’était un premier pas. Ils exigent que des solutions immédiates soient portées aux problèmes concernant leur sécurité. Aujourd’hui, face à l’inertie de ceux qui peuvent intervenir pour faire cesser cette situation, ils envisagent de se faire entendre autrement et plus efficacement.  


Rentrée scolaire 2019 : la situation s’aggrave

La nouvelle année scolaire va débuter comme s’est terminée la précédente, c’est-à-dire dans un climat de colère. En effet, les mesures du gouvernement ne rencontrent pas l’accord des personnels et risquent d’entrainer de nouvelles difficultés pour les élèves.

Suppressions de postes, de divisions en collège et en lycée, dégradations des conditions de travail, réduction du nombre de contrats aidés, réforme du baccalauréat, réforme de la formation en lycée professionnel : les motifs ne manquent pas. L’année dernière, les enseignants avaient décidé de concentrer leur action sur les épreuves du bac général et technologique pour contraindre le ministre à changer de cap. En fait, le gouvernement s’abrite derrière le prétexte de réformer, de moderniser pour imposer des restrictions et réaliser ainsi des économies. Il s’est fixé comme objectif de supprimer 50 000 postes dans la fonction publique d’État. Dans ce chiffre, l’Éducation nationale devrait rendre plusieurs dizaines de milliers de postes.

Sentant monter la tension, le ministre a tenté une manœuvre pour la désamorcer. Il a parlé d’une augmentation de salaire de… 300 euros annuels en … 2020. Soit, l’équivalent de 60 centimes d’euro nets par jour. C’est carrément se f… du monde. De plus cette mesure avait déjà été annoncée sous Hollande et son application avait été bloquée par Macron. Le mécontentement des enseignants est justifié et les personnels de l’Éducation nationale ont de bonnes raisons de s’inquiéter. C’est le même sentiment qui existe chez de très nombreux salariés de la fonction publique. La réforme de la fonction publique et celle des retraites à venir viennent compléter la série d’attaques menées par le gouvernement. En s’organisant autour d’objectifs communs, personnels et agents de la fonction publique peuvent constituer une force capable de faire reculer le gouvernement.


Guadeloupe: La Grève de 24h des agents des lycées !

Les agents ont fait grève le lundi 2 septembre, jour de rentrée des lycéens, pour protester contre la décision du Conseil Régional de ne pas renouveler 56 contractuels pour cette année scolaire. Une centaine de grévistes des différents lycées de Guadeloupe se sont rassemblés devant le lycée LGT de Baimbridge dans lequel la moitié des agents contractuels n’ont pas été renouvelés, c’est-à-dire 13 personnes sur 26. Dans les lycées de Jardin d’Essai et de Baimbridge la rentrée n’a pas eu lieu. Au lycée de Grand-Bourg de Marie-Galante, la totalité des agents étaient en grève. Les travailleurs ont dénoncé les conséquences désastreuses pour les agents licenciés ainsi que l’aggravation des conditions de travail pour les salariés restant en poste. Suite à leur journée de grève, les agents ont obtenu la création de 17 postes supplémentaires avec le recrutement en priorité des agents non renouvelés. Ils ont décidé de suspendre leur mouvement. Même s’ils n’ont pas obtenu tout ce qu’ils réclamaient, c’est grâce à la grève qu’ils ont obtenu des postes.


Guadeloupe: Nouveau lycée : ça commence mal

Les difficultés habituelles dans les établissements scolaires sont aggravées par les suppressions de postes d’enseignants et par la réforme du lycée. Le nombre d’élèves par classe continue à augmenter cette année. Dans certains lycées il y aura 33 élèves en classe de Seconde, alors que la limite qui était fixée par le rectorat était avant de 32 élèves maximum. La réforme du lycée se met en place à marche forcée, alors que la plupart des établissements ne possèdent pas les équipements nécessaires. Pour les livres scolaires, qui sont habituellement fournis par la Région, rien n’a été anticipé. Conséquence : les deux tiers des lycéens de la filière générale – ceux de Seconde et de Première – devront travailler sans aucun manuel. Les livres devraient arriver vers Noël ! 


Martinique: Pénurie de médicaments : pour des profits maximum !

Les ruptures de stocks et les tensions d’approvisionnement sur certains médicaments ont augmenté ces derniers mois en France hexagonale. Elles affectent désormais aussi la Martinique.

D’après le président du syndicat des pharmaciens qui commente la situation dans le journal France Antilles du 24 août dernier, le manque d’information venant des laboratoires pharmaceutiques et les délais d’acheminement dus à l’insularité s’ajoutent aux ruptures de fabrication venant des industriels. Les médicaments en rupture sont de différentes catégories et changent d’un jour à l’autre : vaccins, antibiotiques, anticancéreux, antiparkinsoniens, antiépileptiques, antihypertenseurs, etc. Une enquête de l’institut BVA publiée en France depuis le 17 janvier 2019 a mis en évidence « le fort impact de ces pénuries sur la santé des patients ».

Comment s’expliquent de telles pénuries ? Selon les entreprises, la situation viendrait essentiellement d’une forte augmentation de la demande alors que les capacités de production sont limitées. Mais la réalité n’est pas si simple. Ces dernières décennies, le marché très juteux de l’industrie pharmaceutique a été concentré entre les mains de quelques gros trusts capitalistes. Ces derniers produisent 80% des molécules servant à la fabrication des médicaments, aux États Unis ou en Asie. Ces trusts utilisent leur monopole en appliquant des stratégies financières pour faire des profits maximum, Ainsi, ils diminuent leurs investissements sur les médicaments les moins chers ou concentrent leur production sur quelques sites, avec les aléas de production qui résultent de tels choix. Ils peuvent aussi faire pression pour augmenter les prix. Les laboratoires sont également responsables en faisant le choix de produire au jour le jour, pour des raisons économiques.

Quant aux pouvoirs publics, non seulement ils n’exercent aucune contrainte sur ces gros trusts mais leur principale proposition est de prévoir de subventionner (avec l’argent du contribuable) ceux qui relocaliseront leur production en Europe. En fait, ce n’est ni la « mondialisation » ni la « globalisation » ou « l’internationalisation » de la production qui sont responsables des pénuries de médicaments. C’est bien la recherche de profits maximum par les grosses sociétés capitalistes et tout ce système dangereux d’exploitation et d’incurie !