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CO de 2019-2018/CO n° 1225 du 7 septembre 2019/Première page

Première page

Éditorial: Retraites, santé, préparer la riposte des travailleurs

Macron et ses ministres annonçaient il y a un an une réforme rapide des retraites, c’est-à-dire une nouvelle attaque contre les travailleurs. Depuis quelques semaines le ton a changé, le gouvernement explique qu’il veut « prendre le temps d’en parler ». Pourquoi ce changement de ton ? Parce qu’il y a eu le mouvement des gilets jaunes, largement soutenu par la population. Macron et ses ministres craignent une nouvelle explosion de colère, d’autant plus que les élections municipales auront lieu dans six mois.

Mais sur le fond, rien n’a changé. Le gouvernement a bien l’intention de s’en prendre à nos retraites. Les pistes qu’il a dévoilées en juillet n’annoncent rien de bon. Ceux qui ont encore un « régime spécial » devraient y renoncer. Tous les travailleurs devraient cotiser plus longtemps, au moins jusqu’à 64 ans, pour obtenir un certain nombre de points et une retraite à taux plein. La valeur de ce point serait fixée par le gouvernement. Au final, les pensions de retraite de tous les salariés devraient diminuer. Les réunions de concertation et autres débats ne sont qu’une mascarade pour nous faire avaler la pilule. Cette attaque contre les retraites est un nouvel épisode dans la guerre que les gros capitalistes mènent contre les travailleurs. Alors que l’économie mondiale s’enfonce dans la crise, les riches continuent à s’enrichir en faisant les poches de la population laborieuse. Les divers gouvernements qui se succèdent sont à leur service pour les y aider.

Plusieurs ministres ont ainsi expliqué qu’il serait normal de travailler plus longtemps, parce nous vivons plus longtemps. Mais ils ne disent pas que l’espérance de vie en bonne santé reste faible : elle est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes. Avec la réforme qu’ils prévoient, la plupart des travailleurs ne pourraient pas profiter de leur retraite car ils seraient malades lorsqu’ils auraient atteint l’âge de départ. Ce que les grands patrons et les ministres ne disent pas non plus, c’est que les travailleurs produisent beaucoup plus de richesses qu’avant. Lorsque l’âge de départ en retraite a été fixé à 60 ans, en 1982, une heure de travail effectuée par un salarié en France produisait une valeur estimée à 18 dollars. En 2018, cette valeur a été multipliée par deux pour atteindre 36 dollars. Les salariés sont deux fois plus productifs, alors ils devraient travailler moins longtemps, pas plus longtemps ! C’est la même politique, prendre aux pauvres pour donner aux riches, qui provoque la dégradation des services publics utiles à toute la population. Moins d’argent pour les écoles ou pour les hôpitaux, c’est plus d’argent à distribuer aux gros capitalistes en subventions et en crédits d’impôts.

Plus de 230 hôpitaux sont en grève en France. En Guadeloupe, depuis deux mois, les personnels du CHU sont aussi en grève. Ils dénoncent le manque criant de moyens matériels et humains qui leur impose des conditions de travail très dégradées, et qui les empêche de prendre en charge correctement les malades. En Martinique, les mêmes problèmes sont régulièrement dénoncés par les employés de la santé. Emplois, salaires, retraites, services publics : les capitalistes mènent la guerre sur tous les fronts. La CGTM appellera à la grève et à la mobilisation en Martinique, pour le 24 septembre prochain, comme la CGT de France, peut-être aussi la CGTG en Guadeloupe. Y participer massivement, en dépit des limites de telles journées d’action, serait déjà un premier pas des travailleurs pour faire reculer les capitalistes et le gouvernement à leurs ordres.


Martinique: Habitation Thébault : des ouvriers agricoles au combat !

Du 8 au 12 août dernier, les 17 ouvriers agricoles de l’habitation Thébault à Sainte Marie étaient en grève.

Ils protestaient contre un retard de plusieurs jours du versement de leurs salaires. Ils réclamaient par ailleurs le maintien d’une prime de vie chère, ainsi que le respect des conditions de travail et la fourniture régulière de vêtements de travail et d’équipements de protection. Ils exigeaient aussi le ravitaillement en eau potable sur l’habitation. Il y a trois ans, les ouvriers de cette habitation s’étaient mis en grève dans les mêmes conditions pour percevoir leurs salaires fin août.

Que croit le dénommé Félix Fixy, propriétaire de cette exploitation bananière, pour ne pas payer les travailleurs en temps et en heure ? Que les ouvriers travaillent gratuitement pour lui ? Pendant ce temps, lui ainsi que ses compères gros planteurs de bananes se gavent des subventions agricoles versées par les fonds européens. De 2009 à 2013, l’exploitation bananière FIJO dont fait partie l’habitation Thébault a perçu plus de 2 millions d’euros dans le cadre de la PAC (Politique agricole commune).

En attendant d’être en mesure d’exercer un contrôle sur ce petit pactole qui vient de leur travail, les ouvriers ont déjà retenu la leçon de leur précédente grève. Ils se sont remis au combat ! Après quatre jours, organisés avec leur syndicat CGTM, ils se sont fait respecter. Ils ont obtenu satisfaction sur la totalité de leurs revendications ainsi que le paiement des journées de mobilisation.


Guadeloupe : Procès en appel  Dambas contre Jean-Marie Nomertin

ZoomÀ BAS LA DICTATURE ET LA RÉPRESSION PATRONALES !
Jean-Marie Nomertin, porte-parole de notre organisation politique Combat ouvrier et secrétaire général de la CGTG est convoqué le 1er octobre au tribunal de Basse-Terre pour une audience en appel. En première instance, suite à une plainte en diffamation de Tino Dambas, Jean-Marie Nomertin avait été condamné à une amende avec sursis de 5 000 €, 2 000 € de dédommagement et 1 000 € de frais de justice.

Dambas – un gros planteur de banane surnommé l’esclavagiste noir – n’avait pas supporté que Jean-Marie Nomertin dévoile qu’il est responsable de la mort d’un ouvrier de 62 ans, qui était malade d’un cancer et que ce soi-disant « patron de choc » a exploité jusqu’à la mort.

Lors du procès du 12 avril, Dambas avait aussi tenté d’empêcher ses ouvriers de témoigner contre lui, en refusant d’autoriser leur absence malgré leur convocation. Ces intimidations avaient au contraire encouragé les travailleurs à faire son procès. Huit ouvriers avaient témoigné pour expliquer à quel point Tino Dambas est vraiment un « esclavagiste noir » et comment il avait obligé le camarade décédé, pourtant gravement malade, à porter des régimes de banane. En juillet, Dambas avait tenté de licencier un militant syndical au prétexte qu’il avait témoigné contre lui lors du procès.

Depuis la grève générale des plantations de banane en 2017, Tino Dambas cherche à se venger. Il a licencié la grande majorité des ouvriers grévistes et leur réclame même 60 000 euros de dédommagement au tribunal des Prud’hommes. Dambas a aussi déposé une seconde plainte en diffamation contre Jean-Marie Nomertin pour avoir repris son surnom « d’esclavagiste noir ». Cet acharnement montre que ce planteur, qui se vantait qu’il n’y aurait jamais grève sur sa plantation, n’a toujours pas digéré celle de 2017.

Au lieu d’attaquer le camarade Nomertin, la « justice » ferait mieux de condamner Dambas et les gros planteurs de banane pour les multiples accidents de travail sur les plantations, pour les vols sur les salaires des ouvriers, le non-paiement des jours fériés…

Les ouvriers de la banane et l’ensemble des travailleurs doivent se servir de ces attaques pour non seulement faire le procès de Tino Dambas, mais aussi celui du grand patronat et de tous les exploiteurs qui sévissent en Guadeloupe !


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