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CO de 2019-2018/CO n° 1224 du 20 juillet 2019/Première page

Première page

Éditorial: Contrats de convergence : l’État donne d’une main ce qu’il reprend de l’autre !

ZoomPlans et contrats de convergence et de transformation (CCT) ont été signés à Paris le 8 juillet en présence de Macron et de huit ministres. Ils sont censés permettre d’avoir en Outre-mer « zéro exclusion, zéro carbone, zéro déchet, zéro polluant agricole, zéro vulnérabilité ». En réalité, cela permettra à l’État de dépenser zéro argent, ou presque.   Les CCT signés concernent sept territoires d’Outre-mer dont la Martinique et la Guadeloupe. Ils remplacent les contrats de plan État-Région ou les contrats de développement qui existaient déjà. Rien de bien nouveau, donc.

Le gouvernement applique la loi dite de « l’égalité réelle » de Hollande-Lurel adoptée en 2017, censée réduire le sous-développement des Outre-mers en vingt ans. Mais les CCT ne couvrent que la période 2019-2022. Macron s’engage… jusqu’à la fin de son mandat seulement ! Et cet engagement est tout relatif, quand on regarde quels montants sont mis sur la table, et par qui.

D’abord, il y a une confusion volontaire entre les crédits nouveaux et d’autres crédits déjà alloués par l’État, ou par l’Europe, pour gonfler les chiffres. En Martinique le total fait 853,6 millions d’euros. Mais les crédits de l’État propres au CCT ne pèsent que 182,4 millions. Ensuite, si on additionne les crédits de l’État pour les sept territoires ça fait 1,617 milliard. La somme de ce que mettent dans ces contrats les collectivités locales concernées, fait presque autant : 1,272 milliard. En clair, nous allons payer nous-mêmes une bonne partie du rattrapage ! Ces CCT ne sont que du recyclage d’autres budgets et d’autres plans déjà alloués à l’Outre-mer. Le gouvernement de Macron est coutumier de ce tour de passe-passe. En octobre 2018, il se vantait d’une augmentation de 20 % du budget 2019 de l’Outre-mer. Mais cette hausse provenait d’une modification du CICE (le Crédit impôt compétitivité emploi, des milliards aux entreprises) existant, de la limitation de l’abattement fiscal de 30 % et de la prise en compte de la TVA non perçue en Outre-mer.

Quant aux résultats attendus, l’exemple de la mise aux normes sismiques des écoles est édifiant. En Guadeloupe, le CCT prévoit la mise en conformité de quatre écoles par an, soit 12 écoles entre 2019 et 2022, sur les 285 écoles publiques de la région. Si le CCT est prolongé, toutes les écoles de Guadeloupe seront aux normes dans 70 ans ! En Martinique, il n’y a même pas un nouveau projet pour cette mise aux normes sismiques. Le CCT reprend le précédent plan gouvernemental, qui se termine en 2020 et qui n’a permis de mettre aux normes que 24 % des écoles. Aucun euro en plus. Cet enfumage gouvernemental est présenté comme un effort considérable, censé justifier que les travailleurs et les pauvres des Outre-mers fassent eux aussi des efforts. Le gouvernement a déjà récupéré 70 millions en limitant l’abattement fiscal de 30 % qui permettait de payer moins d’impôt sur le revenu. Mais son véritable objectif, c’est de supprimer la prime de vie chère que touchent les fonctionnaires, ainsi que certains salariés du privé.

Cela leur permettrait d’offrir encore plus de cadeaux aux capitalistes, pourtant déjà bien lotis en Outre-mer. En cette année 2019, les « mécanismes d’allègement du coût du travail » ont augmenté de 296 millions, pour atteindre 57 % du budget du ministère des Outre-mers. À quoi il faut ajouter des avantages majorés dans les zones franches (jusqu’à 80 % d’abattement de l’impôt sur les bénéfices, plus aucune obligation de formation), la prolongation des systèmes de défiscalisation, et autres dispositifs. Prendre dans la poche des travailleurs pour remplir celle des gros patrons, c’est la politique de Macron partout, en France comme en Outre-mer.


CHUG : les urgences en grève

Depuis le mercredi 10 juillet, les agents des urgences sont en grève. Ils se mobilisent pour dénoncer leur précarité. Près de 80 % d’entre eux sont contractuels. La plupart d’entre eux le sont depuis trois ans, d’autres depuis cinq ans. Ils exigent la titularisation de l’ensemble des contractuels et l’augmentation des salaires. Ils dénoncent également le manque de moyens matériels pour soigner les patients.  

Échos du dernier bulletin « Écho des hôpitaux Guadeloupe »  

CHU : aux urgences, la mobilisation continue
La rencontre avec la direction n’a rien apporté. Le personnel, toutes catégories confondues, a décidé de poursuivre leur mouvement par la grève et réclamer de meilleures conditions de travail. Ce devrait être la revendication et le mouvement de l’ensemble du personnel !

Polyclinique : le pôle mère-enfant entre dans la danse !
Confronté aux mêmes problèmes d’insalubrité, de manque de moyens et de personnel, les agents de la maternité ont déclaré entrer en grève le 9 juillet. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase fut celles qui, en Néo Nat, sortirent du plafond pour baigner un nouveau-né. Les parents n’ont pas accepté, et le personnel non plus.

Polyclinique : stop aux nuisibles de toutes sortes !
Des rats, des cafards qui circulent dans les chambres… comme si cela ne suffisait pas, il y a d’autres nuisibles qui nous ponctionnent nos congés annuels, nos RTT, nos heures supplémentaires… La mobilisation c’est aussi pour dire : C’est assez !

CHU : faire un mouvement d’ensemble !
Les urgences, la réa, le bloc, la maternité… il n’y a pas un secteur de l’hôpital qui ne soit en souffrance, pas un secteur où patient ou personnel ne soit mécontent. Toutes ces colères devraient se rassembler. Patients présents ou futur, personnels, regroupés pour former une seule et puissante force pour obliger l’État à un plan d’urgence pour la santé en Guadeloupe. Pas à la Saint Glinglin, ni en 2024 ! Le nouveau CHU ne sera pas le miroir aux alouettes.


Carrefour Milénis : succès de la grève contre un licenciement

L’annonce soudaine du licenciement d’une caissière de Carrefour a indigné les collègues qui n’ont pas hésité à manifester bruyamment dans l’hypermarché. Il faut dire qu’en ce moment les anciens grévistes des 80 jours sont harcelés par la direction. Le licenciement d’une d’entre eux par le directeur, c’était trop ! La direction a commencé par refuser de changer d’avis en cédant sur d’autres revendications comme les tickets restaurant. Les protestations publiques ont repris de plus belle. La direction a fini par reculer : l’employée sera réintégrée, dans le groupe Despointes. La lutte paie !


Aéroport Pôle Caraïbes : les travailleurs imposent l’embauche d’intérimaires

Antilles Sûreté Guadeloupe (ASG) fonctionne depuis des années de façon totalement abusive avec une cinquantaine de CDI (contrats à durée indéterminée), et autant d’intérimaires. La boîte d’intérim, Placidom, est la propriété du même patron. Ils travaillent au PIF (poste d’inspection filtrage) où ils contrôlent les passagers et leurs bagages à main. Les intérimaires sont particulièrement mal traités : plannings infects, chantage à l’emploi pour les contestataires, primes légales non versées. Depuis peu, la révolte grondait, la direction a senti qu’elle devait accéder aux revendications des intérimaires qui ont commencé à s’organiser et à exiger en groupe leur embauche en CDI. Sept ont d’abord obtenu un CDI avec un avocat. La direction a finalement négocié par l’intermédiaire du syndicat FO. Quatorze autres ont eu leur CDI en se battant avec la CGTG. Ces victoires sont un premier pas à ASG car tous méritent d’être embauchés. C’est aussi un exemple à suivre dans toutes les entreprises de Pôle Caraïbes où les CDD (contrats à durée déterminée) et contrats en intérim sont légion.


Des dirigeants syndicaux face à la répression judiciaire

Philippe Pierre-Charles, secrétaire général du syndicat CDMT et dirigeant du Groupe Révolution socialiste (GRS), est convoqué au commissariat de Fort-de-France vendredi 19 juillet prochain. Le motif invoqué est « faits d’entrave à la liberté du travail, dégradations en réunion de biens publics, violence avec arme » commis entre le 27 novembre et le 1er décembre 2017 lors d’une grève à la CTM (Collectivité territoriale de Martinique). 18 mois après Marie-Jeanne, le président de la CTM, fait appel à la justice contre Philippe Pierre-Charles.Il y a quelques jours, Élie Domota, secrétaire général du syndicat indépendantiste UGTG, était convoqué au commissariat de Pointe-à-Pitre suite à une plainte déposée contre lui par le préfet pour « outrage ».Jean-Marie Nomertin, quant à lui, a été assigné en justice par le patron de la banane Dambas pour diffamation. Le procès en appel aura lieu le 1er octobre 2019.Autant de mesures de répression politiques et antisyndicales qui appellent à la plus large protestation unitaire.


Martinique : Communiqué de presse solidarité avec Philippe Pierre-Charles

Philippe Pierre-Charles, secrétaire général de la CDMT et dirigeant du GRS (Groupe Révolution Socialiste), est convoqué au commissariat de police de Fort-de-France le vendredi 19 juillet 2019 à 8 heures.Les motifs invoqués sont : « faits d’entrave à la liberté du travail, dégradations en réunion de biens publics, violence avec arme » commis entre le 27 novembre et le 1er décembre 2017 lors d’une grève à la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique).Alors qu’en octobre – novembre 2017 il refusait d’entendre les grévistes du PNRM mobilisés depuis plus de deux mois, Alfred Marie-Jeanne, président de la CTM, a fait appel à la justice contre les militants mobilisés et notamment le dirigeant syndical de la CDMT.Combat Ouvrier- dénonce cette répression judiciaire orchestrée par Alfred Marie-Jeanne,- appelle ses sympathisants et militants à venir soutenir Philippe Pierre-Charles devant le commissariat le commissariat de Fort-de-France vendredi 19 juillet à 8 heures. Fort-de-France, le 17 juillet 2019

Pour Combat ouvrier L. Maugée


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