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CO de 2019-2018/CO n° 1223 du 6 juillet 2019/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Ouvriers agricoles pour la reconnaissance des maladies professionnelles

À la réunion du COPIL Local Chlordécone (comité de pilotage), qui s’est tenue en préfecture lundi 1er juillet, la représentante CGTM des ouvriers agricoles, présente, s’est fait entendre.  

Habituellement, à la réunion du COPIL, il est question « d’épidémiologie des eaux usées, de recherches sur la dépollution des sols, de contamination de la faune aquatique marine, ou de contamination des eaux terrestres par les pesticides ». Eh bien ! pour cette fois, le COPIL a entendu la demande des ouvriers agricoles. Ces derniers réclamaient la reconnaissance des effets des pesticides sur leur santé par la création d’un tableau de maladies professionnelles.

Jusqu’ici en effet, les experts (CIRAD, IRD, ODE, INRA, etc.) composaient à partir d’analyses sur des produits de la production locale et donc préconisaient pour la consommation locale, soit des recommandations, soit plus simplement le respect du principe de précaution. Ce que chacun observe, c’est qu’il n’y a aucun doute sur l’intention de toutes ces études. L’idée même de la mise en œuvre des différents « plans chlordécone 1, 2 et 3 » ainsi que les thèses actuelles du COPIL convergent pour dire que les observations de contaminations ne sont pas si catastrophiques qu’on le dit. La messe est donc presque dite ! Le gouvernement continue de couvrir le patronat.

Cependant les ouvriers agricoles ne l’entendent pas ainsi et exigent que soit mis en œuvre un dépistage gratuit lié à la contamination au chlordécone, mais également à la contamination au cocktail des pesticides utilisés depuis plus de 30 ans dans les exploitations bananières de Martinique.

Car il faut dire que les décisions de l’administration, pour la réparation, se font attendre. Faut-il rappeler que Macron, lors de son passage en Martinique, avait évoqué la possibilité de demander à l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, Alimentation, Environnement, Travail) de tout mettre en œuvre pour répondre à la demande des ouvriers agricoles ?

Aujourd’hui encore dans un dernier document, daté du 19 juin, l’ANSES semble encore en être à « ajuster les objectifs et priorités d’action pour la réduction des expositions, encadrer les termes de la reconnaissance au titre des maladies professionnelles », c’est dire que ça n’a pas beaucoup avancé.

Il reste que les organisations ouvrières du secteur bananier pourraient mettre un sérieux coup d’accélération aux atermoiements de l’État ! L'État a les moyens disponibles de régler ces problèmes mais les ouvriers agricoles ont déjà compris qu'il faut une mobilisation plus importante pour obtenir satisfaction.    


Guadeloupe : SA Bois-Debout le gros planteur récolte ce qu’il a semé !

Durant la dernière semaine de juin, le directeur Block de Friberg a passé son temps à harceler les ouvriers pour qu’ils fassent des heures supplémentaires.

Le lundi 24 juin, il a voulu convaincre les militants de la CGTG Banane qui représentent les ouvriers au sein du comité social et économique. Son argument : « an-ni 30 hèkta pòyò, ka an ké fè èvè sa ». Suite à leur refus, le lendemain, mardi 25 juin, il s’est rendu directement dans le hangar dans le but d’imposer aux travailleurs les heures supplémentaires. Quand un ouvrier militant de la CGTG Banane a protesté, Block de Friberg l’a bousculé. Les travailleurs présents ont immédiatement cessé le travail en représailles.

Le directeur est parti bredouille. Le mercredi 26 juin, il a fait afficher sur la plantation des fiches de paie fictives comportant un quota de 46 heures supplémentaires (ce qui représente un tiers d’un emploi à temps plein) et une rémunération mensuelle de 1 900 euros nets. Le petit-fils Dormoy a voulu acheter les ouvriers, beaucoup ont refusé en rappelant le licenciement récent de 35 de leurs camarades ! Le jeudi 27 juin, ayant tenté sans succès la méthode de la carotte, il a aussi adopté celle du bâton. Tout en proposant à des travailleurs de les payer d’avance s’ils restaient travailler après l’heure habituelle, il a aussi demandé à un huissier d’intervenir sur la plantation et d’enregistrer tous ceux qui refusaient. Le vendredi 28 juin, les ouvriers rebelles ont reçu une convocation à un entretien et sont menacés de sanction.

Un an après avoir licencié 35 ouvriers, Block de Friberg est incapable de faire tourner la plantation et voudrait que les autres travailleurs fassent des heures supplémentaires. Le directeur se retrouve pris à son propre piège ! Il est incapable de produire 45 % de son quota malgré ses nombreux sous-traitants et les travailleurs en CDD. Que fera-t-il l’année prochaine où il devra produire 100 % du quota ? Depuis un mois, il met la pression pour augmenter la cadence d’emballage dans le hangar. Pour imposer le rythme, un petit chef augmentait le débarquement des régimes de banane à emballer. Quand il a vu qu’une bonne partie des bananes restaient à l’eau, dans les bains de conditionnement, il a arrêté ! Malgré cet acharnement sur la plantation, une grande majorité d’ouvriers ont refusé de se soumettre aux caprices du directeur. Ils ont raison et montrent la voie à suivre à l’ensemble des ouvriers de la banane !


Un toit de hangar qui sert de décharge et de dortoir aux rats   

Les ouvriers ont été incommodés par l’odeur de rat mort dans les combles du hangar. Quand ils se sont plaints, le responsable a refusé d’agir. Finalement c’est un travailleur qui a délogé l’animal. Les travailleurs ont découvert le fatras qui est entassé à côté des cartons d’emballage. Elle est belle, la banane « propre » de Guadeloupe !


CHUG : la surchauffe !

Extraits de notre bulletin « Écho des hôpitaux »
Ici aussi, les urgences voient rouge
Urgences engorgées, patients qui s’impatientent, insultes, surcharge de travail, manque de moyens et de personnel, c’est le lot quotidien des urgences au CHUG ; bien avant que ne s’aggrave la situation en France. La colère des soignants de l’hexagone a réveillé les urgences de Pointe-à-Pitre. Le personnel s’est réuni en Assemblée générale les jeudi 27 et vendredi 28 juin. Les travailleurs ont programmé une journée de contestation le 4 juillet.

La réanimation en surchauffe
Non seulement il n’y a plus de clim, avec comme conséquence, entre autres, des patients qu’il faut laver à l’eau glacée, il y a aussi le personnel qui chauffe au propre comme au figuré. Un préavis de grève a été déposé pour exiger : du personnel brancardier, l’arrêt des vols sur les salaires (NBI, heures supplémentaires, majoration de l’indemnité de travail de nuit), l’arrêt du vol d’heures de congé annuel, et la titularisation du personnel soignant. Sé on dézòd ka mété on lòd !

Bloc « cocotte-minute »
Après l’incendie, deux containers ont été aménagés pour servir de « blocs mobiles ». Un an après, il ne se passe pas de jour où des odeurs de brûlé ne provoquent la panique dans ces boîtes cocottes minutes. Le traumatisme causé par l’incendie du CHU n’est pas encore cicatrisé, et l’on fait vivre ce cauchemar au personnel du bloc. Les notes de service de la direction qui parlent de « défaillance » ne sont pas faites pour rassurer. Qu’en est-il de l’entretien de ces boîtes de conserve ?

Le déficit doit être payé par le personnel ?
On assiste à une attaque en règle sur les droits des travailleurs au CHU. On nous demande beaucoup : travailler plus, avec moins de moyens humains et matériels. Par exemple travailler plus de 15 h certains jours pour les IADE du bloc. En contrepartie, aucune compensation ni en heures, ni en salaire. Au contraire, la politique de la direction c’est de nous voler des heures supplémentaires que les cadres font semblant d’ignorer, de nous voler des heures de repos, de RTT, en les faisant entrer dans les décomptes des CA… Mais la colère gronde !!  


Les habitants de Mangot à Gosier voulaient de l’eau, ils se sont donné les moyens

Lundi 24 juin les habitants du quartier Mangot au Gosier ont obligé le maire et le SIAEAG (Syndicat intercommunal d’alimentation en eau et d’assainissement de la Guadeloupe) à rétablir l’eau dans leurs robinets.

Durant les 15 jours précédant leur mobilisation ils n’avaient pas d’eau courante. Quelquefois un filet d’eau s’écoulait entre 2h et 3h du matin et il fallait se réveiller pour faire des réserves. La situation était d’autant plus insupportable qu’on devait être à nouveau debout vers 5h ou 6h pour aller au travail. Une délégation avait eu une entrevue avec des élus et des responsables municipaux, sans succès. Ni le SIAEAG ni la mairie ne pouvaient rien.

Excédées les mères de familles du quartier se sont réunies devant leurs immeubles et ont décidé de se faire entendre. Le dimanche 23 juin à 17h elles ont fait appel aux organisations du LKP pour les informer qu’elles entraient en action le lundi 24 au matin. Effectivement le lundi à 4h du matin, avec l’aide de leurs enfants et de quelques maris, elles ont bloqué la commune : les trois routes qui mènent au Gosier étaient impraticables. Des barrages empêchant toute circulation étaient tenus par des femmes et leurs enfants. Il était impossible d’entrer et de sortir du bourg. Elles ne laissaient passer que les personnels médicaux et les élèves convoqués aux examens.

Au début du mouvement le maire ne donna pas signe de vie. Mais sur les barrages le bruit courut qu’il avait téléphoné au préfet, qui lui a répondu de « se démerder » avec ses administrés. Les travailleurs bloqués ont exprimé leur soutien et leur compréhension. Ils ont même participé aux blocages. Deux patrouilles de police sont venues. Elles ont discuté avec les manifestants. Un chef se déclara solidaire car lui aussi, habitant à Houëzel, un quartier voisin, n’avait de l’eau qu’une journée sur deux. Les manifestants, eux, demandaient au maire des bouteilles d’eau pour les personnes âgées ou handicapées, et l’installation d’une citerne alimentée par les pompiers dans le quartier.

Finalement le maire fut obligé de négocier. Entre 11h et 14h il reçut une délégation en présence d’un représentant du SIAEAG et d’un de ses conseillers. Il s’engagea à donner une bouteille d’eau par jour aux personnes âgées et à alimenter les robinets de la section une journée sur trois. Il promit également un retour à la normale dans les trois mois. Forte de ces promesses la délégation décida la levée des barrages et appela à une assemblée générale pour présenter l’accord. Une partie de l’assemblée l’accepta, mais une forte minorité - surtout les jeunes - le dénonça. Elle déplora l’absence d’un papier signé, elle reprocha aussi à la délégation de ne pas les avoir consultés avant l’arrêt de la manifestation. Ce qui sauva la délégation fut que l’eau coulait déjà dans les robinets.

Malgré leur désaccord les habitants promirent de se mobiliser de nouveau si le maire ne tenait pas ses promesses.  


La mobilisation du 29 juin à Basse-Terre

Samedi 29 juin, près de 150 personnes ont manifesté dans les rues de Basse-Terre. Les revendications portaient sur l’eau, les écoles, le chômage et le système de santé en Guadeloupe. La manifestation a pris son départ devant la mairie. Le long du parcours dans les rues de Basse-Terre, elle a rencontré la sympathie de la population. L’appel à la mobilisation avait été lancé par les principaux syndicats de travailleurs. Combat Ouvrier était également présent, ainsi que les jeunes du journal Rebelle !.