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CO de 2019-2018/CO n° 1217 du 30 mars 2019/Quatrième page

Quatrième page

 Algérie : vive la révolte du peuple algérien !

Le 22 mars, des millions d’Algériens ont manifesté une nouvelle fois pour demander le départ du président Bouteflika et un changement de régime. Des manifestations massives se déroulent dans tout le pays depuis un mois. Le 11 mars, le pouvoir a reculé : Bouteflika a renoncé à se représenter aux élections présidentielles pour la cinquième fois. Mais il reste en place pour le moment, et aucune date n’est fixée pour les élections.

La contestation s’est encore amplifiée après cette première victoire. Le 15 mars, on estime que 15 millions de personnes ont manifesté, dans un pays qui compte 40 millions d’habitants. Les temps forts ont lieu chaque semaine lors du « vendredi de la contestation ». Mais en réalité il y a des manifestations chaque jour, en particulier dans les rues de la capitale. Les étudiants et les lycéens sont en grève, d’autres catégories se mobilisent comme les avocats ou les journalistes. Et il y a surtout des grèves de travailleurs dans de nombreux secteurs : les transports publics, les hydrocarbures, le bâtiment… Toute la population veut un changement de régime. Les manifestants ont comme mot d’ordre : « système, dégage ! ». Leur première revendication, c’est que le président moribond Bouteflika démissionne.

Mais la colère est bien plus profonde : contre les bas salaires (le salaire minimum est à 130 euros par mois), contre le chômage des jeunes, contre la corruption et le manque de liberté. En face, la clique au pouvoir cherche à gagner du temps, même si son unité commence à se fissurer. On commence à entendre des critiques jusque dans l’armée, qui est depuis 1962 le véritable pouvoir en Algérie. Leur but est d’organiser un tour de passe-passe en changeant une marionnette présidentielle pour une autre, sans toucher aux privilèges des plus fortunés. Car derrière Bouteflika, derrière les militaires, il y a de riches capitalistes qui profitent de la misère de la population, comme le magnat Issad Redrab, un grand patron qui a accumulé une fortune de 3,7 milliards de dollars. Dans les semaines qui viennent, l’attitude des travailleurs sera déterminante. S’ils s’organisent de manière indépendante pour faire entendre leur propre voix, s’ils poursuivent les grèves pour leurs propres revendications, alors le peuple algérien peut gagner une réelle amélioration de ses conditions de vie et une nouvelle prise de conscience de sa force sociale et politique !  


Haïti : premier ministre éjecté

Les querelles autour de la mangeoire ne se font pas attendre. Le 18 mars le Premier ministre a été démis de ses fonctions par une assemblée de députés proches de Jovenel Moise le président. Une semaine plus tard Jean Michel Lapin était nommé premier ministre par intérim, pour expédier les affaires courantes et préparer des élections prévues en octobre pour renouveler le tiers des députés. Le milieu des parlementaires et autres politiciens qui aspirent à être plus près de la mangeoire présidentielle s’agite et les politiciens de l’opposition cherchent des alliances pour contrer Jovenel. C’est un nouvel épisode des querelles entre politiciens pour distraire la galerie et tenter de détourner la population des problèmes quotidiens. Les quartiers populaires sont surveillés par des gangs qui sont soit à la solde du président soit de l’opposition. Le prix des denrées continue de monter, les salaires ne suivent pas cette inflation. Les ouvriers se battent chaque jour pour se faire payer. Ils ne comptent pas sur un nouveau premier ministre ou des nouveaux députés pour mener ces batailles en leur nom.  


Martinique Métallurgie : à ENA, pollueur et « camoufleur » !

Ces jours-ci, les ouvriers de l’Entreprise Nouvelle Antillaise (ENA –NAUTECH) au Bassin Radoub de Fort-de-France font face à des mesures d’intimidation de la part de leur direction. Et pourquoi ? Parce qu’ils ont manifesté leur inquiétude à propos de leurs conditions de travail.

Cette entreprise, fleuron de la maintenance navale, est chargée de la chaudronnerie, et notamment de faire repeindre la coque des bateaux. Mais avant d’effectuer la peinture les ouvriers doivent décaper la coque à l’aide de matériel à haute pression avec un mélange d’air et de sable. Or, il s’est avéré que le sable qu’ils utilisaient depuis bien longtemps, contenait de l’amiante. Des analyses ont été effectuées sur ce sable le 7 novembre 2017 par l’entreprise ITGA spécialisée dans les recherches d’amiante dans les matériaux. Les résultats ont été clairs. Les sacs de sable stockés au dépôt et les déchets du sable non utilisé qui avaient été analysés, contenaient du Chrysotyle, un « type d’amiante, dangereux pour la santé, avec risque de cancer des poumons lorsque ce produit est inhalé durant son utilisation ». Face à cette situation, des salariés continuent à être préoccupés par la présence de ce sable contaminé.

Mais l’actuel gérant voudrait faire taire cette affaire et toute contestation. Ainsi, le 28 février dernier, le chargé de sécurité de l’entreprise a constaté que deux ouvriers de l’entreprise ENA avaient été missionnés pour faire sortir des sacs de sable contaminés par du Chrysotyle d’un dépôt et les déverser sur un tas de sable lui-même potentiellement contaminé. Aucune information préalable n’avait été faite au chargé de sécurité, aux délégués ou aux salariés. Pour être en mesure d’assurer une protection aux salariés, tout naturellement le chargé de sécurité s’est référé à l’inspection du travail et une inspectrice est venue sur le site le 1er mars. Cette démarche a déplu à ce gérant, fort peu soucieux de la sécurité des ouvriers. Et voilà qu’il a convoqué pour le mercredi 27 mars le chargé de sécurité pour lui signifier une sanction.

Que cherche donc à faire la direction ? A intimider le chargé de sécurité qui a fait son travail dans le cadre du respect des règles d’hygiène et de sécurité et aussi tous ses collègues ? Ȧ se débarrasser sournoisement et sans contrôle du sable contaminé du site ? Ce sont des questions que se posent les salariés de l’entreprise qui affirment qu’aucune sanction ne devra être prise à l’encontre de leur camarade. Affaire à suivre donc.


Guadeloupe: Capesterre Belle-Eau Courtois, petit serviteur politique des gros planteurs

Jean-Philippe Courtois, futur candidat aux élections municipales de Capesterre Belle-Eau, a demandé aux parlementaires guadeloupéens de négocier une augmentation du quota de bananes subventionné par l’Europe. En plus de la vente des tonnes de bananes exportées, les patrons touchent des subventions annuelles qui se chiffrent en millions d’euros pour les plantations les plus importantes. À cela s’ajoute d’autres « aides » de la Région et de l’État. Courtois n’a pas hésité à s’afficher aux côtés d’un des pires exploiteurs, Tino Dambas, sur la plantation de Changy. On comprend mieux pourquoi ce politicien n’a élevé aucune protestation concernant les conditions de travail des ouvriers ni les licenciements massifs depuis la grève de 2017. En s’affichant sur les médias aux côtés du petit esclavagiste noir, Courtois fait une offre de service aux gros planteurs. Il leur annonce qu’il saura servir et défendre leurs intérêts s’il devient maire !


Martinique: Déjeuner de Soutien de Combat Ouvrier le Dimanche 5 mai 2019 de 12 h à 19 h

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Guadeloupe: Fête de Combat Ouvrier le 5 mai 2019 au Royal Riviera Gosier

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Martinique: Conférence de presse: samedi 13 avril 2019 : 10h à l'Impératrice à Fort-de-France 

Conférence de presse de Combat Ouvrier avec Ghislaine Joachim-Arnaud,  candidate aux  élections européennes sur la liste  « Lutte ouvrière – Contre le grand capital, le camp des  travailleurs ».


Guadeloupe: Prochaines manifestations de Combat Ouvrier en Guadeloupe

- Jeudi 11 avril : 10h Rémy Nainsouta Conférence de presse de Combat Ouvrier avec Jean-Marie Nomertin candidat aux élections européennes sur la liste  « Lutte ouvrière – Contre le grand capital, le camp des travailleurs »
- Vendredi 12 avril : Réunion publique de Combat Ouvrier à 18h30 à Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre. Notre participation à l’élection européenne : «  Le camp des travailleurs contre le grand capital et la domination impérialiste »


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