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CO de 2019-2018/CO n° 1217 du 30 mars 2019/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Coup de colère des ouvriers de la banane

Le mercredi 20 mars, un mouvement de grève s’est répandu sur les exploitations bananières du Nord au Sud de la Martinique. Les ouvriers agricoles manifestaient ainsi leur mécontentement face aux réponses des patrons aux revendications présentées dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) et à leur arrogance.

Après avoir débrayé sur les plantations, ils se sont rendus à plus de 300 à la Chambre d’Agriculture, bien décidés à se faire entendre. Là, le syndicat CGTM des ouvriers agricoles avait prévu une conférence de presse lors de laquelle les représentants syndicaux ont fustigé le comportement arrogant des patrons du secteur mais aussi leur refus systématique de négocier sur une amélioration de la grille des salaires. Les salariés, réclament de négocier un salaire de base à hauteur de 10,97€ (au lieu du SMIC soit 10,03€). Ils réclament aussi que soit négocié avant le 31 mars, un accord pour toucher la prime Macron (dite aussi prime Gilets jaunes).

Après leur conférence de presse, les grévistes et leur syndicat se sont réunis en assemblée générale. Puis, ils se sont rendus à la Caisse générale de Sécurité Sociale pour savoir à quel point en était leur dossier sur leur revendication « d’un dépistage gratuit aux pesticides et à la Chlordécone » (pris en charge par la Sécu). Puis, la délégation des grévistes s’est rendue au siège de BANAMART (union des producteurs de banane de Martinique) à Bois Rouge, association de commercialisation de la banane. Là, devant le représentant des planteurs, Nicolas Marraud des Grottes, ils ont dénoncé leur attitude pour avoir quitté la Commission paritaire lors de la réunion précédente. Ils ont aussi exigé de ce président que les planteurs reviennent pour négocier dans le cadre des NAO en cours… avec des meilleures intentions.

Les ouvriers agricoles savent que les gros planteurs de la banane, ceux qui mènent la danse et affichent leur arrogance, peuvent payer. Ils savent que les Hayot, De Reynal, Aubéry, De Meillac sont la minorité des patrons qui détient la grande propriété plantée de bananiers. (Voir encadré). Ils se sont dits décidés à continuer à se mobiliser pour arracher leurs revendications.

Note extraite du site CGTM : En 2016, dans la répartition des exploitations bananières, les 12% des exploitations situées au bas de l’échelle produisent 10 000 tonnes de bananes alors que les 12% situées en haut de l’échelle en produisent 125 000 tonnes.


Guadeloupe: La grève de 24 heures des travailleurs de Carrefour Milénis-Promocash

Depuis la fin des 80 jours de grève, les travailleurs de Carrefour Milénis et de Promocash résistent à toutes sortes de mesquineries de la direction. Despointes n’a pas admis que les travailleurs lui tiennent tête. À la fin de la grève, il a été contraint d’admettre qu’effectivement il volait les travailleurs.

Depuis l’accord du 10 février, les responsables font comme s’ils n’avaient rien signé. Ils essaient de se venger. Par exemple, ils ont modifié le versement des salaires. Ils paient toujours à la fin du mois travaillé. Mais ils versent le salaire correspondant à la période du 19 du mois précédant au 18 du mois travaillé. Ils retiennent le salaire du 19 à la fin du mois. Lors de l’accord, Despointes a annoncé que les paies des grévistes étaient à zéro euro jusqu’au 18 janvier. Ainsi la paye suivante allait du 19 janvier au 18 février. Mais pour les grévistes, cette paie versée le 1er mars, correspondait à la période du 11 au 18 février, soit une seule semaine. Le salaire suivant, correspondant à la période du 19 février au 18 mars, n’arrivera que le 1er avril. Ainsi, après environ trois mois de grève sans salaire, ils doivent vivre encore un mois et demi avec seulement une semaine de paie !

Cette magouille comptable est également un vol pour tous les salariés, qu’ils aient fait grève ou non. Les patrons bloquent en effet sur leur compte en banque près de deux semaines de salaire de 250 salariés. Ceux-ci devront-ils attendre la retraite pour récupérer cette partie de leur salaire ? Déjà quelques non-grévistes ouvrent les yeux et parlent de « faire grève la prochaine fois ».

La grève du 18 mars Une camarade ex gréviste de carrefour Milenis-Promocash a été convoquée à la police le 18 mars pour avoir mis sur les réseaux sociaux une photo de la grève. D’un seul élan une centaine de ses collègues ont tous et toutes décidé de l’accompagner et n’ont pas hésité à se mettre en grève pour cela. Mais, on l’aura compris, c’était aussi une réponse de colère aux tracasseries vengeresses de la direction. Les policiers ont déclaré à la camarade convoquée que cette plainte n’aurait pas de suite. La direction a jugé bon de convoquer des vigiles sur le site de Milénis ce jour-là. Mais les grévistes étaient à la police à Pointe-à-Pitre ! Despointes en est resté pour ses frais.


Guadeloupe: Grève des salariés de Leader Price à Grand-Camp aux Abymes

Depuis vendredi 22 mars, tous les employés en contrat à durée indéterminée (CDI) du supermarché sont en grève. Seuls les salariés en CDD (contrat à durée déterminée) travaillent. Ils réclament une augmentation de salaire de 70 euros, trois embauches, la prime de transport et de meilleures conditions de travail. Les grévistes, pour la plupart des jeunes, font leur première expérience de la grève. Plusieurs d’entre eux travaillent depuis plusieurs années, font des heures supplémentaires sans être payés. Les jours où il y a une affluence de clients comme le samedi, ils travaillent le matin dès l’ouverture du supermarché jusqu’à l’après-midi, sans avoir de pause. Le patron fait la sourde d’oreille et refuse de discuter avec les grévistes. Ces travailleurs sont déterminés à obtenir satisfaction.


Martinique: À la SOTRAVOM un patron retors, et ses soutiens… tous responsables !

Tout au long de la semaine dernière, les salariés grévistes de l’entreprise de transport SOTRAVOM ont fait face au mépris de leur patron. Par trois fois ce dernier a refusé les médiations mises en place à la demande des salariés grévistes.

Les grévistes ont reçu le soutien des salariés des navettes maritimes Madinina assurant les liaisons entre Fort-de-France et plusieurs villes du Sud et aussi avec la commune de Case-Pilote. Ces derniers ont répondu ainsi à un appel à la grève générale de soutien lancé à partir du 18 mars par la CSTM, syndicat des grévistes de la Sotravom. Le patron, Antoine Tulle, a une attitude butée. Martinique Transport représentant la CTM, et la CFTU, autres protagonistes dans cette affaire, sont inactives. Alors, les grévistes et la CSTM entendent maintenir la pression.

Une dizaine de salariés de la Sotravom observent depuis le 27 novembre 2018 un droit de retrait. Les chauffeurs dénoncent le mauvais état des bus mettant en danger la sécurité des passagers. Ils contestent aussi le plan de licenciement de huit chauffeurs sur 17 engagés par leur direction. La population découvre que ce beau monde se lave les mains… avec l’argent public ! En effet, depuis quatre mois la Sotravom ne dessert plus les lignes de bus stipulées dans son contrat, mais elle continue à être rémunérée par Martinique Transport avec de l’argent public.

Quant à l’État, il a aussi joué, jusqu’ici, les Ponce Pilate. En recevant le secrétaire général de la CSTM le vendredi 22 mars, le préfet veut peut être endosser les habits de pompier ? Dans cette affaire, il apparait clairement que patron et autorités se comportent comme des mafieux qui se protègent les uns les autres. Ils sont incapables de prendre la moindre initiative qui risquerait de mécontenter des intérêts privés, devant lesquels ils sont tous à genoux.

Les usagers, pour leur part, sont excédés d’être ainsi jetés sur les routes, sans transport public. Ils critiquent de plus en plus la complicité des soi-disant responsables du transport, ceux du Centre ou de la CTM avec le patron de la Sotravom. Ces gens-là ne devront pas s’étonner si demain, ils se retrouvent face à la colère des salariés bafoués depuis plusieurs mois mais aussi face à celle des usagers, travailleurs, jeunes, population laborieuse.

DH : Le lundi 25 mars au petit matin, des perturbations pour la sortie des camions citernes avaient lieu devant la raffinerie de la SARA, suite à une réunion des salariés de l’entreprise syndiqués à la CSTM et en soutien aux grévistes de la Sotravom.


Martinique: CTM : la voix de ses maîtres

Le 21 mars 2019, soit après un silence assourdissant de plusieurs mois, Martinique Transports, l’Autorité Unique de la CTM (collectivité territoriale de Martinique) en matière de transport des personnes, s’est fendue d’un communiqué suite aux prolongations de la grève à l’entreprise Sotravom.  

Ainsi un communiqué de presse émanant de Martinique Transport « dénonce fermement ce nouveau blocage… qui prive les usagers de leurs services de transport en raison d’un conflit social affectant l’une des entreprises cotraitantes du délégataire, le Groupement Momentané d’Entreprises - Ensemble pour Mozaïk ». Et montrant du doigt les salariés en grève et leurs soutiens, il continue : « Contre toute attente, ce conflit s’est étendu aux services de transport maritime entravant inutilement la mobilité des usagers ». Puis, adoptant le langage du patronat, le communiqué précise qu’Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil d’administration de Martinique Transport « dénonce fermement de tels agissements et ne saurait admettre que la population et les entreprises soient systématiquement prises en otage par l’inconscience et l’irresponsabilité ». En réalité Alfred Marie-Jeanne a accepté en toute conscience d’être lui-même « pris en otage » et ce depuis décembre 2015 en faisant alliance avec la droite et le patronat de Martinique pour la gestion de la CTM et surtout d’être l’auxiliaire du gouvernement français. Il ne fait là que rendre des comptes pour rassurer les capitalistes locaux, dont le patron de la Sotravom et le gouvernement Macron. Sa prise de position au service des « pwofitè » n’a donc rien de surprenant !


Guadeloupe - Martinique: à l’OECS l’impérialisme français à la manœuvre !

Le 14 mars 2019 la Guadeloupe est devenue membre associé de l’OECS, Organisation of Eastern Caribbean States, en français : OECO, Organisation des États de la Caraïbe Orientale.

Créée en 1981, basée à Castries, Sainte Lucie, l’OECS regroupait déjà Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Montserrat, Saint Christophe-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint Vincent et les Grenadines (membres depuis 1981), des membres associés : Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les Îles Vierges Britanniques, Anguilla et depuis 2016 la Martinique.

Marie-Jeanne et Chalus, petits relais du gouvernement français, ont joué aux chefs d’État lors de la rencontre en Guadeloupe le 23 mars 2019. Chalus a vanté la collaboration pour la culture, les énergies renouvelables, la santé, le climat et les catastrophes naturelles (cyclones, tremblement de terre). Mais il s’agit surtout d’une opération économique et financière qu’il ne dirigera pas. L’impérialisme français fait mousser le tout dans un verre d’eau. Ainsi il se vante de « l’entrée de la Caraïbe française dans la plus importante organisation de l’industrie maritime de la Grande Caraïbe » par l’élection au Panama en octobre 2018 d’une Française au conseil d’administration de la Caribbean shipping association. Le MEDEF, syndicat français des patrons organise « régulièrement » des missions des grandes entreprises françaises dans la Caraïbe. Les sociétés de tourisme comme ACCOR investissent aussi dans la région. L’État français se glorifie que le plus important projet d’investissement français dans la région est mené par la grosse compagnie CMA/CGM. Air France, Alstom, Bouygues, Total, Vinci interviennent dans ces îles. L’Europe joue sa carte par l’intermédiaire des impérialismes français, anglais, hollandais, comme elle l’a toujours fait, dans le but de récolter des profits pour ses plus puissants capitalistes.

Hasard ou pas, il se trouve que dès le lendemain de cette opération, Trump a reçu à Miami les chefs de cinq États de la Caraïbe : Sainte-Lucie, Saint Domingue, la Jamaïque, Haïti et les Bahamas. En leur offrant quelques cadeaux, il exige leur soutien contre Maduro au Venezuela. Il en a profité pour dénoncer la concurrence de la Chine dans la Caraïbe, et réaffirmer le pouvoir économique des capitalistes US dans la région.