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CO de 2019-2018/CO n° 1214 du 16 février 2019/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe: La lutte n’est pas terminée à Milénis

Le 11 février, à la veille de la reprise, après 80 jours de grève, certaines caissières ont constaté que leur planning de travail avait changé à leur désavantage. Dans l’après midi elles étaient une quarantaine en colère à se rendre dans le magasin pour demander des explications à un responsable Larue. Elles ont fait valoir leurs droits sur tout changement de planning qui n’a pas l’accord du comité d’entreprise ou de l’inspection du travail. Larue n’a pu fournir aucun justificatif. Il s’est montré méprisant et raciste en imitant des cris de singes comme cela se passe sur des terrains de foot contre les joueurs noirs. Les caissières en colère ont décidé de ne pas reprendre le travail si les plannings n’étaient pas rétablis. Le combat continue car les patrons prendront leur revanche en faisant payer aux travailleurs la grève. Mais la détermination des grévistes reste intacte.


Procès du chauffard anti-grévistes

Le 12 février, le chauffard qui avait foncé sur des manifestants doit passer devant la Cour d’appel de Basse-Terre. L’affaire remonte à juillet 2016, pendant la grève du Crédit Agricole, lorsque des grévistes et leurs soutiens manifestaient devant le port à Jarry. Ce cadre blanc avait délibérément foncé sur eux avec sa voiture. Il visait le secrétaire général de la CGTG, notre camarade Jean-Marie Nomertin. Mais c’est un autre militant qui a été blessé, Jean-Marc Berlima. Le chauffard a été condamné en 2018 à deux ans de prison – dont un avec sursis – et à indemniser Berlima, Nomertin et la CGTG pour un total de 8 500 €. Il a fait appel. L’audience, qui était programmée le 13 novembre 2018, avait été renvoyée au 12 février 2019. (suite au prochain numéro)


Bassesses pour un siège d’extrême-droite

Christiane Delannay-Clara, conseillère municipale de Saint-François sur la liste de Laurent Bernier (Les Républicains), a tenu la vedette lors de la présentation de la liste des candidats du Rassemblement national (ex-Front national) aux élections européennes. Placée en douzième position, elle a toutes les chances d’être élue compte tenu des sondages favorables au parti de Marine Le Pen.  

Pour un Noir ou un Indien, voter, et plus encore participer à une liste du Rassemblement, c’est tailler des lianes pour se faire battre. Certains affirment que Marine Le Pen et son parti ont changé, notamment depuis l’exclusion de son père, et qu’ils ne seraient plus racistes. Mais la grande majorité des cadres du Rassemblement National ont suivi Marine Le Pen, et l’ossature du parti reste la même. Ceux parmi Les Républicains (ex-RPR) qui ont rallié ce parti sont les plus réactionnaires, racistes, anti-immigrés, que rien ne séparait du FN sinon l’étiquette. En fait, ils vont surtout « la van la ka vanté » en espérant être dans le bon wagon pour avoir des postes. C’est le cas de Blaise Aldo, ex-maire de Sainte-Anne, ex député européen de la droite classique qui pensait retrouver un siège de député européen en figurant sur la liste de Marine Le Pen. Il aurait, paraît-il, besoin d’argent. Hélas pour lui, il a été déclaré inéligible juste avant la publication de la liste. Alors Blaise Aldo a lancé celle qui était sa suppléante lors des dernières élections sénatoriales : Christiane Delannay-Clara, conseillère municipale de Saint-François. Cette dernière a plastronné à la tribune, affirmant qu’elle avait été pendant 14 ans adjointe au maire socialiste de Créteil, en charge des relations internationales. Ça ne coûte pas cher, étant à 7 000 km de la Guadeloupe, elle pensait pouvoir dire n’importe quoi. Sauf qu’elle était à moins de 10 km de…

Créteil et le maire de cette ville a sèchement démenti, précisant qu’elle n’avait jamais fait partie du conseil municipal. Tout au plus aurait-elle été déléguée de quartier. En matière de « relations internationales », peut-être voulait-elle parler de relations entre les communautés d’origine antillaise, nord-africaine, asiatique ou africaine qui peuplent les quartiers de Créteil ? Le conseil municipal de Saint-François, dont elle fait cette fois bien partie, l’a finalement exclue du groupe majoritaire. En tout cas, ce mensonge montre bien le caractère de Christiane Delannay-Clara, arriviste prête à tout pour obtenir un siège, ce qui risque d’arriver. Elle parle de Blaise Aldo comme de son « mentor ». Si c’est lui qui lui a conseillé d’inventer ce poste à Créteil, il mérite, comme naguère le guignol de Jacques Chirac, le titre de « super-mentor ».  


Martinique: Péyi-a… mais pour quels intérêts ?

Le 2 février, Jean-Philippe Nilor, le député du Sud, ex MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), a lancé son nouveau mouvement Péyi-a (le pays). Le co-président est Marcellin Nadeau, le maire du Prêcheur du Modémas (souverainiste) et leader de « Nou pèp la » (nous, le peuple), autre regroupement citoyen. « Pour sonner le renouveau politique, miser sur les jeunes et changer les pratiques politiques » dira Nilor lors de ce lancement. Pour « porter des valeurs de responsabilité martiniquaise, tout en jouant un rôle pacificateur dans l’espace politique martiniquais » continuera Nadeau ! La corbeille de la mariée a été bien garnie ! Et ils ont reçu salutations voire encouragements des élus de tous bords, maires ou conseillers de la CTM, qui étaient leurs invités. Certains, souvent déçus du MIM ont déjà fait connaitre leur adhésion au nouvel attelage. Depuis plusieurs mois, Nilor s’était mis à l’écart de son parti et surtout de son leader, Alfred Marie-Jeanne. Le malaise couvait depuis un certain temps car le poulain n’acceptait plus les méthodes autoritaires de son ancien mentor. Il faut dire que ce dernier ne l’avait pas ménagé et le sommait même de « divorcer ». Aujourd’hui, le député du Sud entend « changer l’offre politique pour que le pays retrouve des marges de manœuvre à travers la réduction progressive de la dépendance… ». Marges de manœuvres vis-à-vis de l’État français, des gros possédants, du capitalisme ? C’est à se demander de quoi parle Nilor, « véglaj » ou enfumage ?


Guadeloupe: Baillif : des gendarmes qui s’ennuient ?

Le samedi 26 janvier 2019, un agent de la commune de Baillif, Henri Éliezer, a été violemment interpellé alors qu’il était en train de travailler. Il nettoyait la rue principale de la commune, muni d’un souffleur et d’un casque antibruit. Les gendarmes ont-ils trouvé qu’il ne leur répondait pas assez vite ? Les a-t-il même entendus avec son casque sur les oreilles ? Toujours est-il qu’à 8h45, sans aucune explication, les gendarmes se sont jetés sur lui. Ils l’ont frappé et lui ont passé les menottes puis l’ont emmené en garde-à-vue à la caserne de Saint-Claude. De nombreux témoins ont été scandalisés par cette agression gratuite. Ce travailleur qui fait partie du syndicat CGTG a reçu une convocation devant le tribunal pour le 14 février 2019. Ce sont les mêmes gendarmes qui, il y a un mois, s’en sont pris à quatre militants de la CGTG qui distribuaient un tract dans la commune de Baillif pour dénoncer le licenciement de sept salariés à la régie municipale de la santé. Nous appelons les travailleurs et la population à venir soutenir l’agent agressé, lors de son procès, le 14 février 2019 à 8h30 devant le tribunal de Basse-Terre.


Les artisans taxis de nouveau mobilisés

Le mercredi 6 février, les artisans taxis ont bloqué les accès au port de croisière de Pointe-à-Pitre, là où les touristes débarquent pour visiter l’île. Ils protestaient contre la décision de la préfecture qui autorise l'accès au port des seuls taxis pointois et des VTC (véhicules de tourisme avec chauffeurs) munis d'une commande préalable. Il y a quelques mois, ils s’étaient déjà fait entendre en organisant des opérations escargot et des blocages. Ils estimaient que la sous-préfecture favorisait la présence des VTC et pas des taxis sur le port de croisière. Puis, le tribunal administratif de Basse-Terre a annulé l’arrêté préfectoral mais il demeurait toujours une restriction pour les taxis qui ne sont pas de Pointe-à-Pitre. Le lendemain, le jeudi 7, ils ont perturbé le fonctionnement des bus des tours opérators qui transportent des croisiéristes à Jarry. Finalement, lundi 11, un accord a été conclu entre les artisans taxis et la Préfecture. Désormais, tous les taxis auront accès au terminal de la croisière. Pas sûr que les chauffeurs de VTC apprécient. Dans cette concurrence entre petits artisans, l’une des issues possibles est que les taxis se mettent d’accord avec les VTC pour organiser un fonctionnement commun qui satisfasse l’ensemble d’entre eux. Dans le cas contraire, les rivalités continueront et paralyseront les deux camps.


Université des Antilles : Cache-cache, le sport préféré de Janky

Les universités utilisent chacune un « algorithme » – un programme informatique – pour classer les demandes d’inscription des lycéens. Mais personne ne connaît les critères que ces programmes utilisent pour accepter ou non les candidats. L’Union nationale des étudiants de France (Unef) a lancé une action en justice pour obliger les universités à publier leur algorithme. Lundi 4 février, le Tribunal administratif de Basse-Terre a été le premier à répondre et a donné raison à l’Unef. Dans la presse, tout le monde se réjouissait de cet « espoir de transparence ». Patatras ! Le président Janky et sa bande se sont pourvus en cassation et ont demandé un « sursis à exécution » pour pouvoir continuer à cacher leur algorithme (et d’ailleurs, existe-t-il seulement, ou se contentent-ils de classer les dossiers en les jetant dans les marches d’un escalier ?). Comme pour sa soi-disant « preuve graphologique » contre l’étudiante Wendy qu’il a cachée pendant plus d’un mois – jusqu’à ce que l’étudiante lui envoie deux huissiers – Janky n’aime décidément pas qu’on regarde dans ses affaires… Elles ne doivent pas être bien propres !  


Tout va bien pour les gavés

Les plus grosses entreprises des Antilles se portent très bien. Elles appartiennent aux Hayot, Huygues-Despointes, Ho-Hio-Hen, Fabre, Parfait... En 2017, elles ont injecté 8 milliards d’euros dans des placements financiers pour spéculer. Ce sont ces mêmes patrons qui crient misère à longueur de temps pour toucher des subventions publiques et qui prônent des sacrifices à leurs salariés. Si certains se demandent où passe l’argent que les riches extorquent aux travailleurs et à la population, eh bien voilà : à la loterie des capitalistes !


Papa Macron ?

Pendant l’échange de « grand débat » avec les élus des territoires d’Outremer, Macron a lancé : « Non, non … les enfants … ça marche pas comme ça … c’est moi qui donne le micro ... ». Décidément Macron reste fidèle à son image de président condescendant, voire méprisant. Les élus d’Outremer, rappliquant par delà les mers au moindre coup de sifflet de Macron, ne font que l’encourager à rester ainsi. Qui veut du respect s’en procure ! Dans la population, certains disent que les élus d’Outremer n’ont pas volé ce manque de considération, si on mesure leur peu d’implication à résoudre des problèmes comme celui de l’eau en Guadeloupe.  


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