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CO de 2019-2018/CO n° 1214 du 16 février 2019/Première page

Première page

Éditorial: L’État, gestionnaire des affaires de la bourgeoisie !

Il y a quelques jours, le préfet de Guadeloupe Gustin était médiateur dans le conflit opposant grévistes UGTG et CGTG au riche béké Despointes, le patron de Carrefour Milénis.

En Martinique, pendant la célèbre et victorieuse grève de cinq mois à Toyota, en 1999, un représentant des riches békés, Roger de Jaham, (décédé récemment) s’écriait devant Lionel Jospin alors Premier ministre, en visite : « La Martinique a besoin d'un préfet, en tout cas d'un homme qui agit en préfet, garant des libertés de tous. Monsieur le Premier ministre, donnez-nous un préfet ! »

Ces exemples sont révélateurs du rôle d’écran-protecteur de l’État pour les capitalistes. Et quand il ne l’est pas assez, ces derniers le réclament. Ils le font parfois pour tenter de faire régner l’ordre manu militari, le plus souvent, maintenant, pour éviter l’explosion sociale généralisée. Tout au mieux, oui, l’État, à travers son représentant, peut jouer le rôle de « petit télégraphiste » comme s’est lui-même qualifié le préfet, pour négocier avec le patron de Carrefour-Milénis qui lui, n’a même pas eu besoin de se déplacer. Mais en réalité, le chef c’est bien lui, le riche possédant. Ce n’est pas l’État ou son représentant. La riche minorité qui profite du système a besoin de l’État pour continuer à exploiter les travailleurs, en tentant en permanence de les maintenir dans l’obéissance. Lénine, le dirigeant de la révolution d’octobre 1917 en Russie, a expliqué : « L'État est le produit et la manifestation de ce fait que les contradictions de classes sont inconciliables. » Et aussi : « l’État est toujours l’État de la classe dominante ».

Pour que la société fonctionne malgré l’opposition irréductible des intérêts des patrons et des travailleurs, l’État est nécessaire pour garantir la domination des premiers sur les seconds. Le rôle fondamental de l’État ne change pas, quels que soient ceux qui sont élus à sa tête. En France, les Gilets jaunes ont raison de manifester leur colère. Mais en ne la dirigeant que contre Macron, ils passent à côté des vrais responsables de leurs problèmes. Macron n’est que le commis des riches : des Bettencourt, des Bernard Arnault , des Mulliez, des Dassault, des Pinault, des Hayot, Despointes, Parfait, Fabre, Ho-Hio-Hen et bien d’autres.

En Haïti, les actuelles puissantes manifestations de colère contre la faim montrent la force des pauvres. Mais elles sont dirigées principalement contre le président Jovenel Moïse en réclamant sa démission. Les nombreux changements de président à la tête de l’État haïtien n’ont pas changé le sort des opprimés. Les véritables responsables de la misère généralisée du pays et ceux qui en profitent ce sont les grands capitalistes haïtiens : les Brandt (200 millions de dollars), les Apaid (350 millions de dollars) ou les Mevs (1 milliard de dollars). C’est à eux que les travailleurs et les classes populaires doivent s’attaquer ! En Guadeloupe, les capitalistes savent utiliser

Chalus le président de région pour défendre leurs intérêts. C’est cela que ce dernier appelle à longueur de temps « défendre la Guadeloupe ». En Martinique, le gros capitaliste, Yann Monplaisir exerce un ersatz de pouvoir politique local à la tête de la Collectivité territoriale. Mais même pour cela, il faut qu’Alfred Marie-Jeanne, le président de la Collectivité, lui serve de paravent.

Pour améliorer leur sort, les travailleurs doivent s’attaquer aux véritables maîtres, aux « sans-visage » que dénonçait André Aliker. Il ne suffit pas de changer la marionnette entre les mains des capitalistes, il faut s’attaquer aux marionnettistes eux-mêmes et prendre dans leurs caisses !


Martinique: Grève à l’entreprise ENA

ZoomLe mécontentement qui couvait depuis un certain temps à l’entreprise de carénage et réparation navale ENA (Entreprise nouvelle antillaise) face aux bas salaires et aux mauvaises conditions de travail a explosé. Les ouvriers ont décidé de se mettre en grève à partir du mercredi 6 février.

Leurs revendications : une augmentation des salaires de 6%, la mise en place des NAO, le maintien des bons d’achat pour différentes fêtes, la fourniture de bleus de travail et de chaussures de sécurité. Ils réclament également un plan de formation conformément à la législation en vigueur. Leur patron Nicolas Bruni n’a soi disant jamais le temps de discuter avec les délégués du personnel de la CGT-FSM et de répondre aux multitudes de lettres que des salariés lui ont adressées.

Aujourd’hui, face à la détermination des ouvriers, il a été obligé d’écouter par visioconférence le personnel mobilisé. Il leur a adressé une réponse écrite sur leurs revendications. Des réponses vagues qui n’ont pas satisfait les ouvriers. Au moment où nous écrivons, ils sont toujours mobilisés pour la satisfaction de leurs revendications.


Martinique:Station Vito aéroport la patience a une limite

En juillet 2017, un agent de cette station-service est mort sur son lieu de travail à cause de l’insécurité des abords. Il était âgé de 22 ans. Un an et demi après ce drame, la situation n’a pas évolué.

Un jeune conducteur qui roulait dans le sens Lamentin-Ducos, a perdu le contrôle de son véhicule dans le virage qui précéde l’accès à cette station-service. Le véhicule effectuait plusieurs tonneaux et terminait sa course dans la station. Au passage, il heurtait un employé en train de servir un client, le tuant quasiment sur le coup, et causant des dommages matériels. Cet accident avait créé un vif émoi et de la colère chez les collègues de ce jeune employé et aussi dans la population.

Suite au drame, salariés et employeurs avaient entrepris des démarches, notamment auprès de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), collectivité qui gère cette route. Des aménagements étaient demandés afin que la sécurité des pompistes et des clients soit garantie. Dans le même temps, les employés avaient refusé d’exploiter les pompes qui se trouvent proches de la voie de circulation et de l’accès à la station, là où le drame a eu lieu. Ils exigent que des aménagements soient réalisés pour réduire la vitesse des automobilistes au niveau de la courbe et l’entrée de la station.

La CTM s’est défilée en prétextant que ce n’était pas à elle de réaliser des travaux de sécurisation. Le propriétaire de la station, Rubis Antilles Guyane, n’a pas non plus pris de mesure immédiate. Face à cette situation, les employés, toujours en danger, se sont manifestés le 4 février 2019. Ils ont profité du fait que la CTM avait entrepris de refaire la couche d’enrobé juste en face de la station pour perturber les travaux. Ils exigent que des dispositions soient prises sans délai pour travailler. Le gérant, Jean Luc Ho Hio Hen, qui ne veut pas perdre ses ventes, s’est affiché à côté des travailleurs mobilisés.

Une manière comme une autre de faire croire qu’il n’est pas insensible à cette situation. Les salariés ont toutefois noté qu’il aura attendu qu’ils se manifestent pour s’exprimer. En intervenant comme ils l’ont fait, les salariés ont montré qu’ils n’étaient pas des sujets passifs. Ils savent prendre les mesures appropriées pour se faire comprendre et surtout pour se protéger. Et c’est tant mieux car cette manifestation a réveillé ceux qui se disent « responsables ».


Guadeloupe: Le collège Michelet mobilisé contre la fermeture

Depuis le 31 janvier, le collège est en grève contre sa disparition programmée pour 2020.

Les personnels et les parents d’élèves ont appris avec stupéfaction qu’ils devraient déménager au mois de septembre 2019, et que le collège disparaîtrait l’année suivante. Personne ne les avait informés du plan concocté par le rectorat, le Conseil départemental et la mairie de Pointe-à-Pitre.

Tous ont été choqués par ce mépris. Mais ils dénoncent aussi le manque d’ambition éducative des autorités. Au lieu de profiter de la baisse du nombre d’élèves pour améliorer le suivi des collégiens de Pointe-à-Pitre, les responsables ont choisi de fermer un collège pour faire des économies. Les personnels et les parents restent mobilisés.


Grève des personnels au service psychiatrie du CHU

Mardi 5 février, le personnel du service psychiatrie du CHU s’est mobilisé pour dénoncer les mauvaises conditions de travail et le manque de personnel. Les locaux sont tellement vétustes que les portes s’effritent et que des rats et des scolopendres se promènent dans les chambres. Ils dénonçaient aussi la perte de 300 € de salaire depuis le transfert du service du CHU vers l'établissement public de santé de Montéran à Saint-Claude.


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