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CO de 2019-2018/CO n° 1213 du 02 février 2019/Première page

Première page

Éditorial: Frapper là où Macron prend ses ordres Chez les riches capitalistes !

Samedi 26 janvier, une des leaders des Gilets jaunes, Priscilla Ludosky, d’origine martiniquaise, a lancé une protestation contre la vie chère, le chlordécone et les problèmes de « l’Outre-mer ». Elle a conduit une petite délégation de gilets jaunes à manifester devant le ministère de l’Outre-mer à Paris. La ministre Girardin l’a reçue avec une délégation le mardi suivant.

Le geste de Ludosky était bien intentionné, car si beaucoup de gens en France ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, c’est encore pire dans nos îles et depuis bien longtemps. Mais ce geste n’aura servi qu’à permettre à la ministre Annick Girardin de jouer sa partition en mode « grand débat ». Elle a rencontré Ludosky pour « montrer ce que nous faisons, au ministère » et certainement pas pour répondre aux besoins des populations. Car pour cela il faudrait s’attaquer aux riches capitalistes. En effet, d’où vient la vie chère aux Antilles, si ce n’est de la soif de profits de ces capitalistes, notamment celle des familles békées les plus riches qui ont le quasi monopôle du commerce et de l’importation ? D’où vient le chômage, si ce n’est de ce grand patronat qui refuse d’embaucher ? Ce n’est pas le travail qui manque dans la Santé, l’Enseignement, pour la réfection du réseau d’eau en Guadeloupe ou le ramassage industrialisé des sargasses ! Mais dans les faits, ce grand patronat interdit aux gens de travailler si cela ne lui permet pas de prélever au passage son impôt à lui, le plus lourd de tous, celui qui a pour nom un « profit ».

L’état lamentable des hôpitaux aux Antilles ou de l’eau en Guadeloupe, sont dus à la négligence consciente d’un État dont le seul but est, de plus en plus, de servir d’immense pompe à fric pour garantir les profits des plus riches. Et que dire du scandale du chlordécone ! Tout le monde sait que la plantocratie de la banane a empoisonné nos îles avec la complicité d’un État qui dit « amen » à toutes les demandes des capitalistes. Ce sont ces gens-là qui donnent les ordres aux élus, au gouvernement et à l’État. On l’a encore vu dernièrement en Guadeloupe avec la grève à Milénis, où les descendants d’esclavagistes Despointes veulent « comme au bon vieux temps » imposer leur loi à la population et aux autorités.

Le mouvement des gilets jaunes en France a le mérite d’avoir fait entendre la voix de ceux qu’on n’entend jamais. Mais il n’obtient pour le moment que le maximum de ce que l’on peut obtenir en bloquant ronds-points et péages. Précisément parce qu’il laisse tranquille les véritables donneurs d’ordres. Quand bien même il aurait gagné une avancé réelle, par exemple une baisse du prix de l’essence, cela n’aurait représenté qu’une goutte d’eau et n’aurait pas changé la vie de milliers de travailleurs contraints de se rendre au travail en transports en commun. Les travailleurs de Milénis en grève montrent le chemin. Ils se battent contre les parasites qui étouffent la société, notamment les Despointes, pour leur arracher un peu de pouvoir d’achat. Et leur combat bénéficie à tout le monde, car s’ils avaient accepté d’être plumés sans broncher, cela aurait encouragé le grand patronat à extorquer encore plus aux travailleurs et à la population.

Oui, les travailleurs, ont les moyens de gagner beaucoup plus. Ils ont les moyens de gagner la hausse des salaires, des retraites et des minimas sociaux et d’exiger qu’ils augmentent en même temps que le coût réel de la vie. Comment ? En attaquent les vrais maîtres du système là où ça fait mal : au porte-monnaie !


Martinique: Éducation Ce n’est qu’un début

ZoomJeudi 24 janvier, des personnels de l’Éducation se sont retrouvés au rectorat de Terreville. Ce premier rendez-vous fait suite à l’annonce de plus de 100 suppressions de postes en 2019 dans l’académie de Martinique. Durant sa campagne, Macron avait annoncé vouloir supprimer 120 000 postes dans la fonction publique. Et en septembre 2018, avant même le déroulement des élections professionnelles, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation, avait déjà annoncé 1800 suppressions de postes, principalement chez les enseignants. Cette décision, confirmée le 19 décembre, touchera inévitablement les conditions de travail et la qualité du service.

Ce sont ces raisons qui ont amené des syndicats à appeler les personnels à cesser le travail le 24 janvier et à se rassembler au rectorat. Des lycéens étaient également présents car eux aussi seront au nombre des victimes de la politique du gouvernement. La mise en œuvre des soi-disant réformes des bacs (professionnel, général et technologique) entrainera la fermeture de nombreuses classes dans les établissements du second degré. Et les effectifs par classe ont toutes les chances d’augmenter. Face à la pénurie de postes, des enseignants pourraient être affectés sur deux, voire trois établissements selon un agent du rectorat qui connait bien les conséquences de ces mesures. Et pour couronner le tout, le ministère entend imposer aux enseignants deux heures supplémentaires à la rentrée de septembre 2019, au lieu d’une jusqu’à maintenant.

Conscient des difficultés que ces mesures entraineront, le recteur fait la tournée des établissements pour tenter de convaincre personnels et lycéens que le plan du gouvernement va dans le sens de leurs intérêts. Il souhaite ainsi désamorcer tout conflit. D’ores et déjà, deux autres rendez-vous sont programmés pour que les personnels expriment leur opposition à ces mesures. En effet, la CGTM a lancé un appel à la grève le 5 février et le 12 février, lors de la réunion du comité Technique académique, qui verra le recteur communiquer les établissements concernés.


Guadeloupe: Grève annoncée dans l’Éducation

Un appel à la grève a été lancé dans tous les établissements scolaires pour le 31 janvier et le 1er février. Le mécontentement est fort chez les enseignants, particulièrement dans les collèges et les lycées, où 86 suppressions de postes sont annoncées. Dans l’académie de Guadeloupe, plus de 500 postes ont déjà été supprimés depuis 2011. Les nouvelles suppressions qui sont programmées vont aggraver une situation déjà difficile, avec des classes à 28 élèves dans les collèges et 35 dans les lycées.

Le ministère utilise la réforme du lycée pour supprimer des postes. La plupart des établissements de Guadeloupe, au lieu de proposer aux élèves les onze spécialités possibles, en offriront moins de huit. Certains lycées sont littéralement sacrifiés, comme à Marie-Galante ou dans le Nord Grande-Terre, avec très peu de choix pour les élèves de ces secteurs. Les deux jours de grève ont été décidés par l’ensemble des syndicats enseignants, avec le soutien des parents d’élèves. La mobilisation s’annonce importante dans certains lycées. Mais il faudra plus que ces deux journées d’action pour que le gouvernement renonce à ses projets scélérats !


Affaire Wendy : le combat continu

Avec sa mère, Wendy se bat depuis juillet pour faire valoir ses droits à l’université des Antilles. Elle est soutenue par Combat ouvrier et par les jeunes du journal Rebelle ! À cause de plusieurs erreurs dans ses notes, Wendy n’a pas été admise en deuxième année. Les dirigeants de l’université, plutôt que de reconnaître leurs torts, se sont lancés dans une campagne de calomnies absolument inouïe. Wendy a été lynchée sur les réseaux sociaux suite à ces mensonges. À l’occasion du carnaval, certains ont cru spirituel de relancer ce harcèlement.

Wendy ne désarme pas, et elle a raison. Lors des examens de décembre, beaucoup d’étudiants ont encore souffert des dysfonctionnements de l’université. Certaines facultés ont pourtant essayé d’améliorer les choses, par exemple en vérifiant que tous les étudiants signaient la liste d’émargement. Mais les erreurs restent nombreuses, et grâce à Wendy, certains osent maintenant témoigner à la radio ou sur les réseaux sociaux. Il y a encore beaucoup de gens qui se posent des questions sur cette affaire. La majorité pense que Wendy a triché, que ce n’est pas possible qu’une histoire pareille se produise à l’université. Nous organisons des meetings tous les vendredis, à 19h, devant la fac de Fouillole. Venez vous informer !  


Pourquoi pas une université de Basse-Terre, de Grande-Terre, du Sud Caraïbe ou du Nord atlantique ?

Le vote du budget a relancé les débats sur les pôles Guadeloupe et Martinique de l’université. Certains universitaires soutiennent l’idée que chaque pôle doit être indépendant vis-à-vis de l’autre, ce qui revient à sonner le glas de l’université des Antilles. Sur fond de chauvinisme stupide martiniquais d’un côté et guadeloupéen de l’autre, chacun des camps veut son petit bout de « plantation » où il pourra exercer son pouvoir sans partage.

Le personnel et les étudiants des deux pôles n’ont aucun intérêt à participer à une telle mascarade car cette situation est un bon prétexte pour les dirigeants de l’université de parler en plus de suppression de postes et de fermeture de filières.


Guyane : non aux expulsions d’étudiants non-européens !

Chaque semaine plusieurs étudiants sont arrêtés par la police et conduits au CRA, Centre de rétention administrative. Ils peuvent y rester en détention plusieurs semaines. Ils sont souvent expulsés. Le gouvernement français a décidé de s’attaquer aux étudiants non européens. L’an prochain, ils devraient payer des frais d’inscription d’environ 3 000 €, soit près de dix fois plus qu’avant. Déjà, certaines universités ont pris l’initiative de refuser cette injustice. En Guyane les étudiants non européens sont 900 soit près du quart des étudiants. Ils étaient arrêtés aux abords de l’université. Après des protestations de personnels de l’Université de Guyane ils sont maintenant interpellés n’importe où. Les personnels s’indignent de cette politique de répression parfaitement injuste et injustifiée. Certains d’entre eux sont intervenus pour obtenir la libération d’étudiants et leur régularisation.


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