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CO de 2019-2018/CO n° 1212 du 19 janvier 2019/Première page

Première page

Éditorial: Dix ans après la grève générale de 2009 un mode d’emploi à ne pas perdre !

Il y a dix ans, (le 20 janvier), démarrait une grève générale historique de 44 jours en Guadeloupe et de 38 jours en Martinique (le 5 février) contre la vie chère et pour des augmentations de salaires.  

Dans les deux îles, syndicats et partis du mouvement ouvrier préparent des manifestations de commémoration. Mais qui mieux que les travailleurs de Carrefour-Milenis aux Abymes, en grève depuis le 22 novembre et très déterminés, commémorent dans les faits la grève générale, et l’état d’esprit combatif d’alors ? Ils montrent à nouveau la voie à suivre.

De même, tous les travailleurs qui participeront aux rassemblements appelés par les syndicats en Martinique, tous ceux qui seront en grève pour soutenir ceux de Milenis à l’appel de la CGTG le 17 janvier et à l’appel de l’UGTG le 22 janvier le feront de fait dans l’esprit de 2009. Il n’est pas sûr, du moins pour l’instant, que l’ensemble des travailleurs retrouve le chemin de la grève générale. Cela, c’est à eux-mêmes d’en discuter entre eux et de le décider. L’histoire ne se répète jamais de la même façon, certes. Mais les travailleurs retrouveront forcément un jour ou l’autre le chemin de la grève générale. Depuis 2009, la crise du système capitaliste s’est aggravée. Une nouvelle crise financière aussi grave que celle de 2008, sinon plus, est une menace de convulsions permanentes pour le système capitaliste lui-même. Car ce système ne peut vivre sans ses propres crises qui sont inscrites dans son ADN. Ce système pourrissant enfonce toujours plus les travailleurs et les classes populaires dans le désarroi voire le chaos dans certains pays.

Le grand patronat est de plus en plus féroce pour faire payer sa crise aux classes populaires. Il licencie ou gèle les salaires quand il ne les baisse pas. L’argent public est de plus en plus drainé vers les caisses du patronat sous forme de crédit d’impôt et d’une kyrielle de mesures en faveur des entreprises. On en recense 1671 ! Sous une forme ou sous une autre, ce sont près de 200 milliards qui chaque année, sont drainés vers les caisses capitalistes. Le groupe Despointes en Martinique et en Guadeloupe, dans la grande distribution et l’agro-alimentaire, dont l’actionnaire majoritaire est classé parmi les 500 plus grandes fortunes de France, a licencié 20 salariés au centre commercial Carrefour Milénis aux Abymes en 2015. Actuellement, ce même groupe veut voler 160 à 200 € par mois sur les salaires des employés de Carrefour Milénis et du magasin Promocash.

Avec la loi-travail et les ordonnances Macron, les gouvernements successifs et leurs relais locaux ont vidé le Code du travail laissant les mains plus libres au patronat pour mieux licencier et baisser les salaires. L’État fait les poches des classes populaires pour remplir à milliards celles des plus riches sous forme de subventions ou d’exonérations d’impôt. En parallèle, des postes sont supprimés dans la fonction publique et les services publics (hôpitaux, écoles…) tombent en ruine.

Toutes ces attaques engendrent une véritable catastrophe sociale. Aux Antilles, environ une personne sur trois est privée d’emploi. Chez les moins de 25 ans, c’est deux jeunes sur trois qui sont au chômage. Nombreux sont ceux qui partent pour trouver du travail ailleurs.

Une telle situation n’est pas une fatalité. Si en 2009, les travailleurs se sont imposés face à la rapacité du patronat c’est qu’ils sont capables de recommencer. C’est d’ailleurs le seul salut possible pour que la classe ouvrière arrache des embauches, des augmentations de salaires et d’autres améliorations vitales pour toute la population laborieuse.  


Guadeloupe: Affaire Wendy, Une condamnation qui ne passe pas

ZoomWendy Zébo, l’étudiante de Fouillole qui a osé se dresser contre ses accusateurs, les dirigeants de l’université, a été condamnée à cinq ans d’exclusion de l’enseignement supérieur par la commission de discipline de la faculté. Une banale affaire de notes inexactes et de copie égarée, comme il en existe chaque année à Fouillole, a donné lieu à cette sanction délirante. C’est une sanction injuste, parce que Wendy n’a pas triché. Mais même si elle avait tenté de frauder, c’est une sanction complètement disproportionnée, qui révèle l’acharnement des dirigeants de l’université contre Wendy.

Ils ont multiplié les mensonges pour la discréditer, allant jusqu’à commander un « rapport d’expertise graphologique » qui est un tissu d’âneries. Wendy a continué à se battre, alors le président de l’université, Eustase Janky, a chargé les professeurs Chantal Mezen et Philippe Joseph d’instruire une procédure disciplinaire contre elle. Ils sont tous deux vice-présidents, membres de l’équipe de Janky. Un autre de ses proches, l’étudiant Alvin Audar, a aussi participé. La procédure disciplinaire a été une vraie farce. Deux étudiants ont témoigné « qu’ils ne connaissaient pas Wendy avant cette affaire et qu’ils ne se rappellent pas l’avoir vue dans l’amphithéâtre le jour de l’examen ». Ils ont découvert l’existence de Wendy en septembre, et ils disent qu’ils ne l’ont pas vue en juin ? Le reste est du même style, car de toute façon Janky avait annoncé à l’avance que Wendy serait condamnée. L’an dernier, ces gens disaient que « l’université n’est pas un tribunal ». Janky voulait « l’apaisement ». C’était pour protéger les professeurs du Ceregmia, qui ont volé des millions d’euros. Contre Wendy, en revanche, ces gens s’acharnent. Mais l’attitude malhonnête et revancharde des dirigeants de l’université ne les grandit pas. En abusant ainsi de leur pouvoir, ils se montrent tels qu’ils sont, de petits notables soucieux uniquement de préserver leurs privilèges.

Dans la population de nombreuses personnes trouvent d’ailleurs que la sanction prononcée contre Wendy est bien trop sévère, même si beaucoup doutent encore de sa sincérité. Avec son avocat Maître Calvaire, Wendy fera appel. Avec ses camarades de Rebelle ! et de Combat ouvrier, elle poursuit le combat contre l’injustice qui la frappe. Grâce à elle, des étudiants commencent même à dénoncer publiquement les dysfonctionnements de l’université. Pour tous ceux qui se posent des questions sur cette affaire, nous organisons des meetings d’information et de soutien. Les prochains auront lieu les vendredis 18 janvier et 25 janvier, à 19h, devant la fac de Fouillole.


86 suppressions de postes dans l’éducation

Le ministère annonce des suppressions massives de postes de professeurs dans les collèges et les lycées à la prochaine rentrée. Grâce à la réforme du bac, il poursuit sa politique scélérate de casse de l’enseignement public. Les classes déjà surchargées le seront encore plus, les élèves déjà en échec vont couler…

Pour le gouvernement ça ne compte pas, du moment que les milliards continuent à tomber dans les poches des riches actionnaires !  


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