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CO de 2018/CO n° 1210 du 8 décembre 2018/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe Les employés en grève à Carrefour Milenis

Entre 1 600 et 2 000 € par an, c’est ce que perdra chaque employé de l’unité économique et sociale constituée des magasins Promocash et Carrefour Milenis, si le groupe Despointes met son plan à exécution. Les employés en grève depuis le 22 novembre refusent ce plan par la lutte.

Pour les directeurs des deux entités, MM. Larue et Henry, ce recul social devait être une formalité. Depuis le 30 novembre, l’accord de substitution qui comprend tous les droits gagnés sur plusieurs années (13ème mois, primes de vacances, prime de froid, accord Bino) n’est plus en vigueur. Le patron s’appuie sur les lois Macron pour imposer un recul sans précédent aux salariés.

Avec le mépris qu’il affiche en permanence, le directeur de Carrefour Milenis a toujours refusé de négocier un nouvel accord avec les représentants du personnel. Le 30 novembre, il les a convoqués à la direction du travail pour signer un torchon remettant en cause toutes les primes et avantages en nature. Mais les employés mobilisés ne l’entendent pas ainsi. Une délégation des grévistes a accompagné les délégués à la direction du travail. La pseudo négociation a duré à peine une heure.

La grève a été déclenchée le 22 après une énième marque de mépris de la délégation patronale qui a interrompu une réunion et a laissé les délégués sur place. Tous les jours, les grévistes font entendre leur détermination par des actions. Ils ont défilé dans le magasin et dans la galerie marchande en chantant des slogans réclamant le maintien de tous leurs acquis. Ils s’invitent dans les magasins du groupe pour inciter les employés à les rejoindre et à revendiquer eux-aussi l’amélioration de leurs salaires.

Les clients du magasin Carrefour et la population soutiennent la grève. Samedi, une collecte organisée par la CGTG a recueilli plusieurs centaines d’euros pour les grévistes. Ceux-ci ont aussi mis en place une cagnotte en ligne. Leur détermination ne faiblit pas. La grève est largement majoritaire tant à Carrefour Milenis qu’à Promocash. Après avoir fait travailler des intérimaires à la place des grévistes, le directeur de Milenis a fermé le magasin, car toutes les caissières sont en grève.


Martinique : Habitation Assier : les ouvriers reprennent la tête haute !

Le vendredi 30 novembre, les ouvriers ont signé un protocole de fin de conflit avec la direction de l’habitation Assier au Lorrain. Après 15 jours de mobilisation, les salariés ont obligé leur patron à reculer.

La direction a dû renoncer à l’utilisation de la trémie qui aggravait la tâche des ouvriers chargés d’épandre les engrais. Les travailleurs ont obtenu en plus diverses améliorations de leurs conditions de travail, et une prime mensuelle équivalente à une heure supplémentaire payée au prorata des jours de dépattage et d’enlèvement des mousses réalisés par les dépatteurs.

L’entretien des machines défectueuses devra être assuré et la nouvelle grille de salaires issue de la prochaine commission paritaire devra être appliquée. Sur les jours non travaillés, le patron paiera deux journées. Le reste fera l’objet d’étalement sur plusieurs mois ou sera pris sur les congés. Il n’empêche que dans le protocole de fin de conflit, les ouvriers ont fait valoir que « c’est du seul fait de l’arrogance et du mépris affiché du directeur que les journées non travaillées l’ont été, ce dernier ayant décidé de quitter l’exploitation, alors que les ouvriers venaient dialoguer avec lui à propos de l’harmonisation de l’organisation du travail ».

Les ouvriers de l’habitation Assier s’étaient mobilisés depuis le 15 novembre 2018 pour s’opposer aux mauvaises conditions de travail imposées par le directeur Thierry Arnaud. Pour obtenir plus de rendement, il avait installé une trémie servant à l’approvisionnement en engrais. Mais cette façon de procéder augmentait considérablement la charge de travail des ouvriers. Ainsi, au lieu de transporter 500 kg d’engrais par jour comme prévu par la convention collective des ouvriers agricoles, ils se voyaient transporter 750 kg. Mais ce directeur, qui croyait faire du profit sans que les salariés protestent, est tombé sur un os. Il a malgré tout cherché à tenir tête. Mais il a dû faire face à la détermination des ouvriers. Ceux-ci n’ont pas voulu rester isolés et ont organisé une caravane pour sensibiliser les ouvriers de toutes les habitations du Nord. Devant la crainte de voir le conflit s’étendre, ce directeur qui soi-disant ne voulait rien savoir a dû revoir sa copie. Après 15 jours de mobilisation et le recul de leur patron, les salariés ont décidé d’arrêter leur mouvement. Ils ont repris le travail le lundi 3 décembre, la tête haute et en s’étant fait respecter.


EDF : les agents ne lâchent rien !

La direction d’EDF, entreprise multinationale dont le principal actionnaire est l’État, se trouve face à des agents déterminés. Depuis le 19 novembre 2018, nombre d’entre eux sont mobilisés dans différentes agences de France mais aussi dans celles des Outremers, alors que des négociations ont lieu à Paris entre syndicats et direction de l’entreprise.

Les demandes des salariés portent notamment sur les conditions de travail, les salaires, les carrières, les embauches. Il y a longtemps que la direction d’EDF est informée de ces demandes. Elle a laissé traîner les choses, espérant peut-être décourager les agents.

Mais tel n’a pas été le cas. Elle a donc été contrainte d’engager des discussions avec des représentants syndicaux sur tous ces points. Face à des agents déterminés, des concessions ont été faites par la direction. Pour les départements d’Outremer, il s’agit notamment de l’augmentation du niveau de la rémunération au choix et du maintien du remplacement des départs à la retraite. Mais le compte n’y est pas encore.

La principale préoccupation de la direction de cette multinationale, c’est la satisfaction de ses actionnaires. Au motif qu’elle évolue dans un environnement international concurrentiel, elle cherche à faire des économies dans beaucoup de domaines. Par exemple, les agents qui font le relevé des compteurs sont de plus en plus remplacés par des relevés automatisés. Mais les catégories de personnels qui sont attaquées n’entendent pas faire les frais de la politique de la direction d’EDF.

La réaction des agents est justifiée car ils n’ont pas à être les sacrifiés de la politique de leur direction qui est celle de l’État. Dans le contexte actuel, le combat des agents de cette entreprise doit servir d’exemple et de moteur pour tous les travailleurs. Des revenus décents (salaires, pensions, allocations), des conditions de travail décentes, telles doivent être les exigences de tous ceux qui subissent la politique des patrons et des gouvernants.


Martinique Catering : direction désavouée, licenciement refusé

La direction de Martinique Catering (ex Servair) s’est fixée pour objectif de licencier le délégué syndical. Cela fait longtemps qu’elle s’acharne contre lui. Une fois de plus, elle s’est fait recaler.

Le comité d’entreprise, réuni le 27 août 2018 par la direction, avait déjà refusé de suivre la direction. Mais elle continue de s’acharner contre Jean-Hughes Monphilé, le délégué syndical CGTM. En effet, la direction ne peut pas admettre que ce délégué lui tienne tête et, en clair, représente ses collègues. Ne tirant pas les leçons de la décision du comité d’entreprise, qui s’était prononcé contre sa sanction, la direction a poursuivi sa procédure et s’est tournée vers la direction du travail pour obtenir l’autorisation de licencier ce salarié protégé. Le 17 novembre, la direction du travail a notifié sa décision. C’est un refus, une nouvelle fois, qui a été communiqué à la direction de Martinique Catering.

La loi permet à la direction de Martinique Catering de se tourner vers le ministère pour tenter d’obtenir gain de cause, c’est-à-dire le désaveu de la décision de la direction du travail de Martinique. Et il y a des chances qu’elle utilisera ce recours. Car ce qu’elle veut, c’est avoir une voie bien dégagée pour imposer ses conditions aux travailleurs. D’autant plus que le gouvernement, les élus locaux, notamment ceux qui siègent à la CTM, affichent très clairement leur soutien aux patrons. Et que d’autres représentants du personnel coopèrent avec elle.

Les travailleurs n’ont pas intérêt à lever le pied. D’ailleurs, des soutiens au délégué syndical sur la plateforme aéroportuaire ont déjà eu l’occasion de faire entendre leur position, tels les pompiers du syndicat CGTM Aéroport Personnel (SAMAC). Il est important de continuer à le faire savoir très clairement à la direction de Martinique Catering. Face à la détermination de la direction, les travailleurs ont à opposer une détermination encore plus grande.


Guadeloupe: Affaire Wendy les dirigeants de l’université veulent sanctionner Wendy pour ne pas reconnaître leurs torts

Nous publions ci-dessous des extraits du dernier tract publié par Combat Ouvrier, les Insoumis Gwadloup et le journal Rebelle !. Le 15 novembre le président de l’université, Janky, a convoqué Wendy devant une commission d’instruction disciplinaire composée de profs qui sont dans son « équipe ».

Leur problème, c’est qu’ils n’ont aucun élément pour sanctionner Wendy, aucune preuve, puisqu’elle n’a pas triché. Le seul élément du dossier est une lettre du doyen de la fac de droit, Montauban, où il dit qu’il pense que Wendy a triché. Mais lui-même a avoué récemment qu’il n’est plus sûr de sa version : il a dit à la radio le 10 novembre qu’il faudrait « chercher la vérité ». Montauban sait que Wendy ne ment pas, mais il laisse la procédure disciplinaire continuer ! Quelle indignité ! À part cette lettre, la commission de discipline - ou plutôt, le peloton d’exécution choisi par Janky – n’a rien.

Ils savent que le « rapport d’expertise graphologique » est bidon. Ils en ont parlé à Wendy, mais quand elle leur a demandé s’ils avaient lu le rapport, ils se sont empressés de répondre « non, non, pas du tout ». Ce rapport est tellement honteux que plus personne ne veut s’en approcher. Alors pour gonfler le dossier ils ont tenté une manœuvre. Ils ont convoqué la maman de Wendy pour qu’elle vienne témoigner devant eux. Ils osent demander à une mère de témoigner contre sa propre fille ?

Ces gens sont des monstres ! Janky a tenté une autre manœuvre. Le 22 novembre, il a essayé de faire adopter une nouvelle charte des examens en urgence, à cause de l’affaire Wendy. Mais le Conseil Académique de l’université a refusé. Pourquoi modifier dans la précipitation les règles des examens, qui existent depuis six ans ?

C’est une bonne question ! Si c’était Wendy la tricheuse, et si la fac n’avait rien à se reprocher, pourquoi Janky devrait-il changer les règles des examens ? Son projet de charte prouve que c’est l’université qui est en tort dès le départ, et qu’il le sait très bien !

Chaque vendredi, à 19h, meeting devant FouilloleJustice pour Wendy !