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CO de 2018/CO n° 1210 du 8 décembre 2018/Première page

Première page

Éditorial: Se dresser contre Macron et ses chefs les gros possédants capitalistes !

Samedi 1er décembre, les gilets jaunes ont manifesté en nombre pour la troisième fois. À Paris surtout, dans les quartiers bourgeois, il y a eu de la casse et des affrontements avec les policiers et les gendarmes. Les gilets jaunes qui ont manifesté près des Champs-Élysées ne sont pas tous forcément des casseurs. Mais ils sont déterminés à se faire entendre, et ils ont raison.

C’est la troisième fois qu’ils imposent leur présence dans les quartiers riches de Paris. Malgré la présence massive des forces de l’ordre, certains ont brûlé et pillé de beaux magasins et de belles voitures. L’Arc de Triomphe a été tagué. C’est le symbole d’une république qui proclame « liberté, égalité, fraternité » mais qui n’est en fait qu’une dictature des riches, car une poignée s’enrichit chaque jour davantage tandis que le plus grand nombre s’enfonce dans la pauvreté. À La Réunion, cela fait déjà deux semaines que l’île est paralysée par les gilets jaunes. Eux aussi expriment une colère sociale, contre les taxes mais surtout contre le chômage et la vie chère.

La ministre des Outremers est venue en visite, elle n’a rien proposé de concret. Les autorités multiplient les appels au calme, mais les manifestants comptent poursuivre leur mobilisation. Le mouvement des gilets jaunes montre une profonde colère des couches populaires contre la dictature des riches. Il rassemble des gens très divers, des jeunes des banlieues pauvres aux petits patrons étranglés par la concurrence des gros, en passant par les chômeurs ou les retraités qui ne peuvent plus boucler leurs fins de mois, mais aussi beaucoup de salariés.

Tous disent la même chose : on ne peut plus vivre comme ça ! Macron est l’incarnation de cette dictature des riches, à qui il distribue généreusement des dizaines de milliards. Nombreux sont ceux qui réclament donc sa démission. Les politiciens d’opposition, et notamment Marine Le Pen, essayent d’orienter le mouvement dans cette voie en demandant de nouvelles élections. Mais ces élections ne changeraient rien, car Macron (ou Hollande avant lui) ne sont que les commis des grands possédants qui leur dictent leur politique. Ce sont eux, les gros capitalistes, qu’il faut viser et pas leurs larbins politiques. C’est à eux qu’il faut prendre les milliards dont la population a besoin pour s’en sortir.

Dans cette situation, il est opportun que les travailleurs fassent entendre leur propre voix. Ce sont les travailleurs qui créent les richesses des gros possédants. Ce sont eux qui ont le pouvoir de les prendre à la gorge, par exemple en se mettant massivement en grève, en bloquant la machine à profits des gros capitalistes. Pour que les travailleurs améliorent leur situation, il faut qu’ils exigent une augmentation générale des salaires, des retraites et des minimas sociaux. Le Smic devrait être porté à 1 800 € nets, les retraites et les allocations largement augmentées. Et à chaque fois que les prix augmentent, nos revenus doivent augmenter aussi. L’argent existe, les gros capitalistes français n’ont jamais été aussi riches. Le premier d’entre eux, Bernard Arnault, possède personnellement 73 milliards. Pour le moment, la grève générale n’est pas à l’ordre du jour. Mais c’est le moment d’en discuter sérieusement dans toutes les entreprises. Certains travailleurs étaient en grève récemment comme ceux de l’habitation Assier en Martinique, ou sont encore en grève à Carrefour Milénis en Guadeloupe.

Les gilets jaunes ont ouvert une brèche, ce serait le bon moment pour que les travailleurs s’y engouffrent partout, avec leurs propres méthodes, la grève, et avec leurs propres revendications d’augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations : à La Réunion, en France, mais aussi en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et dans tous les Outremers !


Les travailleurs de la CFTU obtiennent satisfaction

Les salariés de la CFTU (Compagnie Foyalaise de Transports Urbains) ont repris le travail le lundi 26 novembre après 16 jours de conflit. Le dimanche 25 novembre dans l’après-midi direction et syndicats CGTM et Sud ont signé un protocole de fin de conflit. Les salariés ont obtenu satisfaction sur les revendications avancées depuis le dimanche 11 novembre.

Depuis cette date ils s’étaient mis en droit de retrait et exigeaient que leur direction apporte des solutions à plusieurs dysfonctionnements engageant leur sécurité ou celle des usagers dans les bus. L’inspection du travail s’est prononcée sur la validité du droit d’alerte, puis sur sa levée après l’accord de la direction de mettre en place les différentes interventions. Les salariés, eux, n’ont accepté de signer un accord de reprise que lorsqu’un calendrier des interventions nécessaires a été dûment acté. Jusqu’au bout, la direction a essayé de jouer au plus malin envoyant des lettres avec menace de sanctions aux salariés qui n’avaient pas repris le travail… avant la signature de l’accord. En définitive, elle a dû « surseoir à toute sanction ».

Dans ce long conflit, la question du licenciement d’une salariée pour faute grave, qui avait été le facteur déclenchant de la colère, a été mise en suspens pour l’instant. Par la faute de l’employeur qui faisait du dilatoire, les usagers des transports en commun et singulièrement ceux qui n’ont pas de véhicules, de nombreuses femmes, des personnes âgées ou des élèves, ont été pénalisés. Se faisant l’écho de cette situation, certains médias n’ont pas hésité à montrer du doigt les salariés en lutte, déclinant même des leçons sur le code du travail et sur le droit de retrait. Mais les travailleurs conscients, malgré les gênes occasionnées, sont restés du côté des travailleurs qui se défendaient.


Martinique :Éducation nationale mobilisation payante des précaires

Une trentaine de précaires se sont retrouvés mercredi 28 novembre pour exiger de leur employeur, le rectorat de Terreville, le paiement de leur salaire.

Trois mois qu’ils n’ont pas vu un seul centime ! Recrutés depuis septembre, les Assistants d'Éducation et de Service aux Handicapés (AESH) qui assistent certains élèves dans les établissements scolaires (primaires, collèges et lycées) étaient sans salaire après trois mois d’activité. Une délégation s’est donc rendue mercredi 28 sous les fenêtres du recteur pour réclamer leur dû.

Ces assistants sont des contrats aidés, c’est-à-dire des précaires qui perçoivent un salaire correspondant à un temps partiel de quelques heures. On ne peut donc pas prétendre qu’il s’agit de salariés nantis… Et pourtant, le rectorat a trouvé le moyen d’avoir un comportement de patron voyou vis-à-vis de ces salariés en ne versant pas le peu qu’il leur doit.

Reçus par le directeur de cabinet du recteur, les salariés mobilisés ont obtenu que le rectorat leur verse un acompte de 700 € dans l’immédiat, et liquide le solde dans les jours prochains. C’est une situation que le rectorat connait depuis longtemps. Mais il aura fallu cette mobilisation pour qu’il s’exécute.


Guadeloupe : Basse-Terre, CASBT détournements de fonds publics destinés à l’eau

Quatre millions d’euros destinés à réparer le réseau d’eau potable et celui des eaux usées ont disparu à la CASBT (Communauté d’agglomération du Sud Basse-Terre). Ce 26 novembre la mise en examen de Michaux-Chevry et de deux de ses collaborateurs vient d’être annoncée.

Les faits reprochés sont : « détournement de fonds publics, participation à une association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée, prise illégale d’intérêt, faux et usage de faux, ainsi que recel d’abus de biens sociaux ». Le réseau confié à la CASBT est défectueux et les pertes en eau sont considérables. C’est le consommateur qui paie l’eau qui se perd dans le réseau. Par ailleurs la population de Basse-Terre, son Centre hospitalier, ont subi des épisodes de pollution de l’eau potable. Par contact de poisons dans le sol (chlordécone, hydrocarbures, voire excréments) avec des tuyaux devenus poreux, l’eau est polluée. Il apparait aujourd’hui que 7,6 millions d’euros ont été attribués à la CASBT pour les réparations. En février 2017 la Justice dénonçait une complicité entre des entreprises chargées de travaux publics par la CASBT et « certains fonctionnaires territoriaux et élus ». Il était question de « factures pour des prestations fictives » par des associations liées à la CASBT.

Des fonctionnaires territoriaux auraient versé ces fonds. Il était aussi question de « retraits en espèces » sur les comptes approvisionnés. Cela depuis 2010 ! Des fonctionnaires ont alors été mis en examen. Suite à une enquête, en avril 2017 Michaux-Chevry a été mise en examen, action écourtée suite à un malaise. Ce 26 novembre, les magouilles auraient été précisées par le parquet : il y aurait eu des « surfacturations ». Un véritable hold-up de l’argent public ! Les taxes sur l’eau représentent une grande partie des factures d’eau. Elles sont imposées à tous, pauvres comme riches. C’est déjà une grande injustice. Elles ne sont pas utilisées pour réparer le réseau. Mais elles seraient détournées, entre autres, par celle-là même qui appelait chaque habitant à verser une somme pour ces réparations !


Avis aux lecteurs !

Nous ne serons pas en mesure de faire paraître le prochain numéro du journal, le samedi 22 décembre, comme d’habitude, 15 jours après ce numéro. Le prochain numéro de Combat Ouvrier paraîtra donc le samedi 5 janvier 2019.


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