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CO de 2018/CO n° 1209 du 24 novembre 2018/Quatrième page

Quatrième page

Martinique : Martinique Catering : le combat continue

La direction de l'entreprise Martinique Catering (ex Servair) située à l’aéroport du Lamentin poursuit la procédure de licenciement qu’elle a engagée contre le représentant de la CGTM, Jean-Hugues Monphile.

Selon elle, ce militant aurait commis une faute grave. Les travailleurs quant à eux ne l’entendent pas de cette oreille. Ils affirment « qu’ils se trouvent confrontés à des tracasseries et à des comportements rédhibitoires, sans fondements et totalement manigancés par la direction de l'entreprise ». Ils dénoncent aussi « chaque année, les clashs de l’employeur ayant pour seul objectif de perturber les NAO dans l’entreprise ».

Cette situation qui dure depuis plusieurs mois a fait réagir les travailleurs du Syndicat CGTM Pompiers AÉROPORT PERSONNEL (SAMAC). Ils ont apporté leur soutien par un communiqué dans lequel ils déclarent : « Le combat des salariés de Martinique Catering est le nôtre. Ne nous laissons pas abuser, si Jean Hugues Monphile est attaqué si violemment par la direction de Martinique Catering, c’est parce que depuis 30 ans dans cette entreprise, il a constamment été celui qui s’oppose aux injustices et qui par ailleurs lutte sans cesse pour l’amélioration des conditions de travail. Il est évident que ses dénonciations et ses actions gênent la direction de la société Martinique Catering, qui aurait préféré exploiter ou encore précariser davantage les travailleurs sans opposition.

C’est donc pour ce combat qu’il mène depuis plus de 30 ans, qu’il est visé par les responsables de cette société. C’est parce qu’ils n’ont pas pu le bâillonner qu’aujourd’hui ils veulent le licencier. Alors face à cette situation, la CGTM POMPIERS AÉROPORT PERSONNEL (SAMAC), ne restera pas muette et ne laissera pas faire ! » L’affaire est sur les bureaux de l’inspecteur du travail.


France : Paris : retrouvée morte sur son lieu de travail

L’époque du BUMIDOM, qui organisa l’émigration de Guadeloupéens et Martiniquais dans les années 1960 et 1970, est reconnue comme celle de beaucoup de souffrances. Mais de nos jours, plusieurs témoignages indiquent, avec la crise, une recrudescence des discriminations racistes et des difficultés de vie pour les Noirs pauvres vivant en France.

Les réseaux sociaux et le journal Le Parisien se sont fait l’écho de la triste fin le 17 septembre de Madame Sabine Vorin, 59 ans, employée chargée du ménage et de l’entretien de la bibliothèque Couronnes-Naguib Mahfouz, à Belleville. Le syndicat CGT de la Ville de Paris a dénoncé le fait que la collègue Sabine travaillait « toute seule dans un bâtiment où il n’y avait personne d’autre ». Il avait déjà dénoncé cet isolement. Il explique que le lundi la bibliothèque est fermée et que c’est une étudiante, intriguée par de l'eau s'écoulant sous la porte de l'établissement le soir, qui a permis de découvrir le corps inanimé.

Le syndicat a demandé à la mairie la tenue d'un comité exceptionnel d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Mais, la ligue de défense noire africaine contactée par les collègues très choqués signale que le responsable de Sabine lui avait depuis peu proposé de quitter les locaux de la mairie du 20ème arrondissement de Paris où elle était le souffre-douleur de son directeur général. Il la harcelait devant témoins de propos racistes, sexistes et humiliants. Sabine Vorin serait décédée d’un arrêt cardiaque. Les harceleurs sont-ils conscients que le stress qu’ils créent peut tuer ? Ses collègues demandent justice pour Sabine Vorin !


Dans les entreprises

Pawòl a travayè bannann

SA Bois-Debout : Mobilisation chez l’administrateur provisoire

Suite à la décision de la Cour d’Appel de Bordeaux qui annule le plan de licenciement, les camarades licenciés sont allés réclamer des comptes à l’administrateur provisoire Miroite. Le 6 et le 9 novembre ils étaient une trentaine à exiger leur réintégration. Miroite a bien compris que les camarades étaient déterminés à obtenir gain de cause !

SA Bois-Debout : manifestation sur la plantation

Après Miroite, c’est le directeur Block de Friberg qui a reçu la visite des camarades licenciés. Ils se sont mobilisés le 12 novembre et Block n’a pas pu faire emballer ses bananes !

SA Bois-Debout : quand un planteur hors-la-loi se prend pour un juge

Pour décourager les camarades de poursuivre leur mobilisation, Block a affirmé que le jugement de la Cour d’Appel qui annule le plan de licenciement ne concerne pas la SA Bois-Debout. Dans ce cas pourquoi la SA Bois-Debout a saisi le Conseil d’État pour faire casser cette décision ?

Les Hauts de Cambrefort : Poumaroux veut jouer à l’afrikaner ?

Depuis quelque temps, le planteur sépare les camarades guadeloupéens des camarades haïtiens qui sont majoritaires sur la plantation. D’autres planteurs comme Tino Dambas avaient aussi joué à ce petit jeu avant que la grève des camarades haïtiens, guadeloupéens et dominiquais, en 2017, leur donne une leçon !

Échos des assurances

Les aides du Comité d’Entreprise bientôt taxées

La dernière trouvaille du gouvernement est d’adopter un amendement qui vise à assujettir les aides du CE au-delà d’un plafond de 331 euros par an et par salarié aux cotisations sociales patronales et à l’impôt sur le revenu des salariés. Ainsi dès 2019 le budget des CE pour aider les salariés à partir en vacances sera donc amputé de 50 %. Ce qui est un coup dur pour les plus bas salaires. Les salariés auront des difficultés à partir en vacances et à faire leurs enfants partir en colonies de vacances. Sans compter les suppressions d’emplois qui vont se produire.

Pour la route du Rhum il y a de l’argent 

Le secteur des finances est bien représenté parmi les sponsors. On ne retient pas le nom des marins mais celui des entreprises qui financent comme : Banque Populaire, Macif, Groupama entre autres. De l’argent il y en a pour cette course de prestige mais lorsqu’il s’agit d’améliorer les conditions de travail des salariés, il n’y en a pas.


Haïti : manifestations populaires le 18 novembre

 Le dimanche 18 novembre marquait l’anniversaire de la bataille de Vertières où les troupes des esclaves ont remporté la victoire sur les soldats de Napoléon, ouvrant la voie à l’indépendance d’Haïti. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince et dans le reste du pays.

Ils réclamaient le jugement des responsables des gouvernements de 2008 à 2015 qui ont dilapidé les milliards du fond Petro Caribe. Ils avaient été prêtés aux dirigeants dans le cadre de la vente par le Venezuela à Haïti de produits pétroliers au taux préférentiel. Il y a eu aussi des manifestations dans les autres grandes villes du pays. Les manifestants ont été attaqués par des individus armés et masqués qui ont tiré sur eux. Au Cap Haïtien, à Petit-Goave, à Saint Marc ainsi qu’à Port au Prince il y a eu des morts par balles. L’opposition rapportait un bilan provisoire de 11 morts. Des milliers de manifestants ont lancé des slogans demandant la démission du président Jovenel Moise et du premier ministre.

Lors d’une conférence de presse, après avoir félicité la population pour son courage, un sénateur de l’opposition a évoqué leurs perspectives. Ils proposent divers montages avec des parlementaires, d’anciens politiciens qui attendent leur tour pour accéder à la mangeoire du pouvoir en intégrant un gouvernement. Ils lancent un appel à « tous les secteurs de la population, y compris la classe ouvrière et le secteur paysan à les soutenir » et à continuer la mobilisation. Si ces derniers acceptaient, ils ne seraient que la masse de manœuvre pour permettre à ces politiciens de prendre la place des dirigeants actuels et continuer de servir les nantis.

Les jeunes présents dans les rues exprimaient d’autres revendications : « Pendant sa campagne électorale, Jovenel Moïse avait promis qu’il allait mettre à manger dans nos assiettes et de l’argent dans nos poches, mais voyez, après bientôt deux ans qu’il est au pouvoir, mon assiette et mes poches sont toujours vides ». La hausse des salaires ne figurait pourtant pas dans les slogans les plus entendus.

Depuis deux jours, Port au Prince est vide suite à un appel à la grève lancé en fin de manifestation par quelques organisations. La population est inquiète, ainsi que les marchandes des rues qui ne sont pas sorties par crainte d’affrontements armés. Les taxis, les bus n’ont pas fonctionné, les écoles et les commerces sont fermés. Les entreprises de la zone industrielle n’ont pas fonctionné. Au Cap, la situation était identique et aux Cayes des affrontements se sont produits qui ont fait des blessés. Dans le mouvement Petro Caribe, la population s’est mobilisée pour exprimer sa colère et elle est finalement utilisée par les politiciens pour faire pression sur Jovenel. Les intérêts de ces milliers d’exploités ne sont pas ceux des politiciens qui courent après les postes.

Les travailleurs ont intérêt à faire entendre leur voix, faire passer leurs revendications et défendre leurs intérêts propres.


Carlos Ghosn arrêté, bien d’autres sont en liberté !

Le patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, a été arrêté à Tokyo. Depuis des années, il dissimulait au fisc une part de ses revenus.  

En plus des 7,4 millions que Renault lui verse, Ghosn était payé 9 millions d'euros par an au Japon pour avoir « redressé » Nissan en sabrant des milliers d'emplois. Exploiter les ouvriers, les dépouiller de leur gagne-pain, c'est ce que les actionnaires attendent des PDG. Mais Ghosn s'est aussi servi dans la caisse de Nissan, et ça, ses actionnaires ne le lui pardonnent pas. Au Japon, ils discutent déjà de qui va remplacer Ghosn. En France aussi, c'est probable.

Mais quel que soit son successeur, ce n'est pas lui qui produira les voitures. Ce sont les ouvriers de France, du Japon et d'un peu partout dans le monde. Et ils auront le même intérêt à le combattre lui et ses actionnaires. Mais cette arrestation pour fraude fiscale notamment laisse supposer que bien d’autres que Ghosn cachent aussi des milliards. Selon le journal L’humanité il y aurait 100 milliards d’euros qui échapperaient à l’impôt chaque année en France. Beaucoup le font en gangsters mais beaucoup aussi en se servant des lois qui leur permettent de frauder sans être inquiétés.

Car l’appareil juridique est fait pour les capitalistes par les gouvernements et les serviteurs politiques qu’ils mettent eux mêmes en place. C’est les capitalistes et leur système qu’il faudra balayer un jour par une révolution.  


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