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CO de 2018/CO n° 1209 du 24 novembre 2018/Première page

Première page

Éditorial: Face à la baisse de notre niveau de vie, battons-nous pour l’augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations

Le 17 novembre, 300 000 personnes, les gilets jaunes, ont fait entendre leur colère sur près de 2 000 sites de blocages en France. Certains blocages ont été reconduits le lendemain ainsi que des opérations de « péage gratuit ». Ce mouvement a été lancé suite à l’annonce du gouvernement d’augmenter la taxe carbone sur le prix du carburant mais les manifestants ont surtout exprimé leur ras-le-bol face à la baisse de leur niveau de vie.  

Sur l’île de la Réunion, la mobilisation s’est transformée en explosion de colère. À partir du 1er janvier 2019, le gouvernement prévoit d’augmenter la taxe carbone avec sept centimes de plus sur le prix du litre de gazole et quatre centimes de plus pour l’essence. Cette augmentation intervient alors qu’en un an le prix du gazole a grimpé de 23% et celui l’essence de 15% en France.

Le Premier ministre a déclaré le 18 novembre qu’il avait entendu la colère mais que le gouvernement allait « maintenir le cap » c’est à dire son plan d’augmentation des taxes sur le carburant. Sous couvert d’écologie, Édouard Philippe veut augmenter ces taxes qui serviront à financer des nouveaux cadeaux au grand patronat.

Depuis son élection, Macron n’a pas lésiné sur les mesures anti-ouvrières pour offrir un « pognon de dingue » aux capitalistes pour qui tout va très bien. En un an, depuis l’élection de Macron, le nombre de millionnaires a augmenté de 260 000.

La première fortune de France, Bernard Arnault qui possède le groupe de luxe LVMH est devenu cette année le quatrième homme le plus riche au monde. Il a une fortune personnelle estimée à 73 milliards d’euros. De l’autre côté, les gilets jaunes regroupent certes des petits patrons, des petites professions libérales, qui sont victimes des mesures Macron, bien plus favorables au grand patronat, mais aussi des salariés. Des retraités et des chômeurs se sont aussi mobilisés pour protester contre la diminution de leurs revenus. Actuellement, la contestation s’exprime en particulier contre la hausse des carburants. Mais, en fait, tout augmente : le gaz, l’électricité, les loyers, les courses au supermarché… Une mère de famille au chômage expliquait d’ailleurs sur un barrage : « Ce n'est pas qu'une question d'essence ! Il y a des jours où je ne mange pas ».

Pour faire face à l’augmentation générale des prix, il est indispensable que les travailleurs exigent une augmentation générale des salaires, des retraites et des allocations et leur alignement automatique sur le coût réel de la vie. Il n’y a qu’ainsi qu’ils se protègeront contre l’appauvrissement qui résulte des politiques patronales et gouvernementales. Il ne suffit pas de dénoncer Macron seul ou le gouvernement, comme le font la droite et l’extrême droite, car eux ils ne sont que les petit commis des riches. Ceux qui ont le pouvoir réel parce qu’ils possèdent les biens et la richesse réels, ce sont les capitalistes. Il faut dénoncer et combattre ces capitalistes qui génèrent l’appauvrissement des travailleurs et des classes populaires.

Ceux qui expriment leur mécontentement ont raison. Aux Antilles, le coût de la vie est officiellement de 12% plus cher qu’en France. Mais surtout les prix des produits de consommation courante, de l’alimentation sont scandaleusement élevés. Les travailleurs ont intérêt à discuter entre eux de toutes ces questions. C’est en se mobilisant pour des augmentations de salaire indexées sur le coût réel de la vie que les travailleurs pourront défendre leurs propres intérêts. Pour se faire entendre les travailleurs disposent d’une arme puissante, celle de la grève, qui permet de bloquer l’économie et de frapper le patronat à son point sensible, son portefeuille !


Guadeloupe : Affaire Wendy : la procédure disciplinaire n’est qu’une mascarade !

ZoomLe 29 octobre, le président de l’université Eustase Janky a déclenché contre Wendy une procédure disciplinaire.

Janky a lancé cette procédure le jour où il a dû remettre à un huissier mandaté par Wendy une partie des documents qu’elle réclame. Ce n’est qu’une vengeance destinée à « l’achever ». D’ailleurs le 13 novembre, deux jours avant que la commission d’instruction ne se réunisse, Janky a annoncé sur RCI que la commission de jugement allait « entériner la décision » contre Wendy au mois de décembre. De quelle décision parle-t-il ? De la condamnation publique faite par le doyen Montauban dès le 19 septembre, et confirmée par lui-même dès le 8 octobre, bien avant toute réunion du conseil de discipline !

Pour se rattraper, le lendemain Janky a expliqué que la section disciplinaire de l’université est « indépendante ». Il a menti, encore une fois. Les deux enseignants qui ont auditionné Wendy le 15 novembre, lors de la commission d’instruction, sont des proches de Janky. Ils posent tout sourire sur le site de l’Université des Antilles à la rubrique « le président et son équipe ». Quant au « représentant étudiant », il a soutenu Janky quand il voulait faire revenir les « bandits » du Ceregmia à la fac et il avait réclamé que la police cogne les étudiants martiniquais en grève.

Grâce à Wendy les dirigeants de la fac révèlent leur vrai visage : des gens qui sont prêts à tout pour sauvegarder leur petit pouvoir. La mobilisation continue ! Chaque vendredi à 19h, meeting devant la fac de Fouillole !


Affaire Wendy : les faussaires ce sont eux

Janky, le président de l’Université, a utilisé un « rapport d’expertise graphologique » pour discréditer Wendy et l’accuser de tricherie à la télévision.

Grâce à l’action de son avocat Maître Calvaire, Wendy a pu lire ce document. Ses soutiens ont organisé une conférence de presse à l’université, le 13 novembre, pour montrer à tous que cette prétendue expertise n’est qu’un tissu d’âneries.

Mais il manque cinq pages dans le rapport remis par Janky. Il refuse de les transmettre à Wendy, et il prétend que l’huissier les aurait perdues, alors que le rapport est relié ! Encore une fois Janky fait preuve de malhonnêteté, comme lorsqu’il avait affirmé que Wendy a précisément besoin de 17,5 points pour passer en deuxième année, ce qui est complètement faux.

Il y a plus grave dans le rapport. À la page où elle analyse l’écriture de Wendy l’expert a fait un montage. Dans les documents qui sont de la main de Wendy et qui sont dans le rapport il y a de nombreux « 5 ». Mais l’expert en a choisi un seul, qui ressemble vaguement à celui du 17,5 sur la copie de Wendy.

L’expert a copié ce « 5 » en le faisant légèrement pivoter. Elle a ajouté un surlignage, et copié des dates à côté, pour faire croire qu’il s’agit de chiffres écrits à des moments différents. C’est une véritable falsification !


Le 12 novembre : la grève des enseignants

Le 12 novembre, les enseignants de l'Éducation nationale étaient appelés à faire grève dans toute la France contre les suppressions de postes.
Le gouvernement Macron a annoncé la suppression de 2 650 postes avant la prochaine rentrée scolaire. Cela signifie moins d’enseignants, l’augmentation du nombre d’élèves par classes et des conditions d’enseignement encore plus tendues. En France, des milliers d’enseignants ont fait grève et ont organisé des manifestations dans leur académie.
En Guadeloupe, également la grève appelée par les syndicats a été suivie. Une centaine d’enseignants grévistes s’est regroupée devant le rectorat aux Abymes après une opération escargot sur la rocade.
Il y a toutes les raisons de se sentir solidaires des enseignants et d'exiger les moyens nécessaires à un enseignement de qualité.


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