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CO de 2019-2018/CO n° 1207 du 27 octobre 2018/Quatrième page

Quatrième page

Guyane : Manifestation de lycéens contre l’expulsion d’un élève haïtien

Les élèves du lycée Anne-Marie Javouhey à Cayenne sont descendus dans la rue pour empêcher l’expulsion d’un de leurs camarades.

Ce jeune d’origine haïtienne était en centre de rétention depuis deux semaines quand soixante-dix élèves ont décidé de manifester et d’être reçus à la préfecture. Ces jeunes ont montré leur opposition à l’administration qui depuis septembre a encore aggravé les conditions des migrants en accélérant la procédure d’expulsion. Ils ont subi les gaz lacrymogènes sans sommation.

Des jeunes filles ont été jetées par terre, trois ont dû être conduites à l’hôpital. Selon les responsables des forces de l’ordre, il fallait « canaliser la fougue de ces jeunes ». Le cas de l’élève a été revu. On découvre que son père était naturalisé français depuis 1995.

Le 2 octobre, trois jours après la manifestation, la décision est tombée : pas d’expulsion ! Le combat de ces jeunes est un début. Leurs pancartes portaient : « Régularisation de tous les lycéens sans-papiers ».


Dans les entreprises

Sucrerie en lutte (Gardel)

Le chef des « rhumiers » monte au créneau Hervé Damoiseau n’a pas d’expression assez dure contre le gouvernement qui a annoncé le 16 octobre un amendement augmentant la taxe sur les alcools outre-mer. Sentant ses bénéfices menacés, il prend les devants et brandit la menace d’augmenter le prix de la bouteille de rhum. Hypocrisie du gouvernement Le gouvernement veut appliquer en Outre-mer les mêmes taxes sur l’alcool que dans l’Hexagone, cela amènerait un petit pactole dans les caisses de l’État. Mais qu’il ne prenne pas le prétexte de lutter contre l’alcoolisme dans les DOM. Pour cela il faudrait commencer par construire un hôpital en Guadeloupe.

Echos des assurances (Guadeloupe)

Inondations : des assurances aux profits bien assurés Face aux inondations dans l'Aude, qui ont déjà provoqué plus d’une dizaine de morts et des dégâts matériels importants, le Premier ministre Edouard Philippe a juré de prendre les choses en main et d'exiger des assurances qu'elles indemnisent le plus rapidement possible les particuliers. À chaque inondation, les ministres paradent, puis les sinistrés se débattent pendant des mois face aux assurances qui font traîner les indemnisations. Car quoi que disent les ministres, pour les assurances, leurs profits passent avant le reste.

Échos des hôpitaux (Martinique)

Effectif : c’est toujours la galère ! Il manquait sept IDE aux Urgences, deux au 3 D, plusieurs aussi en orthopédie. En obstétrique, près d’une dizaine de sages-femmes ne sont pas remplacées. Et à chaque fois, c’est bien nous les soignants qui payons un lourd tribut dans notre vie familiale, mais aussi dans notre corps. Messieurs et dames les décideurs, nous voulons des actes et non des mots ! Halte à cette politique de maltraitance à notre égard !

Echos des hôpitaux (Guadeloupe)

CHU : Bruits et odeurs Beaucoup de bruit pour affirmer que tout va pour le mieux, que la situation va en s’améliorant et que patients et employés n’ont plus à craindre pour leur vie. Mais les odeurs viennent tout démentir! Ce fut le cas la semaine dernière, lorsque tout le bâtiment abritant l’IFSI et la DRH fut évacué d’urgence pour des odeurs qui gênaient élèves et agents. En faisant moins de bruit, on arriverait peut-être à se concentrer sur les odeurs ?

Echos de Pôle emploi

Retour à l’envoyeur Décidément, les mails intempestifs nous informant que nous sommes en absence injustifiée alors que nous travaillons, ne passent pas. Certains collègues ont décidé de les renvoyer systématiquement à leur chef d’agence leur demandant de s’expliquer. Et devinez quoi ? Les directeurs se plaignent d’être harcelés ! C’est le comble. Un premier recul Après plusieurs jours, la direction a décidé, pour l’instant, d’arrêter de nous envoyer des mails qui nous menacent de voler notre salaire parce que nous refusons de badger. Pour qu’elle renonce à réviser à la baisse notre accord sur le temps de travail, la mobilisation doit continuer !


Haïti : les manifestants du 17 octobre font reculer Jovenel Moïse

Le 17 octobre, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province. Ils exigeaient du gouvernement des explications sur l’utilisation des fonds Petro-Caribe et réclamaient aussi le départ du président Jovenel Moïse. Dans les villes de province, des manifestants ont aussi défilé demandant le jugement des politiciens voleurs.

Le programme Petro Caribe a été initié il y a 12 ans par Chavez président du Venezuela avec plusieurs pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Il leur permet d’acquérir des produits pétroliers à meilleur coût et de payer leurs factures sur 25 ans à un taux d’intérêt de 1%. Une enquête sur le détournement de près de 2 milliards de dollars de ce fonds a mis en cause plusieurs anciens ministres du parti de Jovenel Moïse. Les rapports n'ont jamais été suivis de poursuites judiciaires. Piloté par des personnalités de la société civile, des petits-bourgeois, le mouvement "Petrocaribe Challenge" a été lancé en août sur les réseaux sociaux. Ils demandent où a été dépensé l'argent prêté par le Venezuela. Les appels répétés à des actions, des pétitions, ont abouti à la manifestation du 17 octobre dont l’objectif est la chute de Jovenel et des ministres corrompus.

Jovenel Moïse a été ébranlé et le 22 octobre, il a renvoyé 16 collaborateurs proches qui sont soupçonnés d’avoir trempé dans le scandale. Au mois de juillet Jovenel Moise s’était séparé de son premier ministre sous la pression des manifestants. Et c’est à nouveau la pression de la rue qui oblige le président à renvoyer son chef de cabinet qui est sur la liste des voleurs. Parmi la population pauvre, certains ont profité de la manifestation pour montre leur colère contre la vie chère, pour l’ajustement des salaires. Mais ils ne sont pas entendus par les politiciens qui dirigent le mouvement. Leur objectif se limite à changer l’équipe qui dirige afin de prendre possession des sièges alors libérés. Les travailleurs qui ont largement aidé à faire reculer Jovenel Moïse doivent se méfier de ces leaders et prendre en main leurs intérêts.  


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