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CO de 2018/CO n° 1207 du 27 octobre 2018/Troisième page

Troisième page

Il y a 50 ans: Jeux olympiques de 1968 : le poing levé des Noirs !

Le 17 octobre 1968, lors de la remise de leurs médailles aux Jeux olympiques de Mexico, deux athlètes noirs américains, Tommie Smith et John Carlos, lèvent le poing ganté de noir pour dénoncer les discriminations raciales subies par les Noirs aux USA. Ils n’imaginaient pas alors la portée de leur geste historique. C’est l’époque des grandes révoltes des Noirs américains contre la ségrégation raciale, contre l’absence de droits des citoyens noirs, pour les « droits civiques ».

Commencées avec Rosa Parks, Martin Luther King (assassiné en avril cette année-là), avec les Black Muslims (Musulmans noirs), Malcolm X puis les Black Panthers, ces luttes ont soulevé de grands espoirs pour les opprimés d’Amérique et du monde ainsi que pour le peuple noir de la Caraïbe. Tommie Smith et John Carlos étaient deux étudiants. Suite à cet acte symbolique au moment même où se jouait l’hymne américain, ils furent immédiatement exclus des Jeux olympiques, à vie.

À leur retour ils eurent beaucoup de mal à trouver du travail. Leur geste a marqué toute une génération de jeunes et de travailleurs politisés, blancs et noirs ; en particulier ceux en lutte pour l’émancipation des peuples colonisés. Et singulièrement les Noirs pauvres de tous les pays ont ressenti une grande fierté !  


Outre-mer: Cirque parlementaire autour de l’abattement fiscal en Outre-mer

Jeudi 18 octobre au soir, l'Assemblée nationale a adopté la réduction du plafond de l'abattement fiscal en Outre-mer. Le gouvernement est resté sur sa position. Cette position consiste à vouloir récupérer 70 millions d'euros en plus d’impôts sur le revenu, donc sur le dos des contribuables.

Le gouvernement parle des « contribuables aisés ». Qu’est-ce que ça peut vouloir dire pour des ministres qui présentent maintenant un simple CDI (Contrat à durée indéterminée), même à bas salaire, comme un privilège ? Ils prétendent que ces 70 millions seront réinvestis « en totalité et en transparence dans l'ensemble de nos Outre-mer sur des projets concrets dans les domaines de l'agriculture, du numérique ou encore du tourisme ». Pour eux donc, les dépenses courantes de la population, alimentation, santé, transports, etc., ne sont pas "concrètes" ! Et ils se préparent une fois encore à « concrétiser » sous formes d’aides au profit de ceux qui s’en gavent déjà, les grosses entreprises.

Les médias ont fait état d’un front commun des députés ultramarins, devant lequel le gouvernement n’aurait pas cédé. Il faut dire que ce « front » était dressé par ceux-là même qui, il y a quelques mois, approuvaient par avance, réclamaient même, de telles mesures, et, en prime, des attaques contre les 40 % des fonctionnaires. Le « rapport sur l'égalité » présenté au gouvernement de l’époque, le 15 mars 2016, par Victorin Lurel, annonçait déjà la couleur.

Le député PS de Guadeloupe, ex-ministre de l'Outre-mer, recommandait entre autres « une réflexion sur une réforme du dispositif des sur-rémunérations [lire les 40 %] » et « d’engager la suppression progressive de la réfaction [lire l’abattement] de l’impôt sur le revenu ». Aucune force politique, de droite comme de gauche, dans l’Hexagone ou outre-mer, n’avait vu à y redire. Certes, il disait : « après au moins deux plans quinquennaux de convergence », Macron se contente de devancer l’appel de Lurel, qui était à l’époque soutenu par Letchimy et les autres.  


Il y a 80 ans: La fondation de la Quatrième Internationale

La quatrième internationale fut créée le 3 septembre 1938 en France par une poignée de militants révolutionnaires. Léon Trotsky en a été le véritable initiateur et dirigeant. Ce dernier qui aux côtés de Lénine avait dirigé la révolution russe, avait été chassé d’URSS par Staline et la bureaucratie qui prit le pouvoir à partir de 1923.
Les internationales ouvrières
L’objectif des internationales a toujours été de coordonner et d’organiser au niveau international les luttes des travailleurs face au capitalisme qui domine le monde. Karl Marx fut à l’origine de la création de la première internationale, en 1864. Elle regroupait des militants français, anglais, allemands et italiens. Elle périclita suite à la désorganisation du mouvement ouvrier après la répression de la Commune de Paris en 1871. La deuxième internationale fut proclamée en 1889. La première guerre mondiale et les positions bellicistes et nationalistes de bon nombre de dirigeants de partis ouvriers qui votèrent les crédits de guerre, entrainèrent sa faillite. La troisième internationale, proclamée en 1919, dans le sillage de la révolution ouvrière russe fut une véritable direction révolutionnaire mondiale pendant au moins 4 années.


La lutte de Trotsky contre la dégénérescence de l’État ouvrier et de l’internationale communiste

Après la mort de Lénine en 1924 et la montée au pouvoir de la bureaucratie contre-révolution-naire, Trotsky et l’opposition de gauche tentèrent tout ce qui était possible pour que la classe ouvrière reprenne en main la direction de l’État soviétique. De même, ils tentèrent de redresser la troisième internationale dans cet objectif. Les partis communistes qui formaient la troisième internationale étaient inféodés au pouvoir stalinien.

La montée du nazisme, l’approche de la deuxième guerre mondiale et la défaite sans combat des communistes allemands sous les ordres de l’internationale stalinienne, persuadèrent Trostky que la troisième internationale ne pouvait plus jouer son rôle et que la constitution d’une quatrième internationale était nécessaire.

Si les travailleurs ne manquaient pas de combativité, comme en témoigne la grève générale de 1936 en France et les luttes acharnées menées en Espagne durant la guerre civile, la trahison de leurs directions les paralysait. Le mouvement ouvrier n’était plus à la hauteur du cataclysme qui se préparait.

Le « Programme de transition » rédigé par Trotsky, qui est celui de la quatrième internationale, avait pour objectif de relier le combat des travailleurs au quotidien avec l’objectif de la prise du pouvoir, d’établir un pont entre les revendications et le programme socialiste. Il proposait d’imposer par la lutte l’échelle mobile des salaires, à savoir l’augmentation des salaires calquée sur celle du coût de la vie. L’échelle mobile du temps de travail, à savoir la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Le contrôle des travailleurs sur la production, sur les comptes des entreprises, avec abolition du secret commercial et du secret bancaire. La nationalisation de toutes les banques privées et l’étatisation du système de crédit. Il montrait la nécessité de créer des comités d’usine et d’une milice ouvrière. Pour les pays colonisés et sous domination impérialiste, Trotsky encourageait et soutenait les luttes visant à rejeter cette domination, tout en rejetant la montée au pouvoir des bourgeoisies nationales. Les travailleurs au pouvoir sont « seuls capables de mener la révolution démocratique jusqu’au bout et d’ouvrir ainsi l’ère de la révolution sociale » écrivait-il.

Après la mort de Léon Trotsky

Après l’assassinat de Trotsky par un agent de Staline, en août 1940, les organisations qui constituaient la quatrième internationale ont perdu leur direction. Car c’est Léon Trotsky qui assurait la cohésion de l’ensemble par son autorité révolutionnaire, son expérience, la justesse de ses conseils dans de multiples situations.

Le seul parti trotskyste avait été l’opposition révolutionnaire au stalinisme en URSS même. Ses membres pétris de l’expérience de la révolution d’octobre 1917 ont été systématiquement éliminés dans les camps de Staline. Ailleurs, les groupes et individus qui militaient au sein de la quatrième internationale étaient coupés de la classe ouvrière. Il fallait renouer avec les traditions ouvrières du mouvement révolutionnaire communiste face à d’énormes partis ouvriers staliniens dont l’objectif n’était plus la révolution ouvrière. C’est jusqu’à aujourd’hui la tâche des militants trotskystes, c’est notre tâche à Combat ouvrier.

La quatrième internationale est à reconstruire. Le programme établi par Trotsky ne peut être imposé que par un mouvement ouvrier résolument offensif, en période d’explosion sociale. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Mais il conserve toute son actualité face à la crise mondiale dans laquelle nous enfonce le capitalisme. Il constitue pour le mouvement ouvrier une perspective d’avenir, car seule la classe des exploités peut barrer la route à la barbarie engendrée par le capitalisme et son organisation sociale à l’agonie.  


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