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CO de 2019-2018/CO n° 1207 du 27 octobre 2018/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe: SA Bois-Debout : deux succès pour les travailleurs

La semaine dernière, les ouvriers ont reçu deux décisions de justice qui condamnent la direction de la plantation. La première concerne la mort de l’ouvrier Simon Georges sur la plantation en 2009. Sa famille et ses camarades avaient entamé une lutte pour faire reconnaitre l’accident du travail.

L’ancien directeur Louis Dormoy avait été condamné à un an de prison avec sursis pour homicide involontaire. La récente décision condamne l’entreprise à verser au titre de dédommagement 20 000 € à la veuve de l’ouvrier et 10 000 € à chacun de ses enfants. La deuxième concerne le plan de licenciement de 49 salariés mis en œuvre par la direction au prétexte que la plantation avait des difficultés financières. En mai 2018, le directeur régional du travail avait validé ce plan.

Les ouvriers ont mené une campagne pour dénoncer ce plan dont le but était en réalité de réprimer la grève victorieuse d’avril 2017. Le 18 octobre 2018, la Cour d’Appel de Bordeaux a condamné la direction à annuler ce plan de licenciement. Ces victoires judiciaires sont les fruits des récentes luttes des ouvriers de la banane qui ont su se faire respecter par les autorités et les riches familles de planteurs.  


Guadeloupe: Banane : licenciement pour refus de travailler sans protection

Une cinquantaine d’ouvriers de différentes plantations se sont mobilisés le 22 octobre contre le licenciement d’un militant de la CGTG banane. Ils ont manifesté sur la plantation SCEA Cabou où travaille le militant. Le fils du patron a exigé que l’ouvrier répande de l’herbicide sans les protections nécessaires le 1er et le 15 octobre 2018. Le camarade qui venait en plus de suivre une formation sur les conditions de sécurité au travail a refusé et a exercé son droit de retrait. Le patron, suivant son fils, a décidé de licencier le militant. Les ouvriers ne laisseront ni le père, ni le fils, attaquer leur camarade ! Les grévistes se sont ensuite rendus à la Sécurité Sociale aux Abymes. Une directrice les a reçus. Elle leur a donné rendez-vous le 25 octobre pour débloquer la situation de six travailleurs gravement malades et qui ne perçoivent aucune indemnité.


Martinique: Manifestation des retraités

Le jeudi 18 octobre, quelques dizaines de retraités se sont rassemblés à la Maison des syndicats pour manifester leur colère face aux attaques du gouvernement Philippe-Macron. Ils répondaient à l’appel d’un Collectif des syndicats de retraités et associations de personnes âgées.

Les représentants syndicaux ont fustigé les attaques en cours. En plus de la hausse de la CSG de 1,7% depuis 2018, la revalorisation des pensions sera pour ainsi dire bloquée en 2019 et 2020 avec une hausse de 0,3% alors que l’inflation officielle dépasse 1,3%. Soit une perte de plus d’un demi-mois de pension par an. Un véritable vol sur des cotisations accumulées toute une vie de labeur durant. La présidente des associations des personnes âgées a décrit le quotidien de nombreuses personnes âgées percevant de maigres retraites. Y compris celles qui comptaient sur une subvention pour la réhabilitation de leur vieux logement et qui ont vu ces aides remises en cause par le gouvernement.

Plusieurs retraités présents sont intervenus pour proposer des actions pour mieux faire entendre la voix des retraités, tant parmi les salariés actifs, que dans leurs nombreuses activités sociales et bénévoles. La colère des retraités est bien légitime. Elle devra continuer à se manifester et rejoindre chaque fois que possible celle des salariés, des jeunes, des chômeurs, attaqués tour à tour par un président et un gouvernement au service des gros patrons et des plus riches. Car, seule la mobilisation de tous, massive et déterminée, permettra de bloquer leur machine infernale.


Guadeloupe: Olivier Serva : On pa douvan, dé pa si koté ou le tango des hypocrites

Les parlementaires du « Groupe Outre-mer » ont bien timidement essayé de s’opposer à la suppression de l’abattement fiscal de 30% dont bénéficiaient les contribuables des DOM. Certes, ce sont les contribuables les plus aisés qui en feront les frais, mais le seuil à partir duquel ce sera appliqué n’est pas si élevé, et touchera des salaires moyens, dans le public comme dans le privé. Olivier Serva dit avoir été convaincu par ses électeurs de la nocivité de cette mesure.

C’est oublier un peu vite que ce même Serva, adhérent de la majorité LREM (En Marche) est à l’origine du projet. Dans un communiqué de presse daté du 11 juillet 2018 avec l’en-tête de l’Assemblée nationale, intitulé « Abattement fiscal outre-mer : Olivier Serva pose ses conditions » il est dit qu’il ne soutiendra cet amendement qu’à la condition qu’il ne touche que 5% des contribuables les plus aisés.

Alors, vérité au mois de juillet, erreur en octobre ? Serva, est expert-comptable et conseille les riches contribuables pour réduire leurs impôts. Alors il fait semblant de faire marche arrière pour ne pas être trop isolé par rapport à sa clientèle et par rapport aux autres parlementaires devant une mesure qui va certainement fâcher lors du prochain prélèvement à la source. De même sur le sujet du passage à une assemblée unique, il prend le contrepied de Chalus et de ses amis du GUSR en disant qu’il n’y a pas urgence, essayant sans doute de se placer comme Lurel l’avait fait en 2001, afin de surfer sur une majorité d’électeurs hostiles au changement. Ce n’est pas le premier revirement de ce spécialiste de la navigation à vue, qui il y a quelques années avait affirmé des convictions homophobes en parlant « d’abomination », pour ensuite, après son élection, prendre la tête d’une mission contre l’homophobie sans doute sous la pression de ses amis d’En Marche.

Lors d’un débat avec les autres candidats aux législatives, dont notre camarade Diakok, Serva affirmait sans rire que « la principale cause du chômage, ce sont les syndicats qui empêchent les chômeurs d’accéder au travail », Une chose est sûre : il n’est pas un ami des travailleurs et de la population pauvre. Mais il est avant tout guidé par une ambition démesurée, et sa démarcation vis-à-vis de Chalus montre qu’il pourrait bien viser la Région, tout comme bien sûr la mairie des Abymes. Alors les larmes de crocodile qu’il verse à propos de la réduction de l’abattement fiscal ne doivent pas faire illusion : derrière les larmes, il y a surtout une énorme mâchoire.  


Guadeloupe: Vers l’Assemblée unique ?

Le milieu politique local de Guadeloupe relance le débat sur l’assemblée unique.

Il serait question dans ce cas de la suppression des deux assemblées, Conseil Régional et Assemblée départementale (ancien conseil général), comme en Martinique et en Guyane et leur remplacement par une Assemblée unique. Le président de région macronien, Ary Chalus, a tenu à déclarer qu’il était pour, tout en précisant qu’il ne sera pas le président de la nouvelle assemblée, sans que personne, du reste, ne lui ait posé la question.

Le PPDG (parti progressiste démocratique de la Guadeloupe, issu d’une vieille scission au sein du parti communiste guadeloupéen) s’est déclaré favorable à ce changement de statut. Le parti communiste guadeloupéen, présent au dernier congrès de ses anciens amis, puis ennemis et maintenant alliés, a déclaré qu’il était favorable à cette évolution de statut. La représentante de la droite LR (Les républicains) avait pris position contre ce changement de statut il y a plusieurs semaines.

Ce que certains élus souhaitent aussi, c’est la modification de la constitution de manière à ce que ce changement de statut puisse se faire sans consultation populaire, obligatoire maintenant, car ils craignent un non de la population. Certes, le simple bon sens milite en faveur d’une assemblée unique dans de petits territoires comme les nôtres. Mais ce n’est pas l’assemblée unique en elle-même qui changera de toute façon quoi que ce soit au sort des travailleurs et des classes populaires. Là-dessus, on les berce d’illusions. L’assemblée unique c’est un mieux pour les notables, pas pour les classes populaires. Pour ces dernières, il n’y aura qu’un seul moyen de changer leur sort : la lutte contre le patronat capitaliste et contre la classe politique en large majorité au service de ce patronat.  


Guadeloupe: Grève de la faim d’un transporteur de passagers

Stéphane Mélo a commencé une grève de la faim depuis un mois, dans une camionnette devant l’hôtel de Région à Basse-Terre. Il a décidé cette action pour protester contre sa condamnation à trois mois d’emprisonnement ferme pour activité illégale.

Il demande à être régularisé pour reprendre ses activités et gagner sa vie. Après 32 ans de service dans la zone de Jarry il n’a plus de garantie de transport face à la mise sur le marché des bus Karulys. Bien que son action soit isolée il est déterminé à aller jusqu’au bout. Une délégation du collectif des organisations lui a rendu visite pour le soutenir. Elle a été reçue par des responsables administratifs de la Région. Celle-ci ne s’était jusqu’ici pas préoccupée de ce gréviste de la faim ne serait-ce que sur le plan humanitaire.

Le SAMU a été envoyé sur place mais le médecin n’a pas jugé son état de santé assez grave pour le transporter dans un milieu hospitalier. Stéphane Mélo a décidé d’aller jusqu’au bout au péril de sa vie. Depuis l’arrivée des bus Karulys les transporteurs propriétaires des mini-bus ont subi des contrôles sévères pour qu’ils soient éliminés du marché. Pourtant ces mini-bus ne sont pas de trop. De nombreux passagers ne trouvent pas de transport pour aller à Jarry. Cap Excellence qui gère la nouvelle organisation du transport s’est-elle préoccupé du sort de ces petits conducteurs qui sont aujourd’hui à la rue ?

Il serait plus juste de légaliser leur situation. Stéphane Mélo ne doit pas être la victime d’une telle politique de discrimination.