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CO de 2019-2018/CO n° 1207 du 27 octobre 2018/Première page

Première page

Éditorial: Attaques contre les retraites : préparons la riposte !

Depuis le début de l’année, des centaines de milliers de retraités protestent plus énergiquement contre l’aggravation de leurs conditions de vie, contre les mesures du gouvernement Macron qui veut leur faire les poches.

Ils ont de nouveau manifesté le jeudi 18 octobre pour dénoncer notamment la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée), une taxe prélevée sur les revenus et qui touche plus durement les retraités. En Martinique aussi des retraités ont manifesté ce jour-là. Depuis le 1er janvier 2018, plus de 7 millions de ménages comptant au moins un retraité ont perdu entre 24 et 50 euros sur leurs pensions chaque mois. Cela peut paraître dérisoire mais pour beaucoup c’est une somme considérable. Combien de retraités doivent se soigner ou aider des membres de leur famille plus en difficulté, en chômage de longue durée par exemple ? Le gouvernement a déjà annoncé de nouvelles réformes. Il voudrait remplacer tous les régimes de retraite par un système unique, dit « par point ». Les pensions seraient calculées sur la base des salaires perçus durant l'ensemble de la carrière, au lieu des six derniers mois dans la fonction publique et 25 dernières années dans le privé. C'est un piège : toutes les retraites seront revues à la baisse, surtout lorsque le travailleur a connu des périodes de très bas salaires ou de chômage.

Ces attaques sont criminelles et vont encore aggraver la situation déjà précaire de centaines de milliers de petits retraités. Dans les départements d’Outre-mer, où le taux de chômage est plus élevé que dans le reste de la France, le nombre de personnes qui n'ont pas suffisamment cotisé aux régimes de retraite pendant leur vie active est proportionnellement plus élevé. Avec 300 € par mois, de nombreuses personnes âgées vivent dans l’indigence. Certaines bénéficient de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), appelée aussi minimum vieillesse, très insuffisant. Dans ces départements, le coût de la vie est beaucoup plus élevé qu’en métropole. Les primes, notamment celle des 40 % de vie chère que touchent les fonctionnaires, ne sont pas comptabilisées pour le calcul de la retraite. Cela représente une perte, sèche, brutale, considérable de revenu.

L’autre problème alarmant concerne l’attribution de la pension de retraite. À cause de défaillances administratives au niveau des Caisses générales de Sécurité sociale (CGSS) en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, certains retraités ne perçoivent pas leur pension pendant plusieurs mois voire plusieurs années. Des témoignages de retraités font état de dossiers bloqués depuis quatre ans ! La situation est aggravée par les difficultés d’accès des retraités aux services, les dossiers devant être traités par Internet. Dans leur course aux économies et par leur politique qui consiste à appauvrir les classes populaires pour remplir les caisses des riches, Macron et ses sbires aggravent la misère sur tous les territoires. Par ces attaques contre l’ensemble des travailleurs, les gouvernements successifs engraissent capitalistes et riches qui, eux, n’ont aucun souci à se faire pour leurs vieux jours. Les retraites, ainsi que les salaires et les minima sociaux, devraient être calculés selon le coût de la vie et augmenter chaque fois que le coût de la vie augmente. Et en fait, les retraites devraient tout simplement être égales au salaire. A-t-on moins de besoins à 65 ans, à 70 ans et après ?

Ces revendications sont vitales pour les classes populaires mais elles ne pourront être arrachées à l’État et au patronat que lorsque toutes les catégories de la population, avec les travailleurs salariés en tête, se mobiliseront massivement.  


Martinique: Les agents contractuels de la CTM tiennent bon

Alfred Marie-Jeanne (MIM) Président du conseil exécutif de la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) a décidé de ne pas rappeler une quarantaine d’agents contractuels. Ces derniers, exerçant dans les établissements scolaires, se sont mobilisés pour être réembauchés.

Face à la détermination des agents mobilisés, Marie-Jeanne a saisi la « justice coloniale française », pour reprendre une expression qu’il affectionne, afin de contraindre les agents et les représentants syndicaux qui les soutiennent à mettre un terme au mouvement. Ainsi, le 12 octobre, trois responsables syndicaux ont été cités en référé. L’audience a d’abord été renvoyée au 17. Mais ayant constaté que le mouvement ne baissait pas, Marie-Jeanne a fini par accepter de rencontrer une délégation le 16 octobre. Mais cette rencontre tourna court.

Le lendemain 17 octobre, à l’audience, les représentants syndicaux mis en cause ont appris le retrait de la plainte. Pour autant, il n’y a toujours pas de réponse quant à la réembauche. À l’occasion de ce conflit on a pu voir se succéder devant micros et caméras les conseillers de la CTM, Francis Carole du Palima (Parti pour la libération de la Martinique), Sylvia Saithoothane, etc., pour expliquer doctement, par exemple ce qu’est un CDD. Face à cette coalition, les agents contractuels ont bien raison de ne pas baisser les bras. C’est par leur détermination, qu’ils pourront avoir gain de cause contre ces politiciens, indépendantistes ou non, mais tous serviteurs de la bourgeoisie locale.  


Guadeloupe: Affaire Wendy : le combat continue, sur tous les fronts

Wendy n’est toujours pas inscrite en deuxième année à la faculté de droit de Fouillole. Les dirigeants de l’université refusent pour l’instant de lui donner gain de cause, mais Wendy ne désarme pas. Au niveau judiciaire, la défense de Wendy est assurée par Maître Calvaire. Il a effectué les premières démarches nécessaires au lancement d’une procédure. Wendy et sa famille sont soutenues par les jeunes du journal Rebelle ! ainsi que par Combat ouvrier et les Insoumis Gwadloup. Des distributions de tracts ont lieu régulièrement auprès de la population, ainsi qu’en direction des lycéens et des étudiants. La pétition continue à circuler. Trois meetings d’information et de soutien ont déjà été organisés devant l’université. Prochain meeting : vendredi 9 novembre, à 19h, à l’entrée du campus de Fouillole. Venez nombreux !


Guadeloupe: Encore un exemple du mépris de ceux qui dirigent contre les pauvres !

Extraits de l’édito de nos bulletins d’entreprise

Depuis le mois de juillet, les dirigeants de la fac de droit (le doyen Montauban) et de l’université (le président Janky) refusent de rétablir dans ses droits une étudiante qui aurait dû passer en deuxième année. Wendy a eu des problèmes pour quatre matières au total, pas seulement pour la copie d’examen qui a été égarée. Pendant deux mois Wendy et sa mère ont multiplié les démarches, sans succès.

Montauban, doyen de droit, se contentait de les envoyer balader. Après tout, pourquoi s’embêter pour une malheureuse et sa fille ? Elles finiront bien par baisser la tête ! Alors le 8 octobre, Janky a fait deux choses. Le matin, il leur a envoyé un courrier de refus du passage en deuxième année. Il a même refusé de donner à Wendy le 20/20 qu’elle avait obtenu en anglais, note que son professeur a attestée par écrit. Le soir, il est allé à la télévision pour calomnier Wendy, en affirmant qu’il possédait un rapport d’expert « sans équivoque » et accablant pour Wendy.

Ce rapport, il ne l’a pas montré à quiconque. Mais sa parole, en tant que professeur de médecine réputé et président de l’université, a déclenché un véritable lynchage de Wendy sur les réseaux sociaux. Elle a été littéralement traînée dans la boue. Un appel au viol a même circulé ! Mais Wendy et sa mère continuent à demander justice, et elles ont raison ! Leur histoire, c’est celle de tous les pauvres gens lorsqu’ils doivent affronter ceux qui ont du pouvoir. On commence par rencontrer le mépris et l’indifférence, et si on persiste – parce qu’on est dans son bon droit – alors on doit faire face à la calomnie, la haine, parce qu’on a osé « regarder le maître dans les yeux ».    


Guadeloupe: Le journal Rebelle ! a fêté ses dix ans

Le 20 octobre, nos camarades du journal Rebelle ! ont fêté ses dix ans. Une soixantaine de jeunes et moins jeunes ont participé à cet anniversaire. Á cette occasion les membres du journal ont rappelé les raisons de sa création et la nécessité pour les jeunes de s’engager et de se battre contre le système capitaliste. Ils ont aussi abordé les luttes menées depuis dix ans, notamment le combat contre le sexisme, contre l’oppression de la jeunesse et aujourd’hui l’affaire Wendy. Ils ont aussi évoqué les soutiens apportés aux travailleurs en lutte. Un camarade de Combat ouvrier a pris la parole, ainsi qu’un ouvrier de la banane. Les interventions ont été entrecoupées de musique. Un groupe musical a mis l’ambiance et des graffeurs ont montré leur talent artistique. Cette fête a permis de réunir les jeunes révoltés par les injustices, certains d’entre eux poursuivent la lutte aux côtés des travailleurs pour ébranler ce système qui n’offre aucune perspective à la jeunesse.


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