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CO de 2018/CO n° 1206 du 13 octobre 2018/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe: Halte au mépris social à Fouillole ! Justice pour Wendy maintenant !

Extrait du tract de Rebelle ! du 5 octobre dernier. La présidence qui, il y a quelque mois, voulait « jeter l’éponge » sur les agissements criminels de Célimène et des escrocs avérés du CEREGMIA, condamne aujourd’hui Wendy parce que – disent-ils – ils n’ont pas trouvé « de preuves » que Wendy est innocente… au mépris des règles de droit les plus élémentaires ! On croit rêver !

Ces gens qui mentent et injurient Wendy dans la presse comme le doyen Montauban ou le « prof » Mignot, qui se cachent quand on doit les rencontrer, ces gens n’enseignent pas le droit mais « la loi du plus fort ». Si Wendy avait été la fille du préfet ou une amie des riches békés, le problème aurait été réglé immédiatement !

Ces gens qui président à une fac où chaque semestre, des dizaines d’étudiants sont victimes de listes d’émargement fantaisistes, de notes ou de copies perdues, de contrôles continus oubliés, de sites d’inscription pédagogique complètement plantés, méprisent les étudiants et leurs parents et veulent en réalité protéger leur « droit » à leur claquer la porte au nez ! Ça leur facilite tellement la vie !

Ces gens qui terrorisent les personnels et les profs les moins gradés – au point de se permettre souvent de ne pas les payer ! – qui ont laissé des millions d’euros être détournés au vu et au su de tout le monde, ces gens n’ont aucune leçon à donner ! Ces gens qui dirigent une fac où des promotions entières sont obligées de repasser des examens en droit ou en médecine parce que les copies ont disparu, mouillées par la pluie, perdues dans la voiture d’un examinateur, doivent cesser cette arrogance. Nous avons même maintenant des témoignages d’étudiants qui sont admis à la fac, déménagent pour venir en Guadeloupe, payent leurs frais d’inscription et à qui on annonce, au début des cours, que la filière dans laquelle ils se sont inscrits… n’existe pas !

En vérité, ces gens qui insultent Wendy et sa maman, qui prétendent faire la morale aux étudiants devraient se cacher dans un trou tellement ils devraient avoir honte !

REBELLE ! Avec le soutien de : la FSU, la CGTG, Combat Ouvrier, le CIPN, les Insoumis Gwadloup, Jean-Marie Nomertin, Rose-Hellen Petit (Enseignante-chercheuse à la retraite), Lita Dahomay (Enseignante à la retraite), Luc Reinette, Max Céleste, etc. Le 5 octobre 2018


Affaire Wendy : expertise ou interprétation ?

Lundi 8 octobre le président de l’université, Janky, est passé au journal télévisé de Guadeloupe Première à 19h 30. Encouragé par une « journaliste » en mal de sensationnel, qui parlait de fraude et de conseil de discipline, il a expliqué qu’un expert avait certifié que la note de 17,5 portée sur la copie n’était pas de la main du prof « et que si on veut pousser plus loin c’est l’étudiante elle-même qui a apposé une note ». Nous posons trois questions à M. Janky. D’ABORD, pourquoi a-t-il envoyé hier matin un courrier à Wendy (on en reparlera en détail plus tard) pour lui annoncer qu’elle ne pourra pas passer en 2e année AVANT que l’expertise lui parvienne, dans l’après-midi. ENSUITE, pourquoi a-t-il fait cette expertise, si c’est pour donner sa propre interprétation et calomnier Wendy, sans s’arrêter à CE QUE L’EXPERT A DIT mais en disant « si on veut pousser plus loin… ».

ENFIN, l’université va-t-elle se décider à transmettre à Wendy les DOCUMENTS (liste d’émargement, copie d’examen, rapport de l’expert) pour lui permettre de se défendre, ce qu’elle demande depuis des semaines ? Paru dans la page facebook du journal Rebelle ! Le président de l’université fait tout pour masquer la vérité Wendy et sa mère notamment ont répondu à la convocation du président Janky mardi 9 octobre à 11h 30. Le président Janky a refusé que leur soit communiqué le soi disant rapport d’expertise de graphologie. Jusqu’à présent Wendy n’a pas accès à son dossier. L’administration ne veut pas lui communiquer les pièces.


Guadeloupe: Rebelle ! fête ses dix ans d’existence !

Le samedi 20 octobre, nos camarades du journal « Rebelle ! » fêteront leur dixième anniversaire. Ils le feront lors d’un rassemblement à Pointe-à-Pitre dans la salle du centre culturel Sonis, de 14h à 20h. Ce petit journal lycéen et étudiant a été créé à l’initiative de militants de Combat Ouvrier et de jeunes sans parti. Journal persifleur, et irrévérencieux, Rebelle ! dénonce le système capitaliste actuel.

Il dénonce donc les conséquences de ce système sur l’éducation de la jeunesse dominée par les idées de la classe dominante, la bourgeoisie et ses relais conscients ou pas. Il a dénoncé le sexisme et le harcèlement sexuel y compris de certains professeurs envers les élèves femmes. Deux de ses militants ont été poursuivis par la justice de classe. L’un a été condamné injustement à une peine de prison avec sursis. Aujourd’hui, Rebelle ! est en pointe dans le combat pour soutenir Wendy !

Les travailleurs ne peuvent que se féliciter de l’existence d’un groupe de jeunes qui combattent le système capitaliste. Car, comme le disait un grand révolutionnaire allemand, Karl Liebknecht, « la jeunesse est la flamme de la révolution prolétarienne » ! Longue vie à Rebelle !


Guadeloupe: Lettre ouverte au doyen de la faculté des sciences économiques et juridiques de Fouillole. JUSTICE POUR WENDY

Monsieur le doyen, la révolte de l’étudiante Wendy contre les abus et les injustices qui règnent à la Faculté des sciences économiques et juridiques à l’Université de Fouillole m’interpelle.

Wendy était en première année en droit et ne peut pas s’inscrire en deuxième année car elle a eu un zéro à un examen. Pourquoi ? Parce que, comme cela arrive souvent, trop souvent dans cette faculté, l’administration ne retrouvait pas sa copie. Et tout ce que les responsables ont trouvé à faire : lui mettre un zéro ! Wendy se bat, avec sa mère, elle explique, son nom n’était pas sur la liste des inscrits à l’examen : première erreur de l’administration ! Ce genre d’oublis de l’administration est à l’image du peu de cas fait des étudiants de première année en droit. Dans cette faculté, seuls 10 à 15% des étudiants de 1ère année passent en deuxième année ; et cela souvent après avoir redoublé la première année. Mais comment véritablement faire progresser plus de 600 étudiants entassés dans un même amphi, parfois assis par terre ? Un enseignant de droit m’avait expliqué : contrairement aux Sciences (où je travaillais), ici, nous avons des étudiants avec des « bacs de merde ». C’est avec ce mépris que sont traités les étudiants de première année en droit : ils sont là pour échouer. Ces étudiants se plaignent souvent de cours pas faits. Un enseignant peut, pour avoir entendu un bruit, prendre son sac et quitter la salle où il a cours.

Un autre venait faire huit heures de cours d’affilée à des étudiants de première année. Cela lui convenait. Dans ces histoires de listes d’examens mal faites, jamais corrigées, trop d’étudiants, terrorisés, ont accepté cette injustice, de peur d’être « saqués ». Oui cela existe dans cette université ! J’y ai travaillé trente ans et j’ai pu le constater. Une responsable administrative m’a d’ailleurs déclaré que si Wendy passe en deuxième année, elle devra faire attention, elle pourra être « saquée ». En apprenant les souffrances de Wendy, celles et ceux qui ont étudié le droit à Fouillole, ils sont nombreux en Guadeloupe, témoignent, même des années après, des faibles taux de réussite et des injustices, surtout vis-à-vis des plus modestes. Mais, Wendy et sa mère ne voient aucune raison de subir l’injustice. Il faut ajouter que le cas de Wendy dépasse l’imagination : outre l’examen écrit, elle subit d’autres « erreurs ». Ainsi, dans une autre matière, malgré ses quatre notes de contrôle continu, 13, 13, 14, 16, la moyenne calculée par l’administration est de 6,75 !

Wendy a cherché le soutien du doyen, elle a trouvé un doyen qui ne prend pas le temps de vous écouter, qui préfère vous inventer des torts pour se débarrasser du problème. Le pouvoir qu’il a d’améliorer les conditions des étudiants, de leur assurer la meilleure formation possible, il s’en sert comme d’un moyen de pouvoir, de répression.

Je repense au cas d’une étudiante dans cette même faculté en 2012 : elle ne pouvait s’inscrire en master 2 alors qu’elle avait réussi son master 1. Lorsque ce même doyen a eu à régler le conflit avec l’enseignant, responsable du master, qui ne voulait pas accepter cette étudiante, ce doyen qui en avait pourtant le pouvoir, a attendu le mois de décembre pour autoriser cette étudiante à poursuivre ses études. Autorité et sévérité face à l’étudiante, docilité face au collègue professeur. Aujourd’hui encore, quel contrôle sur le responsable de l’examen de Wendy qui donne ses copies à corriger à d’autres et qui vend ses polycopiés an ba fey (sous le manteau) ? Avez-vous vérifié si ces polycopiés n’ont pas été faits avec le papier, l’encre et l’huile de coude du chargé de photocopies de l’université ? Vraiment, Monsieur le doyen, vous pouvez faciliter la vie des étudiants, leur accorder votre aide face aux dysfonctionnements de l’administration et des collègues. Sans étudiants, quelle est votre utilité ? Reconnaissez que ces disparitions de copies et des listes d’examens incomplètes sont un fléau récurrent de votre faculté et courageusement, trouvez une solution pour que Wendy s’inscrive en deuxième année. Vous pouvez m’écouter, vous savez la quantité de problèmes résolus, de combats menés pendant les 30 ans que j’ai passés à Fouillole. Lors de mon départ à la retraite, vous avez annoncé que vous « preniez le relais ». Il est grand temps. La colère de Wendy est une chance pour Fouillole, pour qu’il y vive le véritable esprit que l’on doit espérer trouver dans une université.

Rose Helen Petit, Professeure des universités à la retraite


Brésil: Élections : derrière la montée de l’extrême-droite

Le candidat d’extrême-droite, Jaïl Bolsonaro, est arrivé largement en tête du premier tour des élections présidentielles au Brésil. Son parti, le Parti libéral, fait aussi une avancée spectaculaire aux législatives, avec 51 députés, alors qu’il n’en avait que 8 en 2014. Le candidat du parti des travailleurs, Fernando Haddad, réalise 29,24% des voix. Il y aura donc un second tour. Bolsonaro se signale comme un nostalgique de la dictature militaire qui a sévi au Brésil de 1964 à 1985. Sa campagne a été émaillée de propos orduriers visant les femmes, les homosexuels. Il est ouvertement raciste et affiche son anticommunisme et son catholicisme.

Il se propose de généraliser le port d’arme et appelle au meurtre contre les délinquants et les militants de gauche. Mais au-delà, Bolsonaro promet un redressement économique, une politique moins corrompue, un renforcement de la sécurité. Il surfe donc sur la crise économique qui gangrène le Brésil depuis 2014 et sur les affaires de corruption qui ont décrédibilisé les précédents gouvernements. Pourtant, les pots de vin et autres largesses de la société Pétrobras (production pétrolière), à l’origine du scandale, ont arrosé la plupart des partis politiques, de la droite à la gauche, y compris le sien. Le candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad, représente dans ces élections l’ex-président Lula, qui est actuellement emprisonné sous l’inculpation de corruption.

Lula a été un président populaire qui a dirigé le pays de 2003 à 2014. Et c’est surtout cela que la bourgeoisie brésilienne lui reproche en réalité. Ne pouvant exercer un troisième mandat, Lula avait alors cédé la place à Dilma Rousseff. Celle-ci, accusée de corruption a été destituée en 2016. Lula, ancien ouvrier métallurgiste, a dû sa popularité à quelques mesures sociales que lui ont permises la prospérité économique dont a bénéficié le pays durant ses mandatures. Aujourd’hui la crise économique plonge les plus pauvres dans la misère profonde. La criminalité est galopante et le discours fallacieux de Bolsonaro séduit au-delà de son électorat dédié de la bourgeoisie.

Les travailleurs et les pauvres ont été déçus par la politique menée par Dilma Rousseff et son successeur Temer, qui ne s’est même pas représenté. L’extrême-droite au pouvoir ne pourra que les enfoncer davantage.


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