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CO de 2019-2018/CO n° 1205 du 29 septembre 2018/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Visite de Macron

Le président français Emmanuel Macron devait arriver en Martinique mercredi 26 septembre. Il devait repartir le lendemain 27 en direction de la Guadeloupe et de Saint-Martin.  

Macron devait débarquer avec ses conseillers bien sûr, mais également certains ministres, dont celle de la Santé, Agnès Buzyn. Avant son arrivée, Jacky Lecourtiller, le représentant de son mouvement en Martinique, a bien sûr vanté les mesures prises et à venir de Macron, tout en prêchant la patience. Macron, ancien conseiller puis ministre de Hollande, a montré son mépris à l’égard des travailleurs et des pauvres, à travers notamment ses déclarations. Mais il a également montré toute l’attention qu’il porte aux riches.

Ce sont ces raisons qui ont conduit plusieurs syndicats et associations à appeler les travailleurs et tous ceux qui sont victimes de la politique de Macron à manifester jeudi 27 à Fort-de-France. La manifestation, qui n’a pas encore eu lieu à l’heure où nous écrivons, doit débuter par un rassemblement à la Maison des Syndicats, puis se poursuivre par un défilé de rue. Situation de l’hôpital public, suppressions de postes dans les administrations, attaques contre les pensions des retraités, réformes à venir du système des retraites et de l’allocation chômage, droits syndicaux non respectés, slogans contre l’empoisonnement par le chlordécone : tels sont quelques-uns des griefs qui doivent se faire entendre. Notre organisation, Combat ouvrier, a également appelé ses militants et sympathisants à se joindre à cette mobilisation.

Il faudra beaucoup plus qu’une simple journée de grève pour mettre un coup d’arrêt aux attaques de Macron et revenir sur tous les sacrifices imposés à la classe ouvrière par les gouvernements successifs. Mais la première chose est d’affirmer dans la grève et dans la rue que les travailleurs refusent de subir cette politique au service des grands groupes capitalistes.


Jeudi 27 septembre 2018, Faisons entendre nos colères ! Défendons nos revendications !

Nous publions ci-dessous le tract des syndicats et de certaines associations qui appellent à manifester lors de l’arrivée de Macron en Martinique.  

C'est le moment de dire avec force: nou bon épi sa ! Les retraités, déjà grugés avec l'augmentation de la CSG, sont face à de nouvelles menaces ! Ils se retrouvent avec des retraites scandaleusement bloquées malgré les augmentations du coût de la vie. Le coût de la vie augmente alors que les salaires sont en berne. L'hôpital change de gouvernance, mais les problèmes de manque de moyens et d'effectifs restent. On bavarde sur le chlordécone, mais l'empoisonnement se poursuit par Asulox, glyphosate et compagnie et les ouvriers agricoles n'ont toujours  aucun  suivi médical. Les sargasses continuent de nous pourrir la vie. L’École subit les suppressions d'emplois, alors qu’ils sont indispensables, et des centaines de "contrats aidés" se retrouvent à la rue. Les chômeurs sont dans le collimateur, tandis que les gros sont gavés de nouveaux cadeaux par l'État. Les droits syndicaux sont rognés et de plus bafoués. Le mépris éclate dans le non-respect de décisions de justice lorsqu’elles leur sont défavorables. Les organisations soussignées appellent à la mobilisation le 27 septembre 2018 pour protester ensemble !

Nou ni rézon lévé !
Sur tous ces sujets, les organisations syndicales et associatives ont des revendications avec les mêmes exigences : des moyens financiers ! Des plans cohérents négociés avec la population ! L'implication des élus et des collectivités non pas contre le peuple mais à ses côtés !

LE 27 SEPTEMBRE 2018, MACRON ET LES SIENS DOIVENT ENTENDRE LA VOIX DE LA POPULATION. ANNOU PRAN LARI-A ET PRÉPARONS NOUS POUR LA SUITE Seule la lutte paye !  

Rendez-vous le 27 septembre à 8h à la Maison des Syndicats

Syndicats : CDMT, CGTM, CSTM, FSU, UNSA, USAM Associations : AS.SAU.PA.MAR, Collectif des retraités (FGR, CGTM, FSU, CGTM-FSM Retraités, CDMT, Fédération des Associations et Clubs de 3ème âge de Martinique), Lyannaj Pou Dépolyé Matnik, Coordination Vigilance Sargasses.


Guadeloupe Pointe-à-Pitre : la CCI bloquée

Huit salariés de la CCI/IG (Chambre de commerce et d’Industrie / Iles de Guadeloupe) ont été sanctionnés pour avoir respecté les horaires de vacances en vigueur avec l’ancien président. Le nouveau, Vial-Collet, avait annoncé en assemblée générale qu’il n’approuvait pas l’accord signé par son prédécesseur. Il leur a alors infligé 10 jours sans solde et sans autorisation d’accès à la CCI. Lundi 17 septembre, les travailleurs de la CCI choqués par cette décision mesquine, ont, avec le syndicat UGTG, bloqué l’accès à la CCI. Ce barrage a duré deux jours. Le président s’appuyant sur une décision de justice, a fait intervenir les forces de l’ordre qui ont levé le barrage mercredi matin. Les travailleurs n’ont pas encore obtenu gain de cause mais au moins, ils ont fait connaitre leur mécontentement à la population.


Martinique CTM : Grève pour dénoncer des mesures discriminatoires

Enseignants, agents de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), etc. se sont mobilisés pour dénoncer les conditions dans lesquelles l’année scolaire risque de se dérouler.  

La CTM, qui est l’employeur des agents exerçant dans les collèges et les lycées publics, a laissé sur le carreau 41 agents contractuels. Ces derniers avaient pourtant des appréciations favorables des chefs d’établissement où ils avaient servi.

 Pour les remplacer, le président du Comité Exécutif de la CTM, Alfred Marie-Jeanne, a procédé à de nouvelles embauches et aurait même déclaré qu’il fallait « du sang neuf ». D’autres élus ont dénoncé la mobilisation des agents soutenus par deux syndicats au prétexte qu’ils savaient qu’ils avaient un contrat à durée déterminée. C’est ainsi que dans France-Antilles du 21 septembre 2018, Sylviane Saïthsoothane, conseillère exécutive chargée de l'Éducation à la CTM, élue de la droite, ancienne directrice d’école (1er degré), ancienne adhérente d’un syndicat d’enseignants, a déclaré : « J'estime que les contrats à durée déterminée ont forcément un début et une fin, et il appartient au président de choisir la méthodologie qu'il veut pour renouveler ou pas les contrats...». En fait de « méthodologie », il a été mis en évidence que les agents non rappelés sont ciblés. Ils auraient pour la grande majorité été recrutés durant la mandature de Serge Letchimy (de 2010 à 2015) ennemi politique de Marie-Jeanne. Face au refus de ce dernier de les recevoir, les deux syndicats CGTM représentés à la CTM ont déposé un préavis de grève le 5 septembre 2018. Et face à l’obstination persistante du président de la CTM à ne pas discuter, les agents des services techniques de plusieurs collèges et lycées sont entrés en grève le 14 en plaçant des piquets aux entrées des établissements.

Les grévistes ont exprimé leurs revendications devant la plénière de l’Assemblée de la CTM le jeudi 20 septembre, après un vote majoritaire de l’Assemblée leur permettant de le faire. Alfred Marie-Jeanne, Daniel Marie-Sainte son bras droit et Yann Monplaisir, notamment, ont refusé de rester pour les entendre. Le jeudi 20 en soirée, les agents ont décidé de suspendre le mouvement. Une nouvelle AG aura lieu le 27 septembre afin de décider de la suite à donner.


Contrats aidés : recul partiel du rectorat

Poursuivant sa politique de restrictions et d’économie budgétaire, le gouvernement Macron-Philippe a continué la liquidation des Contrats uniques d’insertion (nouveau nom donné aux ex-contrats aidés). Ces coupes sombres avaient déjà débuté l’année dernière et avaient été à l’origine d’un mois de grève et de mobilisation en septembre 2017 pour le réemploi des « Contrats aidés ». Cette année, plus de 400 emplois aidés ont été supprimés dans l’Éducation nationale. Principal secteur touché, la Vie Scolaire. Pour remplacer les contrats supprimés, le préfet, qui a la haute main sur leur gestion, et le recteur proposaient l’affectation d’un contrat étiqueté « Parcours emplois-compétences » (PEC) par établissement. Ce qui a conduit les CPE (Conseillers principaux d’éducation) à monter au créneau pour dénoncer les conditions de travail qui les attendaient.

Sur les 920 contrats existants en 2017-2018, l’État n’en accordait plus que 563. Suite au mécontentement qui commençait à monter, une réunion a eu lieu lundi 17 septembre au rectorat entre le recteur et des représentants syndicaux FO, FSU et UNSA. Loin des besoins recensés, le recteur a accordé une rallonge de… 147 contrats, encore loin des besoins recensés. C’était certes une petite avancée, mais les représentants ont été bien prompts à déclarer leur satisfaction. Il s’agissait pourtant de réclamer l’embauche définitive de tous. Le recours aux emplois aidés est une astuce de travail précaire trouvée par les différents gouvernements face au chômage. Ainsi, de nombreuses personnes privées d’emploi acceptent, pour un salaire de misère, d’occuper des postes qui correspondent pourtant à des besoins permanents, à de vrais emplois.   .