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CO de 2019-2018/CO n° 1205 du 29 septembre 2018/Première page

Première page

Éditorial: Après la rue, traverser l’Atlantique : plus de chômage

Il y a quelques jours, Macron a méprisé un horticulteur sans emploi en lui disant qu’il lui suffit de traverser la rue pour trouver un emploi. Puis il a décidé de traverser l’Atlantique pour jeter de la poudre aux yeux, de plus près, à la population et aux pauvres des Antilles, un an après le passage des cyclones Irma et Maria.  

L’île de Saint-Martin a été la plus touchée par l’ouragan. Un an après, la situation de la population reste en grande partie désastreuse. Si beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire. Si le gouvernement plaçait les intérêts vitaux de la population au centre de ses préoccupations, toutes les écoles seraient rénovées ou rebâties, ce qui n’est pas le cas. Des maisons sont encore sans toit. Par contre, la préfecture a été reconstruite en un temps record et sera inaugurée par le chef de l’État. Le 13 septembre dernier, Macron a présenté son plan de « lutte contre la pauvreté » et, nous prenant pour des imbéciles, a commencé par expliquer doctement ce qu’est la pauvreté.

Il promet d’aider les communes les plus pauvres à construire des crèches, et a prévu d’en construire près de 300. Il dit vouloir faciliter l’accès de la cantine aux plus pauvres en leur donnant des repas à un euro. Il promet d’offrir à tous ces enfants un petit-déjeuner équilibré y compris dans les collèges d’éducation prioritaire (REP plus). Mais son budget de 8,5 milliards ne représente que 62 centimes par pauvre reconnu et par jour. Ces mesures ne sont donc que de la poudre aux yeux. Ainsi, les repas ne devraient concerner que 200 000 à 300 000 enfants alors qu’il y a 3 millions d’enfants pauvres en France. Il promet de rénover les quartiers pauvres et de lutter contre les marchands de sommeil, en même temps il baisse les budgets des organismes HLM et réduit la possibilité pour les communes de construire des logements sociaux.

Ce fameux plan prévoit une obligation de formation jusqu’à 18 ans à cause des 20 000 jeunes qui quittent chaque année le système scolaire. En même temps, il supprime 1 800 postes d’enseignants dans le secondaire et des milliers de postes dans la fonction publique, et licencie des milliers de contrats aidés. Au prétexte de lutter contre le chômage et faciliter l’insertion, Macron envisage de fusionner les prestations sociales, du RSA (revenu de solidarité active) aux APL (aide personnalisée au logement) en un Revenu universel d’activité. Une étude a montré que la fusion de ces aides causerait une baisse des revenus pour 3,5 millions de familles. C’est aussi un moyen de mettre encore plus de pression sur les chômeurs qui devront accepter n’importe quel travail : au bout de deux emplois refusés, leur allocation sera supprimée. En France 14 % de la population est touchée par la pauvreté, cela fait 9 millions de pauvres. En Guadeloupe et en Martinique le taux de pauvreté est nettement plus élevé, il tourne autour des 20 % pour chacune des deux îles.

Pour lutter vraiment contre la pauvreté, il faudrait commencer par prendre l’argent dans les poches des capitalistes. Il faudrait taxer les plus riches en restaurant le prélèvement de l’ISF (Impôt sur la fortune), et arrêter de distribuer des centaines de milliards à la bourgeoisie chaque année. Contre la précarité et les bas salaires, il faut un travail et un salaire pour tous, avec un salaire minimum de 1 800 euros nets par mois.

Contre le chômage, il faut répartir le travail entre tous sans diminution de salaire. Seules des luttes générales et offensives des travailleurs et de la population laborieuse nous permettront de gagner tout ou partie de ces avancées vitales.


Affaire Wendy : les dirigeants de la faculté doivent rectifier leur erreur !

ZoomWendy était en première année de droit l’année dernière. Elle ne peut pas passer en deuxième année à cause des erreurs de l’université. En juin, lors d’un examen, elle n’a pas signé la feuille d’émargement. Son nom n’y figurait pas, car la fac de droit édite souvent des feuilles d’émargement incomplètes. Mais Wendy était présente et a remis une copie.

Lorsque les résultats sont publiés, un mois plus tard, Wendy découvre qu’elle a eu zéro à cet examen. Cela l’empêche de passer en deuxième année. On lui dit que sa copie a disparu. Lorsqu’elle retourne à la fac pour faire une réclamation, avec sa mère, elles ont vu la copie qui traînait à terre, sous la porte d’un bureau. Elle portait la note de 17,5/20. Elles sont allées vers l’accueil pour le signaler, mais la personne n’était pas là. En revenant vers la salle, elles ont vu une dame sortir du bureau et ramasser la copie.

Elles se sont rendues à l’administration générale, où on leur a confirmé que la copie a été retrouvée. Mais le relevé de notes de Wendy ne change pas ! L’administration du droit leur dit que le professeur responsable de l’examen – M. Mignot – affirme que ce n’est pas lui qui a corrigé, qu’il ne sait pas qui a noté cette copie. Depuis juillet, Wendy est dans une impasse. Elle a téléphoné plusieurs fois au doyen de la faculté de droit, M. Montauban, et lui a écrit de multiples courriers. Il s’est montré de plus en plus désagréable. Lors d’un rendez-vous, il a carrément claqué la porte sur Wendy et sa mère. Une étudiante qui était à l’examen a appelé Montauban pour lui confirmer la présence de Wendy, il a refusé de l’entendre. Début septembre, Wendy n’était toujours pas inscrite en deuxième année. Elle a écrit au président de l’université, M. Janky, pour expliquer son problème. Depuis le 11 septembre, avec le soutien des étudiants du journal Rebelle !, Wendy a distribué des tracts et elle est intervenue dans les médias pour dénoncer l’injustice qu’elle subit. La seule réponse de Montauban a été d’accuser Wendy d’être une tricheuse ! D’autres étudiants sont solidaires, car ils savent que le cas de Wendy n’est pas une exception.

Chaque année à Fouillole, il y a des étudiants notés absents aux examens alors qu’ils étaient présents, des zéros injustifiés, des notes inexactes, des copies égarées… Avec le même professeur Mignot, l’année dernière, une autre étudiante a aussi eu un zéro parce qu’il a perdu sa copie. Les responsables de la fac de droit ont fini par proposer à Wendy de la rencontrer le 24 septembre. Mais les deux responsables de la situation, Montauban et Mignot, ne sont pas venus ! Ils ont prétendu qu’ils étaient absents de la fac, ce qui est faux car nous avons ensuite vu Mignot sur le parking. La réunion a tourné court. Le soir le président, Janky, a proposé un rendez-vous à Wendy et à sa mère, mais sans fixer de jour ni d’heure. Le lendemain, le 25 septembre, un rassemblement a eu lieu devant l’université pour soutenir Wendy. Des étudiants, des lycéens, Les jeunes de Rebelle ! étaient présents, ainsi que des militants de Combat ouvrier et du CIPN (Comité international des peuples noirs). Une mère de famille a raconté comment ses deux fils ont abandonné les études à cause des problèmes à Fouillole. Une étudiante qui passait a expliqué comment elle a raté un semestre à cause de zéros injustifiés. Des jeunes s’étaient enchainés devant l’entrée de l’université en signe de protestation. Ensuite les jeunes sont montés à la présidence demander le jour et l’heure du rendez-vous. Janky s’est barricadé à l’intérieur, avec une ligne de vigiles qui ont bloqué l’administration générale toute la matinée. Plusieurs fourgons de police sont même venus mais ils sont restés à l’écart. Un tel déploiement de force ridicule s’expliquait peut être par la visite prochaine de Macron aux Antilles. Après plusieurs heures de manifestation, à 13h, Wendy a reçu un mail du président de l’université. Le rendez-vous est fixé au 28 septembre. Wendy et ses soutiens restent mobilisés pour qu’elle passe en deuxième année !


Ki moun ki dyab-la ?

ÀDeux prêtres exorcistes sont arrivés en Guadeloupe dernièrement. Ils sont chargés soi-disant de faire sortir le démon du corps des « envoutés ». Mais ils ne s'adressent qu'au petit peuple, pour l'enchaîner aux croyances les plus stupides. Pendant ce temps, des démons bien réels licencient, exploitent sans vergogne les travailleurs. Ce sont les capitalistes. Et pour eux, c'est « amen » à toutes leurs exactions.


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